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Une idée en l’air

 

La banque des rêves …

Il sera un temps prochain où des dirigeants au plus profond de leurs délires de puissance souhaiteront que les enfants et les adultes soient privés de rêves. Pour réaliser ce grand dessein, ils avaient depuis longtemps créé les conditions de cette ambition ultime afin de manipuler tout à leur aise, ce troupeau bêlant qu'ils entendaient mener au fouet. Tout était parti de la volonté d'une femme, maire de Poitiers, qui entendait de briser le rêve d'Icare, brûler les ailes de toute la jeunesse. Acceptez de vous projeter dans les temps futurs à moins qu'ils ne soient déjà en place, afin que je puisse vous narrer le déroulement de cette effroyable manipulation.

Les humains d’alors s’étaient à ce point connectés avec tout un environnement virtuel, numérique, qu’ils en avaient perdu petit à petit la capacité de peupler leurs nuits de songes, de cauchemars ou de jolis moments oniriques de leur propre conception. Leurs cerveaux, totalement habités désormais par des puces, des capteurs, des écrans cérébraux, avaient perdu de vue la nécessité de forger eux-mêmes des images, de nourrir l’imaginaire de fictions concoctées dans le plus secret de leur conscience ou dans les allées obscures d’un inconscient sans tabou.

Oh, bien sûr, les tenants de la psychanalyse continuaient de vendre l’idée de la survie de l’inconscient pour poursuivre leur lucrative exploration. Personne ne pouvant certifier la véracité de leur théorie, les gains étaient aussi substantiels que les certitudes étaient réduites à presque rien. Le divan continuait d’accoucher de jolis parleurs et de futurs grands créateurs. Ceux-là faisaient des rêves sans doute, de gloire et de fortune mais, eux aussi, avaient abandonné l’activité cérébrale nocturne et incontrôlée en état de sommeil.

Le rêve, le vrai, celui dont on a perdu l’essentiel à son réveil mais qui peuple la nuit de douces sensations, d’inquiétantes angoisses, de miraculeuses réminiscences, était donc passé de l’autre côté de la fiction, avait franchi le miroir à la poursuite du lapin d'Alice. Il habitait encore les livres ; Le Petit Prince en tête de liste, les films d'animation et les autres, les récits d’antan et les mythes de jadis mais plus personne ne disposait désormais de cette merveilleuse liberté de la pensée vagabonde incontrôlée. Penser d'ailleurs par soi même relevait du délit d'opinion.

La fiction n’était plus que du seul ressort des puces, des connexions, des capteurs, des microprocesseurs ou que sais-je encore. Je ne suis pas assez spécialiste en ce domaine pour vous expliquer les processus techniques qui furent mis en jeu pour abolir l'immémoriale faculté de rêver. Ce qui est certain c’est que les hommes avaient perdu cette fonction, cette fabuleuse aptitude, tout comme ils s’étaient laissé déposséder presque simultanément de l’écriture manuelle, de la lecture, de la solitude et de l’ennui.

Ces compétences ancestrales, ces comportements ataviques étaient rapidement devenus dangereux, subversifs, délictueux tout autant que contre-productifs avant qu’un pouvoir absolu ne se charge, non plus seulement de les interdire mais de les rendre parfaitement archaïques, obsolètes, désuets et inutiles. Les écrans miniatures les avaient supplantés, gouvernant dorénavant l’imaginaire et les loisirs. La lecture, uniquement oralisée grâce à des logiciels, devint ainsi parfaitement contrôlable et l’écriture s’était progressivement dissoute par le truchement des enregistreurs vocaux.

On ne rêvait plus et bien vite, des symptômes alarmants accompagnèrent ce que les maîtres de ce monde avaient considéré être un progrès décisif pour l’humanité transgénique. Des insomnies, des crises d’angoisse, des suicides en nombre considérable touchèrent la population. L’idée germa alors qu’il fallait mettre en place un ersatz de ce qui avait disparu à jamais ; des rêves, certes, mais parfaitement contrôlés, estampillés, vérifiés et validés par le pouvoir mondial en place.

La banque des rêves vit le jour. Le catalogue prit bien vite de l’importance. Il y avait une infinité de rubriques, une immensité de possibles. Le rêve artificiel relevait à la fois du cinéma d’aventures, du parcours initiatique, des grands contes d’autrefois mais tout cela, passé au crible, au prisme d’une censure sévère qui expurgeait tout ce qui pouvait effrayer, interroger, inquiéter ou donner à penser.

Des sociétés se spécialisèrent dans la construction de ces rêves artificiels. Nulle substance psychotrope pour cela mais un formidable savoir-faire issu des studios de dessins animés, des animations des parcs d’attraction et des concepteurs de télé-réalité. Le rêve était inodore, incolore, inoffensif et asexué. Il assurait un sommeil sans accident, sans dérapage, sans agitation, sans fantasme.

Ce fut la première étape de la grande métamorphose. Le pas suivant pouvait être aisément franchi. La maîtrise absolue des rêves, la dissolution de l’imaginaire permirent d’agir plus profondément sur les cerveaux. La lobotomisation de toute la population pouvait s’amorcer. Elle se fit si rapidement qu’elle échappa à ses concepteurs qui tombèrent aux aussi dans cet effroyable piège.

Les humains allaient devenir des robots pour un monde sans querelles, sans amour, sans rébellions, sans plaisir. Les machines avaient totalement pris le contrôle et , par là-même, le pouvoir. Personne n’avait fomenté cette ultime révolution ; homo sapiens n’était plus, homo roboticus avait pris sa place. Tout cela s’était passé en douceur, insidieusement, tranquillement.

Les ordinateurs gouvernèrent quelque temps. N’ayant aucune conscience planétaire, ces belles machines ne purent s'adapter au dérèglement climatique. La surchauffe leur fut fatale. En très peu de temps, toutes furent mises hors d’état de fonctionner. Les robots se trouvèrent totalement démunis en l'absence de toute consigne et perdirent vite la raison. La planète se mourait mais, au moins, avait-elle eu la satisfaction de voir disparaître avant elle la cause de tous ses maux.

Apocalyptiquement vôtre.


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18 réactions à cet article    


  • A écouter d’urgence. Invitée par MICHEL ONFRAY.........https://www.youtube.com/watch?v=ggX6XsxMHDE


    • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 12:55

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Je l’écoute très souvent


    • @C’est Nabum Son livre sur Freud m’a totalement éloignée du personnage. Certes, Freud avait un caractère de cochon. Moi aussi d’ailleurs. Mais ce n’était pas un pervers. 


    • Les pervers-narcissiques n’ont pas de conflit et rebondissent toujours comme un robot. On parle de résilience. Non, ils s’agit de robots sans âmes ni imagination. Ils n’ont pas intégré la LOI du PERE. 


      • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 12:55

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Le terme de Résilience est mis à toutes les sauces alors qu’il n’est pas synonyme d’oubli


      • Si vous montrez une tache de RORSCHACH a un ordinateur, il répond : une fleur....


        • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 12:55

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          et moi un papillon


        • Désolé si je fais fuir les lecteurs d’Agora.vox comme le disait Gollum qui s’est barré....144 000 est-il dit dans l’apocalypse...


          • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 12:56

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Vous êtes plus redoutable que les plaies d’Égypte pour beaucoup


          • Que les désargentés qui n’ont pas les moyens de se payer un psys.... Lire : MICHEL CAUTAERTS :

            « Je tu(e) il » : Psychanalyse et mythanalyse des perversions
            Livre de Michel Cautaerts

            • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 12:56

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              je suis de ceux-là


            • juluch juluch 13 avril 19:31

              Les écolos.....des crétins malfaisants et inutiles.

              des donneurs de leçons, des crétins complets.

              Continue de rêver petit et ignores cette Mairesse !

              merci nabum !!


              • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 19:44

                @juluch

                Ne jamais confondre écologie, seule issue viable pour la planète et écolos, espère urbaine ayant la prétention de tout dicter au nom d’une foi nouvelle


              • juluch juluch 14 avril 10:54

                @C’est Nabum
                Tout à fait !


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 avril 20:18

                Merci Nabum . Et la plupart des enfants qui profitaient des baptêmes de l’air étaient handicapés...


                • C'est Nabum C’est Nabum 13 avril 21:31

                  @Aita Pea Pea

                  Quand la bêtise atteint ce degré, il n’est plus rien à espérer de la politique

                  Désolant, navrant, absurde, pitoyable ...
                  Il faudrait ainsi continuer avec tout le vocabulaire de la désolation pour cette femme qui devrait dans l’instant démissionner


                • ETTORE ETTORE 14 avril 10:05

                  Bonjour, C’est Nabum

                  Avec des gens comme cette maireSSe à la masse bio verte, Le Petit Prince, n’aurait pas demandé à Antoine de Saint Exupéry de lui dessiner un mouton......

                  Non ! Le mouton aurait déjà été ...LUI  !

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