• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Wesh wesh yo, une tragédie en très peu d’actes et beaucoup de (...)

Wesh wesh yo, une tragédie en très peu d’actes et beaucoup de scènes

Au XVIe siècle, William Shakespeare voyait déjà la vie sociale comme un théâtre. Un billet de politique spectacle, dans une langue légèrement plus contemporaine. Bienvenue chez les j’tés.

Acte I, le seul, et où on lâche tous les coms.

Palais de l’Elysée, salon Murat, salle du Conseil des ministres. Un mercredi d’avril. Les membres du gouvernement sont dans la place. Nicolas est dans la place.

Nico - Yo les poulpes, dès que j’arrive au boulot, j’ai la rage du cachalot (ma parole ce matin, j’kiffe trop l’alexandrin). J’vous lis dans la presse, j’vous capte sur Youtube. C’est stylé, la vibe est bonne. Y a pas, ça lacère les rétines... ça claque les tympans... du gros son. Là mes gothiques, j’dis bravo... Rasta fari yeah men, continuez, c’est de la pure joie... Encore six mois comme ça et on se fait tous éjecter de la cité. Bienvenue chez les pschitt.
Ah, j’ai vraiment pas la dore... il part à dreuz ce quinquennat... en distribil... et franchement, ça me fout le seume. Alors, à partir d’aujourd’hui, on change le style, on modernise... Après bling-bling, c’est génération wesh wesh ! Compris ?
Les ministres, en choeur - Wesh wesh yo Nico !

Nico - Wesh wesh DJ François. Il fait quoi mon luxuriant premier génie pour endiguer les plantureuses frénésies de son gouvernement ? Portenawaque ! Ah, pour se faire reluire à coup de réformes de ouf, il se la donne... pour caracoler en tête dans mes sondages, il assure grave bogoss... Mais pour le reste... C’est Walou et Futuna ! Keutchi ! Faut changer de skeud.
François - Comment je lui ai niqué sa race à c’bouffon ! (Libre traduction ndlr : Opposé à cet individu qui ne partage pas ma sphère intellectuelle, je sors indéniablement vainqueur en termes d’opinions favorables dans la population, et ceci en toute modestie, et avec la sportivité, la loyauté et la probité qui siéent en pareilles circonstances).
Nico - Pardon Brutus ?
Brutus - Yo Nico !

Nico - Je préfère. Haanpaa Michèle, ta rage sur l’affaire de la banderole. Pire old style Mam ! Deux associations rayées du virage dont une qui s’était déjà auto-dissoute une semaine avant. Tu ne savais pas ? Sur onze coupables dans un stade truffé de caméras pire qu’une piscine de Loft Story, trois interpellations seulement. Comment j’ai adoré ! Franchement respect ! Et les huit autres ? Bienvenue chez les sch’mitt. La zonzon, c’est en option ?
Michèle - Ils ont signé à la Star Ac et TF1 veut pas les lâcher de son kop.
Nico - Pardon lady Macbeth ?
Lady Macbeth - Yo Nico !

Nico - Et toi Nathalie. Comme ça, quand je suis à Londres, c’est la chouille chez les Borloo ? On pichtave de la 8.6 comme des charclos. On a mangé la chiste ? Résultat, le lendemain, on scotche le chef du moove, « langue de bois » Copeaux ! « Concours de lâcheté »... fun à souhait ton couplet de 16 ! Trop de la balle ! J’ai rien contre la teuf, le sky ou l’humour en milieu hostile. Moi-même, avant... Mais là !
Nathalie - Deux trois... En force !
Jean-Louis - Fais tourner la teuillebou kwa !
Nico - Pardon Perdita ? Et toi Polyxène ?
Perdita et Polyxène - Yo Nico !

Nico - Et toi Fadéla. Depuis que l’intégrale du plan « Espoir banlieue » a été publiée dans le Figaro Madame, on en est où ? T’as envisagé un budget avec Shylock, une loi, le parlement ? Le genre de taf qu’on fait quand on est ministre, tu vois ? Parce qu’entre Modes et travaux et le Journal officiel, je m’excuse Fadéla, mais c’est mon cul et tarte aux mirabelles. Si j’avais su, j’aurais nommé l’autre roloto, Begag à ta place, ou Joey Starr, ou Estrosi... après tout le neuf cube c’est un département français d’Outre-Mer, non ? Mais réponds Fadé ! On l’entend plus ? Elle est où Fadéla ? Elle s’est fait rodave par les keufs en arrivant ?
Les ministres (ensemble) - Dans la cage d’escalier.
Nico - Pardon Lavinia ?
La voix de Lavinia, depuis l’ascenseur - Yo Nico !

Nico - Et toi Rachida, j’avais dit halte au bling-bling. Même moi j’ai changé, je vis en scred avec Lacar, plus de yachts, à peine de Rolex. Y a plus une tune dans les caisses, j’envisage mes futurs mouves, casquette sur bandana, à cinq dans une Ami 6 pourrave. Je vais peut-être organiser la prochaine garden-party de l’Elysée dans le stade municipal de Villiers-le-Bel. Et toi tu fais exploser le budget de fonctionnement du ministère... trankil... 270 000 euros en restos et frais de maquillage. Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Qu’est-ce que t’as dans la tête ?
Rachida - Des romances nerveuses ! Des romances nerveuses !
Nico - Pardon Ariel ?
Ariel - Yo Nico !

Nico - Nadine, total respect. Comment que t’as assuré sur la simplification du versement des allocs. Comment que tu les as choucroutés, les naves. De la bombe ! Toi qui tâtes en règle de trois, tu veux bien l’expliquer à Darcos. C’est une misère en calcul le gros. Pour les effectifs de l’Education nationale, ça pourrait lui servir.
Nadine - Il peut aller se faire... sa race.
Nico - Pardon Desdémone
Desdémone - Yo Nico !

Nico - Et toi Christine ? C’est quoi ces histoires de restrictions, les plans vélo ? Tu veux pas créer une carte famille nombreuse pour les vélibs, tant qu’on y est ? Ca serait de la vraie beubom atomique. Et pourquoi pas des fiacres ? Wesh, t’es restée coincée au XIXe siècle ? Moi qui croyais trop que ton style tip-top la classe allait plaire à la blogeoisie, aux babylons qu’ont du flesh. T’entraves keud de ta race. Ah j’ai la rage !
Christine - Lol noble seigneur.
Nico - Pardon Catharina ?
Catharina - Yo Nico !

Nico - Ah toi Rama, mon bounty, faut que t’arrêtes les interviews dans Le Monde. Dans la presse, t’as fait couler trop de jus sur les citrons. A Pékin, le mercure est monté en flèche et j’ai plus de biafine. Sérieux, boycotter la cérémonie d’ouverture pour trois Tibétains qu’ont fini en brochettes sept parfums... T’as fumé du chichon ? Et pourquoi pas boycotter les rouleaux de printemps, tant qu’on y est ? Tu veux qu’ils me jouent Bienvenue chez les yétis en grand écran, les chinagos ? Sérieux, tu proposes quoi maintenant comme bruit pour rien ?
Rama - Décompresse le stress, rude boy, y a pas de timinik, on leur envoie Sylvester Staline.
Nico - Pardon Béatrice
Béatrice - Yo Nico !

Nico - Et Jean-Pierre, mon secrétaire chargé des Affaires européennes, ça lui gratte pas l’ADN, ce narvalo, quand il lit les tags relous qu’on s’échange entre diplomates britanniques pour décaler la signature du Traité de Lisbonne par l’Irlande ? « Le risque que des événements contre-productifs surviennent au cours de la présidence française est beaucoup trop élevé. Nicolas Sarkozy est complètement imprévisible » ? Spassiba, elle défonce cette track ! Je fais quoi moi, le 1er juillet à la tête de l’Europe ? Tombola ? Concours de boules ? Méchoui de varan ? J’leur mets une disquette ? Vraiment, j’ai pas la gouache.
Jean-Pierre - Completely unpredictable.
Nico - Pardon Malvolio ?
Malvolio - Yo Nico !

Nico - Wesh, j’suis votre manivelle cousins, mais plus je vous remonte et plus je descends dans les sondages. Ta mère ! A force de prendre des toises, j’suis vénair ! Alors croyez-moi, si je vous parle avec ma bouche aujourd’hui, c’est pour que les choses changent. Ca me ferait bien yèche de partir en live au bout d’un an. Je veux de la solidarité asmeuk... de la pédagogie comass ! Depuis que j’ai remisé Puck aux astibloches, avec sa civilisation et ses résurrections du Christ et que j’ai nommé Falstaff, c’est plus hype, non ?
Deux voix, Chirac et Villepin, sous la fenêtre, hélant Michèle Alliot-Marie - Zyva Mam, tu descends ?
Nico - Ouèche keskya ? (Ndlr : Les experts en langues orientales auront remarqué qu’ici « ouèche » s’entend comme l’expression tardive et fautive de la forme classique « wesh »). Ils zonent encore par là Spirou et Fantasio ? Y a que la rue du Faubourg-Saint-Honoré pour faire pisser Marsupilami ? Jusqu’ici, je les ai épargnés par respect des institutions. Mais maintenant, ça suffit. Y connaissent pas Raoul. J’vais les travailler en férocité. Niker leur race, leur reup, leur reum, leur reufr, leur reuss, leur bénèf, tout wesh ! J’vais les bolosser, les maraver chez les Farc. Par petits bouts. Façon puzzle !
Caliban et Iago, morts de rire sous la fenêtre - Yo Nico !

Nico - Et vos otros, j’vous mets au jus. Comptez pas taper l’incruste à vie. Le prochain qui bouge sa crête, il termine le conte de fées chez Chavez, au pays des merguez. Ou en mission à Pétaouchnock payé au lance-caillasse. Ou bien il trace sa race consul de France à Kartoum. S’il kiffe moyen le Soudan, il peut toujours s’embarquer sur l’arche Delanoé. Wallah ! Et pour les meufs, fessée le boul à l’air place Beauvau. Trique de Brice ! Vu ?
Tous sauf Roselyne - Yo Nico !
Roselyne - Trop cool ! (Ndlr : comme dit le proverbe « femme à lunettes - même non remboursées par la Sécu- femme à... »).
Nico - Pardon Titania ?
Titania - Yo Nico !

Nico - Z’y va ... on bouge son tarfion... jump... jump... go... go ! Cassos. On trace au taf !
Tous - Wesh wesh, yo Nico !

Ils quittent tous la place sauf Fadéla, toujours coincée dans l’ascenseur, et Nico.

Richard, duc de Gloucester (aka Nico, resté seul) - Ma conscience a mille langues différentes, et chaque langue raconte une histoire différente. (My conscience hath a thousand several tongues, and every tongue brings in a several tale). Depuis que j’ai viré Cordélia, plus rien ne va. S’il y avait un hit-parade des grands moments de solitude, je placerais celui-ci tout en haut du classement. Wesh wesh yo !

PS : merci à William Shakespeare et au dico de la zone pour les emprunts.


Moyenne des avis sur cet article :  4.45/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

18 réactions à cet article    


  • SANDRO FERRETTI SANDRO 21 avril 2008 11:12

    Hi, Captain,

    Tu t’es fait aider par tes filles pour écrire ?

    Sous les pavés, y a plus la plage, y a Paris-plage

    Avec le verlan, y a plus de répondant avec les djeunes.

    Et avec la lieuban ? La suite est à écrire.


    • Argo Argo 21 avril 2008 11:33

      Bonjour Sandro,

      Oui, j’ai demandé à ma fille de seize ans de relire (l’autre à six, je lui épargne le atrocités politiques). Elle m’a dit que j’étais con, à mon âge, décrire ça... J’ai relu, et le pire... je partage un peu son opinion... disons que ça défoule.

      Et puis, je la trouve intéressante cette langue de la zone, mêlant argot, verlan et arabe. Malheureusement pour moi, n’appréciant pas trop le rap, je n’ai pas trop d’occasion de la lire. J’aurais bien aimé qu’un descendant des Frédéric Dard, Simonin, Boudard ou Céline s’en empare. C’est important, l’argot, depuis François Villon c’est la seule langue vivante.

      Bref, ma fille m’a dit que la politique ça fait ch... les jeunes et que je devrais écrire des histoires de marin...

       


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 21 avril 2008 17:00

      @ Captain désenchanté ( ca sonne très années 80, Gold, O Toulouse....)

      1/ A la relecture, tu es extrémement méchant avec le gouvernement en général, et son chef en particulier :

      Comment ne pas reconnaitre les efforts méritoires, malgré la langue de bois , de François Fillon , pour perpétuer Villon ?

      2/ Une histoire de marins ?

      Ta fille a raison. Nous sommes quelques uns ici à te l’avoir déjà conseillé.

      Du gros temps, du gros sel (foin des demi-sels), des embruns qui malaxent les pommettes , des horizons qui reculent sans cesse, Sisyphe que nous sommes.

      Ne crains pas d’étre un brin poétique, voire érotique (comme point de départ, tu pourrais prendre "la mémoire et la mer" de Léo Ferré, une des plus belles avec "Y’a plus rien").

       

       


    • Argo Argo 21 avril 2008 18:04

      Bon OK Sandro,

      Je lache notre président et je vais écrire une tranche de mer, mais pas de femmes (genre amour jusqu’au bout de la nuit avec des jeunes filles asiatiques sur une plage de sable fin)... C’est pas le lieu. Plutôt des choses de tous les jours (en évitant la grosse tempête pour commencer, pour les embruns faudra attendre). Faut que je puise dans mes souvenirs (un peu comme pour les femmes, hum).

      Des expériences "banales" dont j’ai parfois, des années après, la nostalgie : un quart, naviguer dans le Pacifique Sud, une arrivée dans la baie de Hong Kong ou sur Rio ou Tokyo tôt le matin, un franchissement du canal de Panama, ces moments simples qu’on n’apprend plus dans les livres. Aujourd’hui, je ne me sens pas trop de parler des gens que j’ai connu, hommes ou femmes, mais des choses, des petites choses qui marquent, pourquoi pas...

      Je repars 15 jours en mer la semaine prochaine, j’essaierai de faire ça une nuit cette semaine. Faudra être indulgent. 


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 21 avril 2008 18:12

      Indulgent, on le sera toujours. Surtout si c’est un truc comme cela :

      http://www.paroles.net/chanson/18263.1

       


    • gül 21 avril 2008 18:24

      Ca veut dire qu’on va passer 15 jours sans billet de votre part ? Quel dommage !

      Je sens que je vais mettre en place le fan-club d’Argo. On se relira vos papiers, la larme au coin de l’oeil, et le sourire au coin des lèvres, autour d’un bon verre et en attendant que le Captain revienne à quai !

      Naviguez bien et ramenez-nous de belles hsitoires comme vous savez si bien les mettre en mots.

      Je me retire, je sais, les femmes c’est pas votre truc en ce moment, et puis ça porte malheur dès que ça s’approche d’un bateau ! Ciao !


    • Argo Argo 21 avril 2008 18:37

      Je reviens mi mai avec d’autres histoires, promis.


    • Argo Argo 21 avril 2008 18:40

      Je préfère pas trop lire ce poème de Ferré. Sinon, j’ écris plus rien. Tu peux pas me trouver plus facile, genre Dave ou Lara Fabian ?


    • Forest Ent Forest Ent 21 avril 2008 11:14

      Tout à fait excellent.

      Quel talent !


      • gül 21 avril 2008 11:28

        Ah, Argo, comme vous nous manquiez !!!

        C’est génial, absolument génial ! C’est tellement bien vu !

        Mille fois merci pour ce fantastique moment de détente et de rigolade.

        Je vous adore.


        • superesistant superesistant 21 avril 2008 12:02

          ouaich ouaich goar, çà roule paisible.. ??

          bon un peu de mal à tout comprendre, j me suis senti vibrer aux dialogues d’audiard tout de même...d’ailleurs on pourrait retrouver quelques similitudes entre les ministres et les marins .. nan . ???? "C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases…"

          il y a quand même quelques zones de flous pour moi, mais je ne dois plus être djeuns, au delà de 30ans, on est vite catalogué vieux con... d’ailleurs un festival sans pétard, çà ne cache plus le gout des merguez crues et les dialogues abscons des djeuns qui le peuplent.... ( bon c’est hors sujet mais c’est ma déduction de ce WE passé aux artefacts de strasbourg.... )


          • Argo Argo 21 avril 2008 12:12

            " C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases… " C’est vrai. Et ça doit être aussi curieux que " chez les ministres ce besoin de faire des vagues...".

            Similitudes, dites-vous...

             


          • Argo Argo 21 avril 2008 13:00

            Merci pour le compliment assez adapté à un billet un peu... Sarkophage


          • Argo Argo 21 avril 2008 14:03

            C’est un mito. Par conséquent, un sobre et amical "Je nique ta race, Doc !" me paraît suffisant.


          • LE CHAT LE CHAT 21 avril 2008 12:35

            yo , trop de la balle ! mortel grave le slam à Argo !


            • Nobody knows me Nobody knows me 21 avril 2008 13:35

              Merci pour l’excellent article qui nous fait réviser notre... argot.

               smiley


              • biztoback 21 avril 2008 14:40

                actualiser serait plus juste


              • alceste 21 avril 2008 14:59

                @ argo

                totale admiration !

                euh...yo !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires