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Accueil du site > Culture & Loisirs > People > Le Festival de Cannes fait-il encore rêver ?

Le Festival de Cannes fait-il encore rêver ?

Le Festival de Cannes n’est plus ce qu’il était - se plaignent de nombreux journalistes et festivaliers de la première heure qui eurent le privilège de connaître l’époque où l’on croisait Burt Lancaster en bras de chemise sur la Croisette et où l’on assistait, sur la terrasse de l’ancien palais, à l’interview de Lucchino Visconti. Il y avait alors à Cannes une ambiance bon enfant, un air de fête villageoise où des stars sans lunettes noires, ni gardes du corps déambulaient joyeusement dans les rues comme n’importe quel quidam, sensibles au charme que distillait cette station balnéaire qui suspendait ses lampions et faisait retentir ses flonflons avec une délicieuse fierté provinciale. Et tandis que le soleil répandait sans réserve ses rayons printaniers sur les collines environnantes, on apercevait Brigitte Bardot et Jacques Charrier devisant sous la tonnelle de la "Maison des Pêcheurs", un restaurant d’Antibes remplacé de nos jours par un hôtel de luxe.

Il faut reconnaître que la ville de Cannes n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, soit durant une douzaine de jours le lieu le plus médiatisé et l’Olympe patentée des dieux et déesses du 7e Art. Nouveau palais, nouvelle équipe dirigeante, nouvelles générations, nouvelles techniques, nouveaux regards, le Festival n’a pas cessé de grandir et d’innover depuis les années 50, devenant la plus grande manifestation cinématographique du monde, mais c’est cette surdimension qui lui a fait perdre une grande part de son âme. Un vent de feuilles mortes, évoquant le temps d’un Festival champagne avec ses films classiques et ses batailles de fleurs, souffle avec nostalgie dans les vastes espaces où se déploie, derrière une sorte de cordon sanitaires, les riches heures des tractations. Qu’il parait lointain ce paradis perdu, désormais soluble dans la foule bruyante qui se presse avec ses cartes magnétiques et ses accréditations infalsifiables ! Grâce à l’achat et la vente des longs métrages, le Festival a engendré un marché officieux et lucratif et démontré en 1996, par exemple, avec plus de 400 films et 800 projections son incontestable dynamisme dans le négoce. Jadis, même aux pires moments d’accélération, Cannes conservait sa fraîcheur, celle des petites villes du sud qui semblent avoir été posées par des fées bienfaisantes au bord d’une mer indigo, dans le seul souci de faire rêver les peintres, les poètes, les cinéastes et les starlettes en mal de célébrité. Rien à voir avec la course au profit actuelle qui a transformé l’art cinématographique en un marché où s’opère une sélection draconienne très souvent influencée par des impératifs politiques, ce qui permet aux critiques de s’écharper par journaux et médias interposés. Quant au rêve, il n’a cessé de s’éloigner. Consignés derrière des barrières, découragés par un service d’ordre musclé, l’amateur, le fan, le badaud, ou plus simplement le vulgaire pékin n’a d’autre consolation que d’entrevoir fugacement ses vedettes préférées gravissant cérémonieusement les marches de l’Olympe ou cadenassées dans leurs limousines aux vitres fumées qui s’empressent de les conduire à leur club privé ou à leur palace.

Il fallait venir, il y a vingt-cinq ans - racontent les habitués. C’est simple, vers cinq heures, quand on avait fini de travailler, on appelait Kirk Douglas et on allait faire une pétanque sur la Croisette - se souvient une envoyée spéciale de Paris Match. Tandis qu’une de ses consoeurs renchérit en affirmant : L’argent ne coulait pas à flots, mais les rires, si ! 
Aujourd’hui on rit jaune ou on ne rit plus. Le mauvais temps sévit, il y a des ouragans qui viennent balafrer les plages, la mer est grise...Si bien que se pose la question : ce Festival fait-il toujours rêver ? Oui, sans aucun doute, les compagnies cinématographiques et les business internationaux qui ont fait du cinéma l’art le plus populaire et, par conséquent, le plus médiatisé. On ne concentrera jamais autant de curiosité et d’intérêt autour d’un écrivain, d’un peintre ou d’un poète qu’auprès d’un réalisateur ou d’un acteur. C’est une évidence. D’autre part, le cinéma brassera nos rêves encore longtemps tant il est une fenêtre extraordinaire ouverte sur le monde, un guetteur et une sentinelle avancée. Ce qui prête moins au rêve est l’institution en elle-même, cette foire aux vanités que les images propagent. Dans une actualité de plus en plus difficile, Cannes se devrait de se montrer plus artistique que mondaine, plus vraie que factice, plus proche des cinéphiles que des magnats de l’argent et plus discrète que tapageuse.


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3 réactions à cet article    


  • slipenfer 17 mai 2010 12:34

    Le Festival de Cannes n’est plus ce qu’il était

    Des nouvelles du front. journée jambon une tranche ! une !

    Embouteillage, coup de klaxon, insultes, « clime » a fond,surpopulation,transpiration.
    Pas grave on fait voire sont fric. j’ en ai vu frimer en pleine canicule dans de veilles
     Mercos les vitres fermées pour faire croire qu’ils ont la « clime » .Quand les pauvres imitent les riches c’est trop bien.
     Bill gates vient en bateau et se ballade en hélicoptère.Les Niçois qui
    bossent à Canne adore se festival, ils viennent de se farcir le carnaval .
    L’été st Tropez c’est mieux (vu d ’avion).
    Bref du bruit de la fureur et du no² pour les riverains. Allez tous a Canne vite vite.
    les films ont les verras a la télé si on en à une.


    ou cet été à st Tropez
    Frederic (cogolin)
    sur la ville de Saint-Tropez
    Saint Tropez c’est aussi : Des rues sales, des poubelles en été, la pollution marine, une équipe municipale qui n’a rien fait pour embellir ce village, la fourrière ! Le racket en général, les commerçants, le village mort en hiver, les transports en commun non adaptés, le manque de logements sociaux, les embouteillages dans le centre ville, les riverains qui se croient tout permis. Un si beau village et un si grand désastre !« 
    (mars 2008)

    Matt 
    (Libourne)
    sur la ville de Saint-Tropez
    Ce que je n’aime pas à Saint-Tropez »Son coté jet set et « ma tu vu » qui lasse au bout de quelques heures.Les touristes avec des langues pendantes cherchant en vain des stars sur leurs Yatchs... Le prix des hotels ou restaurants...« 

    Louis-Marie (Paris)
    sur la ville de Saint-Tropez
     Ce que je n’aime pas à Saint-Tropez »Les embouteillages mais avec une smart on trouve toujours de la place. Petit conseil sur le parking de la place de la Garonne, il suffit d’attendre 10 minutes à l’arrêt et généralement quelqu’un s’en va. Pour ceux qui viennent de Saint Maxime et autres, arrivé à la Foux prendre la direction RAMATUELLE, longez le lycée du Golfe et prenez la route de la confiture (polo club). Vous arriverez par les plages de pampelonne. C’est un vrai gain de temps. Sinon achetez ou louez un deux roues"

    va zi pédale eh ! saucisse !


    • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 17 mai 2010 13:17

      Il y a bien longtemps que je ne suis pas allée à St Tropz, pas davantage à Cannes et cela ne me manque pas du tout. Par contre, j’aime beaucoup la Provence, ses champs de lavande, ses vieux villages assoupis sous la chaleur, ses fêtes, ses joueurs de pétanque, ce monde si bien décrit par Marcel Pagnol et qui n’a pas encore totalement disparu.


      • slipenfer 17 mai 2010 15:05

        Veinarde ! je suis vert de jalousie, Pour vivre heureux, vivons cachés !!! 
        du coup, j ’ai un chant de cigales dans l’oreille.
        Merci pour la réponse et pourvu que ça dur.

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