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Accueil du site > Culture & Loisirs > People > Ma soirée de huron chez Polony

Ma soirée de huron chez Polony

Il y a deux ans, j'avais été invité à une des soirées de lancement du « comité Orwell  » de Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint comme blogueur. J'avais posé une condition : ne pas faire tapisserie, je n'étais pas là pour être un alibi. Et pourtant j'étais le huron de Voltaire, le plouc prétexte pour dire que l'on ne rejette personne y compris ces franchouillards un zeste autodidactes qui s'expriment d'eux-mêmes sur le net. Je ne leur en tenais pas rigueur, je pensais ainsi me former un réseau et que l'on me rendrait la politesse.

Aussi naïf qu'un Rastignac d'occasion...

Bien entendu, je n'avais rien compris. Dans ces milieux, si l'on n'en est pas déjà depuis son enfance, on n'en sera jamais. Tout ce petit monde se connaissait, s'interpénétrait si j'osais. La plupart avaient fait leurs études dans les mêmes écoles, y compris en collège ou au lycée, dans les quartiers les plus favorisés à quelques exceptions notables, de ces « prolos » de salon, cooptés par les nantis pour une seule raison, leur capacité à la servilité. Ceux-là finissent par développer un seul léger handicap, une langue très râpeuse.

Nous avions rendez-vous dans un café-restaurant du Marais, pouvant déguster de ces bons produits du terroir maintenant totalement interdits aux précaires. Ce petit monde papotait joyeusement, n'était pas de mauvaise volonté mais toutes les discussions que j'essayais de débuter s'arrêtaient bien vite quand on s'apercevait que je n'étais pas en somme « de la maison ». Je m'en amusais presque. Ce petit monde se posait de graves question sur la déconnexion des z-élites et du pays réel sans se se soucier des réponses un peu gênantes pour eux il faut bien dire...

Malgré leurs dénégations fébriles face aux arbitres des élégances politiques ils ne comprenaient pas qu'ils étaient d'ores et déjà mis dans le même sac que les sinistres crypto-ââchiiistes avançant masqués c'est certain comme votre serviteur...

Étaient présents des personnalités réputées faisant partie de la réacosphère, attention selon la définition de gauche :

Tel ancien journaliste du « Monde » ayant comme amie une fille beaucoup plus jeune que lui, tel petit jeune aux dents longues ayant trouvé son créneau, un catho tradi à la coupe de cheveux savamment romantique et quelques autres dont on trouve les signatures sur tous les sites dit de droite, quelques uns de ces jeunes « éditorialistes » de la « Nouvelle Droite », de ceux se hâtant de préciser qu'attention s'ils sont réacs ils sont tout autant libertaires sur les mœurs que les autres, et qu'ils ne sont de droite droite hein. Combien de fois avais-je déjà entendu ce refrain ?

De ceux se justifiant sans cesse de penser par eux-mêmes en somme et d’être parfois un tout petit peu à contre-courant mais tellement timidement...

Je constatais bien vite qu'ils n'avaient qu'une seule limite mais de taille. Comme tous les autres bourgeois pédagogues ce qu'au fond ils étaient ils ne voulaient pas entendre parler du moindre rapprochement que ce soit avec le Front National ou quelque membre de la famille le Pen que ce soit. C'était leur droit après tout. Jean-Michel Quatrepoint insista bien sur ce point, leur ennemi c'était le Pen. A partir de là je me désintéressais de la discussion, s'il y avait ce déni envers le vote le Pen comment pouvaient-ils se croire hors-système ? Finalement ils étaient dans la même endogamie que les autres.

Au moment le plus favorable de la soirée apparut madame Polony maquillée de frais, comme à la télévision. Elle parla du divorce entre journalistes et peuple mais au fond la raison profonde ne fut jamais évoquée, tout cela restait de bonne volonté...

Sous le regard désapprobateur de l'ancien journaliste du « Monde » je préférais me régaler de bon chèvre et de succulent jambon et prendre la poudre d'escampette subrepticement...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

illustration prise ici


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41 réactions à cet article    


  • math math 19 novembre 11:35

    C’ smileyest comme ça dans les salons « bobos »..ils étalent une « carpette » pour se donner bonne conscience.. smiley


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 12:20

      @math
      « Bobo » de droite, ou « bobo » réac quoi


    • math math 19 novembre 12:27

      @Amaury Grandgil...Les « bobos » Parisiens sont pour le pognon se foute de la politique...sont dans la mafia politique de notre beau pays…
      Zavez vu Idalgo..7 milliards de dette...


    • math math 19 novembre 12:28

      @math....V’là déjà 3 carpettes.. smiley


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 12:42

      @math
      Oui c’est egzact


    • Cadoudal Cadoudal 19 novembre 12:48

      @Amaury Grandgil
      http://www.fdesouche.com/1107449-les-facho-boheme-a-la-une-de-technikart

      Seront notamment abordés :
      Les bars où les retrouver le soir, leurs lectures et idées,
      Un article sur Charles Mauras (sic),
      Des papiers sur Charlotte, Marion et Charles,
      Et globalement tout ce qu’il faut savoir sur les « fabos », nouvel acronyme pour qualifier le mouvement émergeant des « Facho-Bohème… ».

      Technikart :

      Pour rappel, une vive polémique avait éclaté en 2012 suite à la publication dans cette revue d’un dossier de six pages intitulé « La bouse ou la vie : Manuel de survie pour branchés de la campagne », écrit par Alexandre Majirus, présenté comme une enquête auprès des jeunes habitants du département de la Creuse. Le journaliste y dépeignait notamment une « vie sociale un brin consanguine » et décrit les occupants du territoire comme un ensemble « de ploucs, de viocs et de bovins en surnombre « 


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 19 novembre 11:59

      Tous les systèmes quels qu’ils soient finissent par engendrer une aristocratie qui se protège. L’être humain est ainsi et on ne peut pas le changer, il cherche toujours à se protéger et à conserver ses privilèges en érigeant des barrières entre sa caste et le reste de la population dont le statut social est inférieur.

      Et comme au temps de la noblesse, le bas peuple se contente de contempler le spectacle donné par les classes favorisées, mais aujourd’hui c’est sur un écran plat, cela change tout.


      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 12:19

        @Gilles Mérivac
        Oui mais il existait une méritocratie, qui a disparu.


      • NEMO NEMO 19 novembre 14:38

        @Amaury Grandgil

        non
        il a existé un ascenseur social à un moment o^les entrepreneurs avaient besoin d’une main d’oeuvre qualifiée pour produire les marchandises qu’eils mettaient sur le marché
        une ou deux générations sont passés de parents prolos ou paysans à techniciens, comptables, jusqu’à chef comptable et même chef du personnel, le titre donné au garde chiourme avant de l’appeler DRH.
        les délocalisations et les transferts de technologie ont permis aux actionnaires des entreprises concernées d’optimiser la profitabilité et l’ascenseur social est tombé en panne en même temps que l’illusion de « progrès » que vous baptisez « méritocratie » s’éteignait comme un hologramme mélenchonien déconnecté


      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 14:43

        @NEMO
        ça s’appelait la méritocratie
        ça s’appelait l’éducation nationale
        Et ça permettait à quelques uns de s’élever...
        C’est marrant cette manie de classer, je ne suis pas du tout mélenchoniste.
        Un petit bourgeois donneur de leçons de morale dans toute sa splendeur smiley


      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 19 novembre 17:22

        @NEMO
        "ça s’appelait la méritocratie "
        C’est vrai, mais NEMO a peut être raison, elle existait peut-être par nécessité, parce que le pays était en phase de reconstruction et avait besoin de personnel hautement qualifié. Maintenant que les produits arrivent d’ailleurs, le besoin se fait moins sentir.

        P.S : NEMO ne vous a pas traité de mélenchoniste, votre dernière phrase est déplacée.


      • Nobody knows me Nobody knows me 19 novembre 18:11

        @Gilles Mérivac

        Oui mais il existait une méritocratie, qui a disparu.

        Je suis pas sûr. Les gens qui parviennent à ce niveau, ils sortent des mêmes écoles qu’avant disons depuis les années 80 avec le même formatage qu’avant, avec le même coup de langue qu’avant.
        De plus, la vieille garde ne lâche pas facilement prise, regardez les vieux canidés comme El Kabbach (le chien chien à son pépère)n, Attali ou Duhamel, leur seul mérite est d’avoir tourné leur veste dans les temps.

        Pour résumer, pour rentrer dans le cercle, il faut être pour le « oui » au traité constitutionnel européen et vouloir réduire les dépenses publiques. Ça, c’est la base.

        Retentez le coup avec ce discours et vous me remercierez...
         smiley


      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 19 novembre 19:33

        @Nobody knows me
        Je parle d’avant les années 80, si vous aviez débuté au bas de l’échelle dans une grosse boîte ou dans le semi privé, vous pouviez devenir ingénieur (en travaillant dur, évidemment), si vous aviez un talent intellectuel, l’université avait un poste pour vous. C’est ce que l’on appelait l’ascenseur social et cela n’existe pratiquement plus car le tri n’est plus fait selon le mérite mais selon l’origine sociale et la cooptation.


      • meslier sergent Meslier 19 novembre 22:17

        @NEMO
        L’ascenseur social pouvait exister quand il n’y avait pas de chômage , maintenant avec un chômage à six millions , vous embauchez un type sans espoir de gravir les échelons , le type est bien content d’avoir une place !


      • NEMO NEMO 20 novembre 07:31

        @sergent Meslier

        c’est à ça que sert l’

        armée de réserve industrielle

      • Paul Leleu 20 novembre 23:28

        @NEMO

        d’accord avec vous... « l’ascenseur social » correspondait à une phase de la société industrielle. Un moment où les capitalistes avaient besoin d’ouvriers qualifiés et d’ingénieurs performants. Maintenant c’est fini. On peut même rapprocher le « déclin scolaire » de cette même tendance. L’excellence n’est plus utile, et tombe en désuétude.

        L’origine sociale et la cooptation sont les bases de la réussite actuellement. Malgré les révoltes ça risque de durer, car c’est assez structurel à notre phase historique et économique profonde. On verra bien.


      • Cadoudal Cadoudal 19 novembre 12:19

        Les Hurons étaient les principaux collabos des colons de la Nouvelle France :

        Ils s’allièrent avec les Micmacs, les Abénaquis, les Algonquins, les Innus et les Hurons. Samuel de Champlain participa à la protection de la colonie contre les Iroquois,

        En visite en Seine-St-Denis (93), Mélenchon salue la « nouvelle France » sur laquelle LFI veut s’appuyer pour « tout changer »

        Punks Not Dead...


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 12:22

          @Cadoudal
          Le titre tombe bien, je ne fus pas un collabo


        • Cadoudal Cadoudal 19 novembre 12:42

          @Amaury Grandgil
          Ma soirée d’Iroquois eut été plus clair...

          Des que j’ai lu Huron, j’ai pensé aux indigènes qui soutiennent Santerre et sa nouvelle Nouvelle France....

          Le premier titre des Chouans de Balzac, paru trois ans plus tard, lui fait allusion : Le Dernier Chouan ou la Bretagne en 1800 9.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_des_Mohicans


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 13:10

          @Cadoudal
          Huron à cause de celui de Voltaire



        • Charles Martel Charles Martel 19 novembre 13:09

          c’est pas des nouvelles fraîches !


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 13:11

            @Charles Martel
            Et alors parfois on a le droit de prendre son temps.. ;
            L’info officielle est toujours dans l’immédiateté.


          • NEMO NEMO 19 novembre 14:39

            @Charles Martel

            les nouvelles, c’est comme les pâtes, ce qui compte, c’est pas si elles sont fraiches ou pas, mais comment on les cuisine


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 19 novembre 14:44

            @NEMO
            Ah, oh, c’est du spirituel là certainement smiley


          • Nobody knows me Nobody knows me 19 novembre 18:04

            Le comité Orwell... Ce sont des bouffons qui tentent de se rassurer.

            Il faut soit être très con, soit hyper machiavélique - mais dans les deux cas incroyablement pompeux - pour se nommer « comité Orwell » et dénoncer l’emprise d’une entité unique sur l’information et les mensonges de celle-ci, alors qu’ils en sont l’essence même.

            Une bande de con de plus.


            • Paul Leleu 20 novembre 23:32

              @Nobody knows me

              et puis Orwell est un auteur commode... utilisé à toutes les sauces anti-totalitaires... ça fleure bon l’anarchisme et le refus de toute organisation révolutionnaire... bref... la peur des extrêêêêmes... et finalement le statu quo...

              les auteurs libertaires n’ont jamais été vraiment censurés par la bourgeoisie, bien au contraire... ils permettent de radicaliser la jeunesse dans une posture gauchiste, de lui enseigner l’individualisme sous couvert d’anarchisme, avant de l’intégrer (avec l’âge) dans la société individualiste libérale.


            • Mylène 19 novembre 18:49

              @ L’auteur « leur capacité à la servilité. Ceux-là finissent par développer un seul léger handicap, une langue très râpeuse »... 

              Ces gens vivent dans une bulle, il ne pige rien au monde qui les entoure et préfère couper court aux débats constructifs... Polony, au cv relativement borderline, n’a toujours pas trouvé « sa place » à moins d’un piston !!! ne vous formalisez pas, le Marais est justement un des endroits les plus populaires de paris, donc c’est eux qui ne sont pas à leur place !! C’est jute parce que çà fait « intello » de dire qu’on va dans le Marais à l’heure actuelle.

               


              • Paul Leleu 20 novembre 23:35

                @Mylène

                ça fait au moins 20 ans que le Marais n’est plus un quartier populaire... ni même underground ou intellectuel depuis un paquet d’années... c’est devenu un des quartiers les plus chers de Paris.


              • Mylène 19 novembre 18:50

                désolée pour les fautes d’inattention ! il faut lire « Ils ne pigent » au pluriel ...


                • meslier sergent Meslier 19 novembre 22:20

                  Mon cher Amaury , je content que vous ayez pris la poudre d’escampette , ces gens là auraient pû vous corrompre !


                  • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 20 novembre 08:33

                    @sergent Meslier
                    Je suis pas doué pour l’obséquiosité


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 novembre 22:35

                    Pour parodier Molière...Mais que vient faire Orwell dans cette galère ?


                    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 20 novembre 08:34

                      @Aita Pea Pea
                      pauvre Orwell


                    • Jean Beaumont Jean Beaumont 19 novembre 22:53

                      Polony est plus douée pour les gâteries sous la table que pour l’analyse conceptuelle, semble-t-il.

                      Article bâclé.


                      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 20 novembre 08:34

                        @Jean Beaumont
                        pourquoi bâclé ?


                      • hunter hunter 25 novembre 18:03

                        @Jean Beaumont

                        Ah bon, vous avez tâté de la gâterie « pollinyesque » ?

                        Bon vous en avez trop dit ou pas assez.......

                         smiley

                        Adishatz

                        H/


                      • velosolex velosolex 20 novembre 03:26

                        La dernière fois que j’ai été au repas du siècle je me suis trouvé coincé entre Macron et Carlos Gohn...

                        .Discutions croisées sur les mérites des délocalisations et des performances des hardeuses, les deux thèmes ayant beaucoup de points communs dans la compétition acharnée des corps et de la dynamique des fluides. La mettre, où, qui, comment, pourquoi, avec qui, et avec quelle pommade, furent le matériel béni qui anima la soirée jusqu’à plus soif.

                        Longues déclinaisons sur la crème nécessaire à la faire passer, en terme de bilan comptable, mais emprunt d’une poésie Proustienne, que seuls ceux qui connaissent l’or des salons cotés et madame Verdurin pourront apprécier. .Vint l’heure de nous séparer. Comme dans la ferme des animaux, d’Orwell, quand on mène le cheval à l’abattoir et qu’on sait qu’on s’est échauffé pour rien en terme de révolution. 

                        Un larbin de l’hotel avait garé mon vélo à coté de la Bentley de Pamela Anderson, qui m’a proposé ses airbags en cas de chute !...Ce qui a fait bien rire Carlos. Avant qu’il ne glisse sur une crotte de chien, alors qu’il regardait les étoiles.....J’y ai vu comme un mauvais présage ! Mais je ne lui ai rien dit, regardant sa Vel Satis s’enfourcher dans la nuit des météores en se consumant, vers le pays du soleil levant, alors que je mettais mon gilet jaune, et mes pinces à vélo. . 

                        Avec le vélo, ce qui est bien, c’est que si l’on tombe, c’est de moins haut. Et qu’au fond, dans cette traversée des apparences, chères à Virginia Wolf, on va infiniment plus vite !


                        • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 20 novembre 08:37

                          Je sens comme une pointe d’amertume dans votre texte.

                          Eh oui, vous n’êtes pas « fils de »... impossible pour vous de franchir ce fameux plafond de verre. Il faut voir ça comme une chance, cela vous permet de rester au contact du réel.

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