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Défaits dans le dernier tour

Une défaite est toujours cruelle en F1 quand on mène le Grand Prix, mais elle tourne au supplice lorsque la sentence intervient au dernier tour d'une course...

Mike Hawthorn (Nürburgring 1957, Grand Prix d'Allemagne) : même si elle fit mal au pilote anglais ce jour là, la défaite de Mike Hawthorn ce jour là doit être relativisée ... Car Juan Manuel Fangio, vainqueur sur le juge de paix de l'Eifel, porta au pinacle l'art du pilotage à haute vitesse en ce 4 août 1957. S'offrant sa cinquième couronne mondiale, le maestro argentin pilota sa Maserati avec virtuosité, tout en jouant un coup de bluff aux Ferrari après avoir changé de pneus. Alors qu'on croyait la course perdue après un changement de pneus, Fangio endormit Hawthorn et Collins pendant deux tours avant de réaccélérer comme une flèche. Le bolide du génial Argentin se mit à tourner de plus en plus vite sur le toboggan allemand, battant même la pole position établie la veille par le même Fangio ... Bénéficiant de deux tours de décalage avec les Ferrari (celui de la réaccélération et celui que Ferrari perdit en réalisant le stratagème de Maserati, ne pouvant pas communiquer par radio avec ses pilotes ...), le quadruple champion du monde dépassa ses propres limites. Il était utopique de monter plus haut que cet Himalaya de bravoure, que cet Everest de panache, le Sud-Américain tirant la quintessence de sa monture. Fangio en fit des vertiges après coup, réalisant que la boucle était bouclée. Il n'avait plus rien à prouver en Formule 1, après une telle démonstration de force. Avec des pneus certes neufs, il avait repris presque une minute à deux jeunes pilotes au talent exceptionnel, Peter Collins et Mike Hawthorn, qui avaient l'avantager de conduire la meilleure monoplace d'alors, celle engagée par la Scuderia Ferrari. Le cheval cabré fut donc la première victime du syndrome du dernier tour.

 - Graham Hill (Spa Francorchamps 1964, Grand Prix de Belgique) : si le Londonien perdit le Grand Prix de Belgique dans le dernier tour cette année là, au profit de son grand rival Jim Clark, le grand perdant du jour dans les Ardennes avait pour nom Dan Gurney. Le pilote américain, éblouissant de classe et de maestria ce jour là sur le toboggan wallon, possédait 40 secondes d'avance sur Hill, McLaren et Clark à trois tours du terme ... Vaincu par une panne sèche, Gurney vit donc un coup du sort sonner le glas de ses espoirs, offrant à Hill une victoire inespérée. Mais le champion du monde 1962 fut victime de la même infortune que Gurney, et laissa les commandes du Grand Prix belge à Bruce McLaren ... Le Néo-Zélandais fut cependant dépasse dans les derniers mètres par l'Ecossais Jim Clark, qui remporta une victoire chanceuse qui fit trembler ses rivaux ... Meilleur pilote de sa génération, sans contestation possible, comparé aux titans du passé tels que Nuvolari et Fangio, Clark n'avait pas besoin des dieux. Ce jour là, il avait bu le nectar et l'ambroisie réservés aux douze Olympiens. C'est ainsi que Jim Clark, clé de voûte de l'écurie Lotus, obtint une victoire sur ce circuit qu'il détestait entre tous.

 - Jack Brabham (Monaco 1970, Grand Prix de Monaco) : en 1970, Jack Brabham, triple champion du monde, est un vétéran de 44 ans. Lauréat à Kyalami en début de saison, l'Australien se prend à rêver d'une quatrième couronne mondiale, qui lui permettrait de talonner Fangio au panthéon de la F1. Passionné de mécanique, le pilote-constructeur Brabham est un travailleur acharné, stakhanoviste de l'effort, et onze ans après son premier titre mondial, court encore avec l'enthousiasme d'un journal. A Monaco, Old Jack n'est pas loin de rééditer l'exploit de Johannesburg mais il commet une erreur dans l'ultime virage du dernier tour, celui du Gazomètre. Derrière Brabham, ce diable de pilote qu'est Jochen Rindt vient tirer les marrons du feu et s'octroie une victoire qui le lancera vers le titre mondial 1970, malgré acquis à titre posthume pour le génial Autrichien de l'écurie Lotus. Brabham, quant à lui, est brisé par ce coup de Jarnac qui le conduira à prendre sa retraite en fin de saison, d'autant que Rindt le battra encore en Angleterre dans des conditions relativement semblables.

 - Jack Brabham (Brands-Hatch 1970, Grand Prix de Grande-Bretagne) : quelques semaines après avoir été privé d'une victoire dans le labyrinthe monégasque, la faute à une erreur de pilotage, Jack Brabham va à nouveau voir le destin frapper ... et toujours au profit du même homme, Jochen Rindt, son rival au championnat du monde. Figure de proue de Lotus, Rindt succède en tête du Grand Prix à Jacky Ickx. Le Belge n'est qu'un feu de paille aux commandes, seulement cinq tours avant que Rindt ne prenne les rênes de la course à Brands Hatch. S'en suit un duel homérique avec Brabham sur le circuit du Kent. A dix tours de l'arrivée, Old Jack dépasse son rival autrichien. Figure de proue de Lotus, favori pour le titre mondial, Rindt a de plus la chance des champions du monde, car une panne sèche interrompt la chevauchée de Brabham à 300 mètres du drapeau à damier. Maudit, Brabham ne se remettra pas de ce damné coup de Trafalgar !

 - Gilles Villeneuve (Imola 1982, Grand Prix de Saint-Marin) : la défaite du funambule canadien sur l'autodrome Dino Ferrari, temple des tifosi, a le goût amer de la trahison. Débarrassées des deux Renault d'Arnoux et Prost, les Ferrari de Villeneuve et Pironi roulent vers un tranquille doublé à domicile. Mais en Emilie-Romagne, Pironi compte bien l'emporter alors que Villeneuve, loyal, a compris à son avantage le panneau Slow affiché par le stand Ferrari. Trop naïf, le Québécois croit que Pironi veut faire le spectacle quand il le dépasse plusieurs fois dans les derniers tours. Récupérant sa position à chaque fois, l'acrobate Villeneuve ne se méfie pas suffisamment dans l'ultime boucle. Didier Pironi en profite au freinage de Tosa et remporte le deuxième Grand Prix de sa carrière. Le courroux de Villeneuve n'a plus de limites. Trahi par son coéquipier, Gilles Villeneuve ne lui adressera plus jamais la parole. Aveuglé par son désir de revanche, le Québécois perd sa lucidité à Zolder. En qualifications, devancé par le Français sur le circuit belge, le virtuose Canadien tente l'impossible mais heurte la F1 de Jochen Mass à haute vitesse. L'élite de pilotes vient de perdre son plus bel ambassadeur, quatre ans après le décès de Ronnie Peterson.

 - Alain Prost (Monaco 1982, Grand Prix de Monaco) : le nom de Riccardo Patrese finit par émerger du chaos comme vainqueur du Grand Prix de Monaco 1982. Le chaos, Patrese, connaît ... Bon nombre de pilotes ont injustement tenu l'Italien comme responsable de l'accident de Ronnie Peterson en 1978 à Monza. Orpheline du génial Suédois, la F1 désigna un peu trop rapidement son coupable. Bouc-émissaire notamment de James Hunt, Patrese allait cependant vivre une carrière plus qu'honorable en F1, avec 6 victoires et 256 courses entre 1977 et 1993 (record de participations avant que Barrichello ne le porte au-delà de 300). Son premier succès, Patrese l'obtient avec Brabham Cosworth en Principauté, dans le dédale monégasque, succédant au défunt Gilles Villeneuve au palmarès de la course. Sur le Rocher, c'est pourtant Alain Prost qui domine les débats ... La course est dantesque, épique. Après un cavalier seul, Prost est éliminé et finit dans les barrières. Riccardo Patrese est parti en tête-à-queue. Didier Pironi, lui, termine en queue de poisson après une panne sèche. Derek Daly et sa Williams s'arrêtent inexplicablement à quelques mètres de la ligne. Le vainqueur serait-il une des deux Lotus de Nigel Mansell ou Elio de Angelis ? C'est la confusion la plus totale quand le directeur de course abaisse le drapeau à damier. C'est finalement le nom de Riccardo Patrese qui émerge en vainqueur ...

 - Nigel Mansell (Montréal 1991, Grand Prix du Canada)  : la haine viscérale qui opposait Nelson Piquet et Nigel Mansell est fameuse, datant de leur deux saisons de cohabitations dans l'écurie Williams Honda, en 1986 et 1987. Même après leur séparation, l'animosité va se pérenniser. En 1991, Mansell connaît un début de saison catastrophique, là où Ayrton Senna évolue dans l'orbite de la perfection ... Victoires du Pauliste à Phoenix, Interlagos, Imola et Monaco. Lors du cinquième Grand Prix de la saison, Williams-Renault relève la tête face à McLaren-Honda. Nigel Mansell va enfin lancer sa saison 1991, lui qui est le plus redoutable challenger de Senna puisque Prost et Ferrari sont moribonds. Mais la victoire, sur le circuit Gilles-Villeneuve, va encore revenir à un Brésilien, un Carioca cette fois-ci. Nelson Piquet, avec Benetton Ford, va remporter la 23e et ultime victoire de sa prestigieuse carrière. Le fougueux et étourdi Mansell, lancé vers le succès, déboule dans l'ultime virage et commet l'erreur de saluer le public en oubliant de rétrograder en sixième après avoir freiné. La Williams FW14 ne supporte pas une telle bévue à bas régime. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Nigel Mansell passe du Capitole à la Roche Tarpéienne. Le moteur se coupe et Mansell cale, ne pouvant reprendre son élan, permettant à Piquet de couper la ligne en vainqueur pour la troisième fois au Québec, record pour le Grand Prix du Canada.

 - Ayrton Senna (Suzuka 1991, Grand Prix du Japon) : triple champion du monde ce jour là à Suzuka, Ayrton Senna entre au panthéon de la F1 et égale ses meilleurs ennemis Alain Prost et Nelson Piquet. A la demande de Ron Dennis, Senna remercie Gerhard Berger, son fidèle coéquipier de McLaren, en lui offrant le succès sur le circuit japonais, le premier du pilote autrichien avec Woking en presque deux saisons où le Brésilien a laminé son sherpa ... Dans l'ombre de Senna, Berger quittera McLaren fin 1992, retrouvant la Scuderia Ferrari en 1993. Quant à Senna, sa place dans le gotha étant assurée, il poursuivra sa moisson de victoires en 1992 et 1993, gagnant notamment au Japon fin 1993 pour sa quarantième et avant-dernier succès en F1.

 - Damon Hill (Budapest 1997, Grand Prix de Hongrie)  : sur le circuit magyar, infernal tourniquet, enfer de virages rappelant Monaco, la pole position a été réalisée par Michael Schumacher. Mais c'est Damon Hill, le vieux rival du pilote allemand, qui sera souverain ce jour là près de Budapest. Le champion du monde 1996, avec sa modeste Arrows, se rappelle au bon souvenir de tous. Au dernier tour, victime d'un problème de pompe hydraulique affectant son accélérateur, le Londonien voit son ex-coéquipier Jacques Villeneuve fondre sur lui comme neige au soleil. Trahi par sa monoplace, Hill sera dédommagé par le sort un an plus tard à Spa Francorchamps sous une pluie apocalyptique qui éliminera Michael Schumacher de la course belge ... Lauréat in extremis du Grand Prix de Hongrie 1997, Jacques Villeneuve recolle au classement mondial derrière le pilote allemand.

 - Jacques Villeneuve (Jerez 1997, Grand Prix d'Europe) : au contraire de son père, Jacques Villeneuve connaît une heureuse défaite dans le dernier tour car il remporte le championnat du monde. En Andalousie, le leader de Williams-Renault laisse passer les McLaren-Mercedes de David Coulthard et Mika Häkkinen, remerciant Woking qui ne s'est pas interférée en début de course dans le duel au couteau entre le pilote canadien et son rival allemand, Michael Schumacher. La Ferrari du prodige allemand termine dans les graviers de Jerez, après une agression du Kaiser sur le Québécois, qui jouait son va-tout dans le virage de Dry Sack. Coulthard, nouveau leader, sera de façon éphémère en tête de course. Car pour compenser les abandons de Silverstone et du Nürburgring qui ont affecté Häkkinen, Ron Dennis intime par radio l'ordre à l'Ecossais de McLaren de laisser passer le Finlandais, qui remporte à la 96e tentative sa première course en F1 (une de plus que Thierry Boutsen).

 - Mika Häkkinen (Barcelone 2001, Grand Prix d'Espagne) : Häkkinen aurait pu gagner une quatrième victoire consécutive en Catalogne ce jour là ... Elle resta utopique, la faute aux caprices de sa McLaren-Mercedes. Malmené depuis le début de la saison 2001, le dauphin du Kaiser en 2000 retrouva toute sa verve offensive et son panache, pilotant avec une assurance qui rappelaient ses meilleurs jours. Leader de Woking, le Finlandais Volant déployait ses ailes sur Montmelo, mais la victoire revint à Michael Schumacher, Häkkinen étant frappé d'une fuite d'huile fatale.

 - Rubens Barrichello (Spielberg 2002, Grand Prix d'Autriche) : Jean Todt et Ross Brawn imposent leur férule à Barrichello, agneau sacrifié sur l'autel d'une politique pro-Schumacher. Hégémonique leader du championnat du monde après des victoires à Melbourne, Interlagos, Imola et Barcelone, le Kaiser n'a connu la défaite, relative avec une troisième place, qu'à Sepang derrière les Williams souveraines près de Kuala Lumpur. En Autriche, Barrichello domine de façon nette et indiscutable son quadruple champion du monde de coéquipier, aux essais, en qualifications puis en course. Par radio, Todt et Brawn demandent à Barrichello de se sacrifier pour Schumacher. Au contraire de Carlos Reutemann en 1981 à Rio de Janeiro en 1981 ou de René Arnoux en 1982 au Castellet, le Pauliste ne se rebelle pas contre son employeur, lui qui a accepté une montagne de dollars pour servir de joker de luxe à Schumacher, leader incontesté de Ferrari. Commettre un fratricide envers son leader tuerait la poule aux oeufs d'or. L'opération tourne au ridicule alors que les décibels augmentent dans la radio de Rubinho ... Les ordres de Jean Todt et Ross Brawn se font de plus en plus violents. Perdu pour perdu, condamné à une injuste deuxième place, Barrichello veut au moins prouver qu'il était le plus fort. Il ne ralentit pas en douceur, ne maquille pas une erreur de pilotage ou un problème de mécanique. Un gros coup de frein avant la ligne scelle ce doublé de la honte, pour la 58e victoire du Kaiser qui jette l'opprobre sur son aura de champion, et sa popularité déjà bien controversée. Ce sera une victoire à la Pyrrhus pour Ferrari, qui y perdra bien plus que les 100 000 dollars réclamés par la FIA dans une amende navrante de complaisance ... Son prestige et le respect du public, la foule autrichienne manifestant sa colère par une bronca restée légendaire, devant une parodie de podium où Barrichello monte sur la plus haute marche du podium, sous le drapeau allemand et l'hymne Deutschland über alles ! Le sport a été bafoué ce jour là de façon scandaleuse, comme un mépris de la compétition, l'essence de la Formule 1 étant que le meilleur gagne, ce qui ne fut pas le cas ce dimanche 13 mai 2002.

 - Michael Schumacher (Indianapolis 2002, Grand Prix des Etats-Unis) : quelques mois après l'incident de Spielberg, Ferrari remet le couvert, bien involontairement. Mais le public américain d'Indianapolis, habitué des montagnes russes d'adrénaline avec les 500 Miles, ne pardonnera pas l'affront. Schumacher n'aurait pas fait pire s'il avait brûlé le drapeau américain ou craché sur Dan Gurney, entendra-t-on. Mais qu'avait fait le quintuple champion du monde pour s'attirer des critiques aussi voraces ? Tout simplement, le Kaiser avait eu la mauvaise idée de vouloir ralentir pour franchir la ligne juste devant son coéquipier Barrichello, pour une photo synchronisée des deux bolides écarlates. Mais la F2002 du Brésilien passera onze millièmes devant celle de l'Allemand, le Pauliste n'ayant pas compris ce que voulait faire son leader ...

 - Kimi Raikkonen (Nürburgring 2005, Grand Prix d'Europe)  : trahi par la MP4/20 à Imola, alors qu'il dominait la course sur l'autodrome Enzo e Dino Ferrari, Raikkonen s'est racheté par la suite en Espagne et Monaco. Le Kaiser Schumacher n'ayant pu répéter son festival d'Imola, le Finlandais de McLaren s'impose avec ses victoires à Barcelone puis en Principauté comme le principal challenger du leader implacable du championnat 2005, l'Espagnol Fernando Alonso. Le natif d'Oviedo va briser la spirale négative au Nürburgring, malgré l'hégémonie d'Iceman qui appose à nouveau son sceau sur la course. Une fois de plus insolent de supériorité, le Scandinave commet cependant une erreur en dépassant la Sauber attardée du Canadien Jacques Villeneuve : un plat sur son pneu avant gauche. Un choix s'impose alors pour le Finlandais : tenter la victoire et risquer l'abandon en maintenant la cadence. Ce sera quitte ou double, et Iceman finit le Grand Prix d'Europe avec une épée de Damoclès. Son pneu agonise lentement jusqu'à exploser en charpie dans le premier virage du dernier tour, permettant à Fernando Alonso, qui a su intelligemment maintenir la pression sur Kimi Raikkonen, de cueillir les lauriers de la victoire, et de creuser l'écart au Mondial (59 points contre 27) après ce nouveau KO, le deuxième de la saison après Imola.

 - Giancarlo Fisichella (Suzuka 2005, Grand Prix du Japon) : l'exemple de Fisichella en 2005 à Suzuka montre ce qui sépare un excellent pilote d'un grand champion. Tel son contemporain allemand Frentzen, l'Italien était un excellent pilote de F1, rapide et régulier, mais il n'a pas su gérer la pression d'un top team. Copieusement dominé par Fernando Alonso en 2005, le Grand Prix du Japon lui offre l'occasion inespérée de se racheter, lui qui a vu l'Espagnol devenir le plus jeune champion du monde de tous les temps à seulement 24 ans (Hamilton et Vettel feront mieux par la suite, sacrés à 23 ans). Alonso et son dauphin Raikkonen sont mal qualifiés, Fisichella a donc l'occasion de gagner une deuxième course après la manche d'ouverture de Melbourne. Souverain sur l'Albert Park, le Romain va déchanter à Suzuka. Car ce jour là, Iceman est déchaîné ... Raikkonen, à bord de sa McLaren, va s'offrir une remontée d'anthologie. Après une première banderille dans les ultimes boucles, Iceman s'offre le scalp du pilote du Losange par un dépassement magistral à l'extérieur du premier virage, dans le dernier tour de ce Grand Prix du Japon. Cela vaudra au Finlandais de McLaren-Mercedes une pluie de superlatifs, tant il a ébloui ce Grand Prix, sur un circuit aussi probant que Suzuka ... Parti 17e, Raikkonen s'offre un beau de lot de consolation, lui qui a fini dauphin d'Alonso en cette saison 2005 où sa flèche d'argent l'a souvent trahi. Joyau de Woking, Raikkonen aura écrasé Montoya, le pistolero Colombien artiste mais intermittent du spectacle ... Ceux qui accuseront Alonso de champion du monde épicier en 2005 auront tort, mais ceux qui plébisciteront Raikkonen comme vainqueur moral ne pourront guère être contredits, tant le Finlandais aura été impressionnant de solidité cette saison-là. Chez Renault, on ne décolère pas après ce revers cuisant… La réaction d’un ingénieur du Losange fut lapidaire à propos de Fisichella : Chez nous, on a un génie et un tocard.  Comme pour mieux souligner l’écart entre un pilote excellent tel que l’Italien, et un champion d’envergure comme l’Espagnol Fernando Alonso, ou son dauphin Kimi Räikkönen.

 - Felipe Massa (Interlagos 2008, Grand Prix du Brésil) : la défaite de Felipe Massa a ceci de particulier qu'elle concerne non pas la course mais le championnat du monde. Vainqueur à domicile pour la seconde fois après 2006, le Brésilien est leader virtuel du Mondial quand il aborde l'ultime boucle sur l'autodrome José Carlos Pace d'Interlagos. La pluie s'est abattue sur Sao Paulo, et depuis que le jeune espoir allemand Sebastian Vettel a dépassé avec un culot incroyable Lewis Hamilton, la McLaren du pilote au casque jaune semble en perdition. Sixième, Black Senna va perdre le titre pour un seul point, comme en 2007. Non, car in extremis, le leader de Woking place sa flèche d'argent à la cinquième place, dépassant la Toyota de Timo Glock dans les derniers hectomètres de ce Grand Prix resté dans les annales. Quand Hamilton coupe la ligne, tout le monde pense qu'il est dauphin de Massa, car sixième du Grand Prix du Brésil. Trente secondes après, les écrans de contrôle, dans leur froideur, ramènent Felipe Massa et son clan à l'impossible vérité : Hamilton est cinquième, et donc champion du monde 2008. Accompagné d'Alonso et Raikkonen sur le podium d'Interlagos, la réaction de Massa est très digne. Ses larmes font peine à voir mais il finit la saison en vainqueur moral devant son public, qui pensait enfin avoir trouvé l'héritier d'Ayrton Senna au palmarès.

 - Sebastian Vettel (Montréal 2011, Grand Prix du Canada) : David Button bat Goliath Vettel ce jour là au Québéc. Sous la pluie montréalaise, le circuit Gilles-Villeneuve va tendre un piège à Vettel qui va perdre le contrôle de sa Red Bull dans l'ultime tour. Jenson Button et McLaren ne ratent pas l'occasion de signer leur première victoire de l'année 2011, dans une saison où Vettel brillera de mille feux, humiliant le peloton à presque chaque course.


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2 réactions à cet article    


  • Axel_Borg Axel_Borg 18 novembre 2018 09:38

    La plus incroyable reste Suzuka 2005 avec ce dépassement à la testostérone signé d’Iceman sur Fisico.


    • Axel_Borg Axel_Borg 19 novembre 2018 11:14

      @ Nestor

      En 2003 Iceman a perdu le titre pour trois raisons, primo l’accrochage du 1er tour à Hockenheim, secundo sa casse mécanique au Nürburgring et tertio le fait que la MP4/17D n’était qu’une super evolution de la MP/417 de 2002, Adrian Newey et McLaren étant incapables de passer le crash-test de la FIA pour leur MP4/18, qui du coup ne verra jamais le jour !!

      Enfin, en 2005, le Finlandais était brilliant mais il a commis une terrible erreur au Nürburgring avec un plat en dépassant Jacques Villeneuve. Alonso lui a mis la pression et un 10-0 au final dans l’Eifel. Ajouté à cela les abandons d’Imola et Hockenheim, les departs de loin de Silverstone et Monza après des problèmes en qualif, et l’Espagnol put gagner assez largement, en courant un peu en épicier. Mais la suite de la carrier d’Alonso et de Raikkonen, et surtout leur duel chez Ferrari en 2014 montre que le meilleur avait bien gagné en 2005.

      Pour Fangio en 1957, voici la version longue de ce contrecoup de cette 24e victoire mythique au Ring, via les mots du photographe Bernard Cahier : « Après la course, j’ai rendu visite à Fangio à son hôtel, comme d’habitude, puisqu’en ce temps là les pilotes ne quittaient pas les circuits en hélicoptère et jet privé sitôt descendus du podium. Je voulais le féliciter. Beba, sa compagne, m’a ouvert la porte. Les volets étaient clos, et Fangio allongé sur le lit, dans une semi-pénombre, toujours en combinaison de pilote, comme en état de choc. Il tremblait et parlait à voix basse. Il m’a dit qu’il se sentait vidé, physiquement et surtout mentalement, qu’il avait franchi une ligne que, toute sa carrière, il s’était interdit de franchir, et que ce qu’il avait vu de l’autre côté du miroir l’effrayait encore. Ce fut sa dernière victoire. En fin de saison, il a quitté la F1, cinquième titre en poche. Certes, il avait 46 ans. Mais je reste persuadé que la raison de ce retrait fut ce Grand Prix d’Allemagne 1957. Il savait que jamais il ne pourrait monter plus haut dans l’art du pilotage que ce jour là sur le Ring, sauf à aller trop loin. Alors, à quoi bon continuer ?  »

      C’est pour cela que l’Argentin arrêta sa carriere en 1958 à Reims. Il y avait déjà songé fin 1955 mais la chute du general Juan Peron dans son pays le força à continuer deux saisons avec Ferrari (1956) puis (Maserati 1957). 

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