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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > L’érotisme dans le sport féminin

L’érotisme dans le sport féminin

Y a-t-il du sacré dans l'érotisme ? Une femme dérègle le jugement avec si peu de chose : un anorak argenté, un short très court, un top bien ajusté, un bikini, quelques grammes de textile ici et là. Et dans certains sports les tenues minimalistes qui mettent en valeur le corps des femmes qui approchent de la perfection sont imposées par les mouvements, les efforts… mais aussi par le spectacle et les médias. On peut citer en vrac : patinage artistique, volley de plage, athlétisme (saut en hauteur, saut à la perche, courses), gymnastique, natation, tennis, ski, danse… qui mettent les corps en scène pour produire des émotions dans lesquelles l’érotisme (avoué ou non) a sa place (souvent la première) bien avant les performances elles-mêmes. Et la séduction ne fait-elle pas partie de la performance ?… Et n’y a-t-il pas un lien naturel entre esthétisme et érotisme ?

A la plage des jeunes femmes s'offrent seins nus et string ficelle entre les fesses et le ballet des volleyeuses est une manifestation d’érotisme bien plus forte : des bras, des cuisses rondes et musclés, des ventres plats, des bas-ventres parfaitement dessinés dans les maillots collants, des seins durs et bien empaquetés, tout cela est parfait et le regard n’est pas distrait par l’environnement ! C'est un pur plaisir de regarder ces jeunes femmes qui courent, qui sautent, qui plongent sur le sable de la plage ; et c'est d'une grande force érotique, il faut l’avouer. Quand la volleyeuse se détend et retombe, elle écarte les jambes et son maillot tendu donne à voir une forme parfaite : c'est beau, fugitif, inoubliable. Certaines ont des queues de cheval qui sortent d'une casquette et tournoient à chaque mouvement, ajoutant ce quelque chose en plus qui n’a pas de nom.

Le patinage féminin porte en lui, à travers ses réalisations esthétiques, une grande force érotique. Les patineuses sont à la fois des athlètes accomplies au corps musclé et des danseuses également accomplies aux mouvements ensorceleurs. (On peut avoir moins de sympathie pour le type qui les accompagne dans leurs figures, les soulève, les porte, les fait glisser contre lui, passe le bras entre leurs jambes et se permet même de les envoyer en l'air !) Certaines positions laissent à penser qu'ils font l'amour sur la glace, patins aux pieds. Habillées très court leurs robes légères dévoilent à chaque mouvement leurs corps qui tournent devant les yeux, bien serrés dans le textile tendu des collants, sont d’une perfection plus qu'humaine, comme une offrande aux mortels de quelque dieu facétieux. Mais dans le sport le Nu n'a pas sa place – imagine-t-on une patineuse nue sur la glace ? –

Sur une piste d'athlétisme les femmes sont plus proches de la nudité : short retaillé comme une culotte, haut réduit à un soutien-gorge, voilà bien ce qu'appellent à la fois l’exercice sportif et le spectacle. Au saut en hauteur les Belles explosent comme des feux d'artifice ! Elles sont longues, fines, musclées... avec des jambes longues, fines, musclées... des bras ronds, fins et musclés... et il arrive que certaines ont des visages de déesses antiques comme la grande et magnifique Croate, Blanka Vlasic. Ses trois derniers pas sont éblouissants de puissance et de fluidité : ses jambes dessinent une courbe parfaite pour jeter le corps au-dessus de la barre, c'est prodigieux ! Et les bras qui amplifient le mouvement ! Et le cri qui suit : l'expulsion de toute la concentration mentale est dans ce cri ! Sur le grand écran du stade ou celui de ta télé on ne perd pas une phase du saut : comment elle enroule son dos sur la barre et jette ses jambes en l'air pour faire un demi-saut périlleux arrière ; son nombril est l'épicentre de son corps quand, le saut réussi, elle se déplie sur le tapis de réception en levant les bras pour saluer la foule et sautiller de joie, le visage transfiguré – et son découpage en gros plan cinématographique est un bonus pour le spectateur. Elle quitte le sautoir, enfile son survêtement et devient, dans l'attente du prochain saut, une femme cachée, ordinaire, anonyme..., qui se lèvera du banc pour se transformer une nouvelle fois en cette femme exceptionnelle qui produit cette émotion esthétique singulière. Il faut suivre chaque étape du saut pour en bien saisir la grandeur : l'athlète va enlever son survêtement selon un rite qu'elle s'est donnée et qui conditionne sa concentration ; puis elle va se diriger vers ses marques au sol en les grattant du pied ou en les regardant avec attention, toutes choses parfaitement inutiles mais qui relèvent de son rituel de préparation ; sa position de départ peut être marquée par une immobilité absolue de quelques secondes suivie de petits mouvements de bras, de mains, de tête, de balancements sur une jambe d'appui : des tics parfaitement contrôlés ; le regard devient fixe, les yeux grands ouverts sont fichés sur la barre et elle entre dans un autre espace-temps où elle est absolument seule ; le silence se fait dans le stade grâce aux écrans géants qui permettent aux dizaines de milliers de spectateurs de suivre cela de façon intime ; le gros plan de la télévision atteint la limite du supportable quand enfin elle libère le stade en faisant son premier pas après un petit mouvement de recul sur la jambe d'appui : une foulée de félin avec des gestes posés de façon millimétrée... Le rite a produit le rythme qui conditionne la perfection du saut : ça passe oui ou non, mais à chaque fois un miracle s'est produit.

Avec la perche on reste dans le même schéma, mais le saut est si difficile que la technique écrase la dimension esthétique. Il faut attendre qu'elle retombe sur les matelas pour retrouver l'acte érotique. Il y a cette Russe, Yelena Gadzhievna Isinbayeva – la tzarine - qui n'a pas de rivale, sauf pour le saut lui-même : l'athlète parfaite. Quand elle se retourne après avoir enroulé la barre c'est l'instant magique de la chute : une demi-seconde environ comme le veut la gravité. Le corps alors libéré, les bras et jambes écartés, et quand c'est réussi, un saut périlleux arrière avant de quitter les matelas... juste pour le fun ! Elle sait tout faire cette gymnaste !

La natation pourrait nous donner un meilleur spectacle si le maillot des femmes se rapprochait du bikini ! Ces belles plantes sont un peu carrées d'épaules, mais l'ensemble est généralement agréable à regarder nonobstant leurs combinaisons qui descendent jusqu'aux genoux et montent haut en écrasant la poitrine. Le ventre est sous plastique, c’est une faute de goût ! Les organisateurs et autres professionnels n'ont rien compris, ils n’ont aucun sens esthétique ; on pourrait croire qu’ils n'ont jamais vu une femme de leur vie !

On peut poursuivre l’analyse. Chacun ayant son sport favori. On retrouve souvent les mêmes ressorts, même dans des sports très habillés comme le ski ou l’équitation… Ces jeunes personne sont jeunes et belles… leurs corps sont offerts… et certains ne résistent pas aux démons qui se cachent dans le sport féminin et conduisent parfois au crime…


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22 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 1er février 16:27

    Quand les joueuses de tennis porteront-elles des shorts et non des minijupes ?

    Quand les présentateurs de JT pourront-ils porter des « marcels » comme leurs collègues féminines ?

    Quand pourra-t-on tous venir travailler au bureau en short ?

    Le costume n’est pas seulement un caractère sexuel secondaire comme les cheveux ou la barbe, c’est un marqueur social.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 1er février 16:44

      @Séraphin Lampion

      Il est un autre élément érotique dont on ne parle jamais : la perception par le mâle comme pour la femelle de l’émanation des hormones de l’autre (ou du même) sexe. On n’en parle jamais parce que ça serait reconnaître notre animalité. Pourtant, attirances et répulsions se jouent le plus souvent sur ce registre : l’organe voméronasal (dit « de Jacobson ») que nous n’avons pas perdu ne se trompe pas. C’est notre éducation et notre formatage qui nous guide parfois vers des cibles incompatibles, non viables, et débouchent sur des échecs.


    • San Jose 1er février 18:32

      Le véritable érotisme sportif féminin est mort avec la RDA et ses lanceuses de poids médiquées. 


      • zygzornifle zygzornifle 3 février 10:47

        @San Jose

         les nageuse aussi avec leurs carrures de déménageur de pianos et leurs muscles de taureaux ....


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 2 février 08:50

        Je suis sous le coup de l’émotion en lisant le début de cet article. Je me suis arrêté au bout de quelques lignes. Je suis au moins certain que l’auteur n’est pas un adepte du naturisme. Il serait plutôt dans le camp de ceux qui vont mater les naturistes. Le regard d’obsédé sexuel porté sur le corps des femmes qui font des activités sportives me dérange... C’est le « regard » qui me dérange et pas le corps des femmes. Le naturisme n’a rien à voir avec l’érotisme par contre assurément le corps est essentiel dans l’érotisme mais voir de l’érotisme dès qu’on voit un corps relève de l’obsession... Le corps n’est pas utile qu’à la sexualité et à l’érotisme qui y est lié. Il sert aussi à se mouvoir... à faire du sport. Il est vrai aussi que des détraqués ont des pulsions de pédophiles quand ils voient le corps d’un enfant... Tout cela relève de la déviance.


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 février 09:33

          @Jean Dugenêt

          L’ennemi de l’érotisme, c’est la morale de l’idéologie dominante.
          Relisez Lawrence, Sade ... et Molière : « cachez ce sein que je ne saurais voir ». 
          Tartuffe, lui aussi, relevait de la déviance, celle de l’hypocrisie.


        • JC_Lavau JC_Lavau 2 février 09:50

          @Jean Dugenêt. Maryvonne était la figure sénior du club de kayak. En rentrant d’un dimanche sur la rivière artificielle de Saint-Pierre de Boeuf, nous sommes bloqués de sortie par une course cycliste qui traverse le barrage. Et Maryvonne, on ne la tenait plus :
          — Ah ! Des beaux mecs !
           
          Nous héritons d’un grand nombre de réflexes, généralement efficaces à nos tâches de sélection et de séduction, de reproduction, de soin aux enfants, puis de veille sur la harde, de responsabilités du plus haut niveau à l’âge sénior, etc.
          Bon alors ? On l’assume, notre animalité, ou pas ?


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 février 09:51

          @Jean Dugenêt

          « Le puritanisme, la bégueulerie, la bigoterie, le système du renfermé, de l’étroit, a dénaturé et perd dans sa fleur les plus charmantes créations du bon Dieu. J’ai peur du corset moral, voilà tout. »

          Flaubert - Correspondances.

           

          « Le puritanisme anglo-saxon nous dessèche chaque mois davantage, il a déjà réduit à peu près à rien la gaudriole impromptue des arrière-boutiques. »

          Céline – Voyage au bout de la nuit.

           

          « Vous n’ignorez pas qu’il y a maintenant tout un parti à Nice qui fait du puritanisme. Plus de carnaval, plus de fêtards internationaux ! Nice, ville d’art et de pensée. Br !... (...) Soyez tranquille. Dans ma modeste mesure, je travaille à sauver la tradition frivole... » 

          Jules Romains – Les hommes bonne volonté.


        • arthes arthes 3 février 09:32

          @Jean Dugenêt

          Sans aller jusqu a traiter l auteur de pervers sexo...J imagine qu il y en a qui se tapent une pignole des qu il voient un petit cul moulé à la téloche ou sur une plage ?

          J appelle pas ça de l érotisme, c est la dictature des glandes, l appel des odeurs animales, comme il dit le Seraphin, l homme cyclope, avec une bite à la place du cerveau...Comme les couilles lui tombent sur les yeux, il ne peut voir qu avec sa bite.

          Lol, et pourtant, chuis pas moraliste, apres tout, tant que c est pour du reve, chacun sa sensibilite niveau libido et son plaize .

          Sade, ça me fait trop rire par exemple, mais je n y trouve rien de « bandant » ni d érotique...D ailleurs, j avais entendu sur France culture (donc, sérieux etc....) un spécialiste de cet auteur affirmant qu il avait écrit la plupart de ses œuvres les plus sulfureuses alors qu il n avait plus d intérêt au déduit.


        • Raymond75 2 février 09:20

          Les tenues des athlètes féminines sont en effet étudiées pour être plus ’visuelles’ à la télé, cela permet de vendre plus cher les licences de diffusion ...

          Parfois cela va trop loin : les exhibitions des patineuses ont fini par faire imposer des jupettes qui cachent les fesses lors des ’marches arrières’ !

          Je me souviens, lorsque j’étais jeune, les gymnastes féminines étaient de belles personnes, très bien proportionnées (comme les hommes). Maintenant ce sont des petits singes bondissants qui ont le corps d’un fillette de 12 ans : que leur a t’on fait subir ? Et les monstres féminins qui font des sports de force ?

          Le sport de compétition déforme les corps au lieu de les épanouir, pour obtenir une médaille après des années de sacrifices, de ’préparations’ biologiques, et souvent (on commence à en parler) des agressions sexuelles de la part des entraîneurs mâles ... Il y a longtemps que je ne regarde plus ces activités, ni ces phénomènes de foire.


          • In Bruges In Bruges 2 février 09:35

            Tout cela est vrai, mais cela reste de l’écrit, donc c’est pas trop adapté au sujet...

            Ici, en image ,en musique et en ironie distante, c’est mieux...

            https://www.youtube.com/watch?v=iVS_5R7JwKs


            • sylvain sylvain 2 février 16:36

              La magie du patinage !
              Les joies du patin à glace...
              Une soirée pas comme les autres
              Les bonheurs du bikini...

              vu vos articles on se demande pas pourquoi vous regardez la télé !

              Quitte à regarder du sport, je ferais certainement la même chose, les filles se privent pas non plus et c’est tant mieux ! Ca devrait même être un critère de sélection à mon avis


              • Raymond75 2 février 20:34

                Oui, cela ne fait aucun doute : le mini slip est indispensable à la performance du sport ... féminin !

                https://www.youtube.com/watch?v=05SEnW60cXs


                • zygzornifle zygzornifle 3 février 10:44

                  C’est plus émoustillant que les joueurs de rugby ou de foot .....


                  • bebert 3 février 11:53

                    De toute manière c’est le rôle de la femme de séduire c’est dans ses gènes maintenant ce n’est pas une raison pour les prédateurs sexuels


                    • Fanny 3 février 11:54

                      Agoravox m’était apparu comme une sorte de club LGBT section hommes, voire un club british réservé aux hommes (mais c’est kifkif) vu la surreprésentation masculine. Me serais-je trompé ?


                      • pirenkor pirenkor 3 février 14:08

                        @Fanny
                        .
                        Que faut-il voir dans ce

                        • Me serais-je trompé ?

                        Une faute ?

                        Une tromperie comme le serait le pseudo « fanny »

                        Ou un aveu LGBT ?


                      • Fanny 3 février 15:59

                        @pirenkor
                        ce que vous voudrez.

                        Mais pour moi surtout un regret, l’impression que tous ces forums sont tenus par des hommes, j’ignore pourquoi. Me rappelle l’école communale (des garçons), celle des filles était séparée par une haute muraille. Pourtant, nos femmes ont la réputations d’apprécier la conversation. Mystère.


                      • Raymond75 3 février 17:31

                        @Fanny

                        Moi aussi cela me surprend, mais c’est un fait, et ce n’est ni par volonté des hommes, ni par obstruction de ceux-ci. Mais cela permet à certaines femmes de dire que les hommes monopolisent la parole smiley


                      • Fanny 3 février 18:58

                        @Raymond75
                        En me concentrant un peu et en réfléchissant, je me suis rendu compte que pendant que je jouais de la souris, affalé dans mon fauteuil IKEA à 5 degrés de liberté, ma femme jouait du balais et de la serpillière. Un début d’explication peut-être (mais ma femme est un cas particulier : elle a des origines suisses -).


                      • Raymond75 3 février 19:07

                        @Fanny

                        Je suis célibataire, et je passe le balai et la serpillère une fois par semaine ou tous les dix jours, ce qui me suffit ; et appuyer sur le bouton ’marche’ du lave linge ou du lave vaisselle est une charge que j’arrive à assumer.


                      • uleskiserge uleskiserge 3 février 19:13

                        Le meilleur du féminisme, vous l’avez là sous vos yeux, dans la libération de la parole des femmes qui côtoient quotidiennement des hommes dans le cadre de leurs activités professionnelles (hommes de pouvoir symbolique ou réel) car, dans le cas contraire, rien ne changera si les femmes continuent de se taire (politique, sport, journalisme, cinéma, mannequinat et tous les milieux sociaux-professionnels) car rien ne modifiera le comportement de ces prédateurs adeptes du harcèlement et de l’agression sexuels s’ils ont la certitude que la victime se taira.

                        En effet, pour chaque femme qui se tait (sans oublier celles qui cèdent), ce sont des dizaines d’autres qu’elle condamne au harcèlement et à l’agression.

                        Comme on peut le voir, la balle est dans le camp des femmes, non des hommes. Et ce féminisme-là, capable d’expliquer ça aux femmes, c’est le féminisme dont on a besoin aujourd’hui face à ce fléau du harcèlement et de la menace de l’agression sexuelle sans doute tout aussi important que la pédophilie des réseaux « mondains » dont la dénonciation peine à trouver des relais dans les médias.

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