• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > La Ligue des Champions tue-t-elle les championnats ? (Episode 3 - Aigle (...)

La Ligue des Champions tue-t-elle les championnats ? (Episode 3 - Aigle Bicéphal, Marathon Européen et Strapontins)

Certains ont à un moment pensé que la Ligue des Champions était un embryon d’une ligue européenne fermée réservée à l’élite de feu le G14, ou encore qu’elle allait phagocyter les championnats nationaux ... Rien de tout cela n’est arrivé mais force est de constater que les ligues européennes ont perdu de leur superbe ... Car tel le dieu romain Janus, la Ligue des Champions a deux visages, l’un sublime, celui d’un niveau de jeu exceptionnel souvent atteint dans le dernier carré, l’autre néfaste qui a déteint sur l’ensemble du Vieux Continent soumis au lobby de l’European Club Association ... Mais le Léviathan UEFA, au lieu de faire son aggiornamento, ne cesse de renforcer le caractère darwinien d’une épreuve qui ne cesse de perdre sa crédibilité, puisque seulement intéressante à partir du printemps, l’automne et l’hiver étant aussi sinistres que dans les célèbres portraits des quatre saisons d’Arcimboldo ... Mais combien de temps encore le château de cartes va-t-il tenir avant de s’effondrer ?

Espagne, une péninsule à l’aigle bicéphal

Entre 1981 et 1984, le football espagnol subit la férule de deux clubs basques, la Real Sociedad (championne en 1981 et 1982) puis son voisin l’Athletic Bilbao (sacré en 1983 et 1984). De 1985 à 2018, soit 34 saisons de Liga, le Barça et le Real Madrid ont remis les pendules à l’heure : 16 titres pour le FC Barcelone, 13 couronnes domestiques pour le Real Madrid … Blaugranas et Merengues n’ont laissé que des miettes à la concurrence, soit 5 titres : 2 pour l’Atletico Madrid (1996 et 2014), 2 pour Valence (2002 et 2004) et 1 pour le Deportivo La Corogne (2000).

Depuis 2005, la Liga nous livrait un duel Real - Barça pour le titre, complètement fermé à une potentielle troisième force ... Valence, Séville, Villarreal, Atletico, tous ont mordu la poussière face aux deux géants d’Espagne. Le gouffre entre le dauphin et le troisième atteignait même des proportions colossales depuis la saison 2009-2010. Pour tout autre club que Barcelone ou le Real, briguer le titre de champion d’Espagne était devenu utopique, avant que l'Atletico Madrid ne sonne le réveil lors d'une saison 2013-2014 euphorique où les David Villa, Thibaut Courtois, Koke et autres Diego Costa, en gagnant la Liga, ont fait mieux que résister aux Blaugranas et autres Merengue !

De 8 points, proportion raisonnable en 2009 entre le Real Madrid 2e et le FC Séville 3e de Liga, on est passés en 2010 à un écart proprement hallucinant de 25 points entre le Real Madrid, nanti de 96 points et dauphin du Barça (champion avec 99 points), et Valence, 3e avec 71 points et premier des figurants.

En 2011, la tendance s’est confirmée avec 21 points d’écart entre le Real Madrid, 2e avec 92 points (Barcelone champion avec 96 points), et Valence, 3e avec 71 points au compteur.

En 2012, le Real Madrid est champion d'Espagne avec 100 points, le FC Barcelone deuxième de Liga avec 91 points, Valence troisième à 30 points du Barça et 39 points du Real, avec seulement 61 points.

En 2013, le FC Barcelone est champion avec 100 points, le Real Madrid son dauphin termine à 15 unités avec 85 points, et l'Atletico Madrid à 24 unités du Barça et à 9 unités du Real avec 76 points.

En 2014, l'Atletico Madrid devient le premier club depuis Valence en 2004 à briser la domination de l'aigle bicéphale du football espagnol, Barcelone (2005, 2006, 2009, 2010, 2011, 2013 avant 2015, 2016 et 2018) et Real Madrid (2007, 2008, 2012 avant 2017)

Seuls au monde avant que Diego Simeone et les Colchoneros ne trouvent l'antidote à l'hégémonie de l'aigle bicéphal, Merengues et Blaugranas ont atomisé la concurrence, bénéficiant d’effectifs pléthoriques et de la politique élitiste de la ligue espagnole. La poule aux œufs d’or sert les intérêts des Madrilènes comme des Catalans. Assurés par leur force monumentale d’être qualifiés en Ligue des Champions, les deux titans sont entrés dans un cercle vertueux ... Une précieuse manne d’or venant de Nyon leur est versée chaque année ... Mais la Liga a longtemps été un mirage pour le Real Madrid. En 2009 et 2010, alors que le Barça survolait l’Europe et la Liga, le Real Madrid tombait piteusement en huitièmes de finale de la C1, éliminé par Liverpool et Lyon ... L’élimination face aux Gones constituait la sixième consécutive depuis 2005 à ce stade de la compétition.

Certes, l’UEFA et sa Ligue des Champions ne sont pas le péché originel du paysage actuel du football espagnol, mais ils ont contribué à aggraver le contexte, Real et Barça s’engraissant chaque année un peu plus par leurs parcours continentaux ...

 - Le marathon européen

Si l’on se réfère à la légende du marathon, il n’est guère surprenant qu’avant le Real Madrid de coach Zidane et de Cristiano Ronaldo titré en 2016, 2017 puis en 2018, personne n’ait gagné la Ligue des Champions deux années de suite depuis sa création en 1992-1993 (en Coupe des Champions, le dernier doublé date de 1989-1990, exploit réalisé par l’AC Milan d’Arrigo Sacchi)

Le terme marathon désigne la bataille antique de Marathon … Philippidès, un messager grec, aurait couru de Marathon à Athènes, distance d'environ 40 kilomètres, pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille de Marathon lors de la première guerre médique en -490 avant Jésus Christ. Arrivé à bout de souffle sur l’Aréopage, il y serait mort après avoir délivré son message.

La distance est de 42.195 kilomètres depuis 1908 (distance entre Windsor et Londres à l’occasion des Jeux Olympiques d’été de Londres). La distance est fixée à 26 miles terrestres. Mais la fantaisie va faire valoir ses droits : la course doit partir de la pelouse du château de Windsor pour faire plaisir aux enfants de la famille royale, qui veulent assister au départ des concurrents (une douzaine). Mais on décide au dernier moment que l'arrivée doit se faire au White City Stadium, devant la loge royale où le roi d’Angleterre Édouard VII est présent. De ce fait, la distance ne tombe plus juste. Elle sera alors fixée à 26 miles et 385 yards, soit 42,195 km.

Bref, le marathon, c’est 40 kilomètres d’échauffement et 2 kilomètres de course. La Ligue des Champions, c’est pareil, la vraie compétition ne débute qu’en avril au stade des quarts de finale …

Saint-Denis 2000, Milan 2001, Glasgow 2002, Manchester 2003. Quatre villes pour autant de marathons. Faut-il le rappeler, l’AC Milan sacré champion d’Europe pour la sixième fois en 2003, a disputé 19 matches en 2002-2003 pour conquérir le sceptre ... Record du genre.

Parcours Européen de l’AC Milan en 2003 :

  • 2 matches au 3e tour préliminaire contre le Slovan Liberec
  • 6 matches de poules face au Deportivo La Corogne, au RC Lens et au Bayern Munich
  • 6 matches de poules (encore) face au Real Madrid, au Borussia Dortmund et au Lokomotiv Moscou
  • 2 matches en quarts de finale face à l’Ajax Amsterdam
  • 2 matches en demi-finale face à l’Inter Milan
  • 1 match en finale à Manchester (Old Trafford) contre la Juventus Turin

Bref, un nombre de matches à vous donner le vertige ! Mais pour le Real Madrid en 2000 et 2002, ou le Bayern Munich en 2001, le quota de matches était « juste » de 17 …

Vainqueur ou finaliste à toutes les époques de la Ligue des Champions (1993-1997 avant l’arrivée des dauphins, 1998-2003 avec les dauphins et doubles phases de poules, 2003-2018 avec les huitièmes de finales), l’AC Milan est le témoin idéal pour vérifier l’évolution du nombre de matches.

Parcours Européen de l’AC Milan en 1989 (11 matches) :

  • 2 matches en seizième de finale face au Vitosha Sofia
  • 2 matches en huitième de finale face à l’Etoile Rouge de Belgrade
  • 2 matches en quart de finale face au Werder Brême
  • 2 matches en demi-finale face au Real Madrid
  • 1 match en finale à Barcelone (Nou Camp) contre le Steaua Bucarest

Parcours Européen de l’AC Milan en 1990 (11 matches) :

  • 2 matches en seizième de finale face au HJK Helsinki
  • 2 matches en huitième de finale face au Real Madrid
  • 2 matches en quart de finale face au FC Malines
  • 2 matches en demi-finale face au Bayern Munich
  • 1 match en finale à Vienne (Prater) contre le Benfica Lisbonne

Parcours Européen de l’AC Milan en 1993 (11 matches) :

  • 2 matches au 1er tour préliminaire contre l’Olimpia Ljubljana
  • 2 matches au 2e tour préliminaire contre le Slovan Bratislava
  • 6 matches de poules face au FC Porto, à l’IFK Göteborg et au PSV Eindhoven
  • 1 match en finale à Munich (stade olympique) contre l’Olympique de Marseille

Parcours Européen de l’AC Milan en 1994 (10 matches) :

  • 2 matches au 1er tour préliminaire contre le FC Aarau
  • 2 matches au 2e tour préliminaire contre le FC Copenhague
  • 6 matches de poules face au FC Porto, au Werder Brême, au RSC Anderlecht
  • 1 match en demi-finale à domicile à Milan (San Siro) face à l’AS Monaco
  • 1 match en finale à Athènes (stade olympique) contre le FC Barcelone

Parcours Européen de l’AC Milan en 1995 (11 matches) :

  • 6 matches de poules face à l’Ajax Amsterdam, au Casino Salzbourg et à l’AEK Athènes
  • 2 matches en quarts de finale face à l’Ajax Amsterdam
  • 2 matches en demi-finale face au Paris SG
  • 1 match en finale à Vienne (Ernst Happel Stadion) contre l’Ajax Amsterdam

Parcours Européen de l’AC Milan en 2005 (13 matches) :

  • 6 matches de poules face au FC Barcelone, au Chaktiar Donetsk et au Celtic Glasgow
  • 2 matches en huitièmes de finale face à Manchester United
  • 2 matches en quarts de finale face à l’Inter Milan
  • 2 matches en demi-finale face au PSV Eindhoven
  • 1 match en finale à Istanbul (stade Atatürk) contre Liverpool

Parcours Européen de l’AC Milan en 2007 (15 matches) :

  • 2 matches au 3e tour préliminaire contre l’Etoile Rouge de Belgrade
  • 6 matches de poules face à Lille, à l’AEK Athènes et à Anderlecht
  • 2 matches en huitièmes de finale face au Celtic Glasgow
  • 2 matches en quarts de finale face au Bayern Munich
  • 2 matches en demi-finale face à Manchester United
  • 1 match en finale à Athènes (stade olympique) contre Liverpool

Pour accomplir de tels travaux d’Hercule (douze dans la mythologie grecque, du Lion de Némée à la capture de Cerbère aux Enfers) ou un tel chemin de croix (quatorze stations de la Passion du Christ, du jardin de Gethsémani sur le Mont des Oliviers au moment de l’arrestation au Golgotha au moment de la crucifixion), mieux vaut une réelle profondeur de banc, et donc concrètement doubler voire tripler les postes.

Pour avoir ignoré superbement cette règle d’or, le Real Madrid et ses Galactiques sont tombés de Charybde en Scylla au printemps 2004. A bout de forces physiquement, l’orchestre des virtuoses, du premier violon Ronaldo au chef d’orchestre Zidane, a vu sa belle partition se muer en requiem. Eliminés par Monaco en C1, dépassés par Valence en Liga, les Merengue avaient sombré corps et âme ...

Malgré le turnover effectué chaque week-end depuis des années par les Ferguson, Guardiola, Capello, Mourinho, Hitzfeld, Lippi, Klopp, Ancelotti et autres Wenger pour préserver au mieux leurs intérêts en championnat, force est de constater que les matches suivant une rencontre de Ligue des Champions sont plus souvent que les autres propices à une perte de points de la part des grands clubs européens.

L’incomparable intensité mentale et physique d’un combat de Ligue des Champions, digne des batailles de gladiateurs de la Rome Antique, ne laisse pas indemne. Vae Victis ... mais même le vainqueur y perd des plumes, et souvent des points le week-end suivant lorsqu’il fait son retour sur la scène nationale face à un rival plus frais et n’ayant pas l’inconvénient d’avoir laissé un énorme influx nerveux le mercredi soir ...

 - Un trône et des strapontins

Jadis, il n’existait que deux moyens d’aller en Coupe des Champions. Si on était le tenant du titre, le conserver. Sinon, remporter son championnat national. Désormais, la perspective d’une qualification en C1 est moins fantaisiste, en tout cas en ce qui concerne les grands pays (Espagne, Angleterre, Italie, Allemagne et France) dont les championnats ont de multiples places réservées.

Du haut de leur tour d’ivoire, les grands clubs alignent les participations successives, étant presque certains de terminer sur le podium. La glorieuse incertitude du sport a vécu dans certains championnats. Le cercle vertueux les maintient dans l’élite de leur championnat de façon pérenne.
Ainsi, Manchester United a terminé 22 fois consécutivement sur le podium du championnat d’Angleterre entre 1992 et 2013 (13 fois champion en 1993, 1994, 1996, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003, 2007, 2008, 2009, 2011, 2013, 6 fois deuxième en 1992, 1995, 1998, 2006, 2010, 2012, et 3 fois troisième en 2002, 2004, 2005). Chapeau bas à Ferguson qui termine 13 fois sur la plus haute marche, là où il aurait pu se contenter benoîtement de 3 ou 4 titres, avant de mettre le frein à main sur son île.

Eliminé lors de la phase de poules de la Ligue des Champions 2011/2012 à la surprise générale (3e de sa poule derrière le Benfica Lisbonne et le FC Bâle), l’ancien manager de Manchester United avait alors vécu ce reversement en Europa League comme une punition. Ce qui avait valu une première fracture entre Michel Platini, alors président de l’UEFA, et le football anglais : Le monde ne tourne pas autour de l’Angleterre. Le club mancunien, alors à la lutte pour le titre avec son voisin et rival honni de City, avait été sorti dès les huitièmes de finale de C3 face à l’Athletic Bilbao (2-3, 1-2) d’un certain Marcelo Bielsa, avant de laisser filer le titre national aux Skyblues dans la dernière ligne droite en mai 2012 (MU étant toujours virtuellement champion d’Angleterre à la 89e minute de jeu).

A quoi bon se battre jusqu’à la dernière goutte de sueur pour le titre de champion ? Le prestige ? La satisfaction de dépoussiérer l’armoire à trophées ? L’essence même de la compétition ?

Pour certains coaches, amoureux viscéraux de la compétition et de son inséparable adrénaline, nul doute qu’un Scudetto, qu’une Liga, qu’une Premier League, qu’une Bundesliga a toujours la même saveur du devoir accompli, de la pépite d’or trouvée dans la rivière ...

Sir Alex Ferguson, même avoir après avoir délogé Liverpool de son perchoir, écoeuré Arsenal et Chelsea, continuait de trépigner d’impatience comme un gamin à chaque intersaison, ne rêvant que d’une chose, repousser l’inexorable érosion du temps. A l’été 2011, ne déclarait-il pas vouloir déboulonner l’idole de son trône, le Barça de Pep Guardiola, deux fois son bourreau devant l’Europe entière, en 2009 à Rome, en 2011 à Londres. La revanche de Wembley a tourné au camouflet, Fergie n’aura donc pas eu de belle face à l’ogre catalan, ce dernier ayant mordu la poussière au printemps 2013 contre le Bayern ... A Carrington, la priorité n'est plus de retrouver le Barça ou quiconque autre monstre européen en finale de C1 mais de pérenniser l'âge d'or que fut la longue ère Ferguson (1986-2013), le poids de l'héritage étant si lourd pour David Moyes. Fergie avait nettoyé les écuries d'Augias en 1986, Moyes n’a lui pas eu le temps d’accomplir le travail suivant d'Hercule, cueillir les pommes d'or du jardin des Hespérides. Rappelons nous que dans la légende Atlas avait laissé quelques minutes à Hercule le soin de porter la voûte céleste.

La combativité d'un Ferguson ne se retrouve pas chez tous les entraîneurs, même si Jose Mourinho, Diego Simeone ou Pep Guardiola font indéniablement partie de cette catégorie de gagneurs nés, ces tribuns de vestiaires capables de changer la destinée d’un match, d’une finale à la mi-temps ... Et de faire remonter onze boxeurs sur un ring vert, prêts à en découdre jusqu’à la mort ! Tous ne sont pas faits de la même écorce, extraits du bois si rare qui fait les champions.

D’autres se contentent de confortables accessits ... Le livret A du père de famille pour accéder au parc d’attractions, l’Eurodisney du football, quand d’autres continuent d’étaler panache, goût du risque et spéculation sur l’avenir pour parvenir à leurs fins, la quête du Graal ...

Ainsi, Arsenal et son coach légendaire Arsène Wenger, à la politique risco-phobe, ont longtemps profite du carré de places offert à la Perfide Albion ... Harpagon sur l’échiquier européen, Arsenal et son Emirates Stadium rentrent bredouille de toutes leurs campagnes nationales depuis 2006 (exception faite de trois victoires en FA Cup en 2014, 2015 et 2017), sans pour autant décrocher la Lune. Dominer l’Europe, vieux rêve de tant de leaders politiques du passé, de Charlemagne à Hitler en passant par Charles Quint ou Napoléon, ne s’offre pas à ceux qui attendent que la pomme d’or tombe des arbres du jardin des Hespérides.

Qu’Arsène l’épicier, il faut forcer la porte du jardin à la voiture bélier, et y réaliser un coup digne d’Albert Spaggiari, auteur du casse de siècle à la Société Générale de Nice en 1976 (via les égouts de la ville, depuis le fleuve Paillon), ou de Ronald Biggs, le cerveau du gang du train postal Glasgow – Londres en 1963 ... Wenger a cependant mis de l'eau dans son vin. Si la perte successive des Vieira (2005), Bergkamp et Pires (2006), Henry (2007), Flamini (2008), Fabregas et Nasri (2011) et Van Persie (2012) a constamment affaibli les Gunners, les recrutements de Mesut Ozil en 2013, Alexis Sanchez en 2015 et Petr Cech en 2016 et de Pierre-Emerick Aubameyang à l’hiver 2017-2018 montrent (enfin) une inflexion de la politique du club le plus septentrional de Londres. Wenger quitte ensuite le navire, remplacé par Unaï Emery, congédié par le PSG, autre loser viscéral en Europe ... L'état d'esprit ne s'achète pas ...

Sinon, la réalité revient tristement comme un boomerang ... Se contenter de la médiocrité n’améliore pas l’avenir, car la chance repasse rarement deux fois à ceux qui ne savent pas la saisir. Qui sera le Blücher d’Arsenal, du nom du général prussien aida Wellington qui à concrétiser la fin des ambitions de Napoléon en 1815 à Waterloo ? 

Barcelone et Rijkaard avaient donné aux Gunners une première banderille en 2006 au Stade de France, reste à savoir qui portera l’estocade, probablement le Bayern Munich de Carlo Ancelotti en mars 2017 (deux fois 5-1 contre Arsenal, à Munich puis à Londres).

Le prestige de certaines ligues nationales s’en trouve parfois diminué, puisque le titre de champion ne garantit plus l’exclusif accès au cénacle européen. Les vassaux peuvent aussi accéder à la plus belle compétition du Vieux Continent, dans laquelle on pénètre comme dans un moulin. A moins que Michel Platini n’endosse son costume de Don Quichotte, le moulin maléfique engendré par l’UEFA va se pérenniser. La Coupe d’Europe vertueuses a vécu son chant du cygne dans les années 90, réduite à l’état de charpie par l’arrêt Bosman qui a renforcé le pouvoir des grands clubs.

A l’agonie, la C1 est désormais un huis clos où se joue régulièrement la même partition, qui sonnera bientôt comme un air de requiem.

La présence récurrente en quarts de finale, depuis 1995 et le retour d’un tableau de quarts pour la première fois depuis 1991, d’une élite de grands clubs européens ne peut qu’interpeller. A l’heure où l’aréopage du G14 a fait long feu, les bastions du football européen répondent presque toujours présents en quarts de finale (sinon mieux) ...

Mais qu’on ne s’y trompe pas, cela n’a rien d’une sélection naturelle à la Darwin, les espèces dominantes ont enfoncé les plus faibles dans les sables mouvants avec la bénédiction de l’UEFA. Ah, Nyon, son lac Léman, sa proximité de la Riviera vaudoise, ses comptes en banque et sa "neutralité suisse".

Bref, les chaises musicales sont pour les autres, les fils de David, car le Goliath 14 et ses rois du pétrole dominent la scène européenne avec l’insolente réussite d’un Rockefeller ... MU, Bayern, Real et Barça, des membres permanents avec droit de veto, ça rappelle un peu New York et le conseil de sécurité de l’ONU, tant leur pouvoir de lobbying est fort ... Mais la foudre de Jupiter n’est pas éternelle, demandez à Liverpool ou à la Juventus, sans même parler de Benfica et d’Ajax, des noms témoins d’un autre temps, Eusebio et Cruyff ont gagné leurs Coupes d’Europe avant le premier choc pétrolier (1973).

Trop de clubs, comme Arsenal, on l’a vu, récoltent le précieux sésame d’une qualification pour la Ligue des Champions sans se rendre maîtres de la bataille nationale. Ainsi l’a voulu l’UEFA depuis 1997, depuis que l’instance de Nyon a franchi le Rubicon, et que l’Europe du football a perdu son charme, son insouciance, sa virginité. Les rois, les dauphins, les ministres et les capitaines de gardes s’affrontent dans les mêmes joutes, puisque l’UEFA leur a offert un cheval de Troie en 1997 pour s’inviter à la cour par la porte de secours. Et plusieurs fois, dauphins, ministres et parfois même capitaines de garde ont imité Montgomery, auteur du régicide en 1559 contre Henri II lors d’un tournoi ...

Pas de réaction des rois face aux dauphins et autres ministres, puisque tout est consanguin dans ce football européen. Le roi est mort, vive le ministre ! Le ministre est mort, vive le roi !

Pourquoi cette révolution est-elle en velours ? N’espérons pas des rois une réaction d’orgueil façon Louis XIV chassant Fouquet et l’emprisonnant à Pignerol, dans les Alpes, en plein cœur du Piémont ... Mais la Juventus est l’exception qui confirme la règle. Luciano Moggi, un apprenti Fouquet, a voulu l’or de Mazarin dans le Calcio, on connaît la suite ... Erreur de casting chez les Agnelli ? Que nenni ... En 1994, Turin souffrait d’amnésie, le mot Scudetto était rayé de la carte, absent de son vocabulaire. Intolérable constat de désolation pour la Vecchia Signora ... Douze ans plus tard en 2006, la Vieille Dame, jambes en charpie à l’âge canonique de 109 ans, passait une année au purgatoire, payant cash sa cure de jouvence trop belle pour être 100 % vraie ...

Rois, dauphins, ministres, capitaines de garde, le même sang coule dans leurs veines ... Echauffements grassement payés par l’UEFA et les télévisions de septembre à novembre, coup d’envoi de la compétition en février, couronnement du roi d’Europe en mai ... 

Panem et circenses ... Du pain et des jeux ... Dindons de la farce, les téléspectateurs européens méritent mieux que ce virage "foxien" pris par son football pour l’équinoxe d’automne, aux antipodes de celui de printemps où la magie resurgit de plus belle, où le lapin sort de nouveau du chapeau.

Crime de lèse-majesté chaque année aux équinoxes de fin septembre, aussi peu de suspense qu’au Cluedo. On connaît le lieu du crime, Nyon, le coupable, l’UEFA, et l’arme, le stylo ayant signé le nouveau règlement de la Ligue des Champions ...

Mais, bien que fossoyeur en chef du rêve européen, le Suédois Lennart Johansson, voilà presque deux décennies, n’a fait que copier la vieille recette de Joao Havelange, le Brésilien ayant inauguré en 1974 la formule d’une compétition aux phases de groupes hétérogènes et sans saveur remplaçant les matches couperet des quarts de finale (et tant pis pour les nostalgiques du merveilleux RFA - Angleterre de 1970, où Gerd Müller et les siens l’avaient emporté 3-2 après avoir été menés 0-2 par les champions du monde 1966), afin de faire fructifier la poule aux d’œufs d’or.

Le sport était sacrifié sur l’autel des intérêts économiques, le cynique Havelange faisait de la Coupe du Monde la prostituée d’Adidas et de Coca-Cola, avec pour lupanar neuf stades d’Allemagne de l’Ouest et le monde entier pour spectateur de cet odieux virage ... Des maisons closes footballistiques télévisées en live, fête perverse et télé-réalité conjuguées pour le meilleur du pire, Eyes Wide Shut (1999) et Loft Story (2001) sont pris de vitesse, que Kubrick et Tavernost s’inclinent devant notre virtuose maquereau brésilien, Havelange ... Le médiocre Brésil de 1974, orphelin de Pelé, sera puni par le destin, Cruyff et les siens se chargeant de les expulser de la fête le 3 juillet 1974.

Lennart Johansson n’a fait que reproduire le modèle, crachant son venin dans l’Europe entière. L’antidote se fait toujours attendre ... Au final, l’UEFA a engendré une compétition étrange, manège aux petits chevaux rouillés à force de tourner en boucle ...

Et cela ne va pas s’arranger, avec le lobbying efficace de l’ECA, dont le président Karl-Heinz Rummenigge n’avait que très modérément apprécié l’affiche Bayern Munich – Juventus Turin (7 titres européens à eux deux) dès les huitièmes de finale de l’édition 2016. L’élargissement à quatre clubs italiens à partir de 2019 va encore favoriser les grands championnats, et renforcer cette consanguinité entre grands clubs ...


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • Axel_Borg Axel_Borg 9 novembre 09:28

    Erratum 12 matches pour l’AC Milan en 1994.

    Il faudrait revenir dans l’idéal à 4 poules de 4 et des quarts de finale à partir du mois de mars.

    En pratique, 8 poules de 4 avec des barrages pour les 2e, 3e et 4e des top leagues ...


    • Axel_Borg Axel_Borg 20 novembre 08:55

      L’épisode 4 final refusé, le voici en commentaire ...

      Le verdict du miroir

      Reste désormais pour chaque championnat à se regarder dans le miroir, quitte à se voir moins grand ou moins beau qu’il n’est réellement, miroir concave ou miroir de la reine de Blanche-Neige ... Cap sur l’Espagne, de l’autre côté des Pyrénées ... Une partie de poker aux dés pipés ... Tout le monde, sauf l’Atletico Madrid aux airs de phénix, se couche avec ses deux de pique, pendant que deux caïds s’affrontent perpétuellement avec des quintes flush et des jokers qui semblent sortir de dessous la table, puisque le mot « dette » semble être tabou pour le football au pays de Cervantes ... Pas de chance, il l’est de moins en moins pour Rajoy, dont le gouvernement aura d’autres chats à fouetter que de défendre les accusations de dopage portées sur les enfants du pays, Contador et autres Nadal.

      En France, la Ligue 1, si l’on fait exception de la période lyonnaise (2002-2008) et à l’actuel règne parisien (2013-2019), fait tristement penser à la IVe République et à son instabilité politique légendaire, avec un roi en train d’abdiquer à peine monté sur le trône ... Et une fierté perdue, façon Dien Ben Phu (1954), comme quand l’Olympique Lyonnais sombre contre un iceberg chypriote, pour fêter dignement le centenaire du Titanic ... Reste à savoir quand les Qataris se seront lassés de leur jouet parisien, programmé pour aller loin en Ligue des Champions et venger l’honneur de clubs français qui ont servi au mieux, de sacs de sable, au pire, de punching-balls, à leurs voisins anglais, espagnols ou italiens depuis plus de dix ans ... Tremblez Barça, Bayern Munich et autres Real Madrid, si le PSG progresse aussi vite qu’espéré pour devenir le deuxième club après son rival phocéen de Marseille, un jour de mai 1993 en Bavière, à soulever la Coupe aux Grandes Oreilles ... Wembley 2013, Lisbonne 2014, Berlin 2015, San Siro 2016, Cardiff 2017 et Kiev 2018 étaient encore utopiques, pourquoi ne pas rêver de Madrid 2019 ou Istanbul 2020 ? Ce sera sans doute malheureusement encore bien trop haut pour Paris vu la gifle reçue un certain 8 mars 2017 au Camp Nou (1-6 après une victoire 4-0 au match aller au Parc des Princes) et le 5-2 cumulé concédé en 2018 face au Real Madrid. La meilleure nouvelle pour le PSG serait la progression des projets d’autres clubs français (et donc la qualité moyenne en Ligue 1), celle là même que recherchait Bernard Tapie pour son OM au début des années 90 : mais l’AS Monaco, du fait de sa cure de jouvence, est en pleine déconfiture, et Thierry Henry n’aura d’autre horizon que jouer le maintien d’ici le printemps 2019. L’Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas bénéficie des retombées économiques de son Parc OL (alias Stade des Lumières) mais ne peut compter sur le seul talent de Nabil Fékir, le feu follet batave Memphis Depay étant bien trop irrégulier. L’Olympique de Marseille, l’OGC Nice, les Girondins de Bordeaux et le Lille OSC ont attiré de riches investisseurs mais partent tous de trop loin pour rattraper Paris.

      Outre-Rhin, la Bundesliga et ses stades remplis à ras bord souffrent de l’effet « premier de la classe ». Du jeu, des buts, mais un manque criant de superstars étrangères hors Bayern, Marco Reus et Emil Forsberg sont un peu trop seuls, orphelins d’autres pépites ... Bref, ça sent trop le savon et pas assez ..., comme disait l’autre. Et le FC Hollywood, alias Bayern Munich pour les nostalgiques, siffle régulièrement la fin de la récréation quand quelqu’un ose contester son hégémonie. Pour la première fois depuis 1995 et 1996 (déjà le Borussia Dortmund), le Bayern a été privé du titre de champion d’Allemagne deux années consécutives, en 2011 et 2012. Mais la vengeance de Munich a été terrible : saison record en 2013 sous l’égide de Jupp Heynckes, nouveaux seuils limites avec Pep Guardiola en 2014 dans une Bundesliga où Schalke, Dortmund et Leverkusen se partagent les miettes du festin du Bayern, qui a ensuite enchaîné sur le triplé national en 2015 (comme en 1985-1986-1987 puis en 1999-2000-2001), avant un quadruplé, un quintuplé puis un sextuplé inédits en 2016, 2017 puis 2018 (exploit jamais vu en Bundesliga). Le Red Bull Leipzig sera-t-il le bourreau du géant de Bavière ? Il est plus probable que cela soit Dortmund ...

      Outre-Manche, les Red Devils ont longtemps pérennisé l’exploit de faire sentir presque chaque année leurs fourches caudines à une concurrence laminée. Le Big Four a vécu, et les pétrodollars de Manchester City auront sûrement un jour le dernier mot. Pour Arsenal, Chelski et Liverpool, la retraite de Ferguson et la fin de l’âge d’or mancunien tombe à point nommé, même si City pourrait reprendre le rôle d’épouvantail de son prestigieux voisin. Et malgré sa colossale puissance financière, l’Angleterre n’a pas su régenter l’Europe comme au temps de son apogée, celle du grand Liverpool de Keegan, Dalglish et Rush (1977-1984). Le phénix anglais doit renaître de ses cendres, car MU fut trop longtemps l’arbre qui cacha la forêt ... Quatre Ligues des Champions en vingt ans pour les Anglais, dont deux au crédit de Ferguson ... Mais combien perdues dans le money time ? Dommage pour un championnat qui a su relever la tête avec un niveau incroyablement élevé, sortant d’un traumatisme nommé Heysel (1985), l’UEFA imposant un « embargo » de cinq ans aux clubs du Royaume ... Mais les échecs répétés de Manchester City sur le plan européen ne vont pas durer éternellement …

      En Italie, le dernier fils de la Louve, le gladiateur Francesco Totti a raccroché ses crampons ... Le triumvirat d’Italie du Nord, AC Milan - Inter - Juventus, n’est pas prêt de se reconstituer dans une péninsule où les stades, comme les finances publiques, ont besoin d’un profond nettoyage. Qui sera le Mario Monti d’un Calcio, qui sans l’exceptionnel apport du Special One en 2010 avec le titre de l’Inter, a besoin de détruire le château de cartes pour reconstruire le rêve ? La Juventus a mise derrière elle le douloureux épisode du Calciopoli, avec sept Scudetti consécutifs de 2012 à 2018 (une première en Italie, même la grande Juve du quinquennat d’or du début des années 30 ou le Grande Torino de la fin des années 40 n’avaient accompli pareille prouesse) à elle de revenir sur le toit de l’Europe, la Vecchia Signora attendant un sacre depuis 1996 sous Marcello Lippi. Massimiliano Allegri et les Bianconeri ne doivent pas oublier que s’ils imposent leur férule à Naples et l’AS Rome en Italie, revenir au sommet de l’Europe n’est pas chose aisée, la défaite de Berlin en 2015 contre la Dream Team catalane et son trio MSN ainsi que celle de Cardiff en 2017 contre le Real Madrid (duel de BBC entre Bale Benzema Cristiano Ronaldo versus Barzagli Bonucci Chiellini) sonnant comme une piqûre de rappel pour la Juventus. Des clubs comme Liverpool et Marseille n’ont jamais complètement récupéré de traumatismes comme le Heysel (1985) ou l’affaire OM-VA (1993). Mais Rome après Néron, Pompéi après le Vésuve ne se sont pas reconstruites en un jour, au grand club turinois de se muer en phénix européen, lui qui possède désormais avec Cristiano Ronaldo le fuoriclasse qu’il cherchait pour succéder aux Sivori, Platini, Baggio, Zidane, Nedved, Buffon et autres Pirlo, précédents bâtisseurs de la légende bianconera ...

      En conclusion, la Ligue des Champions XXL, qui a grossi trop vite sur le plan footballistique à l’image de l’Union Européenne sur les plans géopolitique et monétaire, a bel et bien tué les championnats nationaux deux fois :


      • Axel_Borg Axel_Borg 20 novembre 08:55
        • Les ligues majeures (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie) ont perdu de leur intérêt, puisque l’exemple d’Arsenal outre-Manche montre bien qu’on peut se qualifier 20 saisons de rang pour la grande fête du football européen en coiffant seulement trois fois la couronne domestique (1998, 2002 et 2004), où l’accès privilégié donné par l’UEFA aux VIP détruit la notion même de compétition depuis la révolution copernicienne de 1997-1998. Coupez une tête de l’hydre de Lerne en éliminant le Bayern Munich ou le Real Madrid, deux autres en repoussent puisque vous devrez ensuite affronter le Barça, Chelsea ou la Juventus pour aller plus loin dans le tableau, en tirant la quintessence de votre mental, la substantifique moelle de votre physique, la crème de votre technique et les dernières ressources de votre sens tactique …

          Les ligues mineures (France, Portugal, Russie, Belgique, Ecosse, Pays-Bas et tous les autres) ont aussi perdu de leur intérêt, puisque être champion dans ces pays là ne sert plus à rien dans l’optique de la C1, le seul Graal européen ne relevant plus de l’utopie étant la C3 alias Ligue Europa, gagnée depuis le Big Bang de 1997-1998 par des clubs turc (Galatasaray en 2000), néerlandais (Feyenoord Rotterdam en 2002), portugais (FC Porto en 2003 et 2011), russes (CSKA Moscou en 2005, Zénith Saint-Pétersbourg en 2008) et ukrainien (Chaktiar Donetsk en 2009). Seuls deux seconds couteaux de ces pays satellites ont ensuite eu droit, après ce pinacle de la C3, au climax de la Supercoupe d’Europe au stade Louis II de Monaco : Galatasaray en 2000 qui parvint à battre le Real Madrid néo-galactique de Luis Figo et Raul, et le Zénith Saint-Pétersbourg en 2008 qui réussit à surprendre Manchester United. Tous les autres lauréats de la C3, poubelle de feuilles mortes d’automne et fosse commune de cadavres encore chauds de la C1 dans laquelle sont reversés les clubs finissant 3e de leur poule à l’automne en Ligue des Champions, ont été vaincus comme de vulgaires fétus de paille …

        Mais comme en C1, dans cet Eldorado de seconde zone qu’est la C3, les conquistadores espagnols écrasent tout avec un grand huit qui n’offre ni montagnes russes ni adrénaline (FC Valence 2004, FC Séville 2006, 2007, 2014, 2015 et 2016, Atletico Madrid 2010, 2012 et 2018).

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès