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Ostersund (1/2)

La rentrée des biathlètes s’est effectuée ce dimanche 26 novembre par les relais mixtes, des courses particulières qui permettent aux sportifs de se jauger avant les courses individuelles. Deux relais : le « simple » composé de deux athlètes par équipe et le format classique composé d’équipes de quatre.

 

Evidemment à chaque relais mixte se profile l’épineuse question de la compétitivité. En effet, le format simple a été rajouté par l’IBU pour plusieurs raisons. La première, pour le caractère spectaculaire que procure ce format. Ensuite, car cette configuration permet aux plus petites nations d’aligner des équipes plus compétitives en réduisant le nombre de biathlètes de haut niveau à aligner. Enfin, pour ne pas pénaliser les étapes de coupe du monde qui se voyaient amputer d’une course (5 au lieu de 6) quand il y avait qu’un seul relais mixte. Toutefois, les deux courses concourues le même jour implique un choix de la part des nations. En effet, les forces sont éclatées entre les deux formats selon le choix des sélections, rendant les courses un peu biaisées.

 

Le relais mixte simple

 

C’est souvent le format le plus délaissé par les grandes nations. Parmi les favoris, seuls la France (Dorin-Habert/Fourcade) et l’Autriche (Hauser/Eder) ont placé leurs meilleurs éléments dans ce relais. Les autres nations préférant garder leurs meilleurs cartouches pour le relais mixte. L’Allemagne (Hinz/Lesser) fait figure d’exception en plaçant deux équipes hybrides.

 

Après un premier tour tranquille où les biathlètes se jaugent, les relayeuses arrivent sur le pas de tir pour la première salve de la saison. Avec deux bons tirs rapides, ce sont Lisa-Theresa Hauser (AUT) et Vita Semerenko (UKR) qui quittent le pas de tir en premières. Marie Dorin-Habert (FRA) perd 15 secondes sur la tête de course, la faute à une balle de pioche. Le tir debout qui suit est très friable et ça pioche dans tous les sens. C’est finalement Galina Vishnevskaya (KAZ) qui tire son épingle du jeu et passe dans la foulée le relais à compatriote Maxim Braun. Une nouvelle pioche pour Marie-Dorin Habert, et un relais passé à 20 sec. de la tête. Durant la boucle, un trio de tête se dessine composé de Braun (KAZ), Simon Eder (AUT) et Eric Lesser (ALL). Au tir couché, c’est Eder (AUT) qui s’en sort le mieux avec un 5/5, et prend par la même occasion la tête de la course. Il est prit en chasse par Lesser (ALL) avec une pioche. Un peu plus loin, on retrouve un groupe formé par le Canada, le Kazakhstan, l’Ukraine, l’Italie et la France, Martin Fourcade réalisant le plein. Sur la piste, Lesser (ALL) réussit à faire la jonction, et c’est un duel austro-allemand qui se met en place pour le premier debout des hommes, et qui tourne à l’avantage de l’Autrichien impérial ; l’Allemand obligé d’utiliser deux balles de pioche. Thomas Bormolini (ITA) sort 3e dans les skis de l’Allemand. Fourcade, très en peine, se fait une belle frayeur en utilisant trois balles supplémentaires pour faire tomber toutes ses cibles, il passe le relais en 8e place à 34 secondes. Lisa-Theresa Hauser (AUT), bien seule, aborde sereinement son couché avec seulement une balle de pioche utilisée. Cependant, son avance réduit comme peu de chagrin avec le bon retour d’Alexia Runggaldier (ITA) et Linn Persson (SUE). Dorin-Habert réalise un tir presque parfait avec une balle bonus utilisée et ressort à 20 secondes de la tête. Les nations devants se réunissent sur la piste pour former un groupe à cinq : Autriche, Kazakhstan, Suède, Ukraine et Italie. Et c’est Hauser (AUT) qui met tout le monde d’accord avec un tir ultra-rapide. Les autres nations réalisent également le plein avec un tir plus lent, sauf l’Italie avec une pioche. Dorin-Habert fait aussi un sans faute et passe le relais à Fourcade à 29 sec. Pendant ce temps, Hilde Fenne (NOR) plombe la Norvège avec un tour de pénalité. Sur la piste, seul Sebastian Samuelsson (SUE) à la maison, semble en mesure de rattraper Simon Eder (AUT). Ces deux-là arrivent sur le pas tir où l’Autrichien fait parler la poudre en réalisant un plein à la manière d’un desperados. En effet, il réussit à blanchir ses cinq cibles, alors que le Suédois n’en était qu’à sa deuxième balle lâchée. Par cette performance, l’Autrichien se créé un matelas d’avance confortable ; Braun (KAZ) et Samuelsson (SUE) sortent à plus de 15 sec derrière lui. Fourcade se rend la vie compliqué avec trois balles de pioches utilisées et une 7e place à la sortie du pas de tir à 1 minute de la tête. Justement en tête, Eder (AUT) ne se pose aucune question et réalise une course pleine (20/20), il s’envole pour aller décrocher la première victoire de la saison. De son côté, Eric Lesser (ALL) s’est employé pour recoller le podium, il sort avec Braun (KAZ) pour la dernière boucle. Malheureusement pour Samuelsson (SUE), deux pioches anéantirent ses chances de figurer sur le podium. Il ressort 6e avec Martin Fourcade, coupable d’une erreur. Devant eux, Bormolini (ITA) et Dmytro Pidruchnyi (UKR) à moins de 10 sec. Dans un dernier tour dantesque rempli de rebondissements, Eric Lesser (ALL) se défait facilement du Kazakh et prend la 2e place. Derrière, Bormolini (ITA) et Pidruchnyi (UKR) dépassent également le pauvre Braun (KAZ) qui croit voir ses chances de podium s’envoler. Que nenni, Pidruchnyi (UKR) s’écroule dans le virage entrainant l’Italien dans sa chute. Et c’est bien Braun (KAZ) qui prend la 3e place poursuivit par un Martin Fourcade (FRA), qui n’avait peut-être pas cru à une telle issue, et qui échoue à seulement 1 sec. du podium. C’est finalement une bonne 4e place en trompe l’œil que décroche la France avec ses leaders. Un tir à retravailler d’ici les courses individuelles.

 

1er Autriche : Hauser/Eder

2e Allemagne : Hinz/Lesser (+16.5)

3e Kazakhstan : Vishnevskaya/Braun (+32.7)

4e France : Dorin-Habert/Fourcade (+33.7)

5e Suède : Samuelsson/Persson (+34.3)

6e Ukraine : Semerenko/Pidruchnyi (+34.9)

 

 

Le relais mixte

 

Pour cette course, les nations favorites ont plus ou moins aligné des surprises sur le papier. Il faut en effet tenir compte des blessures, des maladies et des états de forme du moment pour comprendre la logique des entraîneurs. C’est aussi le choix de privilégier cette course à la précédente. Par exemple, le Kazakhstan finira bon dernier de cette course.

 

Le coup de feu retentit et c’est le début de la course, la fébrilité et l’excitation sont au rendez-vous. Anaïs Chevalier (FRA), dossard n° 2, se fait peu à peu avaler par le trafic, et s’installera pour son couché avec quelques secondes de retard où elle utilisera une balle de pioche, accumulant un léger retard sur la tête. Dès ce premier tir, c’est la Suisse qui saute avec Lena Haecki qui s’offre un tour de pénalité. Les Helvètes faisaient figure d’outsiders. A l’image d’Hauser tout à l’heure, Lisa Vittozzi (ITA) réalise un super debout qui lui permet de semer ses concurrentes restées sur le pas de tir. Chevalier (FRA) l’imite et part à sa poursuite. Cependant, sur la piste la Française n’est point à son aise et passera le relais à 15 sec, à la 10e place, limitant ainsi la casse. C’est donc un groupe de 9 femmes qui vont tenter de se départager sur deux tirs. Une nouvelle fois les Italiennes se montrent à leur avantage : Dorothea Wierer imite sa compatriote et ressort en tête. Elle est suivie par Anastasiya Kuzmina (SVQ), puis des autres poursuivantes. Seul la République Tchèque saute à l’issue de ce tir couché avec un tour en prime pour Veronika Vitkova. Les écarts se forment peu à peu sur la piste, mais ce groupe tirera ensemble sur le debout où Kuzmina (SVQ) tirera une nouvelle fois son épingle du jeu. Les 7 poursuivantes sortent à plus de 15 sec ; la chasse est lancée. Durant cette dernière boucle, Kaisa Makarainen (FIN) ne fait pas dans le détail et passe le relais en première, suivi par la Slovaquie. Ce sont donc deux équipes semi-surprises qui prennent la tête des opérations (semi-surprise, car elles ne font pas partie des équipes dont le potentiel permet d’aller jusqu’au bout, mais ont des athlètes féminines de haut niveau). L’Allemagne et la Norvège sont à la poursuite. Le relais est passé à 26 sec pour Jean-Guillaume Béatrix (FRA), à la 7e place. Sur les skis, c’est Johannes-Thingnes Boe (NOR) qui impressionne. A ce niveau là, Martin Fourcade a du soucis à ce faire. Toutefois, Tomas Hasilla (SVQ) et Tero Seppaelae (FIN) font de la résistance, et sortent les premiers du pas de tir en compagnie de Dominik Windisch (ITA), impérial. Béatrix (FRA) fait le plein et ressort à 27 sec de la tête. Benedikt Doll (ALL) a un peu la tête dans le trou avec trois pioches utilisées. Le groupe de trois est bientôt rejoint sur la piste par Boe (NOR), en difficulté sur son couché. Le duel à quatre se poursuit sur le debout, l’Italie est décidément imprenable aujourd’hui, Windisch s’offre un nouveau 5/5. Il est suivi par Tomas Hasilla (SVQ), puis Johannes Boe (NOR) qui utilise 3 pioches. S’en est fini pour la Finlande avec un tour de pénalité concédé, comme… la France. Dans ce dernier tour des 3e relayeurs, Boe (NOR) accuse clairement le coup, sa stratégie d’intox à finalement peu marcher. Il passe le relais à 23 sec comme Hasilla (SVQ), Arnd Peiffer (ALL) part à la poursuite du podium. La France est 8e, en compagnie de la Russie, autre nation favorite qui a raté sa course. Lukas Hofer (ITA) a les cartes en mains pour permettre à l’Italie de s’imposer, mais il craque et fini sur l’anneau de pénalité. C’est Emil-Hegle Svendsen (NOR) qui fait la bonne opération. Matej Kazar (SVQ) utilise trois balles de pioche, mais s’en tire bien en prenant la 2e place ; il est suivi de Peiffer (ALL), coupable d’une balle ratée. Grâce à ce déchet technique sur le pas de tir, Hofer (ITA) limite la casse et ressort 4e. Svendsen (NOR) est seul au monde, pourtant il craque comme Hofer avant lui, mais évite le tour de pénalité avec quand même 3 balles de pioche. La Slovaquie, l’Allemagne et l’Italie ressorte à moins de 10 sec. Le règlement de compte aura bien lieu sur la piste. Emil Svendsen (NOR) ne se fait pas avoir et garde la tête. Il n’y aura pas de sprint, la différence est faite sur la dernière montée, et c’est finalement Kazar (SVQ) qui finit Fanny.

 

1er Norvège : Tandrevold/Eckhoff/Boe/Svendsen

2e Italie : Vittozzi/Wierer/Windisch/Hofer (+5.3)

3e Allemagne : Preuss/Hammerschmidt/Doll/Peiffer (+6.4)

4e Slovaquie : Fialkova/Kuzmina/Hasilla/Kazar (+7.7)

5e Suède : Oeberg/Magnusson/Nelin/Lindstroem (+34.5)

6e Russie : Podchufarova/Yurlova-Percht/Tsvetkov/Shipulin (+47.9)

 

La France finie 7e.


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2 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 28 novembre 17:18

    Bonjour, Charles

    Après votre excellent article d’avant-saison qui dressait un panorama des forces en présence, je ne suis pas persuadé de l’intérêt de détailler ici ce qui s’est passé sur les relais.

    D’un côté, les personnes intéressées les ont regardés en direct dimanche sur l’Equipe 21 ou lundi en replay sur cette même chaîne (ce que j’ai fait, faute de disponibilité durant le week-end).

    De l’autre, les personnes non intéressées se contrefichent des résultats et a fortiori des péripéties de ces courses.

    Bref, un article dont je ne vois guère l’intérêt.


    • JC_Lavau JC_Lavau 28 novembre 17:35

      Cette manie de ne pas respecter la langue des autres ! 

      Östersund, si c’est en Suède.

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