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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Chișinău la verte

Chișinău la verte

La première chose qui frappe lorsqu’on arrive à Chișinău, une fois sortis de l’aéroport et passées les portes de la ville, est le bilinguisme quasi-total de la population. Chișinău est la capitale de la République de Moldavie, ancienne République Socialiste Soviétique de Moldavie jusqu’en 1991, et à ce titre, la population entière ou presque parle couramment russe, en plus du roumain. Nombre de panneaux, d’affiches, d’enseignes de la capitale moldave (nommée Кишинeв (Hhichiniév) ou Кишинёв (« Hhichiniov ») en russe) sont rédigés dans les deux langues. Les statistiques indiquent même que certaines personnes ne parlent que le russe de nos jours (et d’autres uniquement le roumain). Cela semble particulièrement le cas des personnes âgées, comme ces vieilles femmes toujours coiffées de leur foulards fleuris, qui s’expriment spontanément dans la langue de Pouchkine lorsqu’elles s’adressent à vous. Mais l’on entend également dans les magasins, les supermarchés, les trolleybus, les musées, des personnes plus jeunes, qu’elles aient la vingtaine, la trentaine ou plus, préférer le russe au roumain dans leurs conversations de tous les jours, sans que l’on sache avec certitude si elles font partie ou non de la forte communauté slave du pays. Invités quelques jours à Chișinău chez des amis moldaves, nous avons même la surprise de les entendre parfois, lorsqu’ils ne s’adressent pas à nous, commencer une phrase en roumain, la continuer en russe et finir les quelques derniers mots en roumain ! De quoi en perdre son latin !

Nous passons nos soirées et le week-end avec nos amis, et les jours de semaine à vadrouiller dans la ville. Chișinău est une ville en plein développement, une ville de forts contrastes. Les constructions modernes flambant neuves font désormais singulièrement de l’ombre aux anciens bâtiments à la stricte architecture soviétique, et détonnent carrément avec les vieilles maisons du vieux, et parfois du très vieux, Chișinău, dont une grande quantité aurait besoin d’une sérieuse rénovation. Les vieux trolleybus, qui semblent dater de quarante ou cinquante ans, sont peu à peu remplacés par des véhicules plus modernes… et nettement plus confortables !
Il ne faut pas chercher bien loin pour tomber sur ces bâtiments du Chișinău soviétique, reliques d’une période de l’histoire qui n’existe désormais plus qu’en Transnistrie, le petit bout de Moldavie sécessionniste. L’URSS envisageait apparemment toujours l’architecture avec l’idée de donner à ses bâtiments une allure aussi officielle, grandiose et intimidante que possible. Ici, le bâtiment du gouvernement moldave, autrefois siège du parti communiste soviétique local, là, le Palais National…
C’est en nous amusant à sauter au hasard dans des trolleybus (1) pour explorer la ville autrement que nous tombons, en traversant un parc situé à la périphérie de la ville dans lequel se trouve les halls d’expositions, sur le monument à la gloire de Lénine, déboulonné de l’avenue Ștefan cel Mare où elle trônait autrefois, à l’époque où l’artère se nommait encore Avenue Lénine, mais conservé et simplement déplacé. La statue est toujours fleurie de nos jours par des admirateurs anonymes.
Que la statue soit toujours fleurie n’est guère étonnant lorsque l’on sait que certains Moldaves (beaucoup de Moldaves ? En tout cas, peut-on lire, les russophones, et une partie des roumanophones) sont nostalgiques de la période soviétique, pensant que la vie était meilleure à cette époque, et que le parti communiste est toujours, à l’heure actuelle, très influent dans le pays, qu’il a d’ailleurs gouverné sans discontinuer de 2001 à 2009. Lorsque l’on observe les statistiques, même si elles datent un peu, on a d’ailleurs le sentiment que le parti communiste ne peut être battu que si ses adversaires forment une coalition. La situation politique moldave semblant d’ailleurs assez compliquée, laissons ici de côté cet aspect de la vie du pays, ce qui n’empêche pas, bien sûr, d’aller s’informer ailleurs. A côté de la statue de Lénine, un bâtiment arbore toujours sur sa façade les typiques bas-reliefs soviétiques glorifiant le travail et les vertus de l’effort et du partage.
 
Nous passons également en trolleybus devant le stade « Dinamo », désormais sérieusement défraîchi, et autres lieux aux noms évoquant la vie derrière l’ancien rideau de fer. Durant l’époque soviétique, le russe était la langue officielle. La langue roumaine n’était pas à proprement parler interdite, mais le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’était pas non plus encouragée. Tout a été « russifié », y compris par l’usage obligatoire de l’alphabet cyrillique au détriment de l’alphabet latin dans l’écriture du moldave. On peut lire dans Wikipedia, au sujet de la Moldavie soviétique, qu’il était obligatoire de parler russe pour entrer dans l’administration, et que les noms de lieux ont même été modifiés. Ce n’est qu’après l’énorme manifestation du 31 août 1989 à Chișinău que le roumain est redevenu langue officielle en Moldavie, en plus du russe. Aujourd’hui, une rue de Chișinău porte le nom de « rue du 31 août 1989 ».
C’est en nous baladant sur un marché du centre-ville, que personnellement j’aime à appeler le « marché russe » que nous découvrons nombre de stands vendant diverses reliques du régime soviétique : anciens passeport estampillés « CCCP » (l’appellation en russe de l’URSS), dont on se demande parfois, lorsqu’on les ouvre et que l’on y constate l’absence de visas, en quoi ils pouvaient être nécessaires à leur titulaire, mais aussi de très nombreux badges (les Soviétiques aimaient émettre des badges commémoratifs, notamment pour les grandes manifestations sportives, ou divers badges officiels, comme ceux commémorant la révolution de 1917, les 50 ans de l’URSS ou le 1er mai, badges à la gloire de Lénine, insignes des organisations de la jeunesse : Oktibrionok, Pionniers, Komsomol, badges des vétérans de la seconde guerre mondiale…) des médailles et uniformes militaires… On trouve aussi sur ce marché des stands vendant les très populaires poupées russes, des pièces de monnaie et vieux billets de banque moldaves, russes ou soviétiques… Les collectionneurs, nostalgiques ou non, ont le choix. Les stands vendant des peintures y sont également nombreux, de même que ceux proposant des broderies, foulards joliment fleuris... On voit aussi des joueurs d’échecs au « marché russe », et les passants ne manquent jamais de s’arrêter pour suivre la partie en cours, et parfois discuter les coups joués.
 
De nos jours, les Moldaves sont autorisés à demander auprès du gouvernement roumain la citoyenneté roumaine pour peu qu’ils aient un ascendant né citoyen roumain. Nous avons rencontré beaucoup de personnes ayant fait la demande de passeport roumain (parfois difficile à obtenir, nous dit-on, notamment si l’on ne porte pas un nom d’origine roumaine), ou ayant déjà obtenu la nationalité roumaine. Certains le font pour pouvoir voyager ou immigrer plus facilement dans l’Union Européenne (un certain nombre de Moldaves souhaiteraient par conséquent voir leur pays entrer dans l’Union Européenne), d’autres, peut-on lire, le feraient par peur de voir la Moldavie retomber sous l’influence russe. Quoi qu’il en soit, beaucoup de Roumains voient d’un très mauvais œil cette « distribution » de passeports, accusant leur gouvernement de vouloir encourager une immigration massive de Moldaves en Roumanie. Certains Moldaves sont toujours en faveur du rattachement de la Moldavie à la Roumanie, mais la majorité, comme l’atteste le résultat du referendum de 1994, ne veut pas en entendre parler. Rappelons également le problème déjà cité plus haut de la Transnistrie, région de Moldavie ayant autoproclamé son indépendance suite à la sortie de la Moldavie de l’URSS, désormais pays non reconnu par la communauté internationale (y compris la Russie), se considérant toujours soviétique et vivant comme tel, et cause de frictions avec la Moldavie.
C’est en flânant dans le centre et le vieux Chișinău que l’on commence vraiment à apprécier le charme un peu suranné et nostalgique de la ville. Les bâtiments y sont bas, d’architecture traditionnelle, et toujours plus ou moins cachés derrière une épaisse rangée d’arbres.
Aucune capitale ne semble pouvoir rivaliser facilement avec la capitale moldave pour le nombre de ses parcs et la quantité de ses arbres. Les parcs représenteraient la moitié de la superficie de la ville, quant aux arbres, il y en a partout, dans toutes les rues, sur les avenues, se succédant à un rythme régulier tous les trois, quatre ou cinq mètres, déployant au dessus de nos têtes un arc de verdure rafraîchissante. Il fait souvent extrêmement chaud l’été dans la capitale moldave, on nous parle de températures avoisinant fréquemment les quarante degrés, et lors de notre visite, au mois de mai, nous avons déjà subi des températures de l’ordre de trente degrés Celsius. C’est pourquoi nombre d’immeubles d’habitation modernes sont équipés de l’air conditionné.
Il règne à Chișinău une atmosphère détendue, et l’on est surpris de voir à quel point les gens prennent le temps de vivre. Le dimanche, les parcs sont les lieux de rassemblement des familles et de la jeunesse moldave. Comme partout, les jeunes patineurs s’y donnent rendez-vous, ainsi que des orchestres venus chaque dimanche faire valser les couples, ou proposer des airs traditionnels. Nous rejoignons une ronde endiablée (les rondes sont toujours endiablées) et dansons jusqu’à l’épuisement sur des airs folkloriques moldaves.
   
On peut revêtir un costume pour se faire photographier. (Il ne s’agit pas là du costume traditionnel.)
 Le travail dans les parcs est toujours effectué à la main.
 
Chișinău est une ville qui respire, même si le nombre de voitures y est élevé. Même sur les grandes artères de la ville, on n’a d’ailleurs pas l’impression de souffrir du bruit infernal qui est la caractéristique des grandes capitales comme Paris ou Londres. Dans la capitale moldave, les passants marchent à un rythme qui paraîtrait anormalement lent à l’habitant des autres capitales européennes, si habitués à se précipiter, même lorsqu’ils ont du temps devant eux.
Même s’ils sont attachés à leur véhicule, dit-on, les Moldaves ne roulent pas comme des dingues. De plus, contrairement à bien des pays d’Europe, il existe en Moldavie une tolérance zéro absolue en matière d’alcool au volant. Et elle est apparemment respectée. En revanche, il arrive parfois que les conducteurs de Maxi Taxis (1) se comportent comme les maîtres de la ville au volant de leur bolide. Beaucoup de Moldaves préfèrent s’en remettre aux trolleybus.
Si les chaussées sont la plupart du temps en bon état, les trottoirs le sont souvent nettement moins, et l’on a l’impression, lorsqu’on se promène dans le vieux Chișinău, d’une ville assez pauvre où l’argent disponible est prioritairement injecté dans la construction des nouveaux bâtiments d’affaire.
Le dimanche 20 mai s’installe au parc Ștefan cel Mare le « Festival de la Famille ». Un podium est monté sur lequel se succèdent divers artistes populaires ainsi que des spectacles montés par les enfants. Le parc est rempli de danses, de chants, de jeux et d’attractions diverses. Dehors, la circulation a été stoppée sur la grande avenue Ștefan cel Mare pour permettre l’installation de courses de kart. Cette animation est la bienvenue pour faire oublier que la capitale vient d’enterrer avec tristesse la grande cantatrice moldave Maria Bieşu, décédée le 16 mai 2012. La circulation a été perturbée dans la ville au passage du cortège funèbre. Le 20 mai est également l’« Olympic Day », journée pour soutenir la Moldavie et ses équipes sportives aux prochains jeux olympiques de Londres. De nombreux jeunes –et moins jeunes- se baladent en ville en arborant fièrement un tee-shirt aux couleurs de la manifestation, et des matches mettant en scène des faux lutteurs de sumo ont lieu devant l’opéra national.
C’est avec tristesse que nous quittons nos amis de Chișinău, et promesse est faite de revenir bientôt. La tête déjà pleine de souvenirs, nous repartons vers le petit aéroport de la ville pour prendre notre avion du retour. Changement à Vienne, puis deuxième décollage.
Environ une heure et demie plus tard, nous survolons Londres. C’est beau et carrément magique de voir la grande roue, la Tamise ou la House of Parliament d’en haut… Je pense alors que très bientôt, le Royaume Uni fêtera le jubilee de diamant de la Reine Elizabeth II, puis ce seront les jeux olympiques… Nous ne pourrons qu'avoir une pensée émue en voyant défiler, lors de la cérémonie d'ouverture, les équipes de Moldavie. Et nous parlons déjà à notre prochain séjour à Chișinău, avec peut être la possibilité de visiter les monastères environnants. Pourquoi pas lors du prochain Festival du Vin, qui se tient chaque année en octobre ? (C’est également au mois d’octobre qu’a lieu la fête de la ville.) La Moldavie est un pays traditionnellement viticole, les caves à visiter sont nombreuses, et les vins moldaves, comme le Cabernet, sont délicieux. Et le vin, en Moldavie, coule à flots. On trinque joyeusement pour toutes les occasions. Car ce qu’il y a de plus beau et de plus merveilleux en Moldavie, c’est sans nul doute l’hospitalité, le naturel et la sincérité des habitants de ce petit pays encore peu touristique (2), mais qui mérite vraiment que l’on y séjourne, et que l’on s’y attache.
 
 
(1) Il n’y a pas de métro à Chișinău, et quasiment pas d’autobus. En revanche, il existe ce qu’on appelle des Maxi Taxis, sorte de vans pouvant embarquer jusqu’à une douzaine de personnes.
(2) Les touristes russes, roumains puis ukrainiens y étant, de loin, les plus nombreux. Voir les statistiques sur le site du Bureau National des Statistiques moldave (cliquer sur « Number of arrivals of foreign visitors in the Republic of Moldova, by origin countries (2000-2010) »)

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25 réactions à cet article    


  • Gérard Luçon Gerard Lucon 24 mai 2012 14:50

    Dommage que vous n’alliez pas plus loin dans les references historiques, la Roumanie revendique toujours la Moldavie (appellee aussi Bessarabie), d’autres zones sont toujours en litige comme une partie de la Bucovine, il y a aussi des roumanophones dans le sud de l’Ukraine. Sur le droit a la double nationalite offert par l’Etat roumain aux citoyens moldaves, il pose plus de problemes a l’Occident qu’a la Roumanie, notamment en terme d’immigration. A savoir aussi que les roumains d’origine hongroises (les Sicules bases en grande majorite dans les departements de Covasna, Harghita et Mures) ont eux le droit a la nationalite hongroise offertte par l’Etat hongrois... en bref un joli sac d’embrouilles.

    Vous devriez venir ici, en Roumanie, pour pouvoir vraiment assurer vos informations, d ;autant que vos photos, prises « la-bas », sont ressemblantes avec celles que l’on peut prendre en Roumanie


    • Surya Surya 24 mai 2012 15:18

      Bonjour Gerard Lucon,

      Je ne me suis en effet pas attardée sur les références historiques, car cela n’était pas du tout mon sujet. J’ai juste eu envie de relater les quelques jours passés à Chișinău. J’y suis peu restée comme vous avez dû le comprendre, et donc le but de cet article n’était pas du tout un article de fond sur l’histoire de la Moldavie, la Roumanie la Bessarabie ou autre.

      Pourquoi ces guillemets lorsque vous écrivez « là-bas » ??? On dirait presque à vous lire que vous ne croyez pas que je sois allée passer quelques jours à Chișinău. Libre à vous de ne pas le croire, mais en quoi est-ce tellement incroyable de se rendre « là-bas » ? Vous devriez vous y rendre, si ce n’est déjà fait, et vérifier sur place que mes photos ont bien été prises « là-bas ».

      Si ce n’est pas ce que vous vouliez dire, alors mes excuses pour cette réponse à votre commentaire dont je n’ai pas compris la formulation.


    • Gérard Luçon Gerard Lucon 24 mai 2012 16:31

      je vis en Roumanie, voila pourquoi je dis ici pour ce pays et la-bas pour la Moldavie. J’ai mis les guillemets car pour un grand nombre de roumain cette partie de la Moldavie a ete annexee par les russes en accord avec l’allemagne. Et si vous retournez a Chisinau je peux vous faire rencontrer un excellent ami, grand reporter roumain et francophone, qui y est base.


    • Surya Surya 24 mai 2012 16:55

      Merci pour ces précisions Gérard Lucon, et mes excuses encore pour ma mauvaise interprêtation de votre com et la réaction qui a suivi.

      Je suis certaine que nous retournerons en Moldavie, et ce sera alors avec plaisir que je ferai la connaissance de votre ami.

      Très bonne journée à vous,

       


    • Gérard Luçon Gerard Lucon 25 mai 2012 06:28

      il y a ce site qui est interessant, http://www.moldovanet.net/ 


    • Surya Surya 25 mai 2012 09:39

      Merci pour ce site intéressant, rempli de liens utiles. J’ai bien aimé aussi les chansons folkloriques qui y sont mises en ligne.


    • tikhomir 24 mai 2012 15:10

      Ah merci de nous parler un peu de la Moldavie !

      Sinon, petite précision culturelle utile : bien des Moldaves appellent la plupart du temps leur langue « le moldave » et pas « le roumain », si effectivement c’est clairement du roumain, le moldave contient quelques spécificités orthographiques et linguistiques qui justifient un nom différent. Pour beaucoup, ils n’ont pas pris la réforme de l’écriture du roumain (ce sujet revient régulièrement sur la table aussi en Roumanie d’ailleurs). De même que les Roumains ont tendance à utiliser des mots pris de l’anglais, les moldaves ont une tendance à prendre des mots du russe. Certaines constructions de phrases un peu particulières aussi. Etc.

      Ça n’a l’air de rien pour nous mais pour un certain nombre de Moldaves, ça fait une différence et ça évite un froid inutile avec eux.


      • Surya Surya 24 mai 2012 15:20

        C’est tout à fait vrai, tikhomir, j’ai simplifié à outrance en parlant de langue roumaine, et non de langue moldave. Merci d’avoir remis les pendules à l’heure smiley


      • easy easy 24 mai 2012 15:12

        Je n’en savais rien de tout ça.
        Merci pour cette dépaysante promenade.


        Il me semble que c’est dans ce coin de la mer Noire (Dommage que les Moldaves ne puissent y avoir accès) que le roi de Suède, Charles XII, alors jeune de 27 ans, s’était retiré après sa victoire puis défaite contre les Russes. (Je trouve que Napoléon 1er a vécu des mêmes choses que Charles XII)
         
        Comme ce roi, quand il était victorieux, avait fait de Stanislas Leszczynski le roi de Pologne, ce dernier a perdu son trône quand Charles XII a perdu le sien.
        N’ayant plus rien à faire, Stanislas avait demandé aux Russes vainqueurs la permission de rejoindre Charles XII dans sa retraite et ça lui a été accordé.

        Quelques années après, Charles XII propose à son fidèle ami d’occuper le minuscule trône d’un minuscule état qu’il possédait encore, quelque part vers la Lorraine.

        C’est donc dans un duché aux marches de la France que Stanislas Lesczynski passait des journées d’ennui lorsqu’une de ses filles, Marie Leszczynska, fut choisie pour épouser le roi de France, Louis XV, et devenir alors reine de France.

        C’est à partir de là que le nom de Leszczynska est devenu célèbre en France.

        Le très prestigieux et privé collège-lycée Stanislass de Paris tient son nom de cet éphémère roi de Pologne qui avait donc passé un temps de réclusion en Moldavie




        Sur le tard, Marie Leszczynska eut comme brue une fille du roi de Pologne, lui-même fils du roi de Pologne ayant pris la place de Stanislass.
        L’ambiance à Versailles aurait donc pu être à couteaux tirés entre ces deux Polonaises descendantes de rivaux mais la brue, Marie-Josephe de Saxe, s’était montrée très gentiment intelligente et ça s’est bien passé entre elles.

        (Cette brue est devenue la mère des trois derniers rois de France) 
         

        Voilà donc le lien que je vois entre ce petit coin de la Mer Noire et la France.


        • Surya Surya 24 mai 2012 15:36

          Merci pour ce rappel historique, Easy. Pour ma part, j’ai omis de mentionner que Pouchkine, que j’ai cité (exprès) dans l’article, a été exilé un temps à Chișinău.


        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 24 mai 2012 15:21

          Bonjour Surya,

          Merci pour le voyage. C’était passionnant. smiley


          • Surya Surya 24 mai 2012 15:31

            Merci Pierre-Marie, smiley

            Le voyage, bien que très court, ayant été passionnant, j’espère avoir réussi à rendre l’article tout aussi attrayant, et contribué à donner envie de connaître ce pays, que j’espère visiter plus en détails prochainement. On se sent bien à Chișinău, et les gens y sont vraiment sympas.


          • easy easy 24 mai 2012 17:12

            Il y a beaucoup de pays (souvent chauds) où l’on peint le bas des arbres en blanc (à la chaux)

            Je me suis toujours demandé pourquoi.
            Serait-ce seulement un truc esthétique ou y aurait-il une utilité du genre anti insectes ou allure plus propre ?





            Vous a-t-il semblé qu’en Moldavie il soit autorisé de circuler en cheval en campagne mais aussi en ville ?
            Je pose cette question (et les autres visiteurs voudront bien me répondre pour tout autre pays s’ils en savent quelque chose) parce que je trouve ingrat que le cheval soit de plus en plus interdit alors qu’il avait occupé une place si importante avant Ford.
            (petite pensée pour les Amish alors)


            On objecte maintenant son crottin.
            M’enfin, on avait bien supporté la chose jusque là non ?

            (Cela dit, attention, il existe des personnes biologiquement allergiques aux équidés. Je me demande comment survivaient ceux qui l’étaient autrefois)


            Il me semble que la civilisation (globale) a pris son virage matérialiste quand on a délaissé le cheval.


            • Surya Surya 24 mai 2012 17:47

              Je me suis aussi demandé pourquoi les arbres sont parfois peints en blanc, et il n’y a pas qu’à Chișinău que l’on voit ça.

              Pour ce qui est du cheval, je ne peux pas vous répondre car je ne sais pas. Nous n’avons vu aucun cheval monté, ni carioles tirées par un cheval, en ville, et nous ne sommes pas du tout allés en campagne.

              Mais votre question est super intéressante : le fait qu’il n’y ait plus de chevaux dans les villes implique-t-il qu’ils soient forcément interdits ? Après tout, la garde républicaine en a encore à Paris, même si c’est rare qu’on les voit, et à Londres il arrive qu’on en voit aussi. Je me demande ce qu’on dirait à un particulier s’il se baladait à cheval dans les rues de Paris (en admettant que son cheval supporte l’ambiance évidemment).

              On peut voir sur des photos ou des films de Paris du début du 20ème siècle qu’il existait un métier spécial consistant à ramasser avec une pelle les crottins des chevaux. Je me demande ce que sont devenus les gens qui faisaient cela lorsqu’on n’a plus eu besoin de leurs services, si toutefois la transition n’a pas été trop brutale.


            • Massaliote 24 mai 2012 18:01

              Les troncs d’arbre passés à la chaux sont prémunis des araignées rouges. Traitement préventif.


            • Belle balade instructive dans un pays qu’on connait peu et dont on ne parle pratiquement jamais aors qu’il a du souvent « bouillonner » comme la plupart des autres nichés dans cette région.
               Pour les arbres et le bas de leurs troncs passés à la chaux, il s’agit chaque année d’ en écarter tous les insectes qui leur sont nuisibles comme araignées, fourmis etc... Quant au cheval dans les rues ou le mulet et encore l’âne j’ignore s’il en existe en Moldavie mais je puis vous assurer que dans bien des pays bordant la Méditerrannée, ils existent encore, notamment en Sicile, Malte, Grèce et Afrique du Nord. En dehors bien sûr des grandes villes mais dans bien des cités moyennes et villages.


            • Surya Surya 24 mai 2012 20:13

              Merci pour les explications concernant les arbres.

              Je pense qu’il doit y avoir aussi des chevaux dans les campagnes moldaves, j’espère avoir l’occasion de le vérifier un jour de mes yeux smiley


            • Gérard Luçon Gerard Lucon 25 mai 2012 06:37

              au Printemps des carrioles tractees par des chevaux passent dans les villages et on nous propose a la criee cette chaux (appelee var), on en passe sur tout les arbres fruitiers.

              recemment dans les grandes villes roumaines les charettes et chevaux ont ete interdits, mais l’agriculture reste tres peu mcanisee dans cette region de l’Europe.

              Au sujet des vins moldaves j’ai ete etonne de rencontrer en Chine des gens qui en avaient deguste (ou bu selon la quantite) a l’epoque de l’URSS, la Moldavie etant exportatrice de ce produit vers la Chine

              Il faut aussi savoir que beaucoup de chevaux sont abattus et envoyes en France et en Italie pour alimenter nos boucheries-chevalines, il y a meme eu un scandale en Roumanie en 2011 sur ce sujet


            • pigripi pigripi 24 mai 2012 19:44

              Originaire de Chsinau, le groupe rock et tout

              Zdob şi Zdub s’est présenté deux fois à l’Eurovision, en 2005 avec Mamie joue du tambour (un ancien tambour chamanique) http://www.youtube.com/watch?v=pwjA7Dl6pFg&feature=related C’est une gloire moldave avec le vin produit dans des caves souterraines tellement immenses qu’on y circule en camion, et les châles de mariage en mohair crochetés à la main. Ils doivent passer entièrement dans une alliance, preuve de leur finesse.
              Pas mal de Moldaves émigrent en France pour fuir la misère économique et l’absence de perspectives.
              En avril 2009 les Moldaves se sont révoltés, surtout les étudiants.pour protester contre l’élection des communistes aux législatives. De nombreux révoltés brandissaient le drapeau européen ...

              • Surya Surya 24 mai 2012 20:20

                J’ai cru comprendre en effet que l’élection des communistes aux législatives avait été très controversée.

                On voit dans les rues de Chișinău des posters avec dessus le drapeau européen. J’aurais dû intégrer à l’article la photo que j’ai prise, c’est dommage.

                Pour ce qui est de l’Eurovision, merci du lien vidéo, le groupe est assez sympa mais je vous avoue que je préfère cette chanson qui sera il me semble celle présentée en 2012 par la Moldavie. Je viens d’ailleurs de la découvrir en faisant une recherche google.


              • Gérard Luçon Gerard Lucon 25 mai 2012 06:39

                en musique c’est OZone qui a fait un tabac avec des tubes adaptes jusqu’au Japon


              • Surya Surya 25 mai 2012 09:24

                C’est en faisant une recherche sur OZone que je me suis rendue compte que je connaissais déjà ce titre smiley J’en connais peut être d’autres, je vais continuer à chercher.


              • eric 25 mai 2012 17:58

                La Moldavie est surtout très pauvre. Je suis prés à croire qu’a certains égard leur situation était meilleure sous l’union soviétique. Les moldaves faisaient parti des grands pourvoyeurs de marchés Kolkhoziens en produits frais et sec. Cela reste vrai, mais c ’est moins rentable. Beaucoup travaillent soit en permanence ou a temps partiel dans la construction en Russie. Beaucoup ont déjà migré à l’ouest. Situation assez comparable à l’Ukraine et en particulier en Ukraine de l’ouest.
                Le sentiment général en Russie est que comme les Ukrainiens de l’ouest, ils ont désappris a travailler avec le socialisme plus tard que les autres peuples soviétiques raison pour laquelle ils sont très prisés.....


                • Surya Surya 25 mai 2012 19:53

                  Bonsoir eric,

                  Je ne pense pas que la situation des pays ex-soviétiques étaient meilleure pour absolument tout du temps de l’URSS. Pour certaines choses peut être, si l’on parle d’un point de vue économique, et encore ça reste à démontrer (en tout cas du travail pour tous, certainement, peut être pour d’autres choses aussi, la santé gratuite par exemple -mais le système de santé soviétique était-il bon ? ) mais n’oubliez pas que les libertés étaient inexistantes, et que ça rigolait pas sous Staline (milliers de Moldaves déportés ici et là pour du travail forcé par exemple...). Les gens ont vraiment souffert de ce manque de libertés, de cette négation de leurs identité au profit de la russification.

                  De plus, je ne pense pas que l’on puisse parler de peuples « soviétiques ». Aucun peuple n’était par nature soviétique, le terme étant politique, pas ethnique. Je ne sais pas si l’on peut qualifier l’URSS d’utopie, en tout cas ça n’a pas marché. Ca ne pouvait pas marcher éternellement.

                  Sinon c’est vrai que la Moldavie est pauvre, et c’est pourquoi certains Moldaves sont nostalgiques de l’URSS, puisque désormais ils regrettent le temps du « au moins tout le monde avait du travail, et on avait ceci et cela quj’on a plus maintenant ». Je le comprends très bien.

                   


                • travelworld travelworld 28 juin 2012 12:43

                  En fait Renault aurait mieux fait de délocaliser en Moldavie ! C’est en Europe (géographique). Les chinois construisent une grande usine (automobiles) en Bulgarie...Et nous au Maroc !!!

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