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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Sibérie : la mine perdue de Batagol et le pays secret des Soyots

Sibérie : la mine perdue de Batagol et le pays secret des Soyots

A la différence de leurs confrères étrangers, les découvreurs français ont peu participé à l’exploration et à la mise en valeur de la Sibérie. Pourtant, il en existe un, aujourd’hui méconnu, qui mériterait, tant en France qu’en Russie, d’être étudié. Au milieu du dix-neuvième siècle, l’aventure romanesque mais bien réelle, de Jean-Pierre Alibert a laissé, localement, d’importants souvenirs qui ne demandent qu’à être partagés.

Caravane de traîneaux transportant les provisions, près du poste Khanginsky, aux frontières de la Chine, 18 mars 1849. – Album : Souvenirs de Sibérie, 1840-1862 Jean-Pierre Alibert – Gouache signée Carl. Wolff © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo M. Favareille (Note : à cette époque, la Mongolie faisait partie de l’empire chinois)

 

Batagol, une mine perdue au fond des monts Saïan orientaux

Puits de la mine de graphite d'Alibert à Batagol
Intérieur de la mine de graphite de Batagol (monts Saïan, Sibérie), découverte en 1847 et exploitée par Jean-Pierre Alibert. Planche tirée de La mine de graphite de Sibérie découverte en 1847 par M. J.-P. Alibert, Paris, Poitevin, 1865. CC Hadrianus13
 
 
En Sibérie, près de la frontière mongole, sur le plateau de l’Oka (Okinksy Rayon), au cœur de la solitude des monts Saïans orientaux, le temps ne s’est pas arrêté. Mais, au cours de nos pérégrinations, dans le pays secret des Soyots je n’ai pas croisé un seul habitant, connaissant ma nationalité, sans qu’il ne mentionne la mine de Batagol fondée par le Français, Jean-Pierre Alibert, en 1847. On n’oubliait pas non plus de me rappeler qu’un des descendants de ce découvreur a cherché la mine, sans succès.
 
Sans même connaitre cet épisode historique, voilà plus de deux ans que je souhaitais aller dans l'Okinsky Rayon, le "petit Tibet russe". On le disait ignoré des touristes et des Occidentaux. Aucun de mes amis et contacts russes, y compris ceux d'Irkoutsk, n'y avait jamais posé les pieds. 
 
Sans réseau, en Russie, le voyageur étranger n'est rien. A l'inverse, un bon tissu relationnel y ouvre des horizons insoupçonnés. A force d'écrire et d'en parler, j'ai été recommandé à Andreiy Bezlepkin, un photographe de Tver, qui, en juillet 2008, pour la deuxième fois consécutive, retournait dans ce lieu étonnant. J'ai donc eu la chance de rejoindre son équipe russe mais j'étais loin d'imaginer ce que j'allais y apprendre.
 
Sous la conduite de Badma Dondokov, de son fils Sergey et de son neveu Bator, nous nous sommes mis en chemin. Perdus, il nous a fallu bivouaquer de façon imprévue entre des cimes noyées dans la pluie et le brouillard, mais le lendemain, la montagne de graphite nous accueillait. Elle ne s’est pas livrée sans résistance, nous gratifiant d’une pluie et d’un orage d’anthologie, situation inconfortable lorsque l’on chemine sur les crêtes.
 

Batagol, une montagne oubliée

La mine de Batagol, dont l'entrée des galeries est à plus de 2 000 mètres d'altitude, a été en exploitation jusqu'en 1950. Depuis lors, elle est totalement abandonnée. Isolée, elle n’est visitée que très sporadiquement, au cours de chasses pratiquées par les éleveurs de la région. Les vallées et les montagnes qui l’entourent sont désertes.
Dôme de la montagne de Batagol, monts Saïans orientaux
Vue des constructions autour de la mine de graphite. Album : Souvenirs de Sibérie, 1840-1862 – Jean-Pierre Alibert, Gouache signée Carl. Wolff © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo M. Favareille
 
Cette vue, ci-dessus, comme la photo, ci-dessous, ont été prises depuis le lieu où se trouvait l'observatoire d'Alibert. Les récits indiquent une chapelle, peut-être située sous la croix, qui a disparu. Les bâtiments sur le haut de la montagne de Batagol n'existent plus. On distingue encore le tracé de l'hippodrome (entre les bâtiments et la croix). Le puits de mine d'Alibert est noyé. L'eau affleure à son ouverture. Il est probable, qu'à quelques mètres de profondeur, elle reste gelée en permanence. On voit encore les importantes maçonneries représentées à gauche de l'image.
 
Dôme de Batagol, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Batagol vue d’ensemble, en 2008, depuis l’emplacement de l’observatoire d’Alibert. On distingue le puits noyé, avec à sa gauche des éléments de maçonnerie. Les deux personnages, au milieu, donnent la dimension de l’hippodrome. En diagonale, à droite, on devine le chemin qui descend vers l’ancien village de Batagol
 
Plus tardivement, probablement, des galeries d'extraction ont été creusées sur le flanc droit de la montagne. Elles sont horizontales. Une des galeries n'est plus accessible.
Galerie de la mine Batagol, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Première galerie horizontale sur le flanc droit de la montagne dans un état dégradé.
 
Il est possible d'entrer dans la deuxième galerie, probablement la dernière exploitée, qui est moins proche du sommet et mieux conservée par le permafrost.
Galerie de la mine Batagol, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Accès à la deuxième galerie. Progressivement l’eau de ruissellement se transforme en stalactites et en stalagmites avant de cesser totalement de s’écouler.
Galerie de la mine Batagol avec permafrost, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
En s’enfonçant dans la galerie, le ruissellement stoppe. La condensation cristallise sur le permafrost tout en devenant plus fine vers le fond de la mine.
 
 
Le village de Batagol, situé en contrebas de la mine, le long d’une rivière, abritait une ferme, les familles des mineurs et même une école. Il a été totalement abandonné lorsque la mine cessa son exploitation.
Village de Batagol, au temps d'Alibert, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Ferme de la mine et dépendances construites sur les terrains déboisés de la vallée de Batagol – Album : Souvenirs de Sibérie, 1840-1862 – Jean-Pierre Alibert – Gouache signée Carl. Wolff © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo M. Favareille
Village de Batagol, en 2008, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Le village de Batagol en 2008
 
Aucune route ne reliait Batagol au reste du pays. Le mode de transport le plus utilisé était l’usage des rivières gelées en hiver. Leurs gorges étaient impraticables l’été. Dans les dernières années d’exploitation le graphite, utilisé par l'industrie nucléaire, était transporté par hélicoptère. C'est également en hélicoptère, qu'en 1990, Marc de Gouvenain avait pu accéder à Orlik (chef lieu de l'Okinsky Rayon, un peu plus à l'Ouest de Sorok) comme il le raconte dans "Un printemps en Sibérie"
 
Après la chute de l'URSS une route non asphaltée fut construite entre le plateau de l'Oka et la vallée de la Tunka, par laquelle il est possible de rallier Sorok depuis Irkoutsk. Aujourd'hui, les très rares personnes qui se rendent à Batagol y vont à cheval, généralement à partir de Sorok.
Passage difficile des traineaux sur la rivière Irkout, 20 mars 1849. Album : Souvenirs de Sibérie, 1840-1862 Jean-Pierre Alibert. Gouache signée Carl. Wolff © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo M. Favareille
 
Rivières monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
A gauche, la rivière Irkout en aval de Sorok, été 2008 – A droite, affluent de la rivière Toustouk entre l’estive de Boldoke et Sorok, été 2008
 
Au cours du mois de juin 2013, John Saul, un géologue, m'a écrit afin de connaitre la position GPS exacte de la mine. Selon lui, la montagne de graphite pourrait être les restes d'un gigantesque météorite. Voilà qui ajoute au caractère fabuleux de l'endroit !
 
En juillet 2017, notre coéquipière russe, Maria Soloveva est retournée à Batagol avec Marina Loshakova, et avec le soutien des proches de Badma Dondokov. Il s'agit, à ma connaissance, des seuls visiteurs « occidentaux » qui aient visité, depuis lors, ce site remarquable dans son poignant isolement.
 
La même année, Nick Fielding sur les traces de l'extraordinaire voyageur Thomas Witlam Atkinson (1799–1861) a fait un passage sur le plateau de l'Oka mais n'est pas allé jusqu'à Batagol. Le lecteur intéressé pourra se référer à son article riche d'informations « The Atkinsons and the remarkable Monsieur Alibert and his graphite mine ». On y lit, notamment, une phrase de Lucy Atkinson. Elle est une sorte de clin d'oeil par dessus le siècle et demi qui sépare deux émerveillements communs. "From this mountain, which is dome-shaped, I saw what to me was a wonderful sight, and the effect of which was beautiful, viz. a rainbow beneath, not above us ; I never saw such a thing before, nor have I seen it since."
Arc en ciel depuis le dôme de Batagol, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Konstantin Smagin et un arc en ciel vu du dôme de Batagol, juillet 2008
 
On doit à Nick Fielding d'avoir exhumé des peintures de l'Oka et de Batagol présentées dans l'album d'Alibert : « Souvenir de mes voyages en Sibérie ». Il en a repris quelques-unes dans « Rare pictures of the Eastern Sayan Mountains in the 1840s ». Les illustrations anciennes de cet article en sont extraites.

Les Soyots, une petite nation qui disparaît

Sacrifice chamaniste sur la mine Batagol, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua

Sacrifice aux esprits de la mine de Batagol et
à l’esprit de Jean-Pierre Alibert, 23 juillet 2008.

 Les Soyots, à l'origine des éleveurs de rennes, peut-être des Samoyèdes venus, il y a environ quatre siècles, des rives du lac Hövsgöl (en Mongolie, voir carte ci-dessous) ont subi des regroupement forcés, à l'époque de Khrouchtchev, comme bien d'autres petites nations tels les Nanaïs du fleuve Amour ou les Yaghnobis (descendant des Sogdiens) de la vallée de Varzob dans le Tadjikistan. 
 
Là aussi, les conséquences ont été désastreuses. Ne nomadisant plus, ils ont perdu leur caractère distinct, d'éleveurs de rennes, et sont maintenant quasiment assimilés aux Bouriates. Leur langue n'est plus pratiquée. Leurs traditions disparaissent. 
 
Ne restent que leurs croyances et leurs pratiques chamanistes, qui les distinguent de leur voisins pratiquant parfois l'orthodoxie et, plus souvent, un bouddhisme tinté de syncrétisme.
Sorok, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Sorok, principal village permanent des Soyots, plateau de l’Oka. Monts Saian orientaux. Eté 2008
 
Russes et Soyots, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Famille Soyot et équipe russe (avec un Français). Estive de Boldokte, été 2008
 
Soyots, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Soyots, plateau de l’Oka, monts Saïan orientaux, été 2008
 
Montrant ces photos et d'autres à des Iakoutes, vivant plusieurs milliers de kilomètres au Nord-Est des Saïan, j'ai observé le profond intérêt qu'ils manifestaient avant qu'ils ne concluent par : "Mais ils sont comme nous !".
Soyots, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Soyots, plateau de l’Oka, monts Saïan orientaux, été 2008
 
Il y a quelques années, à Ourda Oure, une tentative de réintroduction de l'élevage de rennes ne s'est pas avérée concluante, le savoir-faire n'ayant plus été transmis et la sédentarisation s'avérant incompatible avec le mode de vie de cet animal.
Rennes à Ourda Oure, été 2008 – Photo Ekaterina Smirnova
 
Le cheptel est donc constitué de vaches, de moutons, de chevaux et de quelques yaks. Pour ce dernier animal, il s'agit d'une rareté. On y trouve, là, son terrain le plus septentrional d'autant que, dans le Pamir, le Karakoram ou l'Himayala, il ne peut vivre qu'aux alentours de 4 000 mètres d'altitude. Le yak est capable de chercher sa nourriture sous la neige. Sa fourrure est exploitée. Sa laine est filée par les Soyots et peut être utilisée pour l'habillement ainsi que pour tresser des cordages, lanières, harnais etc. Le yak est, néanmoins, en régression sur le plateau de l'Oka.
 
Yaks, monts Saïans orientaux, photo de Bernard Grua
Yaks, vallée de l’Oulzita, juillet 2008
 

Jean-Pierre Alibert est aujourd'hui inconnu à Moscou et en France mais il est entré dans la légende sibérienne

Portrait d'Alibert
Alibert, Jean-Pierre (1820-1905). L. Sériakov. Russie, 1860. Catalogue de la collection des portraits français et étrangers : conservée au Département des Estampes de la Bibliothèque nationale. G. Rapilly, 1896
 
 
Jean-Pierre Alibert, né à Montauban en 1820, est mort en 1905 à Paris après s'être installé à Châteauneuf-les-Bains en raison de rhumatismes contractés en Sibérie. Le graphite d'une exceptionnelle qualité, qu'il extrayait de Batagol, avait pour unique client l'entreprise Faber-Castell de Nuremberg dont il contribua à sauver l'industrie du crayon à papier d'art. La seule mine de graphite européenne de l'époque était à Borrowdale, Angleterre. Elle arrivait à épuisement.
 
Alibert fait partie, avec Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, ayant rallié Petropavlovsk Kamtchatski à Versailles, des très rares Français découvreurs de la Sibérie, à la différence des plus nombreux explorateurs allemands, polonais, baltes ou scandinaves, Même Antoine Garcia et Yves Gauthier dans leur irremplaçable somme, « L'exploration de la Sibérie », ne mentionnent pas cette personnalité attachante, exemple d'un travail réalisé en symbiose avec une population locale pour qui il est devenu une légende. Délaissées, les caisses de ses expéditions sont toujours remisées, à Paris, dans une école d'ingénieurs. D'autres reliques sont dispersées dans différents musées français. En 2008, des archives ont pu, aussi, être consultées, par Andreiy Bezlepkin à Oulan Oude, la capitale de la Bouriatie.
 
A l'heure où, dans notre pays, la Russie est une construction virtuelle dans laquelle chacun projette ses rêves ou ses tourments, il faudrait écrire un ouvrage et même réaliser un film sur cette aventure franco-sibérienne si romanesque, pourtant si réelle et si pétrie d'humanité. Il y a urgence. Sur site, les derniers vestiges sont en train de disparaître.
 

Notes

Précisions : En russe les "o" non accentués se prononcent "a". Cela explique pourquoi, en France, nous écrivons "Batagol". La translittération anglaise préfère "Botogol" plus juste alphabétiquement mais moins exacte phonétiquement. On peut aussi lire "Batougol" sans que l'on sache s'il s'agit d'un choix ou d'une erreur.

Consulter : Plus d'informations sur Jean-Pierre Alibert, Batagol et les Soyots Voir : L'ensemble des planches du carnet d'Alibert au CNAM  Cartes : Situer Batagol, Sorok, les Saïan orientaux et Irkoutsk

Carte, Batagol, Oka, Irkoutsk, monts Saïan orientaux
Irkoutsk, vallée de la Tunka, gorges de la rivière Irkout, Sorok et Batagol

Parcourir les deux itinéraires entre Batagol et Sorok

Batagol, monts Saïan orientaux
Itinéraire vers Batagol, depuis Sorok, et lieux d’estive soyots (vallée de l’Oulzita, Boldokte, vallée de la Toustouk) – Ourda Oure, expérience de ré-introduction des rennes

Plus de photos de Bernard Grua sur les Monts Saïan OrientauxOkinsky Rayon, Eastern Sayani, Siberia, Russia

Cet article sur le blog de l'auteur : "Regards sur le monde"


Moyenne des avis sur cet article :  3.18/5   (33 votes)




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44 réactions à cet article    


  • sirocco sirocco 21 juillet 13:57

    Superbe article. Merci.


    • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 19:47

      @sirocco Merci, pour avoir pris le temps de le lire.


    • Areole 21 juillet 23:15

      @Bernard Grua
      J’ai tout lu également, c’était un plaisr.


    • Bernard Grua Bernard Grua 22 juillet 14:55

      @Areole
      Merci


    • gueule de bois 21 juillet 14:55

      Très intéressant !


      • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 19:50

        @gueule de bois Merci. L’histoire de Jean-Pierre Alibert est véritablement intéressante. J’espère que des historiens se saisiront de ce sujet.


      • roman_garev 21 juillet 15:12

        Merci pour cet article, vraiment magnifique.

        À noter que les deux Wikis, russe comme française, parlent quand même de Jean-Pierre Alibert, devenu en Russie Ivan Petrovitch Aliber.

        • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 19:55

          @roman_garev Oui, vous avez parfaitement raison. Alibert n’a pas été oublié dans la région du Baïkal. Peut-être est-ce un contributeur de cette région, qui a fait ces biographies ? Je vais ajouter les liens vers Wikipedia dans la petite « bibliographie » que j’ai compilée.
          Informations sur Jean-Pierre Alibert et les Soyots – Information about Jean-Pierre Alibert and the Soyot People 


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 21 juillet 15:19

          Merci. Des articles comme celui-ci justifient l’existence de ce site..


          PJCA

          • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 19:57

            @Pierre JC Allard Content, de voir que ce sujet intéresse des lecteurs. 


          • George L. ZETER George L. ZETER 21 juillet 16:02

            passionnant !!! merci pour le partage.


            • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 20:18

              @George L. ZETER Avec plaisir. Dommage que la mise en page soit si difficile à maîtriser sur Agoravox. Cela rend le papier un peu confus. Je m’en suis mieux sorti sur Wordpress.


            • sirocco sirocco 21 juillet 21:07

              @Bernard Grua

              Il serait souhaitable que tous les articles paraissant sur Agoravox soient aussi bien présentés et illustrés que le vôtre.


            • Bernard Grua Bernard Grua 23 juillet 17:22

              @sirocco
              Je crois, quand même, que l’ergonomie pour rédiger les articles devraient être améliorée. Sans un minimum de connaissances html on ne s’en sort pas. L’insertion des images est problématique et, surtout, la prévisualisation que l’on a ne correspond pas au rendu final. Une mise à jour serait la bienvenue. Mais, c’est un autre sujet et votre remarque est encourageante. 


            • JP94 21 juillet 16:11

              Intéressant mais au lieu de mise en valeurs de richesses sibériennes, il conviendrait plutôt de parler de pillage de richesses. Le Japon convoitait la Sibérie pour en piller les ressources et les compagnies anglaises en pillait l(Or...

              C’est tout de même la volonté de perpétuer ce pillage qui a conduit à l’intervention des 14 puissances étrangères après la Révolution d’Octobre...

              • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 21:51

                @JP94 La colonisation de la Sibérie, comme toute colonisation s’est faite au dépend de ses habitants et de sa nature. Vous avez raison. Je ne peux pas supprimer « mise en valeur » sur Agoravox, en revanche je vais l’enlever de mon blog.

                Pour ce qui est d’Alibert, je pense, malgré tout, ne pas avoir totalement été à côté de la plaque. Comment cet homme, qui a vécu là bas il y a 150 ans, a-t-il pu laisser un tel souvenir ? Il est aussi révéré dans l’Oka que les Décabristes russes le sont à Irkoutsk. Pourtant, je ne pense pas qu’il existe de « discours officiel » à son sujet. Donc, on peut croire qu’il y a de la sincérité dans ce que l’on entend. On m’a même dit qu’ « il payait bien ».

                Pour ce qui est du pillage de la Sibérie, déjà au début du XXème siècle, Vladimir Arseniev, incomparable auteur de Dersou Ousala, en parlait. A la même époque, il faut aussi lire ce que dit Ferdinand Ossendovski sur le comportement de certains colons russes : « Asie fantôme : A travers la Sibérie sauvage 1898-1905 » - « De la présidence à la prison » - « Bêtes, Hommes et Dieux »

                Je n’ai pas connaissance d’Anglais qui exploitaient de l’or en Sibérie avant la révolution. C’est un point que je vais regarder. Merci d’en avoir parlé. En ce qui concerne l’intervention française, il me semble qu’elle fut motivée principalement par la peur du bolchévisme et par l’emprunt russe qui représentait 1/3 des investissements étrangers en Russie et 30% de l’épargne des Français. Le non remboursement de cet emprunt pouvait être perçu comme du pillage - mais un pillage des ménages français. 

                Si pillage il y a eu par le passé, il continue aujourd’hui.

                On sait que Total n’a pas été « propre » en Birmanie. Mais que dire de l’extraction de gaz qu’il conduit à Yamal, et de la dévastation que cela représente pour le peuples des Nenets et pour leurs rennes, autour desquels est construite leur culture ?

                Il faut aussi parler du pillage de la faune et des forêts de Sibérie pour les entreprises chinoises. A Khabarovsk, on voit une flotte considérable couverte de grumes issues, bien souvent, d’abattage illégal et, en tout cas, d’une taïga non gérée durablement. Avec ce bois, les chinois font des baguettes et des meubles que nous achetons en France. Nous contribuons à cette dévastation. Mais Greenpeace préfère parler de la préservation de la forêt amazonienne plutôt que de la sauvegarde de la taïga sibérienne, pourtant si fragile. La déforestation n’est pas limitée au bassin du fleuve Amour. On dit sur les bords du Baïkal que toutes les grosses maisons sont la propriété des producteurs de vodka ou des producteurs de bois. 


                Autre exemple choquant, c’est celui de la Iakoutie, territoire grand comme 5 fois la France, qui regorge littéralement de richesses. A titre d’illustration, Iakoutsk est la deuxième capitale mondiale du diamant. Mais cette richesse ne profite pas aux Iakoutes si l’on regarde l’évolution comparative du taux de pauvreté des Russes (en rouge) et des Iakoutes (en vert) entre 2000 et 2017. Chez les Iakoutes, ce taux inférieur à celui des Russes en 2000 est devenu supérieur dès 2003.
                 
                Alors que des milliards ont été dépensés pour Sotchi et pour la coupe du Monde, l’Etat n’est pas non plus capable d’assister les sinistrés de l’Amga qui ont vu leurs maisons emportées par une crue de la Lena. Lisez ici l’appel à l’aide et regardez les photos de mon ami Iakoute Stats Ksesta. Help Amga to recover !

                En résumé, « mise en valeur » est bien un terme trop polémique que je n’aurais pas dû utiliser.


              • Jacques_M 21 juillet 19:02

                Vraiment passionnant !

                Merci à vous.
                 

                • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 21:54

                  @Jacques_M Ravi d’avoir réussi un peu à partager ma passion pour la Sibérie.


                • Feste Feste 21 juillet 19:24

                  Bonjour et merci pour cet article.

                  J’ai passé un mois à cheval en Mongolie en 1995 et je garde comme reve d’y retourner et de visiter les régions sibériennes alentours. Cet article nourrit mon reve

                  • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 20:15

                    @Feste Vous pouvez y aller en individuel en prenant des marchroutkas jusqu’à Sorok, depuis Irkoutsk ou Slyoudianka, au début de la vallée de la Tounka (accessible par le train). Si vous le souhaitez, je pourrai vous mettre en relation avec Badma Dondokov (Soyot de Sorok) et Maria Soloveva (de Moscou), qui est une excellente cavalière et qui est souvent sur les bords du Baïkal. Peut-être voudra-t-elle y retourner une troisième fois ?
                    Je pourrai, aussi vous donner de bons contacts à Irkoutsk. A Sorok et dans les alentours, il n’y aura pas de problème pour être hébergé chez les habitants, juste convenir à l’avance d’une indemnité raisonnable. Ce sont des gens qui n’ont pas de gros moyens et dont on ne peut pas abuser de l’hospitalité désintéressée.
                    Dans l’Okinsky Rayon il y a quelques touristes russes (et encore) principalement pour le rafting. Mais, en tant qu’Occidental, et Français qui plus est, nul doute que vous serez accueilli avec beaucoup de sympathie. Si vous êtes cavalier, attendez-vous à être une célébrité.


                  • Hallala Hallala 21 juillet 19:40

                    Des Français qui ne font pas de bruit, mais de belles choses. Je ne pourrais plus parcourir autant à cheval, mais cet article aux fortes odeurs de sapins de Sibérie est déjà une aventure. Merci pour ce récit.


                    • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 20:03

                      @Hallala Je n’étais pas cavalier avant d’y aller. Je ne le suis toujours pas. Ces chevaux, sont petits et ils ont un pied très sûr. Ils sont une aide précieuse, aussi, pour transporter le matériel. Rustique, ils se contentent de la verdure exubérante dans ces régions extrêmement pluvieuses. Donc, si vous êtes cavalier cela ne devrait pas poser de problème. En revanche, il y a des flans de montagne que les chevaux ne peuvent pas gravir (et surtout descendre) en étant montés. 


                    • Dom66 Dom66 21 juillet 22:05

                      Merci pour cet article, agréable à lire en plus et enrichissant..j’ai beaucoup aimé.

                      J’ai passé le lien à beaucoup d’amis ies

                      Je me joints aux autres pour vous dire « Bravo »


                      • Bernard Grua Bernard Grua 21 juillet 22:09

                        @Dom66 Merci pour votre partage !


                      • lloreen 22 juillet 09:38

                        Merci pour le partage. Espérons que ce magnifique endroit gardera son cachet et restera à l’abri des pillards de ressources encore inaccessibles.


                        • Bernard Grua Bernard Grua 22 juillet 14:58

                          @lloreen
                          Espérons, en effet.


                        • alberto alberto 22 juillet 14:32
                          Merci pour cette visite qui mêle Histoire (oubliée) et géographie.
                          Remarquable !

                          • Bernard Grua Bernard Grua 22 juillet 14:59

                            @alberto
                            Merci


                          • Arthur Gohin 23 juillet 12:08

                            Cet article me fait rêver moi aussi. Y a-t-il une chance que cette mine de graphite redémarre ? 

                            Mon grand père parlait russe, il est parti en 1913 dans une ville au bord de la mer noire pour remettre à flot une cimenterie, et a réussi. La France et la Russie ont toujours eu la possibilité de se bien comprendre. 
                            Vous n’appréciez pas la politique de Poutine, sauf en Syrie et en Ukraine peut-être ?

                            • Bernard Grua Bernard Grua 23 juillet 13:54

                              @Arthur Gohin, bonjour,

                              Je ne pense pas que le site redémarre un jour car, même s’il y reste encore beaucoup de ressources, il ne parait plus compétitif face aux possibilités de concentration, voire de créations synthétiques qui existent. Ensuite, il faut reconnaître qu’il est très enclavé dans les montagnes, non desservi par la route ou par le chemin de fer et éloigné des lieux de consommation. Le temps y est d’ailleurs assez abominable. Beaucoup de pluies en été, ce qui sur le permafrost veut dire marécages, inondations, rivières en crue et nuées de moustiques. Neige, vent et glace (froid extrême) le reste du temps. La latitude est relativement basse mais l’altitude, la cuvette des Saïan et le climat hyper-continental laissent imaginer les difficultés rencontrées par ceux qui ont exploité le gisement ou par ceux qui voudraient s’y remettre. Je vous invite à lire : « История изучения и разработки Ботогольского месторождения графита » (Historique de l’exploration et du développement du gisement de graphite de Botogol). Vous y trouverez une traduction sommaire en français, ici, au §IV -2. 

                              Ce qui a motivé l’écriture ce papier, ce sont les aquarelles, de l’époque d’Alibert, diffusées par Nick Fielding  « Rare pictures of the Eastern Sayan Mountains in the 1840s ». Outre le fait qu’elles sont magnifiques, elles permettent de comparer l’état du site à 150 ans d’intervalle. Ce fut une très heureuse surprise. 

                              Il n’est guère question de Russes ici, à part la sympathique équipe (comprenant néanmoins un Letton) dont j’ai eu la chance de faire partie. Ce qui m’a plus intéressé, c’est cette entente entre une tribu nomade, les Soyots, avec un occidental tel que Jean-Pierre Alibert, dont le mode de vie, les pratiques et la religion étaient si différents. Alibert aurait tout aussi bien pu être allemand, anglais, italien (comme ceux qui ont construit le circum-Baikal), scandinave etc., l’histoire aurait été tout aussi passionnante. Pour ce qui des amis russes, justement, je ne parle JAMAIS de politique avec eux. Poutine n’était pas le sujet de nos conversations au cours de toutes ces journées que nous avons passées ensemble. Il n’est pas le sujet de ce papier. Et ce que je pense de cet homme, n’a rien à voir avec mon propos ici. Je me contenterai donc de reprendre ma conclusion : "A l’heure où, dans notre pays, la Russie est une construction virtuelle dans laquelle chacun projette ses rêves ou ses tourments, il faudrait écrire un ouvrage et même réaliser un film sur cette aventure franco-sibérienne si romanesque, pourtant si réelle et si pétrie d’humanité".

                              Je pense que l’histoire de votre grand-père ferait certainement un article passionnant. Je serai, comme d’autres, heureux de le lire
                              . Comme le dit opportunément @Aita Pea Pea dans le commentaire qui suit le vôtre : « Un peu d’air frais fait du bien ».


                            • Arthur Gohin 23 juillet 17:55

                              @Bernard Grua


                              Je ne sais guère plus que ce que je vous ai dit là et que m’a dit sa dernière fille, qui est encore de ce monde ; je n’ai ni photos ni aucun détail. 
                              C’est la socièté Poulenc frères où il était ingénieur en chef qui l’avait envoyé là-bas. La fille ainée de Camille Poulenc le directeur a épousé mon grand père à son retour de Russie. La fusion Poulenc frères - Usines du Rhône s’est faite en 1927. 
                              A cause de ses enfants mon grand père est rentré du front et a été utilisé par l’armée pour ses compétences de chimiste, certainement pour fabriquer du CO et ainsi du gaz moutarde (ma famille n’est pas très locace à ce sujet). Ce qui est clair est que le gazogène industriel qu’il a vu là lui a inspiré le gazogène pour voitures et camions qu’il a mis au point et breveté à son nom. Son riche beau-père l’a aidé a créer la société Gohin Poulenc, mais celle-ci a quand même été vendue faute de financement. Cependant elle a eu ensuite un très grand succès car pendant la guerre suivante elle a permis qu’en France l’on roule au charbon de bois puisqu’il n’y avait pratiquement plus d’essence. 
                              Puis l’essence est revenue...

                              Pour ce qui est d’une éventuelle reprise de la mine Aliber, je pense que c’est une question de conjoncture. Si le graphite est très demandé, elle pourra reprendre. Sinon effectivement il y a des gisements munis d’un climat plus agréable. Mais les Soyots ne se plaignent pas du leur...

                              Merci de votre article

                            • Bernard Grua Bernard Grua 24 juillet 10:46

                              @Arthur Gohin
                              Nous vivons avec des choses qui nous semblent communes et avec des histoires que l’on peut nous raconter. Et puis un matin, on s’aperçoit que le monde a changé, que ce qui faisait partie d’une forme de richesse de notre monde, à laquelle nous étions attachés sans en prendre la mesure, a disparu. Il en est de même pour ce que l’on aurait pu apprendre de ceux qui ne sont plus là.
                              Il est étonnant que dans tous le enseignements qui nous sont dispensés on ne nous apprenne pas à collecter.


                            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 23 juillet 12:39

                              Merci . Un peu d’air frais fait du bien.


                              • Bernard Grua Bernard Grua 23 juillet 13:55

                                @Aita Pea Pea
                                Merci à vous


                              • JC_Lavau JC_Lavau 23 juillet 14:06

                                Samoyèdes = cannibales, en russe.

                                Chez eux ils s’appellent Nénetz ou Nénets.

                                • Bernard Grua Bernard Grua 23 juillet 14:57

                                  @JC_Lavau
                                  Merci pour cette précision.

                                  En ce qui concerne les Soyots je m’exprimais au conditionnel : « Les Soyots, à l’origine des éleveurs de rennes, peut-être des Samoyèdes venus, il y a environ quatre siècles, des rives du lac Hövsgöl... » En effet, l’hypothèse comme quoi les Soyots seraient des descendants de cette population est encore assez isolée. 
                                  - Selon Abel Rémusat : « Les Samoyèdes les plus méridionaux sont només Soyot ou Oriyangkhaï ».
                                  - Selon Larisa R. Pavlinskaya dans Reindeer herding in the Eastern Sayan - A story of the Soyott : « The ancestors of the Soyots (and of the closely related Tofa, Tozhu, and Dukha) were proto-Samoyedic hunter-gatherers who arrived in the Eastern Sayan region from Western Siberia at the end of the third millennium BC and the beginning of the second millennium BC. » 
                                  - Autre article, Tofalars and Soyots - The people lost around Baikal : « Soyots are Sayan Samoyeds,who were assimilated by Turks in the 7th -8th centuries AD, maybe even earlier. »

                                  D’ailleurs Wikipedia n’en parle pas.
                                  « Les Samoyèdes (autre transcription : Samoïèdes) sont un ensemble de plusieurs peuples semi-nomades de Sibérie (Russie), qui vivent partiellement en autarcie, de chasse, de pêche, et d’élevage de rennes...Nonobstant certaines étymologies populaires ou naïves, le terme samoyède est une adaptation russe du nom générique que se donnaient eux-mêmes les saami proto-ouraliens.
                                  Les peuples samoyèdes incluent : 
                                  Peuples samoyèdes du nord : Nénetses, Énètses, Nganassanes
                                  Peuples samoyèdes du sud : Selkoupes, Kamasses ou Kamasin (groupe aujourd’hui éteint ou assimilé), Mators ou Motor (groupe aujourd’hui éteint ou assimilé), Koïbals (groupe aujourd’hui éteint ou assimilé).
                                  La majorité des Samoyèdes sont des Nenets représentant environ 34 000 individus. Ils vivent dans trois districts autonomes de Russie
                                  . (Note BG : Les Soyots sont moins de 2000 individus).

                                  Je ne savais pas que Samoyède voulait dire »cannibale« en russe. Il me semblait qu’il en existait une autre traduction. D’ailleurs je ne sais pas, non plus, ce qu’entend Wikipedia par »certaines étymologies populaires ou naïves" . 


                                • JC_Lavau JC_Lavau 24 juillet 11:21

                                  @Bernard Grua. Samo-iéd : qui se mangent eux-mêmes.

                                  Par extrapolation à partir de leurs rites avec le sang de renne et la viande de renne.

                                • xana 23 juillet 14:13
                                  Bonjour Bernard Grua,

                                  Tout d’abord merci pour cet excellent article fort bien documenté.

                                  Ensuite je désire vous signaler que ni la mine ni Allibert n’ont été totalement oubliés en France :

                                  Il y a une dizaine d’années j’ai visité un musée de minéralogie à Paris (Je crois qu’il s’agit de celui de l’Ecole des Mines) où une salle était consacrée au graphite de Sibérie et à son découvreur.
                                  Il y avait en particulier dans les vitrines de nombreux objets très délicatement sculptés dans le graphite. J’ai émigré depuis en Roumanie et je ne suis plus en mesure de vérifier ce que je vous écris ici, mais si vous en avez la possibilité il serait très intéressant que vous preniez contact avec ce musée.

                                  Bien à vous
                                  Jean Xana

                                  • Bernard Grua Bernard Grua 23 juillet 15:18

                                    @xana
                                    Bonjour Jean Xana,

                                    Je voulais dire qu’aujourd’hui on ne parle plus d’Alibert alors qu’ils s’agit d’une aventure concrète et passionnante.
                                    Il y a des choses que l’on peut voir au CNAM et à l’Ecole des Mines. J’en apprends un peu plus tous les jours. Le papier de Nick Fielding m’a donné l’occasion, dix ans après, de sortir d’une certaine léthargie tout en rappelant des souvenir fort. 
                                    Il y a cet album au CNAM qui est somptueux. Tappez « Alibert » dans la case recherche : https://phototheque.arts-et-metiers.net
                                    Ce que vous avez vu à l’Ecole des Mines doit être ce qui a été présenté à l’Exposition Universelle de 1889 https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/jean-pierre-alibert-section-russe-exposition-universelle-de-1889
                                    Ceci est bien décrit dans l’ouvrage accessible en ligne : La mine de graphite de Sibérie découverte en 1847 par M. J.-P. Alibert, Paris, Poitevin, 1865.

                                    La matière devient plus accessible qu’en 2008, lors de mon retour. Je ne suis pas parisien mais je ferai le déplacement pour voir tout ça. Vous avez très bien fait d’en parler. A vrai dire, passant à Nuremberg, j’avais cherché à aller chez Faber Castel mais ils n’étaient guère enthousiastes. En réalité, s’ils se sont servi de la notoriété du graphite d’Alibert, je ne suis pas certain qu’ils ont été parfaitement honnêtes, si l’on en juge par leur correspondance. C’est un point à creuser. 

                                    Bien cordialement

                                    Bernard Grua


                                  • Bernard Grua Bernard Grua 24 juillet 11:20
                                    Erratum ? Fin d’activité de la mine de Batagol :

                                    Sur place, il m’avait été indiqué que toute activité avait cessé dans les années cinquante comme je l’ai écrit dans l’article.

                                    Pourtant le texte suivant : РУДНИК АЛИБЕРА ВЫСОКОГОРНЫЙ АНТРОПОГЕННЫЙ ЛАНДШАФТНЫЙ ПАРК РЕГИОНАЛЬНОГО ЗНАЧЕНИЯ (ВОСТОЧНЫЙ САЯН) - (Mine Alibert – parc paysager anthropique élevé , Eastern Sayan), parle d’une activité de 145 ans. Ceci voudrait donc dire que la production aurait cessé en 1992. Ce point est donc à vérifier, d’autant que les outils et les engins laissés sur place semblent relativement « récents ».

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