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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > Trains des montagnes suisses en hiver sur les réseaux à voie (...)

Trains des montagnes suisses en hiver sur les réseaux à voie métrique

Journal d’un itinéraire de repérage sur les parcours du Bernina Express et du Glacier Express. Présentation détaillée des points d’intérêt, des horaires, des cartes, exemples de prises de vue et nombreuses informations utiles pour votre propre voyage photographique.

Sur les voies métriques de Chur à Tirano, puis de Tirano à Visp via Reichenau Tamins 

Itinéraires du Bernina Express et du Glacier Express sur la voie de la Rhätische Bahn (RhB) puis sur celle de la Matterhorn Gotthard Bahn (MGB)

 

Ces pérégrinations ont été réalisées pour mettre à profit un trajet retour de Zurich vers l'aéroport de Genève, qui a pris le chemin des écoliers en passant par le canton des Grisons, le canton du Valais et la rive droite du lac Leman.
Il a semblé pertinent de rédiger le texte sous la forme d'un carnet de voyage afin de permettre au lecteur de préparer, plus facilement, un itinéraire similaire en s'y projetant, tout en relativisant les propres observations liées à une découverte trop rapide dans des conditions hivernales spécifiques et selon une météo plutôt monochromatique. Une généralisation moins particularisée aurait été artificielle en posant des constations faussement définitives.

Le présent article expose la première journée de Zurich à Tirano. Une deuxième partie présentera le trajet de Tirano à Visp/Viège.

Variations d'altitude entre Zurich (Suisse) et Tirano (Italie) en passant par le col de la Bernina sur le parcours du Bernina Express et sur une partie de celui du Glacier Express. 

 

Index

 

De Zurich à Chur/Coire

- De Zurich à Chur

Le train de la vallée de l'Albula vers le Sud

- De Chur à Samedan

De Samedan à Pontresina

Le train du massif de la Bernina vers le Sud

- De Pontresina à Ospizio Bernina

D'ospizio Bernina à l'Alp Grüm

De l'Alp Grüm à Tirano

Annexes


De zurich à Chur/Coire

Zurich (408 m) - 08:12 | Chur/Coire (585 m) – 09:43


Ce samedi 5 janvier 2019, compte-tenu de la courte durée du jour, il est préférable de quitter sans tarder Zurich, où la neige tombe à petits flocons. Le train rapide « IC » (Inter City) déroule ses 95 kilomètres vers Chur (595 m) dans une morne grisaille. Néanmoins, comme presque partout en Suisse, la ligne suit une belle trajectoire. Vers le Sud-Est, elle longe le lac de Zurich puis celui de Walenstadt. Par la suite, en effleurant le Liechtenstein, elle oblique plus franchement vers le Sud en direction du vaste canton montagneux des Graubünden (Grisons). En ce début de matinée, le wagon est principalement emprunté par des résidents, pour de courts trajets, ainsi que par des sportifs équipés de raquettes, de skis ou de luges. Seules dénotent deux jeunes filles aux allures étudiantes et citadines. Elles se fondront dans les voyageurs qui se disperseront à Chur. Pourtant, nous les reverrons, de façon inattendue, quelques heures plus tard.

Avant ce terminus, afin d’éviter les confusions, il est bon de savoir qu’un autre tracé, dont une grande partie en tunnel, part de Landquart (563 m) vers St Moritz.

Le train de la vallée de l’Albula vers le Sud

La ligne de la Bernina entre Chur et Pontresina, Glacier Express, Bernina Express - Rhätische Bahn, Chemins de fer rhétiques
La ligne de la Bernina entre Chur et Pontresina. Noter les circonvolutions au Sud de Bergün

 

Chur/Coire (585 m) - 09:58 | Samedan (1721 m) – 11:45

 

A Chur (585 m), bordé par le Rhin, l'atmosphère devient plus montagnarde qu'à Zurich (408 m). C'est ici que commence véritablement le circuit sur la Rhätische Bahn (Chemins de fer rhétiques), RhB. Son réseau est à voie étroite, 1 mètre d'écartement contre 1,40 habituellement. Il a l'avantage d'offrir des trains espacés d'une heure en tous lieux. Celui qui est pris a pour direction St Moritz (1775 m). Il passe bien par Thusis (697 m) et Bergün/Bravuogn (1367 m). La descente aura lieu à Samedan (1721 m), 5 kilomètres avant l'ultime arrêt.

Bien qu'il s'agisse d'un train régional normal, les passages spectaculaires et historiques sont annoncés systématiquement en allemand, en italien et en anglais. Mieux encore, chaque train dispose d'un espace pour photographes, à l'extérieur duquel figure un pictogramme représentant un appareil photo. Celui-ci est annoncée, sur les tables horaires, par « FW » (Fotografwagen). Il est éclairé par de larges baies vitrées que l'on peut descendre en appuyant sur un bouton électrique. Il en est de même pour le toit qui s'ouvre. Nous ne nous y risquons pas, le ciel se montrant généreux en poudre blanche. Dans ce wagon nous sommes deux, principalement. Un allemand passionné par les chemins de fer refait un trajet qu'il a déjà réalisé de nombreuses fois. Il va se montrer un guide éclairant.

Les avantages de cette combinaison de transports locaux par rapport au Glacier Express ou au Bernina Express sont immédiats. Outre une moindre dépense, on peut tout photographier sans subir de reflets. De plus, on peut débarquer à un arrêt ou à une gare et monter, une heure après, dans le train suivant. Le fait de prendre des vues, fenêtre ouverte, peut permettre d'insérer le train dans le paysage, notamment dans les nombreuses courbes. Il faut, néanmoins, faire attention aux tunnels et pylônes, surtout quand on prend des sujets vers l'arrière. La paroi est proche.

Dans certains cas, des wagons « PR ». sont aussi mentionnés, sur les horaires, Il s'agit de voitures panoramiques du Bernina Express accessibles avec un supplément de 5 Francs, payable au contrôleur. Pour les photographes, les parois transparentes scellées de ces voitures ne présentent pas d'intérêt. Il peut en être autrement pour d'autres voyageurs recherchant plus d'agrément et de confort.

Peu après Chur (585 m), entre Reichenau-Tamins (604 m) et Thusis (697 m), le train traverse le Domleschg, une vallée réputée pour ses nombreuses forteresses en raison du rôle qu'elle joua en tant que nœud important entre le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest des Alpes. Le château le plus considérable est celui dOrtenstein. Perché sur un promontoire de 120 m de hauteur, il domine la commune de Tumegl/Tomils (801m).

Château d’Ortenstein, Domleschg © Bernard Grua
Château d'Ortenstein, Domleschg

 

A partir de Thusis (697 m) et jusqu'à Tirano (429 m) en Italie, sur 122,30 km, le chemin de fer se mêle prodigieusement au décor montagneux de la vallée de l’Albula (jusqu'à St Moritz) et du massif de la Bernina (entre St Moritz et Tirano), traversant 55 tunnels et 196 ponts. Les convois grimpent des pentes atteignant 7%. Pour son authenticité et pour sa beauté, pour son rôle social dans le désenclavement alpin, pour sa qualité technique de construction, pour la rigueur de son entretien, pour son harmonie dans la paysage, cette voie ferrée est classée au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis juillet 2008. Tandis qu'en France, nous en sommes à fermer des lignes régionales sans même parler de la plupart des voies métriques qui ont été démantelées, il est intéressant de savoir que 80% des recettes des Chemins de fer rhétiques sont apportés par les touristes alors que 40% des voyageurs-kilomètres sont représentés par la clientèle locale. Les Suisses osent même, avec succès, mettre en avant l'absence de rapidité du Glacier Express, « L'Express le plus lent du monde ». Ils en font un argument commercial récurent. On est à des milliers de kilomètres du « tout TGV ».

Quasiment dans Thusis (697 m) on franchit le bas de la sombre et étroite gorge de la Via Mala (mauvais chemin en Romanche) bordée par des falaises de 300 mètres de haut. Au fond, y coule le Hinterrhein (Rhin postérieur).

Thusis : Via Mala et église médiévale St Cassian de Sils en Domleschg
Neige: entrée du train dans un tunnel sur la rive gauche des gorges de la Schrin avant le viaduc de Solis © Bernard Grua
Entrée dans un tunnel sur la rive gauche des gorges de la Schrin avant le viaduc de Solis

Une dizaine de kilomètres plus loin, le viaduc de Solis (altitude 863 m) permet à la ligne de poursuivre sa monté sur la rive droite des gorges de la Schin creusées par l'Albula, qu'elle franchit à 89 mètres au dessus de la rivière. Elle quitte, ainsi, les escarpées falaises rocheuses de la rive gauche pour desservir Tiefencastel (887 m) de même que les villages de Surava (942 m) et d'Alvaneu Bad (999 m). L'ouvrage est long de 163 m. La portée de son arche principale compte 42 m. Il s'agit d'une des structures les plus importantes de la ligne de l'Albula.

Tiefencastel ainsi que deux villages entre le viaduc de Landwasseur et Filisur

 

Afin de traverser l'exutoire du lac de Davos et continuer son ascension sur la rive droite de la haute vallée de l'Albula, le petit train rouge emprunte, à la suite du viaduc de Schmittentobel, celui de Landwasseur, à une altitude de 1048 mètres. Ce dernier, tout en courbe sur les 142 mètres de son tablier, paraît gracile après le classicisme du rectiligne édifice de Solis. Ses quatre piles dont trois partent du fond de la vallée, qu'il domine de 68 mètres, s'érigent en s'affinant vers le tablier. Il n'y a pas une ligne droite dans ce défi architectural méritant d'être considéré comme une brillante œuvre d'art. Son caractère féerique est encore accentué par la grosse falaise rocheuse où s'accrochent quelques sapins. Il s'y achève directement en un tunnel dans l'intérieur duquel il poursuit son arc de cercle de 100 mètres de diamètre entamé, peu de temps après Alvaneu Bad (999 m) sur la rive opposée. Après l'intermède souterrain, la courbe de la voie s'inverse, à nouveau, pour arriver à Filisur (1080 m). Le viaduc est classé comme bien d'intérêt national suisse.

Viaduc de Schmittentobel sous la neige   © Bernard Grua
Viaduc de Schmittentobel, Chemins de fer rhétiques
Viaduc de Landwasseur, Chemins de fer rhétiques © Bernard Grua
Viaduc de Landwasseur, Chemins de fer rhétiques

Par la suite, l’ascension se poursuit dans un inconcevable dénivelé jusqu'au bout de la haute vallée. C'est une suite de tunnels, et de viaducs, tous en courbes, afin de grappiller chaque mètre vers le haut. Après Filisur (1080 m), le train entre dans son premier tunnel en spirale.

Tunnel entre Filisur et Bergün sous une falaise enneigée 0106 1155 ©  Bernard-Grua
Tunnel entre Filisur et Bergün

 

Bergün/Bravuogn (1372 m), début de la partie la plus escarpée de la vallée de l'Albula  - Rhätishe Bahn, Chemins de fer rhétiques, Bernina Express, Glacier Express - Bernard Grua
Chemins de fer rhétiques Bergün/Bravuogn (1372 m)

A partir de Bergün/Bravuogn (1372 m) la voie passe alternativement dans les falaises des deux rives de l'Albula. Mais cela ne suffit pas, l'espace manque. Alors le train pénètre un tunnel hélicoïdal, sur la rive droite, sous les piles d'un grand viaduc. Il poursuit sa montée circulaire à l'intérieur de la montagne. Il ressort à l'air libre directement sur ce même viaduc sous les fondations duquel il était précédemment.

Ce n'est que pour attaquer un nouveau virage sur l'ouvrage avant de le poursuivre sur la rive gauche et de franchir à nouveau la vallée pour entrer immédiatement dans une galerie en trois quart de spirale. Entre Bergün (1372 m) et Preda (1790 m) la voie aura franchi 418 mètres de dénivelé en 6,5 km à vol d'oiseau seulement. Les ingénieurs ont rendu cette montée possible en accumulant les boucles : deux tunnels en arc de cercle, quatre viaducs incurvés et trois tunnels en spirales, multipliant ainsi le nombre de kilomètres.

 

Vallée de l'Albula, ,  Bernina Express, Glacier Express - Rhätische Bahn, Chemins de fer rhétiques
Les circonvolutions de la ligne Rhb dans la haute vallée de l'Albula

 

La gare de Preda (1790 m) est le point chaud d'un loisir extrêmement populaire en Suisse. Le train sert de remonte pente pour ceux qui, avec leur luge, dévalent, jusqu'à Bergün (1372 m) la route glacée couverte de neige. Un Britannique se dit médusé par cette sorte de bobsleigh si peu académique. Nous lui expliquons qu'il ne s’agit pas « d'une sorte de » mais bien de l'activité à partir de laquelle est né le bobsleigh.
A Preda (1790 m), le chemin de fer entre dans un tunnel de 5 865 mètres qui passe sous le col de l'Albula, (2312 m). Ce percement marque le point culminant (1815 m) de la ligne de l'Albula. Il est en cours de doublement. L'ouvrage, aujourd'hui en fonction, sera conservé comme galerie de sécurité. A sa sortie, on rejoint l'Engadine, la vallée de St Moritz (1775 m), via Spinas (1708 m), Bever, (1712 m), et Samedan (1721 m).

Train des Chemins de fer rhétiques à proximité Preda sur la ligne de l'Albula 11:29 © Bernard Grua
Arrivée à Preda entre les sapins enneigés

 

 

Samedan (1721 m) - 11:48 | Pontresina (1774 m) - 11:55

Le terminus de la ligne de Chur est à St Moritz (1775 m). De là, un autre train va jusqu'à Tirano, (429 m) après 50 minutes d'attente. Il est possible d'attraper le convoi précédent à Pontresina (1774 m,) en gagnant presque une heure, si l'on économise le petit détour par St Moritz. Il suffit de s'arrêter à Samedan (1721 m) afin de prendre la navette qui dessert Punt Muragl (1728 m) et Pontresina(1774 m).
 

Le train du massif de la Bernina vers le Sud

La ligne de la Bernina entre Pontresina et Tirano. Noter les circonvolutions entre l'Alp Grüm et Poschiavo - Rhätische Bahn, Chemins de fer rhétiques
La ligne de la Bernina entre Pontresina et Tirano.
Noter les circonvolutions entre l'Alp Grüm et Poschiavo.

 

Le temps de transport entre St Moritz (1774 m) et Tirano (429 m) est d'environ deux heures et quart. Deux arrêts rallongeront volontairement la durée de ce parcours. Les trains de cette ligne sont, eux-aussi, cadencés toutes les heures. Ils ne comportent pas de voiture pour photographes. Ils ont fréquemment des wagons panoramiques, « PR », mais qui, comme on l'a vu, ne présentent pas d'intérêt pour les prises de vue. Il sont parfois munis, près de la motrice, d'un fourgon récent destiné à transporter du fret, des vélos ou des luges dont les panneaux peuvent s'ouvrir largement. Sinon, il reste des anciens wagons dont les vitres peuvent, aussi, être abaissées. Dans la mesure du possible, il est préférable de se mettre à l'arrière du train pour profiter de la vision entière de la rame dans les courbes. Bien évidemment, il est souhaitable que la voiture n'abrite pas d'autres passagers, ceux-ci n'acceptant pas spontanément l'irruption du blizzard dans leur chaud et douillet cocon, glissant dans un paradis blanc.

 

Pontresina (1774 m) - 12:08 | Ospizio Bernina (2253m) - 12:40

Ayant quitté Pontresina (1774 m), le train monte progressivement une pente irrégulière de 479 mètres de dénivelé s’étalant sur 15 km. Il avance parfois de façon rectiligne au milieu de champs de neiges. Il lui arrive aussi de serpenter enserré dans des tranchées taillées à travers les rochers ou au milieu des sapins. Par moment, le convoi franchit des ponts, quelques courts tunnels et des abris contre les avalanches.

Dans une tranchée rocheuse entre Surovas et Morteratsch © Bernard Grua
Dans une tranchée rocheuse entre Surovas et Morteratsch

 

Le ciel sombre et les chutes de neige voilent un grandiose paysage au cours de ce samedi 5 janvier. La courbe de Montebello (1896 m) dominée par le glacier de Morteratsch est ignorée par manque de visibilité et par insuffisance de connaissances préalables. La même erreur sera, malheureusement, commise lors du retour, le lendemain.
A partir de la station Bernina Diavolezza (2082 m), le paysage se fait plus dépouillé et plus rude. On est dans la haute montagne. Telle le puissant remorqueur Abeille Bourbon, chien de garde et sauveteur d'Ouessant, la vaillante locomotive écarlate trace, imperturbable, son sillage vers la crête d'un océan blanc démonté. Elle fait voler une plume d'embruns fantomatiques que la tourmente emporte en sifflant.

La ligne de partage des eaux est franchie peu de temps avant la gare d'Ospizio Bernina (2553 m). Les flots du Lac Noir aboutissent dans le Danube puis dans la Mer Noire. Tout de suite après, s'étend le grand Lac Blanc (2250 m), dont l'exutoire finira dans la Mer Adriatique. Il est tout aussi curieux de s'aviser qu'à 50 kilomètres, à vol d'oiseau, le Rhin commence déjà son périple, qui le conduira jusqu'à la Mer du Nord en arrosant des territoires germaniques. En en comptant un peu plus du double, on trouvera le Rhône. Il choisit le chemin passer à l'Ouest pour ensuite piquer vers le Sud et rejoindre la Méditerranée provençale tout en traversant des contrées latines.

Train dans le blizzard du Lac Blanc vers le col de la Bernina 12:35 © Bernard Grua
Dans le blizzard du Lac Blanc vers le col de la Bernina 12:35

 

La Suisse de langue italienne est, sans conteste, le Ticino (Tessin). Mais si l'on regarde la carte, on observe, à l'Est, une sorte de pouce qui s'enfonce dans la Lombardie. Ce doigt est, lui aussi, italophone. Il trouve sa naissance très exactement au col de la Bernina (2328 m). C'est dire l'importance de ce denier pour les échanges entre l'Europe du Sud et l'Europe du Nord. Lieu de passage, depuis des temps immémoriaux - « old silk road » auraient dit des amis d'Asie Centrale, réservant cette expression à toute voie historique - il est franchi par une antique route où se tient un hospice, reconstruit à la fin du XIXe siècle, en même temps refuge et lieu d'hébergement, aujourd'hui transformé en hôtel. Moins de 100 mètres plus bas se blottit la station d'Ospizio Bernina (2253 m).

Gare d’Ospizio Bernina, altitude 2 253 m, des Chemins de Fer rhétiques par un venteux jour d'hiver 12:40  © Bernard Grua
Gare d'Ospizio Bernina, altitude 2 253 m, des Chemins de Fer rhétiques 12:40

 

A 12 heures 40, deux autres silhouettes émergent des nuées lorsque je sors du train pour entrer dans le beau bâtiment de pierre de la gare. Pour notre amusement, à tous les trois, nous nous reconnaissons comme étant montés dans le même wagon, à Zurich. Nous avons entrepris une balade de quatre heures et embarqué successivement dans quatre trains différents pour nous retrouver au même endroit dans ce qui semble, à ce moment là, être un hurlant « Finis-Terrae ». Bettina et Nadine ont décidé de consacrer leur samedi à cette excursion sur les bords du Lac Blanc. Programme étonnant, mais comme le dit l'une d'entre elle, compte-tenu de la météo, « Schilaufen kannt blöt sein » (le ski peut être « débile »). De fait, il est impensable de s'éloigner à plus de quelques pas de l'abri au risque de se perdre, de s'enfoncer dans les congères ou de chuter à cause des rafales et du brouillard. A 14 heures 20, les deux jeunes Zurichoise repartent vers leur ville d'origine après que nous ayons déjeuné d'une soupe traditionnelle locale à la même table. Trente minutes plus tard, je prends la direction opposée, vers le Sud.
Il n'est en effet pas question de s'arrêter en si bon chemin, bien qu'il fusse possible d'être hébergé dans la gare. Il faut compter 90 CHF pour une chambre simple, 160 CHF pour une chambre double. Le petit déjeuner est inclus. L'établissement peut être contacté par courrier électronique à l'adresse ospiziobernina@daprimo.com mais il n'a pas de wifi pour ses visiteurs. Site web : https://www.ospiziobernina.com/

 

Ospizio Bernina (2253 m) - 14:40 | Alp Grüm (2091 m) - 14:53

Ospizio-Bernina, à l'altitude de 2 253 mètre, le samedi 5 janvier 2019 en milieu de journée

Il est arrivé de franchir le col de Lus la croix haute, au dessus de la cuvette de Grenoble, pour subitement abandonner un environnement nord-alpin neigeux recouvert d'un sombre couvercle au profit d'un ciel d'un azur irréprochable, à l'éclatante lumière méridionale. Pourtant, nouvelle est cette sensation, en montagne, de dépasser comme une sorte de cap maritime où tout est beaucoup plus violent que ce qui précède et que ce qui suit. Lors de la course du Tour de France à la voile, le contournement des rochers de la pointe nord ouest de la Bretagne et la descente de la Mer d'Iroise, puis les longs bords de la baie d'Audierne étaient, jusqu'à Penmarc'h, appelés les « étapes de montagne ». L'analogie n'était pas fortuite.

Sur ce col de la Bernina, on imagine le Raz de Sein où les énormes masses liquides de l'Atlantique montent vers la Manche et en refluent, en fonction de l'onde de marée, accélérées par le resserrement, agitées et brisantes en raison de la levée des fonds. « Qui voit Sein voit sa fin. », dit le proverbe. Claques magistrales, mugissements, tourbillons, neiges qui montent du sol ou qui tombent du ciel comme des déferlantes, le col sait être un glaçant chaudron de sorcière. L'endroit est le lieu de combat des masses d'air du Nord contre celles du Sud. Elles cherchent à s'envahir respectivement, à surmonter cette barrière et se trouvent compressées, en un puissant effet venturi, par les encore plus hautes chaînes de montagnes qui bordent cette marche quasi verticale de plus de 1 500 mètres. Il devait être facile de s'y égarer dans la tourmente. On se dit que bien des anciens pèlerins, des marchands ou de simples voyageurs ont dû trouver leur salut dans le providentiel hospice de la Bernina.

Se lançant vers le Sud depuis Ospizio Bernina (2253 m), il serait possible d'imaginer que le train prend son élan avant le grand plongeon vers Tirano (429 m). Mais le conducteur se prépare peut-être à être debout sur les freins. Car c'est à l'Alp Grüm (2091 m), 5 km plus loin, que les choses vraiment sérieuses recommencent. On y trouve une gare du style de celle d'Ospizio Bernina, tout aussi plaisante, mais plus grande. Si le col est un Raz, alors l'Alp Grüm est isolée comme une île bretonne rivée à son rocher entouré d'abîmes. Elle n'est reliée à aucune route. Seul le train la dessert. Une façade est tournée vers le Sud, jouissant d'une ouverture unique sur le Valposchiavo et son lac (965 m) derrière lequel scintillent les Alpes Bergamasques.

Après l’Alp Grüm, la voie semble plonger vers l’abîme  enneigé © Bernard Grua
Après l'Alp Grüm, la voie semble plonger vers l'abîme

 

Au Nord-Ouest, l'horizon est barré par la muraille du Palü, son glacier et ses cascades de glaces, au pied desquels se niche Cavaglia (1703 m). Alors que le plafond bas et gris régnait en maître depuis Zurich, c'est à l'Alp Grüm qu'est visible le premier coin de ciel bleu, concrétisant le basculement dans un autre univers. Il est possible de marcher aux alentours du bâtiment dépourvus de neige récente, soit que celle-ci ne soit pas tombée au cours des derniers jours, soit qu'elle ait été balayée par le vent comme sur les pentes ou les crêtes environnantes. Les bourrasques restent néanmoins encore violentes. Le restaurant de la gare de l'Alp Grüm occupe un large angle du bâtiment pour offrir une vision des deux vastes tableaux sud et ouest.

Train du Bernina Express en gare de l’Alp Grüm, altitude 2091 m, en provenance de Chur et à destination de Tirano.  © Bernard Grua
Train du Bernina Express en gare de l'Alp Grüm, altitude 2091 m, en provenance de Chur et à destination de Tirano.

Sans surprise, de nombreux visiteurs n'hésitent pas à venir spécialement dans ce havre pour en jouir de l'agrément. Pourquoi les deux jeunes Zurichoise n'ont-elle pas plutôt choisi d'y faire le but de leur excursion ? La collaboratrice du patron du restaurant se montre affable. Les difficultés linguistiques ne sont probablement pas étrangères à une communication paradoxalement plus amusante et plus chaleureuse. Il est difficile de dire si cette femme est italienne ou suisse italophone. Peut-elle s'exprimer en Schwyzerdütsch (suisse alémanique) ? En tout cas, elle n'entend ni l'anglais, ni le français. Sa pratique de la langue de Goethe et de Luther, que l'on appelle parfois Hochdeutsch, est faible. L'échange a donc lieu en un allemand très simple, dans lequel sont ajoutés, en espagnol, les mots qu'elle ne comprend pas, espérant qu'ils soient proches de ceux de l'italien. Ici, le gîte est assuré, aux mêmes conditions que celles de l'Ospizio Bernina, site web : https://www.alpgrum.com/, y ajoutant, de plus, une bonne connexion wifi, mise à profit pour réserver un hôtel à Tirano (429 m).

Courbe du train de la Rhätische Bahn au niveau de la gare de l’Alp Grüm, altitude 2 091 m, au dessus du Valposchiavo et de son lac. Au fond, les Alpes Bergamaises captent les dernières lueurs  © Bernard Grua
Courbe au niveau de la gare de l'Alp Grüm, altitude 2 091 m, au dessus du Valposchiavo et de son lac. Au fond, les Alpes Bergamaises captent les dernières lueurs.

 

Alp Grüm (2091 m) - 16:53 | Tirano (429 m) - 18:23

Train pour Tirano entrant en gare de l’Alp Grüm à la nuit tombante  © Bernard Grua
Train entrant en gare de l'Alp Grüm pour Tirano

 

Dès le niveau de la gare de l'Alp Grüm (2091 m), la voie ferrée fait une boucle pour perdre de l'altitude, se lançant jusqu'à Poschiavo (1014 m), dans un tronçon spécialement abrupt. Si la montée, depuis Pontresina était progressive, la descente vers l'Italie tient d'un gémissant « Super G ». Se déhanchant d'un côté puis de l'autre, le train enchaîne les lacets, dans des crissements métalliques, pour rallonger le trajet et absorber la rapide perte d'élévation. De tout cela, l'impression n'est que diffuse, la courte journée s'achevant dans une obscurité, qui s'est totalement installée à partir de Cavaglia (1693 m). On aperçoit épisodiquement une partie des lueurs des villages traversés ainsi que quelques arches illuminées du célèbre viaduc hélicoïdal de Brusio. Au lieu de partir, le matin même, de Zurich, il aurait été plus sagace de dormir, la veille, à Chur, de manière à gagner près d'une heure et demie de luminosité et de façon à mieux profiter de l'instant.

Petite gare de Caviglia, massif de la Bernina, à l’altitude de 1 693 m au dessus du Valposchiavo  © Bernard Grua
Petite gare de Cavaglia, massif de la Bernina, à l'altitude de 1 693 m au dessus du Valposchiavo

 

A Tirano (429 m), il n'y a plus du tout de neige même si l'on sent un froid nocturne porté par la brise descendant des montagnes. Dans le centre historique, l'Albergo Gusmeroli, 5 Piazza Cavour, est à 10 minutes de la gare. La confortable et calme chambre simple, à 37 Euros, avec wifi, avec petit déjeuner inclus et servi des 6 heures du matin, se montre un excellent point de chute. L'accueil y est convivial et prévenant. L'hôtelier ne ménage pas ses conseils et informations pour le trajet du lendemain vers le Valais, tout en donnant un choix de documents sur sa vallée. Ensemble, nous cherchons une solution pour que je puisse photographier le viaduc de Brusio. Ce monument se dresse à 20 minutes, à pied, de la gare la plus proche. Dès lors il faut compter 40 minutes pour un aller et retour. Afin de pouvoir fixer une rame sur cette construction, compte tenu des horaires, la halte aurait été de deux heures. L'hôtelier suggère d'y parvenir en taxi pour 20 Euros. La proposition est judicieuse mais elle n'est probablement pas viable en cette période de l'hiver. Il est douteux que le soleil éclaire l'ouvrage avant dix heures du matin. Il sera nécessaire, à l'avenir, de s'y prendre autrement. Sortir pour dîner, est l'occasion d'une promenade dans les rues du centre historique. Tirano (429 m) est une belle ville italienne qui mérite plus qu'une simple halte. Il faudra y revenir de jour.

Après une journée riche révélations de toutes, au cours d'une soirée sereine, comment ne pas penser à la France et aux mythes qui ont accompagnés la construction de cet Etat, de pair avec l'aliénation de « ses pays » ?
Le premier mythe est celui des « frontières naturelles ». Une de celles-ci entre les patries de Dante et celle de Guillaume Tell serait, ici, le col de la Bernina. Et pourtant, par le Valposchiavo, la Suisse s'insère dans l'Italie, où elle rejoint la Valtellina. La limite indiscernable entre les deux peuples est juste à l'extérieur de la ville. Plus haut, bien loin d'être une porte close, le col de la Bernina a servi de lieu de transit en promouvant les relations entre les versants méridionaux et septentrionaux de l'Europe. Même la Rhätische Bahn, société suisse, a établi son terminal dans Tirano, une cité italienne d'où le voyageur embarque avec son seul Swiss Travel Pass et sans aucun ticket italien.
Le deuxième mythe de la France tient à la sacralisation d'un unique parlé national selon l'ostraciseur article 2 de sa constitution. Dans le seul canton des Grisons, à large majorité germanophone, l'allemand, l'italien et le romanche ont statut de langues officielles. Toutes les informations écrites et orales, publiques ou commerciales, sont, au minimum, bilingues : allemand/italien. De plus, la Confédération suisse accorde son soutien au canton des Grisons pour la sauvegarde et la promotion du romanche, une langue proche du franco-provençal. Le romanche explique, d'ailleurs, les noms, à consonance latine, de nombreux espaces géographiques et de villages de la vallée de l'Engadine. A côté, le Valais est bien plus petit que les Grisons. Cela ne l'empêche pas d'être bilingue, associant l'allemand et le français. Dans la patrie des droits de l'homme, il n'existe qu'un seul idiome véritablement autorisé. On y comptait quatre-vingt langues différentes au début du siècle passé. Elles ont été délibérément, avec détermination, presque toutes éradiquées. Les rares qui ont subsisté sont moribondes. Si la Suisse s'était comportée à l'image de la France, alors on s'y exprimerait partout comme à Berne, sa capitale. C'est à dire en allemand.

Il y a beaucoup à apprendre des Suisses, pas seulement sur la manière de conserver et de développer des lignes de chemin de fer au service de l'ensemble des citoyens de tout un territoire.

 

Annexes :

 

Horaires des changements et arrêts (volontaires) entre Chur et Tirano 

Temps de trajet entre Zurich et Tirano le samedi 5 janvier 2019

 

Altitude des gares et distances entre elles

Altitude des gares, distance entre elles, distance depuis Zurich et depuis Chur

 

Album complet de photos sur différentes régions de Suisse en hiver

Suisse

Article paru sur le blog : Regards sur le monde

 


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31 réactions à cet article    


  • Bernard Grua Bernard Grua 2 février 16:47

    Merci aux modérateurs pour une validation, en quelques heures de cet article !


    • Arthur S François Pignon 2 février 17:41

      Le ferrovipathe que je suis vous remercie de lui permettre de s’adonner à son vice en consommant sans modération ce plat copieux et consistant.


      • Bernard Grua Bernard Grua 2 février 17:54

        @François Pignon
        Merci beaucoup. N’hésitez pas à commenter et à corriger les erreurs, que vous trouverez. De mon côté, j’ai déjà préparé la deuxième partie sur mon blog. Mais, c’est copieux comme vous dites. Alors, je laisse les modérateurs souffler avant de leur soumettre un deuxième texte.


      • Croa Croa 3 février 09:46

        À François Pignon,
        Pareil pour moi. La Suisse est un peu loin (je suis girondin) et surtout hors de prix pour une visite. Ce compte-rendu de voyage est un régal ! (On trouve aussi plein de chouettes vidéos montrant des trains suisses sur Youtube. Je les recommande !)


      • Bernard Grua Bernard Grua 3 février 14:16

        @Croa
        Etant breton, j’ai le même problème financier dû à l’éloignement. Mais il se trouve que j’avais, sur une courte période, de nombreux déplacements professionnels à effectuer en Suisse. Etant étranger, j’ai pris un « Swiss Travel Pass », ce qui m’a permis de réaliser ce trajet en ajoutant un modique supplément de prix.
        J’ai fait un papier sur les différentes formules possibles. Mais je ne pense pas le poster sur AgoraVox car c’est trop spécifique et cela risquerait d’ennuyer les lecteurs. Si cela vous intéresse, c’est ici. Croisière Blanche sur les réseaux ferroviaire de l’Albula, de la Bernina, du Gotthard et du Matterhorn – Partie 4/4 : construire son itinéraire et choisir le meilleur 
        Dans ma deuxième partie, que je posterai prochainement, j’ai mis trois petites vidéos, que vous peut-être déjà vues sur Youtube.


      • Raymond75 2 février 19:38

        Merci pour ce très beau voyage et j’archive votre article  smiley


        • Bernard Grua Bernard Grua 3 février 14:17

          @Raymond75
          Merci pour votre retour.


        • Fergus Fergus 2 février 20:05

          Bonjour, Bernard

          Je connais plusieurs tronçons de ce parcours, mais uniquement en été. Cela dit, quelle que soit la saison, ces paysages et les multiples ouvrages d’art qui jalonnent ces lignes sont un régal, autant pour celui qui aime les montagnes suisses que pour les passionnés de trains. Depuis plusieurs années, je projette de prendre le Glacier Express de Zermatt à Saint-Moritz. Cela se fera sans doute, peut-être en 2020..

          Un grand merci à vous pour ce reportage ferroviaire !


          • Bernard Grua Bernard Grua 3 février 14:45

            @Fergus
            Merci pour votre lecture et pour votre appréciation. Comme vous l’avez compris, la visibilité n’était pas extraordinaire donc, pour les paysages, but premier cet itinéraire, c’était un peu limite. En revanche, il est vrai qu’initialement pas spécialement passionné par le train, j’ai découvert, là, un vrai sujet d’intérêt. 
            Je publierai, sur AgoraVox, un deuxième volet où je parle de l’itinéraire du Glacier Express de St Moritz à Zermatt. 


          • Montdragon Montdragon 2 février 20:39

            Merci quel pied !

            Pour les bourses plus légères, prenez le St Gervais-Martini, c’est le pied.

            Au pire, le musée du train à Vallorbe, lol.


            • Bernard Grua Bernard Grua 3 février 14:21

              @Montdragon
              J’ai expliqué plus haut comment j’ai eu la possibilité de faire ce trajet pour un coût modique. Par contre, vous avez raison sur le St Gervais-Martigny. Cela me tente. Je vais me renseigner pour mon prochain voyage dans la région.


            • Fergus Fergus 2 février 20:50

              Bonsoir, Montdragon

              Saint-Gervais  Martigny : le Martini, c’est au bar Le Terminus. Personnellement, je préférerais un verre de’Aigle ou de Dézaley ! smiley*

              Cette ligne  en fait deux car il faut changer de train à Vallorcine  est superbe, avec notamment son vertigineux parcours en surplomb des gorges du Trient


              • Bernard Grua Bernard Grua 3 février 14:28

                @Fergus
                Le Mont-Blanc Express est peut-être direct depuis Martigny mais prendre les trains utilisés par les gens locaux et faire des arrêts là où on le souhaite est, au moins, aussi intéressant. Un changement à Vallorcine ne serait pas un problème.


              • ETTORE ETTORE 2 février 20:54

                Superbe !

                Merci.

                Cela donne envie, et je vais faire !



                • Bernard Grua Bernard Grua 4 février 18:51

                  @ETTORE
                  J’ai soumis, aux modérateurs d’AgoraVox, le deuxième épisode. S’il est accepté et si cela vous intéresse, vous trouverez d’autres informations.


                • Croa Croa 3 février 09:54

                  « les passages spectaculaires et historiques sont annoncés systématiquement en allemand, en italien et en anglais. »

                  Et ça ne fait rien aux suisses francophones ? S’agissant d’une région où le français n’est pas courant c’est la priorité donné à l’anglais qui choque. On comprendrait les commentaires seulement en allemand et italien mais s’il reste du temps pour un autre commentaire c’est en français qu’il devrait être !


                  • Bernard Grua Bernard Grua 3 février 14:36

                    @Croa
                    Il me semble, mais je peux me tromper, que la langue n’est pas un facteur de crispation en Suisse comme elle peut l’être en France ou en Belgique. La ligne traverse des espaces germanophones et italophones, donc ces deux langages sont justifiés. Ensuite, 80% du budget des Chemins de fer réthiques est apporté par les touristes, on comprend que l’anglais soit utilisé. Si on voulait être puriste, il faudrait se demander pourquoi les annonces ne sont pas faites, en plus, en romanche.
                    Pour ce qui est du français, il est utilisé dans les cantons francophones ou bilingues, comme le Valais. En revanche, le personnel de chemins de fer vous parlera sans problème en français, s’il voit que vous êtes francophone, même quand vous lui parlez en allemand. 


                  • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 4 février 11:28

                    @Bernard Grua
                     Vous avez parfaitement raison, la question linguistique n’est pas un facteur de crispation en Suisse où chacun respecte la langue de l’autre et s’adapte.
                    Le français est très peu pratiqué dans le vaste canton des Grisons où l’allemand, l’italien et le romanche sont les trois langues officielles. La répartition linguistique de ce canton se décline selon les vallées.
                    Vu de France, cela peut surprendre, mais il ne faut perdre de vue que la Suisse est un état fédéral qui compte quatre langues nationales (allemand, français, italien et romanche). Les cantons sont souverains pour les appliquer. L’instruction publique est de la compétence des cantons.


                  • Bernard Grua Bernard Grua 4 février 13:30

                    @Jean d’Hôtaux
                    Merci pour vos précisions. Il y a une nation suisse indiscutable. Il est intéressant de voir qu’elle n’a pas besoin d’une langue unique pour exister.


                  • Croa Croa 5 février 15:50

                    À Bernard Grua,
                    La Suisse a toujours été plus démocratique que la France. C’est plus criant aujourd’hui qu’à la Belle Époque où c’était une classe bourgeoise plus étendue qu’aujourd’hui et plus nationale aussi qui détenais le vrai pouvoir. Les patois étaient considérés comme des langues de paysans (ce qui n’est pas vrai bien sûr) et c’est pourquoi la bourgeoisie les a fait éradiquer au début du XXe siècle. Si la France avait conservé ses parlers régionaux elle n’en serait pas moins française je pense.


                  • Bernard Grua Bernard Grua 5 février 16:36

                    @Croa
                    Je ne peux qu’être d’accord avec vos propos.


                  • zygzornifle zygzornifle 4 février 09:51

                    Magnifique , sacré virée au pays du référendum ....


                    • Bernard Grua Bernard Grua 4 février 13:27

                      @zygzornifle
                      Merci pour votre lecture et votre commetaire


                    • Bernard Grua Bernard Grua 4 février 13:32

                      *commentaire


                    • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 4 février 10:44

                      @Bernard Grua

                      Merci pour ce journal de voyage très détaillé et pour ces infos pratiques !


                      • Bernard Grua Bernard Grua 4 février 18:48

                        @Michael Gulaputih
                        Merci beaucoup pour intérêt.


                      • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 4 février 11:03

                        @ Bernard Grua

                        Connaissant bien le trajet ferroviaire que vous décrivez pour me rendre à Zernez, en Basse Engadine, au pied du Parc National, afin d’y pratiquer le ski de fond. Je vous félicite pour votre reportage très fidèle à la réalité.

                        J’attends avec impatience le deuxième épisode de votre voyage, de Tirano à Viège en empruntant le Glacier Express par la Col de l’Oberalp, Andermatt et le tunnel de la Furka.

                        Helvétiquement vôtre !


                        • Bernard Grua Bernard Grua 4 février 18:47

                          @Jean d’Hôtaux
                          Merci pour votre commentaire. Je vous envie de pouvoir être aussi souvent en de si beaux endroits. J’ai soumis le deuxième épisode à la modération d’AgoraVox. On verra s’il est accepté. En revanche, bien qu’il s’agisse de l’itinéraire du Glacier Express, le trajet s’est fait, comme le précédent, par les trains régionaux.
                          De plus, après le Col de l’Oberalp, il faisait nuit. Il aurait été plus judicieux de s’arrêter à Andermatt, plutôt qu’à Visp, de manière à revoir le col le lendemain au cas où la météo s’était améliorée.
                          Bien à vous


                        • Bernard Grua Bernard Grua 5 février 12:01

                          La deuxième partie, de Tirano à Visp, est maintenant disponible sur AgoraVox. Merci aux modérateurs. 
                          Trains des montagnes suisses en hiver sur les réseaux à voie métrique - Deuxième partie


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