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Accueil du site > RDV de l’Agora > Enfants violents : adultes coupables ?

Enfants violents : adultes coupables ?

Rappelez-vous. C’était il y a trois mois. Début mars. Les médias s’emballaient pour une histoire sordide. A Uckange, dans l’est de la France, un enfant de cinq ans aurait poignardé sa sœur parce que celle-ci voulait soi-disant lui prendre sa console de jeux vidéos.
 
Les enfants violents sont convoqués à la barre. Experts et journalistes dénoncent une dérive. Et puis très vite, on s’aperçoit que c’est la mère, une femme seule au bout du rouleau, qui a commis ce geste qui va probablement la hanter jusqu’à la fin de ces jours.
 
Récemment, deux petits enfants étaient convoqués au commissariat pour un vol de vélo que, d’ailleurs, ils n’ont pas commis. Et toujours viennent en appui des chiffres plus fantaisistes les uns que les autres. Selon l’Education nationale, 30 000 enfants poseraient des problèmes graves de comportement en France. Cette statistique est citée par Marion Vaqué-Marti dans son documentaire Enfants violents : l’école au bord de la crise de nerfs diffusé vendredi sur Canal + à 22h30. Elle est l’invitée de ces Rdv de l’Agora.

30 000 enfants qui ont des problèmes de comportement, ça ne fait pas 30 000 délinquants. Mais il semble que le curseur de « supportabilité » des enfants, à l’école et ailleurs, soit au plus bas. Fini l’enfant-roi ! Sauf quand il s’agit de s’en servir pour vendre des yaourts, des télés, des voitures...
 
Ce divorce entre les adultes et les enfants est validé par des chercheurs. Le très sérieux Inserm a ainsi publié un rapport sur les troubles de l’enfant. Opportunément récupéré par les politiques, Nicolas Sarkozy en tête, il préconise ni plus ni moins un traitement psychiatrique, donc médicalisé, de l’enfant. Comme aux Etats-Unis, on prescrit aux mômes de la Ritaline, autrement appelée la cocaïne des enfants. Ce ne sont pas les laboratoires pharmaceutiques qui vont s’en plaindre…

Marie-Pierre Hourcade, juge pour enfants au tribunal de Paris déclare dans le documentaire de Marion Vaqué-Marti que le parquet « ne nous saisi pas pour des situations de violence commises par de très jeunes enfants. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de violences commises par des petits dans le cadre scolaire. C’est totalement différent ». Cela signifie donc qu’il y a des enfants qui présentent des troubles de comportement, mais qu’il est sûrement plus commode, au nom du déterminisme social, d’en faire des futurs voyous. Alors qu’il suffirait peut-être simplement des accompagner, de les rassurer. Les enfants ne sont pas des modèles réduits d’adultes. Ce sont des êtres qui possèdent à la fois une personnalité, une intégrité et qui sont, par définition, en développement.
 
Des associations comme Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans ou Mission possible se battent pour résister à cette idée spectaculairement répandue dans les médias que les petits d’aujourd’hui, dès trois ans, sont de futurs barbares prêts à en découdre dès que nous aurons le dos tourné.
 
La réalité est moins croustillante. Elle requiert, pour mieux l’appréhender, plus d’effort et d’analyse que des imprécations bâclées par des pigistes en mal de sujets journalistiques.
 
Il y a un mal-être des adultes et les enfants sont les premiers à le capter. Ils nous renvoient à nos contradictions ou, comme le dit Marion Vaqué-Marti, à nos non-dits. La réalisatrice a déjà tourné, notamment un documentaire remarqué sur les adolescents, 15 ans, le monde et nous.
 
Dans Enfants violents : l’école au bord de la crise de nerfs, on entend de nombreux adultes - pédopsychiatres, magistrats, responsables d’association, représentants de l’éducation nationale, parents -, mais on entend surtout la parole des enfants.
 
N’est-ce pas finalement ce qui compte le plus, cette parole ? Comment peut-on prétendre régler un problème sans écouter les principaux protagonistes ? Sauf évidemment quand on crée ce problème de toute pièce…

Marion Vaqué-Marti, réalisatrice de Enfants violents : l’école au bord de la crise de nerfs répond aux questions d’
Olivier Bailly pour les RDV de l’agora

Olivier Bailly : Il n’y a pas, selon vous, une explication unique à la violence supposée des enfants
Marion Vaqué-Marti : Exactement. Pour les personnes rencontrées tout au long de cette l’enquête qui a duré quelque temps, il est impossible de donner une raison unique à tout ça. Ceux qui se permettraient de le faire seraient bien présomptueux. Il n’y a ni raison psychiatrique, ni raison sociale… C’est un état de fait, de société. Ce que j’ai essayé de comprendre, c’est pourquoi on se met à tant en parler - tout en le faisant moi-même d’ailleurs -, quelle peur y a-t-il derrière ça ?

OB : Il n’y aurait pas finalement de problèmes avec les enfants, mais avec les adultes.
MVM : C’est exactement ce sur quoi j’ai voulu travailler et dans ma note d’intention d’auteur et de réalisateur c’est ce que j’avais mis en avant. J’ai essayé de montrer, en évoquant notamment les mères, que ces dernières faisaient ce qu’elles pouvaient et qu’on n’en ferait sûrement pas plus à leur place, mais que la responsabilité des adultes est une question collective qu’il faut se poser collectivement.

OB : Est-ce que selon vous l’enfant est devenu un enjeu de politique sécuritaire ?

MVM : C’est sûr. L’enfant est au centre d’un tel enjeu depuis les années 70, il y a eu tellement de fantasmes et de projets portés par les enfants que finalement un enfant c’est toujours un peu « décevant » parce qu’il n’est pas l’être fantastique qu’on aurait rêvé qu’il soit. Est-ce que l’on revient de ce fantasme ? Ces mômes font peur, et comme l’enfant est un être moins policé qu’un adulte, ça permet effectivement de mettre toutes nos peurs dessus. Et c’est ainsi qu’une politique sécuritaire fonctionne. Sur la peur. L’enfant est un bon moyen de tenir les gens par la peur.

OB : Dans votre film vous expliquez comment Nicolas Sarkozy a instrumentalisé le rapport très controversé de l’Inserm [Troubles des conduites chez l’enfant].

MVM : Je pense que Marie-France Le Heuzé qui a fait partie du groupe d’experts et d’auteurs qui ont rédigé ce rapport est très sincère quand elle dit qu’elle n’a pas eu l’intention de participer à une expertise qui servirait à des fins politiques. Où je suis dubitative, c’est que la psychiatrie a toujours été récupérée politiquement. Il y a toujours eu un enjeu autour de la psychiatrie et elle ne peut pas l’ignorer. Comme elle est sur un versant psychiatrique très médical, elle est beaucoup derrière cette image-là.
Cette expertise est très contestée parce qu’on se rapproche de ce qui peut être fait aux Etats-Unis ou au Canada. Mais il y a une chose intéressante, c’est que sur l’hyperactivité qui n’est pas souvent liée à la violence, mais souvent mise en avant pour faire taire des symptômes et donner des explications "rationnalisantes" et neurologiques. Tout mettre derrière le neurologique, c’est facile. Il suffit de donner des médicaments et c’est fini. Les prescriptions de Ritaline sont arrivées aux Etats-Unis au même moment que leurs problèmes de délinquance avec les mineurs, dans les années 90. Et c’est exactement ce qu’on constate en France dans les années 2000, dix ans plus tard.
Aux Etats-Unis les prescriptions ont été très importantes, en particulier dans les milieux afro-américains, notamment dans les ghettos. Aujourd’hui il semblerait qu’il y ait une prise de conscience et un peu de recul. Mais ils restent beaucoup sur ces tendances-là, très comportementalistes. Quelques voix se feraient entendre pour expliquer que ce n’est pas si simple de mettre ces enfants sous stupéfiants et que surtout ça ne règle pas le problème. Sauf quand on considère qu’il y a un trouble d’hyperactivité, mais même là il y a débat.

OB : On ne peut s’empêcher de s’interroger sur les règles du vivre-ensemble que l’école impose aux enfants. Rester huit heures enfermé dans une classe, certains élèves ne l’ont jamais supporté, ce n’est pas nouveau. Est-ce que cela fait d’eux des délinquants en puissance ?

MVM : On peut comprendre une institutrice qui demande à un élève qui perturbe toute sa classe de sortir. Mais il semble que l’institution dans son ensemble et dans les règles qu’elle édicte soit bien en difficulté aujourd’hui. Ce que j’ai constaté, c’est qu’enseignants et parents se renvoient le bébé, ou plutôt l’enfant violent et turbulent, qui finalement se retrouve au milieu. Et c’est à ce moment-là qu’on demande à la psychiatrie de venir apporter des réponses.

OB : Un enfant ça demande de l’attention. On est dans un monde où de nombreux adultes refusent d’assumer leur état d’adulte. N’y a-t-il pas une incapacité à accueillir l’enfant aujourd’hui ?

MVM : C’est ce que je pense. On est dans une société du non-dit et les enfants viennent « emmerder » les adultes sur leurs non-dits.


OB : Vous interviewez un adolescent dans votre film, il a 16 ans et on lui a prescrit de la Ritaline dès l’âge de huit ans. Il résume très simplement la situation. A la question " Pourquoi médicaliser ?", il répond "parce qu’ils ne savent pas faire autrement ».
MVM : Je ne m’attendais pas à sa réponse. On a tous eu un temps d’arrêt après cette phrase-là. C’est un gamin étonnant qui est passé par des choses difficiles. Il commence à prendre un peu de maturité et je pense qu’il y a eu un travail intéressant effectué avec lui dans cette "unité ado. Effectivement il arrive à parler d’une expérience vécue en lui-même. Ni le médecin ni moi-même n’avons pris ce médicament et n’avons été diagnostiqué dans tous les sens, dès l’âge de 8 ans,et rejetés. Quand il a dit ça, le médecin a juste souligné qu’il avait tout dit. On ne sait pas faire autrement donc on médicalise.

OB : Il n’y a évidemment pas que des adultes impuissants. Il y a aussi des résistances. Vous interviewez notamment Claude Beau qui a créé la structure Mission possible et qui évoque la prévention par un biais intéressant rarement mis en avant, le biais financier.
MVM : On veut nous faire croire que la prévention coûte cher. C’est ce qui est sous-tendu dans le rapport de l’Inserm qui voudrait une prévention beaucoup plus ciblée parce que soi-disant ça coûte trop cher et que ce n’est pas efficace. Claude Beau dit, au contraire, que c’est efficace et que ça coûte beaucoup moins cher que de devoir traiter plus tard s’il se passe quelque chose.
Pour ce film j’avais fait une interview de Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP. Finalement, il est tellement peu sincère et honnête sur ce qu’il pense vraiment que je me m’en suis dispensé car c’était lui donner une tribune. Mais il regarde un peu ce que fait Claude Beau. Les politiques regardent de son côté parce que ça a de l’incidence, qu’il y a cinq sites Mission possible qui ont été montés, un dans le 19ème arrondissement de Paris, trois dans la région parisienne et un Amiens où nous avons tourné. Il y a à la fois le discours politique qui se veut alarmiste, sécuritaire et spectaculaire et qu’après il y a aussi la réalité et qu’on se rend bien compte qu’on n’a rien fait. Il faut tout de même tenter de faire quelque chose pour éviter que ça pète. Dans ces endroits-là on se dit qu’on peut bien faire beaucoup de choses, mais si on ne remet pas de travail ni de perspectives cela va quand même être compliqué.

OB : On a souvent tendance à stigmatiser la justice. Or dans votre film les magistrats sont plutôt modérés
MVM : On a eu des difficultés pour que Marie-Pierre Hourcade intervienne car elle n’est pas en odeur de sainteté à la chancellerie où l’on aimerait un discours plus autoritaire et sécuritaire. Sauf qu’elle a quelques années d’expérience et qu’elle sait que la prison appelle la prison. Donc faisons autre chose ! C’est un leurre absolu de penser qu’il y a une criminalité exponentielle chez les jeunes enfants.

OB : D’ailleurs cette juge pour enfants précise que le parquet n’est jamais saisi pour des situations de violence commises par de très jeunes enfants. Ce discours, qui émane d’une personne compétente, va à l’encontre du discours médiatique 
MVM : Ce qu’elle dit c’est la réalité. Il y a un fantasme et une illusion qui vient comme ça alimenter cette peur. Après il y a des problèmes de comportement, effectivement, mais c’est là où les adultes sont renvoyés à leur responsabilité. Il serait trop facile de penser que les enfants sont génétiquement modifiés et qu’ils deviennent des criminels à six ans ! ça nous arrangerait bien parce qu’en fait, les enfants, que ça soit dans la famille ou dans la société, viennent nous dire : « ça ne marche pas votre truc ». Je pense que c’est ce qui est train de se passer en ce moment. « Bien pensance » de gauche ou « Sécuritarisme » de droite, personne ne veut entendre parler des enfants !

OB : Il y a beaucoup d’intervenants dans ce film et notamment des enfants.

MVM : Il y a longtemps que je travaille sur l’enfance et l’adolescence et cela me tient beaucoup à cœur de récolter leur parole, c’est vrai que dans ce film-là, avant de donner la parole aux spécialistes il était important d’aller à la rencontre de ces mômes parce que c’est eux qui ont des choses à dire sur ce qu’ils sont en train de vivre

OB : est-ce que quelque chose vous a surpris en menant cette enquête ?

MVM : Je ne pensais quand même pas que le dernier recours serait le soin. C’est là où il y a quelque chose de dangereux. On demande à la psychiatrie et aux médecins de jouer un rôle qui n’est peut-être pas tout à fait le leur, de traiter des enfants qui, si on avait mis autre chose en place, n’en seraient peut-être pas à être hospitalisés en psychiatrie. C’est quand même de cela qu’il s’agit

OB : N’est-ce pas un problème plus général ? N’essaie-t-on pas de transformer les populations dites "à problème" en malades potentiels ?
MVM : Il y a quelque chose de cet ordre-là. Ce qui m’a surpris c’est la fragilité de l’école que je pensais plus solide. Prenez Mission possible. Ce n’est pas l’aide sociale à l’enfance, mais une initiative privée. C’est bien que cela existe, mais que se passe-t-il avec les institutions ? Une des mamans le dit : "Je ne suis jamais allée voir l’aide sociale car j’ai trop peur. Mission possible j’accepte qu’on fasse quelque chose avec mon gamin parce que là on me respecte". Donc, ça c’est une surprise. Malgré tout je n’envisageais pas à ce point-là combien les institutions étaient en difficulté et combien on demandait aux psychiatres de venir comme ça remettre d’aplomb les mômes qu’on n’a pas réussi à éduquer.

OB : N’est-ce pas parce que les politiques n’ont plus de relais dans l’éducation nationale qu’ils votent de lois liberticides en direction des enfants ? Peut-être que les enseignants ne savent plus se faire entendre ?
MVM : J’ai l’impression. Les enfants qu’on voit dans le film sont en CP. Des plaintes ont été déposées contre eux ! Quand on voit que des parents d’élèves et que des instits ensemble portent plainte… Les flics eux-mêmes disent : « que voulez-vous qu’on dise à un enfant qui a fait une crise en classe ? Ce n’est pas notre rôle ni notre boulot ». A l’école effectivement il se passe quelque chose d’assez grave parce que si ces adultes-là n’ont plus de réponse, cela va devenir compliqué. Les enfants y sont huit heures par jour, tout de même.

OB : Il y a une grande complicité des médias dans la mise en scène de ces affaires-là.
MVM : Pendant qu’on tournait il y a eu l’affaire d’Uckange. Je me suis dit qu’on irait voir ce qui s’y passe pour le documentaire. Et puis au bout du compte on en venait au fait que c’était la mère. Ce qu’on met en avant c’est quelque chose qu’on ne veut pas voir, il ne faut pas se leurrer. Ce sont des mômes seuls. Ces femmes qui les élèvent sont soumises à une grande précarité sociale. Si on remet tout l’éducatif dans l’individu et dans l’intime de la famille elles n’y arrivent pas. Un môme c’est terrible tout seul. Dans l’histoire d’Uckange ça nous aurait arrangés que ce gamin soit dingue. Mais non c’est une mère qui est en train de passer de l’autre côté.

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57 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 5 juin 2009 11:30

    démission des parents , enseignants lachés par leur syndicats et leur hierachie dès qu’ils veulent maintenir une certaine discipline sous la pression en plus des parents d’élèves ,
    permissivité de la justice et manque de moyens, ascenseur social complétement bloqué , familles monoparentales , ils en manque pas des causes au comportement de la jeunesse actuelle ! il y a vraiment des coups de pieds au cul qui se perdent !


    • jondegre jondegre 5 juin 2009 13:53

      « famille mono-parentale » est la novlangue pour « mère seule avec enfants », pour masquer le fait qu’une part importante de la population infantile a peu ou pas de relations avec le père.


    • LE CHAT LE CHAT 5 juin 2009 14:02

      oui c’est à peu prêt cela , par contre « jeune » on sait pas exactement de qui la novlange cause ................


    • Gazi BORAT 5 juin 2009 11:44

      Sigmund Freud répondit un jour à un parent lui demandant conseil en matière d’éducation :

      « Faites comme vous pourrez, de toute façon, vous ferez mal »..

      Les parents sont en général d’assez mauvaise foi sur ce sujet. Leur enfant présente des problèmes de comportement ? C’est un enfant « difficile » ou mieux, carrément surdoué..

      L’enfant du voisin présente des problèmes de comportement ?
      C’est du alors au laxisme des géniteurs, à leur manque d’autorité, à la démission de leur rôle, etc..


      Toujours très délicat de responsabiliser les parents..

      Bruno Bettelheim, en son temps, avait décelé des causes des patholoigies graves liées au déficit communication de certains enfants dans le comportement maternel dans les premiers moments de la vie de ces enfants..

      Les associations de parents d’enfants autistes, surtout aux Etats Unis, avaient été extrèmement violentes à son égard, certaines le menaçant, pour avoir voulu, par sa théorie « culpabiliser les parents ».

      Les explications génétiques, de celles qui ont la faveur de notre omnicultivé président, sont de nature à contenter tout le monde..

      gAZi bORAt


      • appoline appoline 5 juin 2009 18:20

        C’est bien Gazi vous avez lu l’herbe bleue. Dans certains orphelinats dans l’Est de l’Europe certains jeunes enfants se laissent mourir, pourtant ils sont bien nourris, propres, ce qui leur manque : le contact, personne ne les câline, ne les aime. Tout cela pour vous dire que si insconsciemment un enfant est capable de s’auto destruire par manque d’affection ; il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’une éducation à la va-vite ou pas d’éducation du tout peut créer comme un ravage chez un jeune enfant. Les fautifs sont les parents, même s’ils ne veulent pas l’entendre.


      • Gazi BORAT 5 juin 2009 19:12

        @ APPOLINE

        Je n’ai pas lu « L’herbe bleue »..

        Mais par contre les travaux de Reuven Feuerstein, sur la rééducation de ces enfants nés dans les camps de concentration, cachés par les détenues pour ne pas qu’ils soient mis à mort et qui n’avaient aucun contact humain..

        Résultats, de graves déficits cognitifs, ou plutôt, des dysharmonies : très doués pour certaines opérations mentales, très déficients dans d’autres, qui ne peuvent s’acquérir que par le contact avec un adulte bienveillant et par un échange d’affects..

        Cette dysharmonie cognitive s’observe fréquemment et de façon spectaculaire chez ces autistes que l’on qualifiaient autrefois d’ « idiots savants ».. extrèmement performants en calcul rapide ou dans d’autres domaines très délimités...

        gAZi bORAt


      • appoline appoline 6 juin 2009 20:08

        @ Gazi,

        J’ai fait un mémoire sur l’autisme, c’est fascinant et déroutant à la fois. Si je n’ignorais pas que des détenus de camps avaient caché des enfants, je n’ai pas eu l’occasion de me pencher sur les études réalisées à ce propos. Je suis toujours étonnée de l’impact de l’esprit sur le corps, domaine écarté hélas des facultés de médecine.


      • Stéphane Bouleaux 5 juin 2009 12:09

        Avoir des enfants c’est s’engager à les surveiller, à les eduquer et à etre responsable de leurs actes.

        Bcp de parents font des enfants pour le « plaisir » (faire comme les autres) ou pour des « allocs ».
        Ensuite, ils n’assument pas. Ils n’assument pas non plus que leur enfant puisse etre mal eduqué (donc eux incapables).

        Donc oui, les parents sont responsables.


        • Gazi BORAT 5 juin 2009 12:23

          « Faire des enfants pour les allocs’ » ?

          Cela existe, c’est vrai..

          Mais ici, la problématique serait plus sociale car, en être réduit à avoir des enfants pour recevoir en contrepartie des subsides de la Caisse d’Allocations Familiales est le genre de mauvais caluls que font des familles en grande détresse financière..

          L’enfant arrivant dans ce type de famille se trouvera soumis à deux problèmes : l’un de pauvreté financière, l’autre de pauvreté culturelle..

          Mais il est plus facile de traiter cela sous l’engle de la condamnation morale..

          Une autre motivation bancale, que l’on peut entendre dans des classes sociales plus favorisées :

          « J’ai fait cet enfant pour sauver notre couple ! »

          L’enfant comme thérapeute de son couple de géniteurs.. Avec un tel poids, celui-ci sera aussi bien parti dans la vie..

          gAZi bORAt


        • Stéphane Bouleaux 5 juin 2009 16:03

          Je partage votre reflexion cher gazi.


        • appoline appoline 5 juin 2009 18:29

          @ Gazi,

          Ne croyez pas que les enfants de substitution (à tout et à rien) ne sont pas rares. Les allorcations, appâtent les plus démunis et les assistantes sociales sont formées pour préserver le plus possible la cellule familiale, quoi de mieux pour ces couples ou ces familles re-re-re composées de refaire un nouveau tétard (ne rigolez pas, notre nain risque de nous faire une demie portion, un de ces quatre).


        • John Lloyds John Lloyds 5 juin 2009 12:19

          Une société fondée sur le flux tendu, le rendement, les jeux olympiques du bouclage de fin de mois ne peut aboutir qu’à un système de dégénérés dont les impératifs de survie font passer en 5° roue du carosse toute la qualité qu’il faudrait pour distiller cette fine ambroisie que devrait être l’éducation. La société a les gamins qu’elle mérite, dommage pour eux, dommage pour les parents aussi, victimes d’une fuite en avant qu’ils ne maîtrisent pas et dont, pour la plupart, ils n’ont même pas conscience.


          • herve33 5 juin 2009 13:17

            Nos enfants ne sont le reflet que nous mêmes .

            Beaucoup de pères ou de mères ne s’occupent pas de leurs propres enfants en les laissent livrés à eux-mêmes . Tous les enfants ont besoin de références , et c’est en premier les parents qui inculquent ces références . Or dans notre société ne prend plus le temps de communiquer avec les plus jeunes et c’est bien souvent devant la TV et les jeux vidéos que les jeunes tuent le temps où les parents sont de plus en plus absents . Or c’est toute la violence et l’horreur de nos sociétés que l’on y découvre dans ces médias .

            Ce que notre société n’a pas compris , c’est que l’avenir du pays , avant même ce qu’apporte l’Education nationale , se joue dans la qualité d’éducation que transmettent les parents aux enfants . Si cette qualité baisse , c’est la qualité même des rapports dans nos sociétés qui baissent .

            Il serait sans doute plus efficace d’éduquer certains parents , que d’essayer de rechercher des futurs délinquants dans les écoles maternelles ou de dépister le gène de la délinquance qui n’existe que dans la tête de ceux qui ont oublié que le régime du III reich . 


            • Gazi BORAT 5 juin 2009 13:25

              @ HERVE 33

              Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les procédures d’adoption étaient si lourdes et les enquêtes sur les parents adoptants si minutieuses tandis que dans le même temps, des psychopathes peuvent se reproduire sans aucune difficulté..

              D’accord avec vous sur le désintérêt des parents, en général, sur les questions éducatives.. « L’épanouissment professionnel » comme disent les aliénés avant le burn-out et la phase dépressive, prend le dessus et le temps disponible..

              gAZi bORAt


            • appoline appoline 5 juin 2009 18:43

              @ Hervé,

              Ce qui est catastrophique en France, c’est l’interdiction de la ligature de trompe (ah oui ; les droits de l’homme enfin non de la femme). Bon mais quand vous avez sous les yeux, des tarés complets qu’ils soient en CAT, en MAS (maison d’accueil spécialisé) ou hôpital psy qui veulent à toutes fins faire un moutard, qui sera en bout de course aussi taré qu’eux, si ce n’est pas génétique ça le fera par l’éducatif ou le non éducatif, car ils ne sont déjà pas capables de s’occuper d’eux-mêmes.

              Et puis il y a les déficients mentaux, qui sont beaucoup plus nombreux que la majorité des gens le pense car ils bossent et en principe sont bien insérés dans le tissus social, comme dans la plupart des cas, ils s’accoquinent avec leur alter égo, vous imagniner le résultat : gamins hypers actifs bons pour le CMP et autres.

              Et puis il y a les beaufs qui éduquent leurs gosses à grands coups de TF1 et de films violents et autres conneries,.

              Dans un poste, on nous disait qu’aux USA, un gamin sur 6 en avait un coup dans les pattes arrière ; je ne suis pas sûre qu’en France on en soit si loin.


            • Marianne Marianne 6 juin 2009 00:09

              La mesure annoncée par Xavier Darcos de placer des portiques à l’entrée de tous les établissements scolaires et de fouiller les élèves est symptomatique de cette fuite en avant sécuritaire de Sarkozy, même si elle probablement un effey d’annonce car irréalisable en pratique. .

              Il faut réaffirmer que l’école ne peut et ne doit pas devenir une prison et qu’il est faux de prétendre que cette sécurisation automatisée des établissements soit réalisable dans les faits et en capacité d’enrayer les violences à l’école…

              En revanche, il faut dénoncer et combattre par des mesures concrètes la prison sociale et mentale que constitue pour des milliers de jeunes une société où règne l’insécurité sociale, l’absence de perspectives et d’avenir et la peur du lendemain. Il faut redonner à l’école les moyens de ses ambitions en prenant en compte la réalité d’aujourdhui.

              Redonner les moyens, ne sont pas que des mots. Les députés que nous élisons doivent s’engager à tout faire pour que ces moyens financiers pour l’école publique voient le jour et à voter contre les directives qui tendent au contraire à privatiser ces moyens et à les réduire. Et les citoyens doivent mettre les gens qu’ils ont élu sous leur contôle !

              Or ce qui apparaît au grand jour à l’issue de cette mandature européennne c’est l’approbation constante par tous les députés - exceptés ceux du GUE (gauche unifiée européenne) présidé par le communiste français Francis Wurtz, de ces directives et lois européennes (directive Bolkestein, TCE, Traité de lIsbonne entre autres) qui vont à l’encontre de l’intérêt général et privilégient les intérêts privés.

              La jeunesse a besoin de perspectives et d’espoir en l’avenir. Le taux de chômage des jeunes - 21,2% en France au 4ème trimestre 2008 et 15,4% en Europe en 2007 (combien aujourd’hui ? ) - ne peut qu’engendrer angoisse du lendemain et frustration des sentiments qui conduisent parfois à la violence.

              Elle a besoin de plus de professeurs et d’effectifs plus légers en particulier là où les problèmes sociaux sont les plus lourds et où les populations sont délaissées en matière d’équipements publics, de lieux d’accueil et de loisirs pour les jeunes.

              Des investissements conséquents sont donc nécessaires pour rendre à l’éducation sa fonction capitale dans une société : délivrer connaissances et confiance en l’avenir. Des budgets militaires pourraient être amputés pour renflouer ceux de l’éducation.

              Ils parlent de faire de l’école une prison alors que c’est la société toute entière qui pour certains jeunes de plus en plus nombreux devient une prison. Et l’école est le lieu emblématique où s’exprime ce mal de vivre grandissant et ce « no futur ».

              « La vie a singulièrement resserré devant vous, jeunes gens, l’espace du rêve ; la lutte pour l’existence est devenue tous les jours plus rude ; toutes les voies sont encombrées et piétinées et vous le savez, et de bonne heure vous faites effort. Dès le lycée, il vous faut presque choisir une carrière et vous y préparer, car à vingt-et-un-ans vous serez soldats et il faut que d’abord votre route soit tracée. Ainsi, dans les études mêmes de l’adolescence, le métier vous guette et commence à vous tenir ; vous êtes pris déjà par les choses extérieures, et pendant que vous lisez, la nécessité se penche sur votre épaule et mêle son ombre à la vôtre sur le livre ouvert devant vous. »

              Extrait du Discours à la jeunesse de Jean jaurès (1892).


            • Moristovari Moristovari 5 juin 2009 13:49

              On croit souvent que les idées, les concepts, ne sont que des mots n’ayant aucune influence sur nos vies. Pourtant, l’expérience de Milgram est éloquente sur la capacité d’autorité des mots et des idées.

              Parmi ces idées qui influencent nos vies, il y a les valeurs morales. Etant avant tout des idées, ces valeurs ne peuvent avoir d’influences que si on en donne l’exemple, que si on leur donne un sens. La valeur « famille » n’a pas la même signification selon les époques et les civilisations.

              Justement, quel sens idéal donnons-nous souvent à la valeur « famille » ? Un sens hérité du christianisme : monogamie, respect des parents... Mais quel exemple est souvent donné aujourd’hui : éducation laxiste, divorces habituels.

              Les vieilles valeurs morales chrétiennes étaient garanties par Dieu - on le craignait plus que tout. Aujourd’hui, les valeurs morales sont garanties par l’argent : ce système, ce sont les valeurs morales dites bourgeoises. Et aujourd’hui, éduqué par la télé et la réalité, même le simple ouvrier pense en bourgeois.

              Les valeurs morales ont évoluées. Elles se sont adaptés à un nouveau mode de pensée, à un nouveau mode de vie. Qu’elles nous plaisent ou non, toute société forge les valeurs morales qu’elle mérite.


              • c.d.g. 5 juin 2009 14:12

                a mettre en parallèle avec le fait que la majorité des francais ont une image negatives des jeunes (d apres un sondage publié dans Le monde)
                Vison negative -> danger -> a enfermer (prison ou ritaline)


                • astus astus 5 juin 2009 14:28

                  Merci pour cet article qui pointe avec pertinence les dérives du tout sécuritaire comme je le faisais moi-même voici peu http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/parodie/article/total-security-56433 ainsi que la médicalisation comportementaliste abusive que dénonçait déjà Ken Loach dans son film « Family Life » en 1971. Aujourd’hui la ritaline est un marché qui étouffe tout questionnement de même que les programmes de conditionnement made in USA. Il y a aussi beaucoup de parents qui préfèrent invoquer de façon abusive la génétique que leur façon de nouer des relations avec leurs enfants. Mais cela demanderait un peu plus d’effort et de réflexion, ce qui n’est encouragé ni par les médias (qui veut gagner des millions) ni par les politiques (dépistage des délinquants à 3 ans) et d’ailleurs ce sont les mêmes ! Quant à l’école on lui demande de résoudre des problèmes qui ne sont pas toujours les siens : s’il y a souvent une hiérarchie qui n’est pas à la hauteur elle ne peut non plus régler tous les problèmes de la société comme le passage du ministère de l’Instruction Publique à celui de l’Education Nationale aurait voulu le faire croire autrefois.


                  • Gazi BORAT 5 juin 2009 15:16

                    @ ASTUS

                    La Ritaline pour tous !

                    Il existe même une version pour chiens..

                    gAZi bORAt


                  • Gazi BORAT 5 juin 2009 17:30

                    ET JE NE PLAISANTE PAS :

                    Citation :

                    L’angoisse du chien (momentanément) abandonné ne doit pas être prise à la légère, assurent les spécialistes. Il aboie, chie partout et peut devenir agressif. En 2001, une étude parue dans le Journal of the American Veterinary Medical Association rapportait que les chiens avec un seul maître avaient deux fois et demie plus de chance de souffrir d’« anxiété de la séparation » que ceux qui en ont plusieurs. Inversement, les chiens « intacts » étaient trois fois moins touchés que les animaux castrés. Il y aura prochainement une étude intéressante à faire sur les foyers où les maîtres sont sous Prozac, leurs enfants sous Ritaline et leurs chiens sous Reconcile.

                    Thérapie. L’administration d’anxiolytiques aux chiens angoissés, phobiques ou turbulents n’est pas exactement une nouveauté. Aux vétérinaires sont déjà proposés le Clomicalm de Novartis, antidépresseur tricyclique à base de clomipramine, ou le Selgian du laboratoire Ceva, inhibiteur de la monoamine-oxydase (Imao) à base de sélégiline. A défaut de préparation spéciale pour chiens de la fluoxétine (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine), c’est tout bêtement du Prozac qu’on leur a donné jusqu’à présent, mélangé à leur pâtée. Une étude sur le Reconcile tout juste parue dans la revue Veterinary Therapeutics confirme l’efficacité de la préparation ­ et sa facilité d’administration ­ dans le traitement de l’anxiété de la séparation, qui « peut être sujet de détresse tant pour le chien que pour son maître, et conduire à l’euthanasie ». L’article rappelle cependant que, avant d’en arriver à cette extrémité, faire suivre une thérapie comportementale à son chien n’est pas bête

                    FIN de CITATION

                    Comme quoi, pas besoin de faire la révolution pour une société parfaite.. La Ritaline pour tous.. et tous les problèmes seront résolus..

                    gAZi bORAT


                  • appoline appoline 5 juin 2009 18:51

                    @ Gazi,

                    De la ritaline même pour les chiens ? Si je donne ça au chihuahua, je n’ai plus qu’à me tailler une paire de patins avec sa dépouille.


                  • Nico 5 juin 2009 21:01

                    @ Gazi et appolline

                    Certaines personnes spécialistes des comportements des animaux domestiques disent que 80% des problèmes psychologiques des chiens et chats viennent d’animaux qui n’ont pas de possibilité de sortir dans la nature. Ma propre expérience confirmerait ce propos.

                    Hélas, ce n’était qu’une lecture fugace dont la source s’est évaporée.


                  • appoline appoline 6 juin 2009 19:56

                    @ Nico,

                    Merci pour l’info : mais ma crevette habite près des marais, elle chasse le héron et tout ce qui vole en général. Je laisse la ritaline aux gogols de parents qui n’ont pas encore compris que les chiens ne font pas des chats.


                  • Tristan Valmour 5 juin 2009 15:30

                    Notre société est faite pour les personnes entre 30 et 60 ans aux revenus confortables, à la santé saine. Toutes les autres personnes, soit la majorité, sont exclues. On voit peu de vieillards dans nos villes, ils sont parqués. On voit peu d’handicapés physiques, encore moins d’handicapés mentaux, ils sont parqués. On voit peu de pauvres (ils sont 8 millions paraît-il), ils sont parqués. Les magasins étalent leur pornographie inaccessible au plus grand nombre, les publicités suscitent le désir interdit.

                     

                    Les adultes exclus de la société acceptent leur sort pour la plupart, parce qu’ils ont renoncé à se battre. Ils sont résignés, ils culpabilisent. S’ils ne ressemblent pas au modèle qu’on leur impose, c’est leur faute. L’individualisme triomphant a rendu l’individu coupable et esclave. Ces adultes sont violents. Mais envers eux-mêmes.

                     

                    Un enfant, un adolescent, ne se résigne pas. Il est animé d’un désir de toute puissance, ce qui le rend violent de nature. Sa mémoire n’est pas suffisamment riche d’expériences, ce qui l’empêche de se projeter comme le ferait un adulte. Il veut tout de suite. Demain n’est pas encore, hier n’est plus, seul le présent compte.

                     

                    La violence dont on parle est une violence physique, mais il en est une autre beaucoup plus insidieuse : la violence des hommes politiques (n’est-ce pas Bayrou et Cohn-Bendit ?), la violence des financiers qui pillent, la violence de l’Etat qui contraint et domine…

                     

                    La violence est le fruit du viol de la volonté, c’est une violonté. La plupart des jeunes pressentent que leur volonté de prendre place dans la société est condamnée à l’échec. Leur motivation est tuée dans l’œuf. D’où une révolte qui s’exprime par une débauche d’énergie.

                     

                    Les jeunes savent bien dès le collège qu’aller à l’école ne les conduira pas sur le marché du travail, et ils ne peuvent se satisfaire d’apprendre pour le simple plaisir d’apprendre.

                     

                    D’ailleurs, l’école n’est pas un lieu de plaisir, mais un succédané de prison. Quand on essaie de rendre les magasins accueillants pour la clientèle, les bureaux accueillants pour le personnel (tableaux, fleurs, etc.), on parque toujours les enfants dans des classes nues, au mobilier sommaire et inconfortable… pendant 6 à 8 heures par jour. Combien d’enfants se retiennent-ils d’uriner parce que les toilettes sont immondes ? Un adulte ne tiendrait pas 2h dans les conditions de leurs enfants. Que font les ergonomes ? L’enfant n’obtient aucune récompense de ses efforts, si ce n’est une bonne note. Le cadre qui a bien travaillé se voit accordé une prime, un voyage, etc. Que l’on réfléchisse bien à tout cela.

                     

                    Que penser du fait qu’un pourcentage important (je n’ai plus le nombre en tête, mais il se situe entre 20 et 40%) des enfants marseillais n’a pas vu la mer ?

                     

                    Je l’ai déjà écrit, les écoles basées sur les intelligences multiples d’Howard Gardner ont vu la violence des élèves chuter vertigineusement. Les murs sont décorés, il y a des coussins au fond de la classe, des plantes, un fond de musique classique. Non seulement la violence des élèves a chuté, mais aussi l’absentéisme. Et une progression impressionnante des résultats (20% de plus que les écoles classiques).

                     

                    Un enfant turbulent n’est pas forcément hyperactif. Il faut faire très attention avec ce terme. D’autre part, cela n’a pas été dit, l’hyperactivité est souvent (je suis prudent) liée à un déficit de mémoire de travail (Baddelay, Hitch) que l’on peut mesurer (empan mnésique). Il existe des exercices pour augmenter la mémoire de travail, ce qui diminue (souvent) les troubles de l’attention, l’hyperactivité, et augmente, bien entendu, la capacité à gérer conjointement le nombre d’informations. Demander un bilan neuropsychologique. Si ça intéresse certains lecteurs, je peux publier sur Avox des exercices pour augmenter sa mémoire de travail et quelques tests pour mesurer l’empan mnésique. Mais que cela ne prive pas d’aller consulter un neuropsychologue, cela ne peut se faire par Internet.

                     

                    Enfin, les enfants qui remuent beaucoup (à distinguer de l’hyperactivité) fuient souvent l’évocation par l’action. Ils ont été habitués, bébés, à obtenir ce qu’ils désiraient. Ils n’ont donc pu faire exister la représentation mentale de l’objet désiré. Voilà pourquoi il est important de ne jamais accéder immédiatement au désir des enfants. Ils doivent éprouver le manque pour reproduire mentalement l’objet du désir. Sinon, ils ne seront pas attentifs, remueront, et pour les cas les plus graves, leur scolarité s’arrêtera à la porte du collège. Constatons également que les enfants sont toujours en train d’agir : ils étudient, regardent la télé, jouent aux jeux, écoutent le MP3… Ils n’ont pas de temps à consacrer à l’introspection. C’est mauvais pour le développement de l’évocation (etc.). Pour résoudre les problèmes de comportement liés à un déficit d’évocation, il faut contacter un praticien en gestion mentale. Pas un rigolo, mais un diplômé de psychologie, de philosophie (ou un pédagogue) qui a de surcroît un certificat en gestion mentale délivré par l’Université Catholique de l’Ouest. Dur de trouver un bon praticien.

                     

                    A fuir absolument : la kinésiologie, réflexologie, etc. C’est du charlatanisme.

                     

                    La PNL, même si le diplôme qui en permet l’exercice n’est pas reconnu par l’Etat, et même si les fondements théoriques de cette discipline sont incertains (mais pour l’homéopathie, c’est pareil), peut aider à gérer la violence. Le plus difficile est de trouver, encore une fois, un praticien honnête et compétent, pas un charlatan.

                     

                    Demeure une question : si nous, adultes, ne sommes plus violents, si nos enfants ne le sont plus, qui va s’opposer à la violence de l’Etat et de la société ? Tous des moutons avons-nous dit ?

                     


                    • ninou ninou 7 juin 2009 20:22

                      "Si ça intéresse certains lecteurs, je peux publier sur Avox des exercices pour augmenter sa mémoire de travail et quelques tests pour mesurer l’empan mnésique."

                      Je suis preneuse !

                      Merci pour ce commentaire pertinent.

                      Petite contribution personnelle :
                      Les conditions de travail des gamins de 10 ans, je connais. Ma classe est, depuis 2 ans, une boîte en fer (type cabane de chantier) impossible à aérer, dont les vitres situées plein sud sont obstruées par les volets roulants plastiques dès 10h 30 (donc :pas de lumière du jour !) pour ne pas favoriser encore plus l’effet de serre. Ce qui ne nous a pas empêchés d’atteindre les 30 degrés fenêtres et portes ouvertes (au mois de mai en Normandie).

                      Je mets au défi quiconque de faire un travail intellectuel quelconque dans ces conditions....


                    • Tristan Valmour 9 juin 2009 12:52

                      Bonjour Ninou

                       

                      Je me suis aperçu qu’il était difficile de présenter les tests de mesure d’empan mnésique dans la partie commentaire. L’éditeur de texte ne se prête pas à cela. Je ne peux donc que vous proposer un exemple de test, et la « recette » pour les autres.

                       

                      Test 1 : quelqu’un vous lit la série de chiffres et vous la répétez après. Pour lire soi-même les séries, il faudrait les présenter autrement. Le test doit être arrêté s’il y a deux erreurs consécutives. Vous vous attribuez 1 point à chaque bonne réponse (donc 18 points maximum). Le slash / sépare les séries en paires. Ex : si la série a est 1-8 / 2-7, on vous lit 1-8 et vous répétez 1-8. Puis on vous lit 2-7 et vous répétez. Après on passe à la série b.

                       

                      1. 1-5 / 3-9
                      2. 2-8-5 / 3-7-4
                      3. 5-8-1-6 / 4-8-6-7
                      4. 2-7-4-3-1 / 2-1-9-3-5
                      5. 6-1-3-4-9-5 / 9-4-2-7-5-6
                      6. 4-9-7-8-1-2-6 / 6-2-7-8-3-1-5
                      7. 1-8-4-2-5-7-3-6 / 9-4-7-6-1-8-3-5
                      8. 9-2-7-3-6-1-4-8-5 / 5-8-3-9-6-1-2-4-7

                       

                      Test 2 : On vous lit une série de chiffres, et vous la répétez à l’envers à la fin de la lecture. Exemple : on vous lit 4-9-2, vous répétez « 2-9-4 ». Pour les autres consignes, voir le test 1.

                       

                      Test 3 : On vous lit une série de chiffres et de lettres, vous la répétez à l’endroit. Ex : on vous lit 5-L-8-T-5, vous répétez la série. Pour les autres consignes, voir le test 1. On présente 9 séries de paires avec une incrémentation d’un chiffre.

                       

                      Test 4 : On vous lit une série de chiffres, et à la fin de la lecture, vous effectuez une addition selon le modèle suivant. On vous lit 5-9-7-2-6, vous devez dire « 14-16-9-8 » parce que 9+5= 14 ; 7+9 = 16 ; 2+7 = 9 et 6+2= 8 (voir la série proposée en exemple).

                       

                      Test 5 : comme le test 4, mais avec la multiplication.

                      Test 6 : Sur le modèle du test 1, mais avec des paronymes : gâteau –château –râteau – plateau. 

                      Test 7 : sur le modèle du test 1, mais avec des mots très différents : agathe – képi – pronom

                      Test 8 : sur le modèle du test 1, mais en variant la longueur des mots : mots de 2 syllabes – 3 syll – 4 syll – 5 syll (etc.). L’ordre de grandeur des mots n’est pas forcément à respecter.

                      Test 9 : Vous prenez 9 éléments d’un jeu de mémory, que vous disposez de manière à former un carré de 3x3 éléments. Sur le modèle du test 1, la personne qui vous fait passer le test touche 2 pièces, et vous les retouchez ensuite. Puis 3, etc. (9 pièces maximum)

                       

                      Il y a encore d’autres tests, mais comme je l’ai dis, je ne vois pas comment les publier sur Agoravox. C’est la limite du support. En plus, de nombreux tests nécessitent du matériel que l’on ne peut numériser. De toutes les façons, ce que j’ai proposé sert à débroussailler. L’empan mnésique normal est de 7 ( 2). Encore une fois, il faut consulter un neuropsychologue si vous avez des doutes sur la qualité de la mémoire de travail.

                       

                      Pour augmenter la mémoire de travail, vous pouvez faire l’exercice suivant :

                       

                      Imaginez une commode avec 3 tiroirs (par évocation visuelle ou verbale, selon votre modalité dominante). Vous placez un objet (un carré rouge, par exemple), dans le premier tiroir ; un autre (un triangle vert, par ex) dans le second ; un autre (un cercle jaune) dans le troisième. Tout en maintenant ces objets dans votre mémoire, vous effectuez des additions simples.

                       

                      Une fois que cela ne pose plus de problème, vous allez complexifier. Pour cela, vous pouvez jouer sur plusieurs paramètres :

                      -  vous pouvez augmenter le nombre d’objets et/ou de tiroirs ;

                      -  vous pouvez faire bouger les objets d’un tiroir à l’autre tout en effectuant les calculs ;

                      -  vous pouvez remplacer les calculs par des exercices sur les mots et les lettres, en français comme dans les langues étrangères.

                      -  Vous pouvez augmenter la complexité de l’objet (ex : carré rouge avec un point noir au centre).

                       

                      Commencer par 2 minutes et ne pas passer plus de 10 minutes parce que c’est très fatigant. J’ai mis au point cet exercice pour augmenter la performance (mémoire de travail, intelligence fluide, etc.) des managers comme des étudiants ; ils sont capables de manier en même temps plus de concepts qu’avant. J’ai d’autres exercices, mais ils sont beaucoup plus complexes, et puis cela fait partie de mon gagne-pain alors je n’en parlerai pas ici.

                       

                      Quand on fait ce genre d’exo, il faut garder à l’esprit la règle suivante : varier les exercices. En effet, le cerveau apprend très vite, effectue les connexions nécessaires, et comprend le type d’exercices. Il met alors en place une stratégie pour résoudre les problèmes. Cette stratégie répétée devient une habitude. L’habitude ne produit plus d’effets conséquents.

                       

                      Vous pouvez également visiter les sites suivants où vous trouverez des programmes gratuits :

                      http://www.teach-the-brain.org/ (aller dans learning tools )

                      http://ichi2.net/anki/index.html

                      http://www.cse.ucsd.edu/ ckanan/FluidIntelligence.html

                       

                      On peut sans doute améliorer la mémoire de travail par la mémoire à long terme, une unité de recherche de l’université Descartes à Paris s’en occupe. Leurs travaux sont prometteurs.

                       

                      Il y a beaucoup d’autres liens, mais je ne vais tous les proposer ici. De même, il existe une bilblio très fournie sur le sujet.

                       

                      Les exercices sur la mémoire de travail ont un effet positif sur les troubles de l’attention.

                       

                      Voilà, j’espère avoir répondu à vos attentes. Bonne journée.

                       


                    • civis1 civis1 5 juin 2009 15:46
                      Mettre son enfant sous « traitement » en lui faisant consommer une de ces substances que les laboratoires, ont appelé « médicaments » pour mieux pouvoir vendre les molécules découvertes dans le rayon de la pharmacopée est lourd de conséquences.

                      Il faut quand même attirer l’attention  que ces substances, avant d’être des médicaments pour une vertu thérapeutique qu’ils auraient, ce sont avant tout des substances psycho actives comme le sont toutes sortes d’autres substances dont les drogues prohibées par la législation pour les effets dévastateurs que l’ont connaît.
                      Les symptômes décrits de l’hyper activité se manifestent surtout au niveau comportemental et en déduire aussi facilement des causalités neurologique ou génétique est une extrapolation qui demande encore à être démontrée. Les troubles comportementaux comme l’instabilité (le fait de bouger sans arrêt) crée très tôt des troubles fonctionnels de l’attention et une fatigabilité plus grande.
                      Les difficultés d’apprentissage qui en découlent ne sont que des troubles associés. L’origine des tensions étant psychologique l’enfant tente de réduire ces tensions internes par des décharges motrices et une labilité de l’attention qui le détourne des objets sur lesquels se fixe son anxiété.

                       L’hypothèse d’un déséquilibre neurologique qu’il faudrait traiter d’une manière pharmacologique peut-être grave de conséquences pour les enfants.

                      L’argument d’un effet pharmacologique réducteur de l’anxiété et bénéfique aux niveau des apprentissage n’est pas recevable face aux effets au long cours que ces substances auront sur l’enfant. La thérapeutique la mieux adaptée et sans effets secondaires est celle d’une prise en charge psycho-éducative par un bon professionnel spécialiste de ces problèmes.

                      Travailler à une hypothèse relationnelle des troubles et une remédiation à partir du langage ne présente par contre aucun danger. Elle n’a comme obstacle que la résistance des adultes-parents ayant l’enfant en responsabilité Elle trouve son origine dans cette culpabilité inconsciente à l’égard de l’enfant dont ils ne voudraient rien savoir.
                      Un vrai professionnel de la psychologie se donnera pour but de désamorcer cette culpabilité pour que puisse advenir une réflexion sur les choix éducatifs et les modalités relationnelles au sein de la famille.
                       
                      Cet article devrait être l’occasion de pointer du doigt les dangers que fait courir aux enfants cette approche non adaptée de la problématique.

                      Il faut conseiller aux parents d’aller prendre l’avis d’un psychologue de l’éducation ou d’aller consulter dans un CMPP (Centre Médico-psycho-Pédagogique) où ils pourront trouver des personnes de bon conseil.


                      • Le Bordelleur Le Bordelleur 5 juin 2009 17:29

                        On passe d’un extrême à l’autre :
                        De l’enfant roi (doctrine no baffes) à l’enfant taulard (je te colle pas de claque mais je te fous en taule) !


                        • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:01



                          Bonjour
                          Pour ceux qui veulent compléter leur lecture par 1 article paru sur Agoravox il y a déjà qq temps :

                          Violence juvéline et pathologie de l’agir http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=10955


                          • Intrepid_ibex 5 juin 2009 18:03

                            Entièrement d’accord avec Le Bordelleur. D’un côté l’enseignant qui a le malheur de mettre une baffe à un gosse a une plainte et des sanctions par sa hiérarchie, et de l’autre, les médias se lamentent dès qu’un enfant devient violent et poignarde sa prof. Il y a zéros sanction digne de ce nom avant le passage devant un tribunal (je ne parle pas des petites condamnations empilées par dizaines dans les casiers judiciaires des petites frappes).

                            Trentenaire, j’ai connu un temps pas si lointain où la discipline existait dans la salle de classe : la maitresse d’école distribuait des devoirs à faire IMPERATIVEMENT à la maison, des punitions à faire signer par les parents et des BAFFES, oui des BAFFES ! Quelle horreur moyenne-âgeuse ! Que c’est terrible par rapport à un enseignant qui est aigri de ne pas pouvoir se faire respecter et qui dit à son élève :
                            « T’es qu’un gros nul, on arrivera jamais rien à faire de toi ». Je pense, et les psychologues ne me contrediront pas, qu’un cadre est nécessaire pour le développement de l’enfant (les baffes en font partie) et que la seconde option (dévalorisation systématique) est infiniment plus destructrice pour l’enfant. Une baffe est plus vite oubliée que des signes de reconnaissance négatifs inconditionnels, pour reprendre les termes de l’analyse transactionnelle.

                            La différence aujourd’hui est bien entendu la démission des parents avec :
                            -l’éclatement de la cellule familiale
                            -le laxisme post soixante-huitard
                            -l’emprise de la publicité sur le développement de l’enfant-roi (nous ne sommes pas loin du Meilleur des Mondes lorsque l’on voit la dose de pub avalée par un enfant aujourd’hui).
                            -le relai par les médias de la doctrine zéro-baffe
                            -la démission de l’éducation nationale sur la discipline en classe
                            -la démission de l’état sur l’ordre dans les ghettos
                            -la nécessité d’avoir deux salaires pour faire vivre une famille

                            Plus généralement, le manque de pespective d’avenir pour la jeunesse est une grande usine à délinquance.


                            • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:55

                              Intrépid...

                              Il faudrait donc enseigner aux jeunes profs L’ART DE DONNER DES BAFFES, et pour les élèves qui recidiveraient malgré LES BAFFES, il faudrait ajouter des cours sur L’ART DE DONNER DES COUPS SANS LAISSER DE SEQUELLES.

                              Il me semble qu’il ya qq années , une étude statistique américaine à montrer la tendance des enfants à reproduire la violence que leurs parents leur appliquaient .

                              Ces parents doivent avoir raison : l’histoire de l’humanité (et celle du XXème siècle en particulier) a été entachée de tant de violences qu’il est souhaitable d’entretenir auprès des nouvelles générations des pratiques aussi nobles et constructives pour l’avenir !!!

                              Certains ajouteront l’idée qu’une bonne guerre de temps en temps, cela ne ferait pas de mal à tous ces fainéants !!! Mais là, je suis excessif. Pardonnez moi !


                            • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:06

                              Une autre proposition d’approfondissement concernant le rapport de l’INSERM 2005 sur le traitement du trouble de la conduite et des troubles du comportement.

                               http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=6513


                              • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:10

                                Ci dessous le chapeau de « Violences juvéniles et pathologie de l’agir »


                                Les violences juvéniles continuent de défrayer les chroniques. Avec l’aide de médecins engagés, une meilleure compréhension du fonctionnement psychique de ces jeunes pourrait susciter des mesures judiciaires, éducatives et scolaires pertinentes. Les politiques et leurs électeurs sont les premiers concernés par ces savoirs existants. Nous n’avons qu’une alternative : agir dans la compréhension partagée ou périr dans la violence de l’ignorance entretenue.


                                • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:15

                                  Ci dessous le chapeau de « Violences juvéniles et troubles des conduites »

                                  Violences juvéniles et troubles des conduites, une question d’actualité. Leurs prises en charge, un enjeu de société

                                  Les incivilités et les violences de certains jeunes, qu’elles soient individuelles ou collectives, ponctuent l’actualité de façon inquiétante. Leurs prises en charge nécessitent la définition de repères et de stratégies qui font débat. Les enquêtes de l’ODAS permettent, par exemple, de saisir l’ampleur des maltraitances sur les enfants et de supposer leurs séquelles. C’est aussi en ce sens que l’INSERM a rendu récemment un rapport sur le trouble des conduites. Ce rapport est contesté car, à côté d’une guidance familiale justifiée, il préconise des psychothérapies comportementalistes et des traitements médicamenteux, là où les aléas des histoires familiales, les intrications relationnelles conflictuelles et les difficultés psychologiques des jeunes nécessitent des accompagnements pluridisciplinaires patients et durables. Il l’est aussi parce que ses recommandations se limitent à une clinique adaptative à la vie sociale qui, dans son orientation préventive, s’illusionne en oubliant que le processus de développement des subjectivités est conflictuel. Ces considérations expertes divergentes devront donc être arbitrées par des choix politiques car ces symptômes, au-delà des cas particuliers, témoignent de l’état de notre société et de son évolution.


                                  • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:22

                                    Allez, sur le même sujet alliant éducation et politique (au sens premier du terme, polis = vie de la cité ), un dernier article intitulé :

                                    « Qui sont ces jeunes qui nous emmerdent ? »

                                    http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=14855


                                    • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 5 juin 2009 18:25

                                      Voici le chapeau correspondant à l’article « Qui sont ces jeunes qui nous emmerdent ? »

                                      Les violences juvéniles continuent de se développer avec l’apparition d’agressions, plus ou moins organisées, de policiers, ou la répétition de week-ends agités comme à Grigny. Les hommes politiques, rendus fébriles par les échéances électorales proches, annoncent des mesures spectaculaires mais semblent ignorer les raisons sociologiques, psychologiques et socio-économiques qui président à ces comportements. Les citoyens auront plutôt intérêt à faire confiance à des élus qui sauront reconnaître et partager l’analyse de la complexité plurifactorielle de cette délinquance juvénile. La précarité grandissante, le manque d’encadrement, les comportements pervers ou troublés de certains jeunes sont connus et leurs effets sont repérables. Pour diminuer l’importance de ces situations, les expériences et les dispositions existent. Elles nécessiteront des efforts importants et coûteux qui devront être portés par une majorité de citoyens clairement informés.


                                      • xray 5 juin 2009 18:56

                                         

                                        Il aurait été intéressant de rechercher l’origine des provocations exaspérantes de la gamine. 


                                        La secte 
                                        http://blog.ifrance.com/echo-europe 



                                        • maharadh maharadh رجل حر 5 juin 2009 18:58

                                          Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
                                          L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches
                                          puissent voler vite et loin.
                                          Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;

                                          C
                                          ar de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

                                          Khalil Gibran, Le prophète

                                          Nos enfants sont comme nous les avons éduqués , ils ne sont que le miroir de leurs parents , les enfants violents sont à l’image de notre société et souvent c’est leur seul moyen de s’exprimer car notre société leur à mis tellement d’obstacles que certains ne savent pas s’exprimer autrement.


                                          • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 5 juin 2009 19:05

                                            Article pertinent, non racoleur, bravo.
                                            Même les intervenants apportent leur pierre à l’édifice sans outrance comme on le voit, hélas, trop souvent sur ce site.
                                            Tout a été dit, point n’est besoin d’en ajouter, mais je voulais juste préciser ce point :
                                            Fautifs les parents ? - Parfois mais pas toujours.
                                            Responsables les parents ? - TOUJOURS.
                                            La confusion entre les deux est souvent commise et c’est un amalgame réducteur.
                                            Il existe des parents dépassés - ou pire, mais ne parlons pas d’eux ici - on peut donc considérer qu’ils sont défaillants, mais jamais on ne peut affirmer qu’ils ne sont pas responsables. Un enfant ne naît pas spontanément, il a bien fallu que des adultes lui donne la vie. Donc ceux qui enfantent ne peuvent se dégager de leur responsabilité. 

                                            Encore une remarque si vous le permettez : 
                                            les dérives sécuritaires d’aujourd’hui ne sont pas nouvelles, ce sont les mêmes qui ont provoqué d’énormes dégâts dans la jeunesse il y a cinquante ans. Souvenez-vous de cette époque des blousons noirs et blousons dorés qui n’étaient rien d’autre que des jeunes gens en perte de repères face à des adultes qui, déjà, démissionnaient ou réprimaient durement. 

                                            Il existe des solutions pour la grande majorité des ados en perdition mais ce n’est pas l’objet de cet article et de toute façon les méthodes ne plairaient pas à nos chers politiques qui ne souhaitent que des mesures quantifiées et visibles immédiatement. Du résultat. Du chiffre. Les erreurs commises il y a des décennies se répètent à nouveau aujourd’hui. Il ne reste qu’à abandonner nos enfants ... ou se battre individuellement.
                                            J’ai été ravi d’apprendre au travers de cet article que certains magistrats - et principalement des juges pour enfants - s’élevaient contre les lois et projets de lois qui n’apportent aucune réponse à la question du mal-être adolescent. C’est suffisamment rare pour être signalé. Encore bravo 

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