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Pôle emploi, un sale boulot

Pôle emploi perd-il le nord ? Depuis janvier 2009, date de la fusion des Assédic et de l’Anpe, il n’y a pas que les chômeurs qui ont le moral dans les chaussettes. Force est de constater que le malheurs des uns ne fait pas le bonheur des autres et que les agents de Pôle emploi sont au bord de la crise de nerfs.
 
Il faut dire que la nouvelle agence pour l’emploi a mal commencé : neuf mois pour trouver un nom et un logo. Coût de l’opération : 500 000 euros. Un cabinet de rapaces remaquille l’organigramme. Dorénavant Pôle emploi dispose d’une « direction marketing », d’un département « pilotage et performance », d’une « direction clients » (les clients sont les demandeurs d’emploi). Coût de l’opération : 8 millions d’euros.
 
Dès le départ Christian Charpy, le patron, demande 45 000 euros d’augmentation (par an). L’affaire est politique. Ça ne passe pas. Enfin on met en place un numéro de téléphone qui non seulement ne fonctionne pas, mais est surtaxé...
 
N’en jetez plus. Ceci est la face visible de l’iceberg. Le reste il faut pouvoir le vivre de l’intérieur pour le raconter. C’est ce qu’a fait Gaël Guiselin (un pseudonyme). Diplômé de l’enseignement supérieur, ancien chômeur de longue durée, il a décroché un job à l’Anpe juste avant que se termine ses droits.
 
Dans Confessions d’une taupe à Pôle emploi (Calmann Lévy), écrit en collaboration avec la journaliste Aude Rossigneux que nous interviewons ci-dessous, il raconte en détail le quotidien des chômeurs et celui des agents de Pôle emploi. On peut presque se demander qui sont les plus mal logés.
 
« A Pôle emploi, personne n’a de bureau fixe...L’espace de travail est une denrée rare... Il arrive aux agents de prendre leurs affaires et de s’installer dans la cuisine du personnel pour mitonner leurs dossiers ou assaisonner un malheureux demandeur d’emploi sur un coin de table... ». Ne parlons pas des rats qui s’invitent dans certaines agences...
 
On se demande si ce service est encore public tellement sa mission est polluée par la culture du résultat. Pôle emploi ne sert pas à trouver du travail. C’est un outil politique au service d’un gouvernement ultra-libéral. Un saccage. Après avoir détruit les emplois, s’agit-il maintenant détruire les demandeurs d’emplois.
 
C’est une véritable machine à radier (les auteurs expliquent par le menu les 1001 tracasseries dont sont l’objet les chômeurs et comment, parfois sans raison, ils peuvent perdre leurs droits). Les agents chargés d’appliquer cette politique résistent parfois, mais sont de plus en plus souvent les cibles des chômeurs exaspérés par un système absurde. Les agressions se multiplient.
 
A Pôle emploi on parle une novlangue toute droit sortie du marketing. Florence Aubenas, dans Le quai de Ouistreham (éditions de l’Olivier) explique qu’à Pôle emploi on ne parle plus d’emploi, mais d’ « heures  ». Les agents sont chargés de vous trouver des heures et pas du boulot.
 
Gaël Guiselin et Aude Rossigneux donnent à la fin de leur livre les clés pour comprendre cet univers déroutant. Exemple : « ORE - Offre raisonnable d’emploi : Mesure qui vise à faire accepter n’importe quoi à n’importe quel prix à un DE [Demandeur d’Emploi] qui n’a pas le choix ».
 
Ici « désinscrire » signifie radier, « je vais vous faire bénéficier d’un atelier » est le terme employé pour « je vous envoie pendant un certain temps dans une entreprise privée payée par vos impôts, et dans laquelle vous apprendrez peut-être à refaire votre cv ou à préparer un entretien, et comme ça vous ne viendrez plus en agence ».
 
On savait, grâce au Grand truquage (éditions La Découverte, 2009), ouvrage signé d’un collectif de statisticiens, que les chiffres de l’emploi étaient instrumentalisés.
 
Gaël Guiselin et Aude Rossigneux révèlent l’existence d’une grille qui permet littéralement de truquer ces chiffres et de leur faire dire ce qu’on veut  : « Chaque mois le comité de pilotage départemental épluche les résultats des différents pôles, avec les yeux braqués sur une catégorie bien précise de chômeurs : les A. Nos clients sont soigneusement rangés dans des cases (A, B, C, D, E) et seuls les A (ceux qui n’ont pas déclaré la moindre heure de travail, la moindre formation, le moindre arrêt maladie) apparaissent dans les statistiques mensuelles du chômage... Pour prouver qu’il est un brillant sujet, le directeur de chaque antenne est prié de fournir des chiffres convaincants sur son taux de radiation ou de passage de la catégorie A à une autre  ».
 
Ces Confessions d’une taupe à Pôle emploi est un livre ramassé, incisif, alerte, certes un peu de parti-pris (c’est avant tout un témoignage), mais instructif avant tout. Il nous apprend des choses que peut-être on ne devrait pas savoir...
 
Aude Rossigneux, co-auteur de cet ouvrage avec Gaël Guiselin, répond aux questions d’Olivier Bailly pour les Rdv de l’Agora
 
Olivier Bailly : Comment avez-vous procédé pour l’écriture de ce livre à quatre mains ?
Aude Rossigneux : J’ai tout écrit à partir du témoignages de Gaël Guiselin et des notes qu’on échangeaient. J’ai également recueilli des témoignages de mon côté. Un certain nombre de passages sont écrits à la première personne, mais l’on parle d’autres agences. D’un point de vue purement structurel c’est de l’enquête journalistique et on voulait que le témoignage de Gaël, qui est vraiment le témoignage d’un insider, apparaisse tel quel.

OB : Christian Charpy, le patron de Pôle emploi, a déclaré récemment [voir la vidéo à la fin de cette article] que votre livre contient beaucoup de contre-vérités et qu’il donne une vision négative de Pôle emploi. On ne fait pas du chiffre à Pôle emploi, dit-il notamment. Que lui répondez-vous ?

AR : Je lui réponds que notre livre ne donne pas une image très reluisante de l’institution, mais donne un image remarquable de tous les conseillers. Ils font un boulot extraordinaire avec des outils qui ne sont pas forcément à la hauteur de l’enjeu. Si on ne fait pas de chiffre il faudra qu’il explique pourquoi il y a 40 000 radiations chaque mois.
 
Récemment le médiateur de Pôle emploi prétendait dans un rapport qu’il n’y a pas du tout de radiations massives, qu’elles ne sont pas injustifiées et que d’ailleurs personne ne fait de recours. Je réponds qu’il faut déjà savoir qu’on peut faire un recours et surtout avoir le culot de le faire parce que se lancer dans une entreprise aussi kafkaïenne, bon courage !
 
Il m’est arrivée d’être radiée. J’ai été demandeuse d’emploi. Je n’ai pas fait de recours. Je ne savais même pas qu’on pouvait en faire. J’ai préféré me réinscrire, comme tout le monde. Christian Charpy peut dire ce qu’il veut, mais nous avons recueillis des témoignages de directeurs et directrices de sites et on sait qu’on regarde les radiations. Parce que c’est la seule chose qui compte. On ne regarde que ça.

OB : Pôle emploi sert-il à trouver des emplois ou à décourager les chômeurs ?
AR : C’est une question à laquelle je ne saurais pas répondre. Cette machine sert davantage à lutter contre les chômeurs que contre le chômage, c’est évident. Maintenant Gaël raconte qu’il a trouvé du boulot et des gens et que c’est pour ça qu’il continue. La machine fonctionne grâce à ceux qui la font vivre, de façon complètement artisanale. De temps en temps elle fonctionne et au nom de ces moments-là elle a mérite d’exister.

OB : On constate qu’on applique à Pôle emploi les recettes des ressources humaines avec un langage de multinationales...

AR : Oui, comme la gestion de risque, enfin des trucs totalement délirants. C’est pour donner un air sérieux, mais ça ne correspond à rien. Gaël n’a rien vu changer. Ou alors si, certaines choses, comme l’informatique qui ne marche plus, ou le fait qu’il n’y a pas de bureau pour tout le monde, mais en terme de boulot, pour lui concrètement, cela n’a rien changé à l’efficacité de son travail.

OB : Ce qui frappe c’est la manière dont est organisé Pôle emploi. On dirait qu’une grosse machine commande et que les employés n’ont aucune prise sur elle.

AR : Beaucoup de choses sont informatisées donc il y a un côté big brother et c’est l’informatique qui décide. Par exemple lorsqu’un demandeur d’emploi ne se présente pas à un rendez-vous, si l’on ne saisit pas quand même un entretien fictif, un avis de radiation est émis de façon automatique.
 
Cela dit dans toute machinerie administrative il y a des failles et les agents arrivent à se glisser dans les petites brèches. Mais c’est vrai que c’est une grosse machine un peu compliquée. C’est pour ça qu’il s’organise une sorte de résistance, comme on l’a appelé dans un des chapitres. Bien sûr cette résistance à des limites. Des limites administratives.
 
A un moment donné quand on est dans une boîte on est obligé d’obéir, mais c’est partout pareil. Là où les agents résistent d’une façon extrêmement nette c’est à propos de l’utilisation de la lampe à UV pour les sans-papiers. Ils ne veulent pas devenir des supplétifs de Brice Hortefeux. Quand un des employés de Pôle emploi qui a des années de boîte donne des lettres-types à des demandeurs d’emploi pour qu’ils ne soient pas radiés, c’est une forme de résistance. Quand ils mettent à la poubelle les courriers nauséabonds de dénonciation, c’est aussi une forme de résistance, une résistance qui à ses limites, sinon il n’y aurait pas 40 000 radiations chaque mois.

OB : Les derniers chiffres du chômage viennent de tomber. Qu’en pensez-vous ?
AR : On est toujours dans quelque chose de totalement abscons où on nous dit que le chômage augmente mais que ce n’est pas si pire que si c’était mauvais... Mais en clair il augmente, donc il y a davantage de demandeurs d’emploi. C’est tout. On ne va pas tourner autour du pot.

OB : Vous montrez l’existence d’une grille prouvant que les chiffres du chômage sont faux et que plusieurs catégories de demandeurs d’emplois ne sont pas prises en compte.
AR : Les chiffres qui sont donnés en France concernent grosso modo les gens qui n’ont pas déclaré une seule heure travaillée le mois précédent et qui ne sont ni en formation ni en stage ni en arrêt-maladie et qui habitent en métropole - parce que les DOM on n’en parle même pas.
 
Ce n’est pas comme s’il y avait du chômage en Guadeloupe ou en Martinique, naturellement. Ce n’est pas comme s’il y avait une vraie crise économique là-bas, évidemment. Surtout ne montrons pas les chiffres qui fâchent. Compte tenu de la crise qu’il y a eu l’an passé aux Antilles c’est se foutre de la gueule du monde de ne pas communiquer les chiffres des DOM. C’est totalement délirant d’expliquer que ces gens c’est la France et de ne pas les compter dans les chiffres du chômage des Français. C’est incohérent et scandaleux. On ne fait pas des sous-catégories de citoyens. Politiquement il y a de vrais relents de colonialisme dans la façon dont on comptabilise le chômage en France.

Pour en revenir aux catégories des gens déclarés officiellement chômeurs, elles sont totalement délirantes. Une femme de ménage qui a travaillé une heure ce moi-ci n’est pas comptabilisée parmi les chômeurs.
 
Je ne dis pas que Pôle emploi truque les chiffres, mais qu’on essaye habilement de faire passer les gens d’une catégorie A à n’importe laquelle des quatre autres catégories parce que celle qui est donnée, celle qu’on regarde et sur laquelle tout le monde se jette comme la vérole sur la bas-clergé c’est la catégorie A.
 
Donc il ne faut pas qu’il y ait des gens dans cette catégorie. Elaguons. C’est un mensonge par omission.

OB : Pôle emploi est-il selon vous adapté au monde du travail et à la demande d’emplois ?
AR : Si on avait commencé par former les conseillers au moment de la fusion de l’Unédic et de l’Anpe le résultat serait meilleur parce qu’avoir des gens qui connaissent un peu le monde du travail, ça aide.
 
Mais, même, lorsqu’il y a des gens un peu spécialisés, lorsqu’ils passent le concours, c’est le cas de Gaël Guiselin, on les affecte à des postes auxquels ils ne connaissent rien. Gaël on l’a placé dans un secteur qui concernait le bâtiment ou l’hôtellerie alors qu’il avait bossé dans l’animation culturelle. Comme à l’armée : est-ce que quelqu’un sait jouer du trombone ? Vous ? Très bien, corvée de patates !
 
Autre chose : on envoie des conseillers très loin de leur domicile alors que d’autres qui habitent en face d’agence sont affectés dans d’autres départements. On marche sur la tête. Si on commençait par faire en sorte que les gens soient bien dans leur boulot, qu’ils aient une formation, qu’ils disposent chacun d’un bureau, qu’il n’y ait pas de rats ni de puces dans les locaux, qu’on mette en valeur leurs compétences.
 
On ne peut pas parler de valoriser les compétences des demandeurs d’emploi si l’on ne commence pas par le faire pour les conseillers. Tout a été fait en dépit du bon sens et on s’étonne ensuite que cela ne marche pas. On a commencé par trouver un logo, par mettre un totem, on a trouvé un nom qui dépote. En attendant les employés ne sont pas formés, n’ont pas de bureau et ils ne savent même pas que Pôle emploi est né.
 
Après on leur fait remarquer qu’ils ne sont pas hyper-performants... C’est bizarre !

OB : Est-ce que cela n’est pas une volonté de décrédibiliser le service public ?
AR : Je ne pense pas qu’ils aient cette intention parce que de toute façon que cela soit crédible ou pas, ils font. Ils ont déjà sous-traité 300 000 demandeurs d’emploi. On constate que les résultats sont moins bons. Je n’ai rien contre les boîtes d’interim, mais ce n’est pas le même métier. Chercher une secrétaire trilingue ou un déménageur pour trois jours ce n’est pas la même chose que de trouver un boulot pour longtemps.

OB : Qu’est-ce que vous conseillez aux demandeurs d’emploi ?

AR : Toujours déclarer qu’on est à la recherche d’un emploi. Sauf quand on est en CDI, qu’on est bien payé et qu’on est content de ce qu’on fait ! Mais on a le droit de se déclarer toujours à la recherche d’un emploi à temps plein.
 
Je vais vous donner un exemple précis, le mien. L’année dernière j’étais rédactrice en chef du magazine Ripostes. J’avais un contrat de grille, c’est-à-dire qu’il peut s’arrêter avec l’émission. J’avais donc un CDD. Je ne me suis pas désinscrite. Je déclarais chaque mois ce que j’avais gagné, le nombre d’heures travaillées, mais à la fin du questionnaire, sur Internet, à la question « êtes-vous toujours à la recherche d’un emploi » je répondais oui. Toujours.
 
Tant que je ne suis pas en CDI et que je n’ai pas passé ma période d’essai je reste à la recherche d’un emploi. On ne sait jamais. Ça évite à chaque fois de se réinscrire au chômage et par conséquent cela évite le délai de carence. Ce n’est pas de la triche. Je fais exactement ce à quoi j’ai droit sans faire de cadeau à une administration à laquelle je cotise.
 
Donc toujours se déclarer en recherche d’emploi et surtout continuer d’actualiser sa situation, même si l’on est en CDD.
 




Crédit photo : villiard

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23 réactions à cet article    


  • personne44 personne44 1er avril 2010 11:23

    Merci pour cette article et vive les taupes...
    Rien de nouveau à l’horizon. 30 ans que je côtoie cette « entreprise » qui n’a jamais, mais alors jamais, atteint le moindre de ces objectifs.... 30 ans à devoir suivre d’incompétents responsables politiques.
    Oui, effectivement, il y a une volonté délibéré à nous faire tourner en bourrique, de nous envoyer éplucher des patates plutôt que jouer du trombone.
    Un grand merci aux agents de l’agence de Nantes qui ne m’ont pas radié ce mois-ci, même si j’ai du baisser mon froc devant l’un d’eux pour ne pas subir une radiation.....


    • drake 28 novembre 2011 12:22

      Tant que je ne suis pas en CDI et que je n’ai pas passé ma période d’essai je reste à la recherche d’un emploi. On ne sait jamais. Ça évite à chaque fois de se réinscrire au chômage et par conséquent cela évite le délai de carence.


    • Jérôme M. 1er avril 2010 12:16

      Génial votre article.
      Enfin du vrai, du vécu, de l’intérieur. Envoyez donc le lien vers cet article au nouveau ministre Eric Woerth smiley


      • jzk 1er avril 2010 12:37

        C’est politique aussi le mépris et le dégoût des employés de Pôle Emploi envers leurs clients ?
        Que cette institution s’étouffe en silence, elle est inutile pour les demandeurs d’emploi et pour les entreprises.

        Pas une entreprise sensée n’embaucherait qui que ce soit sur les conseils de Pôle Emploi. Les seules qui le font le font pour des contraintes de quota.


        • jymb 1er avril 2010 13:31

          Je vous rassure, plus personne ne croit aux chiffres et statistiques officielles, au pôle emploi comme ailleurs.


          • Furtive Sentinelle Furtive Sentinelle 1er avril 2010 14:07

            L’ex-Anpe avait été créée par Chirac pour fournir des statistiques sur le marché du travail non pas pour trouver du travail aux demandeurs d’emploi, c’était une action subséquente. Les grèves administratives  pour service non fait (non remise des chiffres, à la fin de la journée, des inscriptions, des dossiers reçus, des placements, des visites d’entreprise, etc.) ont toujours été plus sanctionnées, notamment par des conseils de discipline, alors que les grèves dites normales font l’objet d’une retenue salariale par trentième. Cela n’a jamais été remis en question et la fusion a phagocyté  ce principe inaliénable en l’amplifiant.

            Il y a de véritables services du chiffre au sein de Pôle Lanta et il faut être initié pour décrypter ces données absconses.

            Ces chiffres n’ont jamais créé d’emplois ni placements. Ils n’ont pas pour fonction à être des outils opérationnels en matière de reprise d’emploi ou d’activité.
            Pour les statistiques, l’Insee et l’Urssaf sont de très bonnes sources fiables mais en multipliant les organismes décompteurs, on coupe les cheveux en quatre et cela permet toutes les interprétations selon le besoin politique ou économique   !!!!   

            Il découle, de ce qui précède, le blanchissement des statistiques qui fâchent avec toutes les conséquences financières sur les indemnités des chômeurs (suppressions suite à radiations) mais pas sur les primes pôle- lantaises  qui sont hiérarchisées. Cest inversement proportionnel. Il y a donc un intérêt primordial à présenter de bons « tableaux » par les directions pour mettre du beurre et de la crème fraiche dans les épinards …

            Cela étant, Pôle Lanta a été enfanté dans la douleur, la précipitation et l’impréparation criante, l’exemple même d’une fausse bonne idée.  

            De toutes les manières, Pôle Lanta n’a pas pour vocation à rester un organisme privé (y compris  de culture d’entreprise) avec délégation de service public. A plus ou moins long terme, comme pour les complémentaires-retraites, les complémentaires-santés, la Poste, Gdf, les autoroutes, etc.,  les missions dévolues à P.L vont être offertes au secteur marchand, les prémisses ont été le traitement sonnant et trébuchant par des sociétés privées et purement mercantiles du placement, de l’orientation et de l’occupation du temps (par la mise en œuvre de certaines prestations).

            Les supposés motifs de cette fusion, étaient l’amélioration du service rendu  aux chômeurs. Cette réinvention est aux abonnés absents comme le fameux numéro 39xx et pour encore un bon moment car la crise est loin d’être terminée …..Les galères pour les demandeurs d’emploi aussi hélas.

             


            • vivien françoise 1er avril 2010 14:57

              Bonjour,
              Une anectode que je trouve pas mal mais pourtant vraie,
              Mon fils démissionnaire de sa société, s’est inscrit chez pol.
              Il reçoit une lettre timbrée du 1er mars réceptionnée le 3 mars, pour une convocation le vendredi 26 février. Pol se laisse trop déborder ces temps-ci.


              • chmoll chmoll 1er avril 2010 15:13

                c pas fini, asteur tous les psy, des centres AFPA, vont ètre muter chez pole


                • Yohan Yohan 1er avril 2010 22:48

                  C’est fait, près de 800 conseillers d’orientation ont été sommés d’intégrer Pôle emploi. On pourrait y voir un renfort de choix, sauf qu’ils ne pourront pas s’adapter au régime ubuesque de l’agence. Il n’y a pas de gestion RH digne de ce nom à pôle emploi. Cela revient à offrir une Porsche à un aveugle


                • LE CHAT LE CHAT 1er avril 2010 15:42

                  quel bohneur de vivre au Sarkoland ! la gauche est co-responsable de ce désastre !


                  • Traroth Traroth 2 avril 2010 11:57

                    Ah bon ? Et pourquoi ?


                  • Frabri 1er avril 2010 16:46

                    http://www.google.fr/search?hl=fr&q=%22polette+emploi%22&btnG=Rechercher&meta=&aq=f&aqi=&aql=&oq=&gs_rfai=

                    « Polette » est née pour faire plus de pression sur les chômeur-se-s, pour qu’il y ait 5% de chômage en 2012, ce qui correspond au plein emploi en économie libérale.

                    Avec 40 000 radiations par mois et la création d’auto-entreprises, sans la crise, il y avait 5% de chômage en 2012 et Sarkosy aurait été facilement réélu.

                    Tous-te-s ceux qui sont radiè-e-s ne se réinscrivent pas, s’ils et elles n’ont plus d’allocations chômage et n’ont pas droit aux minimas sociaux car leur conjoint a un revenu suffisant, ou s’ils ou elles n’ont aucun espoir de retrouver un emploi car trop agé-e-s ou pas assez formé-e-s

                    Pendant ce temps là le « monde du chômage », la « fracture sociale », et la « crise sociale », se développent.

                    http://www.google.fr/search?hl=fr&q=%22monde+du+ch%C3%B4mage%22&btnG=Rechercher&meta=&aq=f&aqi=&aql=&oq=&gs_rfai=

                    http://www.google.fr/search?hl=fr&q=%22fracture+sociale%22&btnG=Rechercher&meta=&aq=f&aqi=g4&aql=&oq=&gs_rfai=

                    http://www.liberation.fr/economie/0101617465-2010-la-crise-sociale


                    • Trashon Trashon 2 avril 2010 12:43

                      Concernant le décompte du nombre de chômeur, il est important de signaler, qu’en ces temps de licenciement économique massif, qu’a été créé un nouveau statut : la CRP (convention de reclassement personnalisé) non repris dans les statistiques officielles de décompte.

                      En cas de licenciement économique cette formule vous est proposée, si vous l’acceptez, vous n’êtes pas considéré comme chômeur mais comme étant en formation (formation auquel vous ne devez pas prétendre : le but de la CRP étant de vous reclasser rapidement dans le même secteur d’activité).

                      Cerise sur le gâteau histoire de vous inciter à retrouver un emploi, vous êtes mieux payé que durant votre ancien emploi (80% du salaire brut pendant 8 mois)

                      Inutile de préciser que cette formule doit se vendre comme des petits pains par les temps qui courent et masquer la véritable ampleur de la crise actuelle.


                      • StephanM 2 avril 2010 23:27

                        Merci pour cet article clair, des faits, rien que des faits. J’en ai tellement marre des maquillages, du langage de bois, de la com’ sur ces sujets. La situation est suffisamment grave pour ne pas tergiverser.

                        Pour souligner l’inadéquation et la faiblesse du nouveau pôle emploi face aux besoins réels, voici une copie de mon dernier avis de situation téléchargé dans mon compte sur le site pole-emploie.fr. Cet avis, fabriqué par le système informatique de pole emploi, est aberrant. Il m’atteste le droit à 9995 jours d’allocations journalières. ce qui correspond à 27 années d’allocation de chômage. Dans 27 ans je serai octogénaire.

                        Je ne suis pas le seul à qui est arrivé ce type d’erreur. Cela fait peur quand on voit ça. Cela signifie que le système informatique de pole emploi peut nous sortir et attester n’importe quoi. J’aimerais bien connaîte les conditions de travail des informaticiens à popole, ça ne doit pas être la joie.


                        • Le péripate Le péripate 2 avril 2010 23:33

                          De nombreux commentateurs d’Avox sont dans votre cas, les heureux gagnants du Loto à Paulo.

                          Songez à faire valoir vos droits rapidement.

                          Et encore bravo.


                        • robin robin 8 avril 2010 16:34

                          Effectivement les salariés du pôle emploi ont une mission impossible à réaliser car le problème ne provient pas de la destruction des emplois dont ils subissent, aux premières loges, les conséquences, mais de L’ABSENCE DE CREATIONS D’EMPLOIS, auxquelles ils n’ont comme réponse que 3 choix :
                          - formations plus ou moins bidons pour tronquer les chiffres
                          - radiations forcées pour faire baisser les chiffres
                          - travail forcé ou dévalorisé à temps partiel pour tronquer encore et toujours les chiffres

                          La destruction des emplois rentre dans un cycle Schumpeterien classique de destruction des outils de travail devenus obsolètes, mais le problème aujourd’hui c’est qu’il n’y a plus de CREATIONS DE NOUVELLES ENTREPRISES INNOVANTES POUR COMPENSER CETTE DESTRUCTION.
                          Schumpeter expliquait les cycles d’innovations par la destruction créatrice.
                          Aujourd’hui en France nous avons seulement la destruction sans aucune création.
                          Toute la question est POURQUOI ?

                          Pourquoi n’y-a-t-il plus d’entreprises innovantes créées en France et les emplois qui vont avec ?

                          Tout simplement parce que le financement des entreprises innovantes a été mis depuis 1969 (40 ans !) entre les mains d’un monopole public (EPIC) OSEO/ANVAR dirigé par des énarques, des bureaucrates et des hauts fonctionnaires dont le rôle est justement de bloquer toutes les innovations majeures et de ruptures qui pourraient créeer une concurrence et compromettre les juteux monopoles captifs des multinationales du CAC40.

                          Le français Gernelle inventa le premier micro-ordinateur au monde en 1972 (Brevets 73 03 553 pour le Micral et 73 03 552), soit 3 ans avant les américains d’IBM, mais il ne fut jamais fabriqué en France car il fut castré par l’ANVAR et BULL (entreprise d’état à l’époque) qui craignaient pour leurs gros systèmes et leurs monopoles en France.

                          Un autre exemple, POUZIN, inventa le TCPIP en 1971, c’est à dire le langage du réseau internet par lequel nous communiquons, mais son budget fut soudainement coupé par l’ANVAR sous pression des PTT (France telecom - orange) qui craignaient que cela ne fasse concurrence au Minitel et à son monopole en France... Résultat : Pouzin c’est expatrié aux USA ou les américains lui ont fournis tous les moyens financiers qu’il souhaitait pour finaliser son protocole que nous utilisons en permanence aujourd’hui sur internet... Au fait, vous en avez encore un de minitel vous ???...

                          Aurions nous autant de chômeurs et de problèmes au pôle emploi si seulement ces 2 « petites innovations » que sont le micro-ordinateur et le réseau internet, parmi tant d’autres qui ont été containts par OSEO/ANVAR de s’expatrier, avaient été développées en France et les sociétés qui vont avec telles que microsoft, google, etc...

                          Chômage incompressible = 3 %
                          Chômage structurel (adaptation de l’offre et de la demande) = environ 0,75 %
                          Le total ne devrait pas dépasser 4%.

                          Pour les 6 % de chômeurs au dessus (officiel) et beaucoup plus (environ 15 % au total), remerciez donc l’ANVAR/OSEO et sa mafia d’état de hauts bureaucrates, technocrates et autres énarques qui continuent de se goinfrer, en toute impunité, sur la misère sociale en rétribution de la protection des monopoles des multinationales du CAC 40 qui peuvent pratiquer des hausses de prix honteuses (+ 10 % sur le prix du gaz par exemple) pour s’enrichir encore plus car toute concurrence potentielle a été tuée dans l’oeuf par OSEO/ANVAR et son monopole sur le financement des innovations.

                          De temps en temps, il faut lever la tête du guidon pour regarder un peu plus loin...

                          http://www.les-cercles.fr/economie/economie-societe/politique-economique/1339-le-grand-emprunt-les-innovateurs-et-oseo


                          • kasko 27 avril 2010 00:04
                            Complément
                            Observations judicieuses certes, mais pas complètes. On peut ajouter comme grandes causes de notre faible création d’emploi : l’incapacité à former plus de gens sur les métiers « demandeurs » (métiers de bouche, informatique,...), l’absence de régulation pour éviter de former trop de jeunes sur des métiers saturés, le manque de reconnaissance des métiers manuels (artisanat du bâtiment, jardiniers,...), l’inaptitude des formations à la création d’entreprise (en intégrant les volets commercial et gestion) et nos blocages sur le passage de la taille de PME à grosse PME. Beaucoup de ces lacunes sont d’ordre structurel et culturel. Je trouve peu de politiques et de syndicalistes (de tous bords) présentant des propositions concrètes sur ces points. Dommage ! 

                          • alookani 13 avril 2010 07:14

                            Je suis en plein de dedans. Ils sont en train de nous rendre fou, nous les demandeurs d’emplois. Ils ne servent à rien, l’informatique est reine en effet, aujourd’hui pour une erreur de transfert je ne peux pas m’actualiser, et je suis sûr que la procédure automatique de radiation va se faire toute seule elle ...


                            Je suis dégoûté, en colère ... Merci pour cet article et ce livre. Je ne suis pas étonné que certains agent se fassent agresser. On est complètement humilié, traité comme de la m**de. On ne sait pas quoi faire et on vie dans l’angoisse ...

                            • kasko 26 avril 2010 23:44
                              Et les demandeurs d’emploi ?
                              En tant que bénévole s’occupant d’aider des demandeurs d’emploi, je me dois de signaler plusieurs contre-vérités. Les demandeurs d’emploi ne trouvent pas de la part de Pole Emploi (comme auparavant de l’ANPE et des ASSEDIC) tout ce qu’ils en attendent et pas uniquement pour des raisons de manque d’effectifs ! En premier lieu, ils ne ressentent pas, dans leur grande majorité, une vraie volonté de les aider à trouver du travail, ce qui constitue leur souci majeur. Les recruteurs qui cherchent du personnel ont le même sentiment d’inefficacité et de manque de motivation sur ce point, pourtant fondamental ! L’objectif perçu de Pôle Emploi (utile bien sûr mais largement insuffisant) est d’aider les demandeurs à tirer avantage des multitudes d’aides possibles. Par contre, très peu de conseils pour conduire les recherches plus efficacement. La raison majeure est que les agents ne savent pas comment se passe concrètement un recrutement. Problème de formation, mais aussi de préjugés négatifs sur l’entreprise et les recruteurs. 

                              L’auteur de l’article considère que analyser et juger une structure par l’intérieur est la meilleure méthode. Faux. Une structure se juge par sa finalité donc par ses « clients ». Quand on lit des articles, comme j’en ai lu dans Le Monde, sur la fusion ANPE-ASSEDIC où les termes « chômeurs », « demandeurs d’emploi » et « allocataires » ne sont quasiment pas évoqués (5 occurrences sur une pleine page !), c’est la preuve que ces structures ont tendance à se refermer sur elles-mêmes et en oublient leur finalité. Quand les demandeurs se tournent vers des associations et les remercient simplement de les écouter et de les encourager, avant tout conseil pratique, il faut admettre que le problème n’est pas aussi manichéen que présenté par l’auteur. Bien sûr qu’il y a des employés remarquables au Pôle Emploi, bien sûr qu’il y a des hauts fonctionnaires et des politiques qui ne font pas correctement leur travail, mais généraliser comme c’est fait ici est faux et tendancieux. Un article comme celui-ci, tout à la gloire du personnel de Pôle Emploi, tout à la critique des politiques et des hauts fonctionnaires ne fait pas avancer le problème et n’aide en rien les demandeurs d’emploi.

                              Le jour où Pôle Emploi mettra le demandeur d’emploi au centre de sa réflexion, de son organisation et de ses objectifs, sans préjugé partisan sur les plans politique, social et syndicaliste, alors la structure et ses équipes acquéront leur vrai place. 

                              Un bénévole au service des demandeurs d’emploi.
                               


                                • chmoll chmoll 28 avril 2010 07:43

                                  voir l’avatar de chmoll,cette taule est inutile coute un prix fou, faut la fermer

                                  dans l’coin j’ai demander au maire si c’était possible, qu’une ou 2 personnes récoltes dans les environs , tous ce qui est emplois, stages, formation , et les distribues dans les boites aux lettres ou affichées en marie,il l’a fait, parait que ça a été éfficace

                                  pourquoi pas généralisé cette opération dans s’pays ? la fermeture de paul, pourraot généré de fameuse économie, qui pourrait payer un ou 2 salaires a ces personnes qui vont faire la récolte des offres en tout genre

                                  fin s’que j’en dit moi ?


                                  • poetiste poetiste 5 mai 2010 10:43

                                    Ah ! Enfin, on dit ce que tout le monde sait depuis 30 ans : l’ANPE et Pôle emploi n’ont jamais servi qu’à se débarrasser du problème du manque d’emplois en délégant cette impuissance à ces deux organismes.
                                    Vous n’avez pas d’emploi, alors on en crée quelques uns qui vont vous faire patienter ad vitam eternam ,vous ballotter, vous promener, vous assister, vous faire faire des stages onéreux sans débouchés et même...Faire des stages de lutte contre le stress car il n’est pas facile de errer sans but, dans la désespérance continuelle.
                                    Voilà le négatif du négatif dont le parti socialiste est complice, en ne prenant en considération que le jeu électoral et les apparitions inopportunes et légères à la télé. Réponse : on ne crée pas de la richesse, on partage le non emploi. Méthode Martine Aubry.
                                    Ségolène a fait 60 pour cent dans sa circonscription. Elle s’est effacée pour faire du concret, a favorisé les scoops. Ah ! Mais sa langue a fourché une fois, elle a dit : « bravitude ». On voit où on en est à cette atteinte par un seul mot du travail positif. Les médias avaient quelque chose à dire de drôle pour se faire de l’indice d’écoute et ses adversaire de droite étaient aussi de la curée. 60 pour cent : il y a bien une raison !
                                    Le plein emploi est la calamité pour les spéculateurs et ceux qui partent avec le salaire et l’outil de travail. Eux, ils en trouvent du travail et au prix minimum.
                                    Les damnés de l’emploi ont à se rejoindre et forcer les politiques à prendre des mesures originales au delà de leur handicap de consommateurs.
                                    On veut ou on ne veut pas, à la base, provoquer un changement de cette absurdité ?
                                    That is the question !

                                     


                                    • leshad 27 mai 2012 00:27

                                      Pole Emploi devrait montrer l’exemple et prendre soin de ses agents. Le bien être des employés s’avère déterminant dans leur productivité. 


                                      L’entreprise dispose d’un arsenal d’avantages à proposer à ses salariés et les meilleures entreprises ne sont pas forcément celles où les salaires sont les plus élevés. Par exemple un salarié qui bénéficie de tarifs réduits sur les produits de l’entreprise se sent valorisé et va s’impliquer d’avantage dans l’amélioration des services ou produits fournis par son employeur, puisqu’il en est lui même client.

                                      Motiver les troupes chez Pole Emploi en s’inspirant des avantages à travailler dans les meilleures entreprises parait indispensable !

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