Il y a divers degrés de qualité de limitation du pouvoir
des élus (contre-pouvoirs, séparation des pouvoirs, contrôles, etc…). Il peut y
avoir différents degrés de quantité de
pouvoir que le peuple conserve (et ne délègue pas à ses représentants).
Mais la question cruciale est de savoir qui décide ce sur
quoi le peuple peut décider. Le peuple, peut-il décider quels pouvoirs il
délègue à ses représentants et lesquelles ils conservent (par exemple le
pouvoir d’intervenir en tout temps dans les affaires publiques grâce à un
véritable droit de référendum d’initiative populaire). Le peuple peut-il
décider les règles du pouvoir ?
Si c’est le peuple qui décide ce sur quoi le peuple peut
décider, alors c’est une démocratie (comme en Suisse), sinon ce n’est pas une
démocratie (comme en France).
C’est d’ailleurs pourquoi il est si difficile en France d’introduire
un véritable droit de référendum d’initiative populaire : ce n’est pas le peuple qui
décide s’il a droit au référendum d’initiative populaire. Même si on peut y
arriver très indirectement en profitant du fait que les candidats sont en
compétition pour le suffrage populaire. Mais c’est malheureusement très
indirect, et ça ne marchera que si cela devient la priorité numéro 1 pour une
fraction suffisamment importante du peuple.