Ce que vous appelez éducation consiste à remettre au goût du jour tout un ensemble de valeurs, piétinées conjointement par la démocratie moderne et les forces du marché, un relativisme plébiscité par la première pour répondre à l’injonction égalitaire, par les secondes parce que ce que veut le peuple dans son ensemble rapporte toujours beaucoup d’argent.
Plus généralement ce n’est pas l’idée de « peuple » qui me répugne, bien sûr, c’est l’idée de dire que l’on peut se défaire du concept d’« élite ». On a tendance à ne comprendre que le sens péjoratif du terme « oligarchie ». Du grec, ceci se traduit par : gouvernement du petit nombre. Comment imaginer un gouvernement du grand nombre ? Comment, autrement dit, mobiliser autant de monde durant le temps imparti à une activité politique dûment honorée ? Non seulement la politique demande beaucoup de temps et donc d’abnégation, mais elle requiert chaque jour davantage de connaissances qui, quoi que vous disiez, me semble bien loin d’être assimilées par nos concitoyens.