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louis mandrin (---.---.36.85) 10 janvier 2007 12:40

Dans le contexte de mondialisation actuel, la culture est une marchandise comme les autres. On a bien vu les enjeux monétaires de cette appropriation par le « grand capital » des biens culturels, sous quelque forme que ce soit, notamment avec l’épisode rocambolesque et pitoyable de la loi DAVDSI, où le poids des majors a lourdement pesé et aliéné les droits fondamentaux des « consommateurs » à accéder à la culture. L’accès à la culture, qui se doit libre pour chacun, devient un outil de contrôle et de verrouillage fort des masses, car il véhicule, en plus de la simple satisfaction personnelle de la curiosité, de la passion, l’accès à l’information, à la formation, à l’intelligence et à la compréhension du monde.

Or, les grands, ceux qui prétendent vouloir diriger le monde et nos vies, en devenant ordonnateurs de nos gouts, ne tolèrent aucunement la liberté de choix, le libre-arbitre et surtout le libre accès à l’information, car c’est en contrôlant l’information au sens large que l’on contrôle et surtout qu’on manipule aisément les masses. Cette appropriation de la culture au profit économique et exclusif d’une élite n’est que la partie émergée de l’iceberg inquiétant de cette sociètè ultra-libérale que l’on veut nous imposer à tout prix, et surtout au détriment de nos libertés. Le peuple n’a plus le droit de se cultiver hors des chemins balisés du consumérisme corporatif (des grandes corporations, des majors), qu’il tente de le faire via internet, et on criminalise le p2p, le téléchargement libre d’ouvrages tombés dans le domaine public (disparition entre autre de « blackmask », l’un des sites les plus riches en ouvrages du domaine public dans toutes les langues du monde, on y trouvait des oeuvres complètes de jules verne, de georges sand, de victor hugo (entre autres) sans débourser un centime, insupportable pour les majors de la distribution littéraire électronique payante, le site, américain, a été déclaré illégal, une source de culture gratuite phénoménale s’est tarie devant les pressions financières des nantis).

Cependant, le résistance s’organise peu à peu, les méandres de la toile permettent encore de s’affranchir de ce diktat des grands groupes internationaux, via des moyens qui deviennent de plus en plus illégaux, assimilant les « questeurs de culture » aux grands criminels de la finance, de la drogue et de la prostitution sous toutes ses formes. On commence à vivre dans les affres de « Farenheit 451 », ou posséder un livre ou la connaissance est une crime sévèrement puni, on se croirait revenu aux pires heures de la dictature stalinienne, à la différence que cette fois, c’est le capital qui dicte sa censure. Cela n’a pas empêché la publication de l’oeuvre de Pasternak, le docteur Jivago, par un éditeur milanais courageux, ni la parution de Soljenitsine et la découverte du goulag. J’ai confiance en mes congénères, ils sauront trouver une solution, un moyen de vaincre ce monstre sans tête qui prétend nous broyer dans l’uniformité des gouts, des genres, de la pensée, et où la culture et l’art ne seraient que l’apanage d’une poignée de nantis, de riches esthètes, le peuple d’esclaves que nous sommes, étant assimilés à des animaux pour qui la culture et la sensibilité de l’art ne sont pas indispensables.

Qu’ils bâtissent des tours d’ivoire pour y enfermer les biens de l’humanité, des cités où ils vivront loin de la masse grondante et sale, pouilleuse et inculte, il y aura toujours un être humain pour se dresser, tel Spartacus, contre la tyrannie et l’asservissement, si ce n’est des corps, des esprits...

Le peuple ne regardera pas indéfiniment la poignée de riches se gaver sur leur dos bien longtemps.


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