Le point n’est pas dans les noms. Mais dans l’appareil même du Front National. C’est une structure particulièrement organisée ; solide, redoutable. Ne serait-ce que dans la dialectique. Que peu d’hommes politiques ont jusqu’ici réussi à contrer. A ce point, d’ailleurs, que Jacques Chirac refusera le débat d’entre-deux-tours de 2002, parce qu’il avait beaucoup à y perdre. Il n’a pas refusé ce débat au nom de valeurs républicaines, mais parce qu’il savait qu’il serait mis en difficulté par JM Le Pen. Ça, c’est la vraie version.
Des noms ? Et au MoDem, à part Bayrou, vous pouvez citer qui ? Concernant Debout La République, à part Dupont-Aignan, vous connaissez qui d’autres ? Et au NPA ? Au Front de Gauche ? Ce point de vue est strictement médiatique .. Qui connaissait Jean-Pierre Raffarin avant qu’il ne soit nommé Premier ministre en juin 2002 ?
L’important c’est la structure, l’impact, les thèmes développés, comment l’opinion reçoit tel discours. De ce point de vue-là, depuis 1984, le Front National n’a cessé de tisser sa toile. Et, avec un argument de poids : nous, nous n’avons jamais été « aux affaires ». Il joue la carte de la virginité .. C’est oublier Toulon, Vitrolles, Marignane .. Mais c’est du local, ils le taisent ... Il ne faut pas sous-estimer le Front National. Sa puissance est plus grande qu’en 2002. Les souffrances sont plus aiguës. Ce n’est pas une question de noms, mais de choix politique.
D’autre part, nous sommes dans un monde en crise. Les extrêmes gagnent des points partout en Europe. On pourrait faire la comparaison avec les années 30, ce ne serait pas déplacé, ni injurieux. Seulement l’Histoire.
Nonobstant, on ne peut pas oublier le contexte international. Là encore, on joue sur les peurs. L’islamisation (voyez la Une des hebdomadaires, des JT, etc.). Souvenez-vous que JM Le Pen est arrivé au second tour d’une présidentielle, 7 mois après les attentats du WTC. Dans un contexte anxiogène. Il est plus grand encore, aujourd’hui.