Merci à toutes ces nombreuses réactions. Je n’ai jamais vu un article (en dehors de la thématique Sarkozy depuis 2-3 mois) produire autant de réponses : cette vague de réactions sera ma première réponse aux personnes qui doutaient de la pertinance d’un tel sujet. Oui, la peine de mort reste une question d’actualité, et merci de ne pas restreindre à la seule France votre réflexion. Cet article reprenait des éléments « extra-hexagonaux », je ne comprends dès lors par très bien la critique de Cambrone qui réagit : « Question à cent balles : Est ce que notre »président démagogue« serait en passe de rétablir la peine de mort pour faire plaisir aux derniers frontistes ? Il me semble que non et je ne comprend pas l’intérêt de cet article. » Bien sûr, on peut discuter de si Sarkozy était bourré ou non, mais il se passe quantité de choses en dehors de ton président.
@NPM : je ne débats que lorsqu’il y a matière à débattre. Si tu décides de simplement vomir ton dégoût de ma position, est-ce que j’ai quelque chose à te répondre ? Pas d’argument, pas de réponse. Tu sembles d’ailleurs coutumier du fait, je ne te ferai donc pas bien grande injure en ignorant tes commentaires.
@Tama : « Lorsque je discute avec des connaissances de travail de la pertinence de la peine capitale, je me vois souvent opposer [...] un discours violent, haineux, brutal. » C’est toute la difficulté du sujet. Les ONG militant contre la peine de mort aux USA ont d’ailleurs décidé de ne plus du tout défendre leur position sur le terrain de la moralité, puisque le débat est beaucoup trop passionnel et passionné pour aboutir sur débat d’idées. S’avancer sur la morale, c’est transformer le débat en débat de valeurs. Et on s’enfonce dans la catastrophe, la plupart du temps :) Je crois qu’au final c’est une réaction très infantile, issue d’un univers manichéen dans lequel se débattent les pro-peine de mort : soit tu es avec moi, soit contre moi et défenseur de facto des criminels. La discussion est impossible à ce niveau, et dans mon expérience, c’est 9 fois sur 10. Et pour 8 fois, il s’agit de personnes qui n’ont jamais été confrontés à une situation pouvant mener à une peine de mort. Incroyable...
@L’enfoiré : entièrement d’accord :)
@Dominique Dutilloy : « malgré vos arguments tendant à expliquer les positions des pro-peine de mort et celles des abolitionistes, je suppose que vous êtes contre la peine de mort... » Si je reprends les arguments des pro-peine de mort, c’est uniquement pour les réfuter. Je suis profondément abolitionniste, je crois que mon article est très clair là-dessus :)
« Cependant, j’aurais souhaité que cette peine de mort fut remplacée par une peine de prison à vie incompressible ! Cette peine de prison à vie devrait être effectuée en cellule type QHS, les condamnés étant, contrairement aux autres détenus (qui ne sont pas coupables de meurtres), astreints au port d’une tenue obligatoire, à un enfermement effectif de 23 h sur 24, à une interdiction de visites... » C’est ce que proposent certaines ONG étasuniennes. Je suis mitigé sur l’emprisonnement à vie aussi, mais sans être non plus angélique : certains individus sont un danger pour la société, il faut s’en protéger. Je crois que cette peine doit être prévu, mais appliquée avec parcimonie. En France, les quelques guillotines sous Pompidou et VGE auraient allégrement pus être remplacées par une peine incompressible, il me semble.
@jakback : « Un si long billet pour enfoncer des portes ouvertes. » Au vu du nombre de réactions, il me semble qu’on est loin des portes ouvertes...
@ Bill : « Au fond la question est de savoir ce que tolère l’Etat. Tolère-t-il les viols et les meurtres ? Lui semble-t-il acceptable de garder des tueurs d’enfants en son sein ? La réponse est »oui« . Il les libère même au bout d’un certain temps. » Merci d’argumenter de manière chiffrée ce qui semble pour toi une évidence. Combien de « tueurs d’enfants » ont récidivé, par exemple. L’impression et la réalité sont souvent deux choses différentes.
« Ah oui, je n’ai pas lu l’article jusqu’au bout : si c’était de la mort de mon enfant par un criminel qu’il s’agissait, je le tuerai de mes mains, à mains nus, et croyez-moi, ce ne serait pas une partie de plaisir pour lui... » Merci de lire l’article jusqu’au bout. C’est incroyable, ça quand même, tu te sens tellement obligé de partager ton avis, que tu ne veux même pas savoir si j’y réponds ?
« Arf ! Toujours la même chose sous ce genre d’article !!! toujours une bande de petit-bourgeois pour venir faire la morale aux autres !!!! La société est de plus en plus violente, et cela vous touchera tous tôt ou tard. » Tout à fait d’accord. De garder la peine de mort a pacifié la Chine et le Texas. La peine de mort n’est pas une réponse à la violence.
@Seb59 : « CAR LA VICTIME (et la société) VAUT MIEUX QUE LE MEUTRIER !!! Mais ca, ca a du mal à rentrer dans toutes les tetes de bobo. » C’est assez classique, mais plutôt que de me traiter de bobo, lis mon article et réponds de manière argumentée. A ton attention toute spéciale, lis particulièrement l’avant-dernier paragraphe de la conclusion.
« Je reprend les memes arguments : 1- il s’agit d’un accident, ou d’une maladresse : il y a des circonstances attenuantes, la prison est faite pour cela ! » Donc la peine de mort n’est pas la solution pour ces cas. Nous voilà en accord.
« 2- c’est un meutre avec premeditation (ou viol,torture), sans legitime defense, sans raison passionnelle : la mort est l’issue la plus raisonnable. Elle empeche la personne de recidiver (tuer n’est pas la solution), elle confirme aux citoyens que cet acte est extremement grave et qu’il sera durement chatié. De plus , la loi du talion est appliquée, la peine est donc proportionnée. » Comme l’expliquait Badinter lors de son (avant ?) dernier procès avant l’abolition de la peine de mort, l’accusé qu’il défendait était présent lors d’un précédent procès (perdu, celui-ci) où l’accusé fût condamné à mort. Dissuasion sur la société : zéro. Je répète : zéro. Je peux te retrouver les faits, les noms et les dates très facilement, en cas de doute.
« 3- il s’agit d’un grave malade mental, un sociopathe, un psychopate : on ne pourra pas le guerir, ou etre sur qu’il est recuperable. Il est un danger et un poids pour la société. Quel interet de garder cette personne ? On la supprime. » Excuse-moi, je vais prendre le risque du point Godwin : c’est une position fasciste, que même les pro-peine de mort ne défendent plus aux USA. Décider de tuer ou non un individu en fonction de son utilité, c’est du fascisme. Il n’y a pas d’autre mot, j’ai bien cherché à poser les choses différemment, mais voilà.
« Maintenant, si tu as des meilleurs solutions pour gerer la montée de la violence, pour proteger la société et rendre une justice digne de ce nom et equitable, J’AIMERAI LES CONNAITRE. » Ah, mais non, c’est à toi de prouver que la peine de mort est efficace (fardeau de la preuve). C’est quand même le comble, la peine de mort est sensée être efficace, alors prouves-le moi... La peine de mort, encore une fois, semble avoir réduit la montée de la violence aux USA ? Une cécité pareille, c’est limite un handicap, ce qui ferait de toi un inutile. Je n’ose écrire la suite, soit ce que tu réserves aux inutiles.
@Max Pinticy : « gna gna gna ... si je te disais que si tu touches à ma petite fille je te colle une balle dans la tête, ça te fera débander sec. Le reste, c’est du bla-bla d’ignorant intello qui ne connaît pa grand-chose à la nature humaine faute d’expérience ad hoc. » Si l’Etat (parce que c’est de cela qu’il s’agit en l’occurence) se bornait à coller des balles dans la tête, où à menacer de le faire, notre société s’en porterait beaucoup mieux. Pas de doute. Dis-moi, sans vouloir te transformer en intello à mon tour, tu veux bien lâcher un ou deux arguments, ou est-ce que je dois tenir ton avis pour quelque chose d’intelligent qui contredit mon article ?
@ SegFault : « Bonne question des pro-peine de mort : »Et si c’était votre enfant ?« Mais pourquoi pas cette réponse : » Et si c’était votre enfant - qui par ses propres erreur ou par erreur judiciaire, se trouvais la tête sous la guillotine ?" 3 % d’erreurs judiciaires pour les exécutés aux USA, ça devrait dissuader toute personne de recourir à la peine de mort. Mais ce chiffre, il semble que personne ne l’aie relevé. Peut-être que pris dans l’énervement contre les pédophiles-pornocrates-dangers-pour-l’humanité, cette centaine d’exécutés à tort sont une quotité négligeable.
@ MCM : « La peine de mort, en règle générale, la gauche est contre et la droite pour. L’ennui c’est que souvent les même personnes qui sont contre la peine de mort : [...]Il faudrait au moins être cohérent ! Comment applaudir à la mort d’innocents et se lamenter à la mort de coupables ? Soit on ne tue personne, soit on tue tous ceux jugés indésirables. » J’ai essayé de modestement répondre à cela : ce n’est pas à l’Etat de décider de qui doit vivre ou mourir. Sauf lorsque la société est en péril, et on ne me fera pas croire qu’en remplaçant la peine de mort par une peine de durée incompressible la société est en danger. Ou alors, comme je l’ai écrit, c’est que les prisons ne sont pas sûres, et le débat se déplace sur un autre terrain.
@l’omnivore sobriquet : « Quelle drôle d’idée de se référer à Rousseau... » Pourquoi ?
@Kookabura « Prenons plutôt des exemples - Hitler et Goring par exemple, fallait-il les exécuter ? Pourrait-on justifier la peine de mort pour le terrorist que jette une bombe dans un café ? Ou pour le pédophile qui viole et tue plusières enfants ? » Très franchement, Hitler et ses cadres, Hussein et sa famille, Milosevic et sa clique, on peut vraiment trouver une peine adaptée ? Leurs crimes sont tellement énormes, que me semble voué à l’échec toute recherche d’équivalence (dans le cadre d’une justice-talion) à leur faire. Je reste persuadé que c’est la capacité à pardonner qui fait la grandeur d’une société. Et que d’ailleurs le pardon existe bien souvent en raison de la monstruosité des crimes reprochés. Milan Martic a été condamné à 35 ans de prison. Il a 50 ans, il est clair qu’il va y mourir. Y a-t-il vraiment besoin de le tuer ? Quelqu’un s’en sentira vraiment mieux ? Quant aux meurtiers de plus petite échelle, je crois avoir suffisamment dans mon article pour ne pas avoir à revenir là-dessus. Ou alors, il faut présenter des contre-arguments :)
@ Icks PEY : « Et bien le rapport il est là : c’est que si aujourd’hui les adpetes de la peine de mort sont encore nombreux, c’est que la justice publique ne joue plus son rôle. Ni la victime ni la société ne s’estime »réparé« par la justice publique. Or, si la justice publique poursuit sa route vers la décrédibilisation, c’est assurément le retour de la vengeance privée. » Le problème, c’est que jamais les proches victimes d’un meurtrier ne s’estimeront satisfaites. Tuer le responsable ne les contentera que pendant quelques jours ; auront-elles vraiment l’impression que justice est faite ? La justice ne pouvant revenir en arrière, elles resteront avec un poids incommensurable sur le coeur. Que rien, et surtout pas l’euthanasie judiciaire, ne viendra combler. Il faut réaliser qu’on ne peut réparer l’irréparable. D’autre part, si, pour prendre l’exemple français, il y a beaucoup de dossiers en attente, cela ne saurait justifier la peine de mort, mais plutôt l’engagement de plus de juge.
La peine de mort ne saurait répondre à un manque de moyen. Ce serait ignoble.
« Pourquoi certains commentateurs disent-ils qu’ils tueraient de leurs mains celui qui touche à leurs proches ? Tout simplement car ils savent (ou anticipent le fait de) que la justice publique soit sera inopérante, soit rendra une décision inadaptée. » Honnêtement, je pense que cette réaction vicérale est très irréfléchie. Dans le cas contraire, les faits divers seraient parsemés de gens qui feraient justice eux-même, et heureusement, ce n’est pas le cas.
Voilà, je ne pense pas avoir répondu à tout le monde, veuillez m’en excuser. Mais au vu du nombre de réaction, c’était mission impossible, et je n’ai rien de Tom Cruise :)
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