@Internaute,
L’impôt sur le capital pousse à l’usure des biens et des personnes. Il n’est plus possible de jouïr simplement de la vie en faisant le moins de bruit possible car pour payer l’impôt il devient impératif de gagner plus. Telle personne qui a des bois en Corèze devra nécessairement en abattre une partie pour payer l’impôt. Fini la ceuillette des champignons.
Tout principe de société, depuis la nuit des temps, n’admet pas l’oisiveté absolue ; mêmes les sociétés archaïques tribales.
Vouloir rêver une liberté absolue de cet ordre consisterait in fine à n’appartenir à aucune structure sociale ; ces dernières ayant toujours poussé à avoir des devoirs dans le cadre sociétal.
Celui qui part de zéro est bien plus dépendant de l’Etat que celui qui avance sur un patrimoine transmis par sa famille. Une famille qui a de l’argent peut faciliter des prêts et des cautions pour que ses enfants puissent acquérir un logement. A l’inverse, le pauvre dépend de la bonté du ministre qui oblige les banques à proposer des prêts bonifées et des facilités d’accession au crédit. Celui qui a de la fortune peut chosir librement son école et la payer. A l’inverse celui qui part de zéro est totalement dépendant de l’éducation nationale ; Il en est de même pour un tas de chose, le sport, les spectacles etc. Pensons aussi aux vieux. Les familles qui ont du patrimoine et des mètres carrés lotis prennent plus facilement en charge leurs vieux que celles qui n’ont rien. En conséquence l’Etat doit s’occuper des vieux de ceux qui sont partis de zéro.
Votre argument est recevable. Mais cette dépendance repose, si je comprends bien votre propos, sur le fait que la richesse individuelle est un facteur qui augmente ou restreint la liberté individuelle. Pour une société libérale, cela, à mon sens, pose problème.
La liberté individuelle passe par l’indépendance financière laquelle est grandement facilitée quand on a la chance de partir de quelque-chose.
Donc ... il n’existe aujourd’hui aucune société libérale au sens noble du terme, et non exclusivement économique.
Je sais que dans une époque où être riche est mal vu et où on tire à boulet rouge sur tous ceux qui ont un petit peu en plus que les autres ce commentaire est mal venu. Pour paraître "égalitaire" on enlève en fait toute chance à la grande masse d’améliorer son sort. Bien sûr il y a un tas de contre-exemples mais je parle en général.
Je ne crois pas qu’être riche soit une proposition suffisante pour expliquer le rejet qui existe aujourd’hui. Etre riche, voir très riche est mal perçu au regard de la grande misère qui se généralise dans une proportion de plus en plus importante de la population. Cela laisse penser, à juste titre à mon humble avis, que la richesse individuelle se construit au détriment des capacités de subsistance du plus grand nombre.
Vivre en société est la première des caractéristiques de l’humain, c’est aussi l’un des critères premiers qui permet l’évolution au delà de l’animal ; c’est aussi ce critère là qui a amené les principes d’échange et de compensations contingentes de nature économique. Vivre seul consiste à penser en tout premier lieu à sa propre survie. Vivre en communauté plus ou moins restreinte consiste à consacrer une partie de son temps pour les besoins généraux de la dite communauté. Toute l’histoire de l’humanité est empreinte d’éléments démontrant cette tendance.
La tendance d’aujourd’hui prends totalement à contre-courant ce principe. Chacun souhaite tirer un profit personnel de la communauté en ne donnant si possible rien, du moins le moins possible. Cette mentalité est inhérente au mode de fonctionnement économique de nos sociétés (homo oeconomicus) ; l’être humain a une capacité d’adaptation à son environnement qui est assez exceptionnel au regard des races animales.
Si nous voulions atteindre réellement une société libérale au sens noble, cela passerait donc par un accès à tous les éléments nécessaires à la survie moyennant une contingence établie de façon exacte (même approximativement exacte). Dès lors chacun pourrait faire ses choix en toute liberté. La problématique posée aujourd’hui est que la contingence nécessaire en contre partie des capacités minimales de vie ne cesse de croître ; non pour l’amélioration des biens de subsistance inhérentes à toute vie, mais à son encontre. Pire, nous en arrivons même à pousser nombre d’individus à respecter leur contrat social au-delà de la contingence minimale sans que cela ne le permette d’avoir les biens de subsistance nécessaire à leur survie.
Certes nous dépassons là le sujet relatif aux droits de succession, mais pouvons-nous ne raisonner que dans en espace limité sachant que tout se tient.
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