Oui, je suis d’accord !
Je suis moi même un ex comptable/gestionnaire des collectivités territorriales, actuellement en cours de retour à la terre comme paysan bio, arboriculteur fruitier plus exactement.
Effectivement, certain bios ici en Finistère font suer le burnous. Si vous n’allez pas assez vite sur les échalottes, vous êtes virés au bout d’une heure. C’est la course au gigantisme sans fin (en hectares). A tel point qu’il y en a qui se retrouvent au mois de janvier à arracher les pommes de terres. Certains gagnent suffisamment d’argent pour acheter à tout va de l’immobillier d’habitation.
Commes si cela ne suffisait pas que la plupart des conventionnels cultivent le maïs (une aberration en Bretagne) et le blé dans des « rotations » de cultures merdiques, sur des sols où les vers de terre ont disparu (10 ans pour les faire revenir) ; où le sol est tellement mort que plus rien ne pousse sans engrais azotés, machin et tout, et amènent les algues vertes sur les plages)
Je ne parle même pas des semences dégénérées pour rendre l’agriculteur dépendant.
Le genre de plantes sans vigueur qu’il faut traiter obligatoirement contre les maladies parce qu’elles sont trop faibles et qu’elles chopent tout ce qui passe, ce qui arrange bien les marchands...
Ce que je veux dire, c’est que s’il n’y a pas d’engrais et de produits phytosanitaires, le maïs ou le blé crèverait tout seul... juste par sa faiblesse et/ou les sols morts (comme les plants de tomates ou les patates achetés chez Truffaut).
De la surenchère de tracteurs hypertrophiés (comme les 4x4 en ville), des crédits bancaires à l’image de ces tracteurs, qui poussent à la croissance sans fin pour pouvoir rembourser.
Comme le dit Jean-Claude, beaucoup ne sont plus des paysans, ils sont juste devenus des fournisseurs dépendants d’un système agroalimentaire oligopolistique (voir affaire du prix du lait)
Je crois que le rôle du paysan a été perverti.
Il devrait s’occuper de fournir de la bonne nourriture à proximité et avec le moins d’intermédiaires possible. Les gens de sa commune par exemple.
Ce côté social a été oublié. Voir la tronche du type qui cultive les légumes et fruits que l’on mange, c’est important, non ? C’est mieux que des tomates d’Almeria en hydroponique sans goût et ont le transport est polluant.
Nous n’avons pas besoin des hypermarchés pour la bouffe !!!
A noter qu’au lycée Suscinio de Morlaix, ils ont des hectares de choux magnifiques, sans appliquer aucun traitement (et oui, en plus de la lutte biologique, on traite bio, en bio) j’ai vu sur une parcelle de choux pommés environ 95% de choux vendables. Magnifique !!!
Effectivement, nous sommes en pleine aberration systémique.
Ce système industriel ne durera plus très longtemps, parce que bientôt, les sols seront si morts que la culture plein champs sera comme la culture hors sol en hydroponique : sans intrants nutritifs, rien ne pousse, même pas les mauvaises herbes. En pas mal d’endroits, c’est déjà le cas.
Imaginez la suite... .. .
Et moi, pendant ce temps, c’est la misère pour trouver quelques hectares de terres où planter des arbres fruitiers
Voilà, je me suis lâché, c’est le coeur qui parle !
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