.... Le fascisme ne devient brutal que dans son développement. A sa base, il avance prudemment, et ne se signale que par des coups de force qui servent de test (voir « L’œuf du serpent).
La question n’est pas celle de son épanouissement, mais celle de ses prémices. La non-résistance des victimes, dès les premiers pas ne relève, à mon sens, nullement de leur naïveté, mais de leur adhésion au modèle proposé : le gagnant, le gagneur, le chef, le meilleur, le héros, voire de nos jours, le milliardaire. (C’est d’ailleurs en quoi le propos sportif, ou celui sur l’ascenseur social et ses raccourcis : loto, poker, sont gravement fascisants). La mise sur piédestal de ces figures »idéales", c’est la valorisation de tous les esclaves du résultat, et la négation des tenants de l’art de vivre. C’est l’association à ces images, leur intégration par les asservis volontaires qui les fait solidaires de leurs bourreaux et non de leurs égaux.