L’endettement des Etat occidentaux ne date pas de 2009, mais de la première crise pétrolière en 1973. Les pays anglo saxons, au début des années 80, ont fait les efforts budgétaires pour contrôler leurs dépenses et y sont arrivés au prix de crises sociales dures et d’une régression de leur pouvoir d’achat. La France quant à elle, plus frileuse, a acheté une paix sociale à crédit. Même durant les cycles de croissance, elle n’a jamais été capable de produire un budget excédentaire permettant de rembourser la dette.
Les efforts des pays du Nord ont payé, leur chômage a diminué fortement et leur croissance a redémarré. Nos choix dans les années 80 ont été opposés. Nous avons développé les emplois aidés, la fonction publique, poussé aux études longues et malgré tout conservé un taux de chômage supérieur à nos voisins du Nord et de l’Est de l’Europe.
Est venu s’ajouter à la charge de la dette publique une politique keynesienne de relance par taux faibles et défiscalisations qui a propulsé les prix de l’immobilier de 180% en 10 ans. La charge des primo accédants pour acquérir un logement est devenue irrationnelle. Les emprunts de plus de 20 ans pour des logements sous dimensionnés sont devenus une norme.
Ces deux phénomènes combinés conduisent à l’insolvabilité des ménages et de l’Etat. La cession d’actifs nécessaire pour rembourser les dettes va entraîner une réaction en chaîne due aux besoins de liquidité. L’ Etat, obligé d’augmenter la ponction à des niveaux encore inconnus (56% aujourd’hui, probablement les deux tiers des revenus dans 10 ans), va déprimer la consommation et l’épargne. Les retraites des fonctionnaires babyboomers arrivant en masse en fin d’activité bien évidemment ne seront pas financées, puisqu’elles n’ont pas été provisionnées. Les banques, engagées dans toutes l’Europe sur des actifs toxiques, ne pourront récupérer leurs avoirs et l’Etat ne pourra les renflouer à nouveau. L’épargne, qui aurait dû venir au secours des systèmes de retraite par répartition défaillants, sera grévée des nouveaux impôts, défaillances des banques et déflation de l’immobilier et des bourses.
Trichet n’exagère pas lorsqu’il affirmait hier qu’il s’agissait de la crise la plus grave depuis la seconde guerre mondiale.