C’est l’histoire d’Adam et Ève.
Quand l’enfant naît, il est comme au paradis, tout l’émerveille, il veut toucher à tout, explorer le monde dans tout ses recoins. Un jour, il fait une bêtise, il a touché à ce qu’il ne devait pas (c’est la pomme de discorde) et son père le gronde.
L’enfant en veut à son père de ce qu’il perçoit comme une méchanceté, mais en même temps il voit bien que son père l’aime, puisqu’il le nourrit. Il a un sentiment ambigu. Ou il réagit par l’orgueil, ou il s’en veut. En général, c’est les deux. L’orgueil montré à l’autre, et la culpabilisation en soi.
Puis il apprend qu’il devra travailler, qu’il devra devenir indépendant. Or il ne sait rien faire, il se sent insuffisant, petit, faible : il est timide et complexé. Très long, cette sortie de l’enfance, cela laisse une marque à vie.
Ainsi, je vois le péché originel comme un hyperbole de la sortie de l’enfance. Chacun vit à peu près la même histoire, c’est universel. Cette histoire oblige une résolution.
Antiquement, la loi du Talion poussait à la Vendetta, d’où des sociétés très violentes. Il aura fallu un homme pour montrer le bon exemple jusqu’au bout et malgré tout.
La résolution chrétienne (Notre père nous aime, il l’a fait pour notre bien) a su éradiquer la violence familiale, abolir les interdits absurdes (alimentaire, ...), ce qui a pu développer la capacité d’innovation tout en restant fidèle aux principes, plutôt que la capacité d’imitation en restant fidèle à la loi, bref, une société de l’intelligence, plutôt qu’une société de l’obéissance, une société de libération des Êtres, plutôt qu’une société de soumission.