C’est beau ce que tu dis Aarfit.
Ce manichéisme bien/mal, pur/impur,... est profondément ancré et n’est pas propre aux musulmans.
L’athée lui-même n’en est pas protégé, bien qu’il s’en défende.
Maintenant, le problème est comment se sortir de ce guépier, créé surtout par la classe politique qui, du fait de la démocratie et de sa recherche de suffrage se plie préventivement à organiser ce qu’elle croit que les électeurs pensent (et comme la classe politique croit que les électeurs musulmans désargentés veulent des lieux communautaires, elle autorise des constructions de mosquées avec des financements étrangers - Turc, Arabie, Maroc, Algérie).
Historiquement, la France n’était pas démocratique, le système était différent, l’autorité était indépendante de toute élection, donc la démagogie et le clientélisme pour arriver au pouvoir n’existait pas. L’église n’était rien d’autre que l’administration d’état.
Un des soubassements de l’occident (chrétien) ayant permis quelque progrès était les universités.
Il faut savoir que le mot à changé de sens (big brother est passé par là). Universel, à l’origine vient du latin universum, qui signifie « tourné d’un même élan vers »), c’est donc une question de but. Avec le temps, universel a finit par signifier « commun à toute nature ».
Une université signifiait donc une assemblée se réunissant régulièrement en conférence, où les gens venaient aplanir leurs différents, par la négociation directe entre eux en faisant valoir leurs intérêts propres. (latin cumferre -> porter ensemble, differre -> proter en des sens divers). La politique n’était donc pas abstraite comme aujourd’hui, ni porté par des intermédiaires, mais concrète et porté par chacun (je défends moi-même mes intérêts au sein du corps social auquel je participe). Le but de l’autorité était d’être une instance d’appel et de régulation des intérêts particuliers au regard de l’intérêt général.
Il n’y avait pas vraiment de loi écrite, mais une politesse partagée et l’idée qu’il fallait trouver des accommodements raisonnables pour chacun, sans atteindre à l’intérêt commun.
L’université a pris son sens moderne comme abréviation de universitas magistrorum « corporation des maîtres », universitas magistrorum et scolarium « corporation des maîtres et des étudiants ».
Malheureusement, la révolution a crée une caste, qui s’est emparée du politique en le réduisant à faire des lois à visée abstraite et « universelles » (en fait, uniformisantes). En soumettant le politique à l’élection, elle a poussé l’homme politique a devoir se mettre en avant pour s’attirer les faveurs de l’électeur (instituer -> mettre dedans, constituer -> mettre ensemble, destituer -> démettre, restituer -> remettre, prostituer -> promettre, mettre en avant). Bref, cela sélectionne les « putes » politiques...
Voilà comment à 700 ans d’écart, la France est passé d’une pratique des universités (tous les voisins négocient par le débat et le discours pour s’entendre au-delà des différences), à une pratique des diversités (les gens s’assemblent sélectivement selon leurs ressemblances (supposées), et négocient directement avec le pouvoir dans un concours et un combat face aux autres « diversités »).
A mon avis, c’est voué à l’échec et les musulmans devraient se garder d’accepter les flatteries électorales venant de nos tartuffes politiques, même s’il peuvent y voir un intérêt immédiat. Je préfère quelqu’un d’honnête même un peu dur à mon égard, qu’une pute hypocrite qui m’utilise pour ses fins personnelles.
Si nous sommes différents à la base (nous nous portons en des sens divers), cela signifie que nous ne pouvons trouver une unité que par des buts communs.
L’universel, c’est une pratique. La France s’enorgueillit de ce mot qui tient une place particulière en son histoire, mais en pratique, elle fait tout à l’envers.
Cordialement.
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