Cher Moraucon,
J’ai du mal à suivre vos commentaires confus et changeants, mais le dernier est passionnant, car il exprime bien un des « maux intellectuels français », celui de l’incompréhension des situations et de leur contexte.
Vous connaissez certainement cette phrase célèbre d’un scientifique évolutionniste qui avait résumé la théorie de Darwin en disant : « en France, certains s’interrogent encore sur qui était là le premier, de l’oeuf ou de la poule qui le pond. Le problème scientifique n’est pas que des gens se posent cette question, mais le fait que la question puisse être ainsi posée ».
Il est ainsi étonnant que vous n’ayez pas compris que l’article insère la crise de l’euro, cause et conséquence de crises autres, dans son contexte mondial de même nature.
Dans la réalité, une crise financière est toujours à la fois la conséquences d’autres crises dans la société du moment, mais aussi le cause de crises diverses en aval.
Ne pas savoir cela relève d’une absence de prise en compte de l’histoire connue du monde.
Ainsi, en France, quand Philippe le Bel ou Louis XI réduisaient la valeur monétaire unitaire en la refondant afin de se donner des aises budgétaires indispensables à leurs yeux, ils ne le faisaient que parce qu’avant, il y avait eu, au choix ou ensemble une crise de disette, une crise militaire, un danger de faillite de l’Etat, des révoltes paysannes et/ou urbaines. Après la réforme monétaire, d’autres crises surgissaient : crise du crédit et des banques, dettes à recreuser immédiatement, inflation, nouvelle émeutes populaires, etc....
Je vous suggère donc de cesser de louvoyer entre des commentaires « insensées » au plein sens du mot, de regarder faits et réalités, par exemple la note de la Grèce à ce jour, les propos de Nouriel Roubini, les problèmes du déficit abyssal des Etats-Unis, les émeutes en Chine du Sud.
Partir de la réalité, c’est pouvoir la comprendre (Hegel)
Bien cordialement,