Bah disons qu’il y a avant
et après le grand amour ; il suffit d’une seule fois que la chose se
produise, se manifeste sans que nous calculions quoique ce soit, que l’on peut
se rendre compte, qu’avec le recul, qu’avant, c’était bien, une « vie de
merde » d’un point de vue
sentimental et affectif. Il y a de quoi être dégouté, sentiment de dégoût qui s’ensuit pour la vie d’avant, valable aussi bien
pour l’homme que pour la femme. Comme s’est rendu compte le libertin jouisseur,
blasé, quoique toujours en quête d’ occasions pour tromper son ennui, vicomte de Valmont dans Les
liaisons dangereuses, après avoir été touché en plein cœur par la vertueuse Mme de Tourvel. L’amour nous sauve de nous même, pour notre bonheur ou
notre malheur, mais qui au moins nous aura apporté une certitude : nous avons
connu une grande partie de l’essentiel dans cette vie.