Le discours commence encore par une citation de Mitterand (quelques applaudissements dans la salle, rares, mais, tout de même, des applaudissements) sur la guerre économique sans merci que les États-Unis livreraient à l’Europe. Puisque l’orateur déplore à juste titre le manque de profondeur de l’analyse politique actuelle, il serait plus juste à cet égard, pour prendre vraiment de la hauteur, de dire que des multinationales à façade états-unienne se livrent à une guerre sans merci contre l’Europe, qu’elles ont contribué à créer en tant qu’Euroland. Et les auditeurs semblent découvrir actuellement l’existence de cette guerre économique. M. Asselineau, lui-même, ne semble l’avoir découverte qu’à la fin des années 1980, à la lecture des mémoires du caméléon de Solutré. La droite nationale la dénonçait dès la fin de la seconde guerre mondiale. L.F. Céline, dès 1944.
L’hommage qui est ensuite rendu allusivement à Madame, dont une photo s’affiche à l’arrière-plan, a quelque chose d’ironiquement révélateur dans le rassemblement d’un homme qui se présente comme le champion exclusif de l’indépendance de la France, puisque l’épouse du caméléon de Solutré ne se préoccupa jamais beaucoup de la France, toute l’action politique et diplomatique qu’elle mena à distance de son mari s’étant concentrée sur l’Amérique du Sud et sur l’Afrique, ce continent où, comme on sait, un de ses fils a connu une brillante réussite et sur lequel les politicards ont les yeux rivés.
On en vient ensuite à de Gaulle qui peut certes apparaître lui aussi comme un champion de la souveraineté française, quand on s’arrête à son image d’Epinal.