Ce pacte de compétitivité est décidément mal ficelé, pour que même un libéral qui en partage pourtant l’inspiration essentielle puisse le dénoncer avec autant de virulence !
Pour le reste, c’est hélas l’habituelle collection de clichés des thatchériens à la française. Des slogans politiciens simplistes qui ne reposent sur aucun fait tangible.
Par exemple, s’agissant des congés, soit vous êtes mal informé, soit vous mentez délibérément. La différence n’est pas entre public et privé (hors cas particulier des enseignants) mais entre cadres et non cadres. Les premiers, plus que les seconds, dépassent la durée légale hebdomadaire du travail, et bénéficient en conséquence de jours de RTT. La différence entre privé et public, à niveau hiérarchique équivalent, est dérisoire.
Concernant le « conflit d’intérêt » des parlementaires issus de la Fonction Publique, sachez que certains élus UMP, grands adeptes des coupes aveugles dans les dépenses publiques, sont eux-même fonctionnaires... Votre idée est d’autant plus absurde que l’employeur (l’Etat) ne pouvant s’opposer à leur réintégration, il n’a évidemment aucun moyen de pression sur eux.
S’agissant du système de retraite, les paramètres sont trop différents pour qu’une comparaison soit pertinente. Certains sont plus favorables dans le public (prise en compte des six derniers mois de salaire pour le calcul de la pension), d’autres au privé (intégration des primes, ce qui n’est pas le cas dans le public, au grand préjudice des cadres...). Et quand bien même le système du public serait plus favorable, pourquoi faire l’alignement par le bas, comme on a déjà largement commencé à le faire ?
Vous stigmatisez « l’état incompétent ». Il ne me semblait pourtant pas que les grandes banques anglo-saxones dont je n’ai pas besoin de vous rappeler les exploits, étaient publiques...
Un dernier cliché pour la route, « l’Etat qui ne crée pas de richesses ». Pourtant, si vous êtes vraiment entrepreneur, vous êtes bien content de profiter des compétences de vos salariés, pour la formation desquels l’Etat a investi (employer des analphabètes, ce n’est pas évident !), de bénéficier d’infrastructure de qualités, etc. Si l’Etat n’était qu’un fardeau, la Somalie, où il est inexistant, serait le paradis des entrepreneurs !
Quand pourra-t-on lire ici un libéral doté d’un minimum de rigueur et d’honnêteté intellectuelle ? Cela serait bien utile à la qualité du débat. En attendant, votre discours, c’est le café du commerce de Neuilly-sur-Seine !