Croire que l’élection d’un président de la république, de quelque bord qu’il soit, va rendre aux individus leur liberté, la joie et l’enthousiasme par un coup de baguette magique, est d’une très grande naïveté, pour ne pas dire plus. J’ai fait partie, comme toute ma génération, des gens qui ont tout espéré de l’élection de François Mitterrand en 1981. Pendant les trois mois qui ont suivi, plus de trois quarts de la population a vécu dans l’euphorie. Et puis Delors est venu appliquer sa politique d’austérité. On est revenu à la normale. La grisaille s’est à nouveau imposée à nous.
Autre exemple vécu : j’étais à Dakar lors de l’élection de Wade, en 2000. Là aussi, tout allait changer. La liberté, la démocratie, le bonheur, la prospérité... Sept ans plus tard, des centaines de jeunes gens désespérés fuient le pays à bord de pirogues pour tenter de venir se réfugier ici.
Arrêtez de croire que Ségolène ou Sarkozy vont guérir les paralitiques ! Ce ne sont que des politiciens, et des êtres humains ordinaires. Sans vouloir réduire leur rôle exagérément, il faut se garder de trop en espérer si l’on veut éviter de devoir les vilipender ensuite.