« Du moment que vous n’aimez pas ce que vous faites, travailler devient une corvée insupportable »
Petit extrait — un tantinet provocateur — d’un bouquin que j’ai commis naguère :
"À cet égard, n’en
déplaise aux âmes bien pensantes, il faut reconnaître que le mariage est l’une
des formes les plus répandues de la prostitution.
Avec le travail, lorsqu’il est subi. Vendre son cul, vendre ses muscles,
vendre sa tête, quelle différence ? Seul le plaisir exonère de la
prostitution. Plaisir de faire l’amour, de bâtir, de diriger, de travailler
tout simplement. Dès que le plaisir s’estompe puis disparaît pour céder la
place à une dépendance purement vénale ou à une routine déprimante, la
prostitution triomphe. Une prostitution admise, codifiée et affublée d’un
faux-nez, celui de la « réalisation par le travail ». Un leurre pour
ceux, toujours plus nombreux, qui se réfugient dans la vie associative ou les
activités extra-professionnelles pour fuir cette aliénation. En définitive, la
majorité d’entre nous sont des putes qui s’ignorent. Et nous n’y pouvons
rien : tout notre système socio-économique est basé sur cette
réalité !"