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JC. Moreau

JC. Moreau

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  • Premier article le 07/02/2007
  • Modérateur depuis le 15/02/2007
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  • JC. Moreau JC. Moreau 26 octobre 2009 13:05

    @ Wesson,

    Le problème avec votre définition très hospitalière de la résistance - puisque vous qualifier de « résistance » tout ce qui consiste à braver une "interdiction officielle basée sur les loi existantes"- est qu’elle peut tout aussi bien inclure des luttes politiques que des actes de pure délinquance ou de criminalité.

    Ceci étant précisé, je reviens sur ce que vous m’avez répondu dans un langage particulièrement fleuri  : "Évidement, la rhétorique de tout gouvernement cataloguera les résistants en terroristes, ce qui est une constante d’ailleurs dans le discours de Vichy. Et la rhétorique des gens de droite est de transformer un authentique résistant doté d’une capacité de réflexion et d’analyse en un jouet imbécile d’un mouvement politique, ça c’est effectivement le but de cette controverse née en 2007 et reprise par vous.
    (...)
    C’est pourquoi votre polémique - même enrobée de toutes les justifications tendant à prouver la duplicité des dirigeants communistes - continue encore et toujours à sentir un peu la merde."

    Que je sache, la controverse au sujet de la duplicité des dirigeants communistes et du statut de Guy Moquet devant l’histoire n’a pas attendu Sarkozy. Pour ce qui est du statut de résistant, si j’ai bonne mémoire, cette question a posé problème même en droit administratif eu égard aux critères d’attribution des pensions militaires.

    Vous appelez Guy Môquet une résistant. Fort bien. Pour ma part, j’emploierai le terme de martyr.

    Enfin pour ce qui est de la rhétorique politicienne... il suffit à mon sens de voir comment le PCF a traité Paul Nizan pour comprendre que l’on puisse, moi parmi tant d’autres, relativiser le qualificatif de résistant aujourd’hui accolé au nom de Guy Môquet.

    Dès août 1939, Nizan dénonçait la signature du pacte germano-soviétique et quittait le PCF. Après s’être engagé dans l’armée quand les dirigeants du Parti en était encore à suivre aveuglément les directives de Moscou, il mourrait au combat en mai 1940 sous les balles allemandes.

    Et comment le PCF a-t-il traité Nizan, en particulier Aragon, celui-là même à qui l’on doit l’hommage à Guy Môquet dans « Le témoin des martyrs » ? Il fait courir la rumeur selon laquelle Nizan était un indic de la police, entretenant cette campagne de calomnie jusque dans les années 1970 !
    Vous me permettrez donc de considérer que les hommages très sélectifs du PCF, lorsqu’il s’est agi d’honorer la mémoire de la Résistance, procédait surtout d’une volonté de servir les intérêts politiques du Parti, en dressant une manière de veto moral à toute critique du Parti grâce au martyr des 27 de Chateaubriant.

    Et pour tout dire, du point de vue de la technique de propagande, il ne fait aucun doute que si le PCF a précisément élu Guy Môquet comme sa caution morale et s’il a dénoncé Paul Nizan à la vindicte des communistes, c’est parce qu’il existait bel et bien une différence notable entre les deux : le premier était « le jouet imbécile d’un mouvement politique » et donc un martyr communiste idéal ; tandis que le second était « un authentique résistant doté d’une capacité de réflexion et d’analyse » et qui avait par conséquent refusé de suivre le Parti dans sa compromission des années 39-40.

    A mon sens, on comprend mieux à travers cette comparaison l’intérêt idéologique du PCF (et de bon nombre de ses légataires contemporains) à dénoncer toute polémique au sujet de Guy Môquet en jouant l’air bien connu de la mémoire outragée. Peut-être continuerez-vous à ignorer le cas Nizan pour mieux répéter votre formule : « si en 39-45 vous vouliez être communiste, alors il fallait être résistant ».

    Mais dans ce cas, il ne faudra pas vous étonner de l’odeur incommodante ni être surpris par le fait qu’elle vous soit portée par vent d’est...

    PS : A titre d’information, s’agissant du Betar, je suis pour l’interdiction de ce mouvement au même titre que pour le GUD et la Tribu KA.



  • JC. Moreau JC. Moreau 25 octobre 2009 18:15

    @ Wesson,

    Vos félicitations seraient effectivement tout à fait superflues, pour ne pas dire encombrantes.

    En revanche, je ne serais pas contre quelques explications supplémentaires sur ce qui semble vous poser un véritable problème existentiel dans la présentation de l’article copié collé, sachant que je pensais avoir mis le lien vers l’article d’origine et qu’il n’y avait donc pas mystère dans mon esprit quant à la présentation de l’identité de son auteur.

    Bref, j’ai le vague sentiment que vous me tenez à me faire je ne sais quel procès d’intention, mais je n’en saisis pas encore tout à fait le chef d’inculpation...



  • JC. Moreau JC. Moreau 25 octobre 2009 17:54

    @ Wesson

    Un bref rappel des deux acceptions les plus courantes du mot « état » selon Le Petit Larousse : 1°- « Manière d’être physique ou morale d’une personne » ; 2° - « Situation d’une personne au regard du droit, de la religion ».
    Inutile donc de m’en retourner à la distinction entre l’inné et l’acquis pour affirmer que selon les termes de votre discours, « être communiste » est bien un état au sens où il s’agit de la condition d’une personne au regard de certains critères d’opinion, le premier d’entre eux étant « de se réclamer de la pensée communiste ». En résumé, l’ « état de communiste » auquel je fais allusion procède de l’adhésion à la critique du capitalisme et à la ligne politique du Parti.

    Or, le poème de Guy Môquet à partir duquel vous entendez démontrer son engagement dans la résistance ne contient rien de plus que les slogans du PCF en vigueur à l’époque, et témoigne au-delà d’un état d’esprit politique propre à cette époque : on pouvait bien s’accommoder de l’occupant si cela permettait d’imposer son modèle politique. Sur ce point, la direction du PCF n’était pas différente durant les « années sombres » de celle des partisans de la France vichyssoise : l’opportunisme politique, la perspective de tirer profit du statu quo prévalait sur la résistance contre l’occupant.

    Ensuite, si l’on suit votre argument selon lequel la seule interdiction du PCF octroyait de facto à tous les communistes le statut de « résistants », encore faudrait-il se montrer clair sur ce à quoi ils résistaient... Et expliquer en ce cas comment on pouvait être résistant tout en acceptant la collaboration avec l’occupant, à l’instar d’un Auguste Lecoeur.

    Enfin s’agissant de votre formule « si en 39-45 vous vouliez être communiste, alors il fallait être résistant », il faudrait également expliquer pourquoi les tractations Maurice Tréand et Otto Abetz avaient reçu l’aval de Duclos et de Moscou [Source : Roger Bourderon, Mai-Août 40 : de Paris à Moscou, les directions du PCF au jour le jour, Cahiers d’Histoire de l’IRM, n°52-53].

    S’agissant de votre comparaison avec l’Iran... Sauf nouvelle de dernière minute, l’Iran n’est pas occupé par une puissance étrangère, et la partie de sa population qui conteste le régime actuel a pour cela des raisons qui lui sont propres (au-delà donc des intérêts que certaines puissances étrangères peuvent avoir à renverser le régime en place). À l’inverse, dans la situation de la France en 39-40, le pays était occupé par une puissance étrangère, et les dirigeants communistes qui se refusaient alors à inciter au soulèvement contre l’occupant tenaient leur ordre d’une autre puissance étrangère, et ce contre l’intérêt même de la population française.

    Un dernier mot enfin sur cette idée selon laquelle après le seul fait que le PCF ait été déclaré illégal, tout communiste devenait nécessairement résistant... Considéreriez vous aujourd’hui que, si la France venait à être occupée et qu’un régime de collaboration ressurgisse, les membres de groupuscules interdits tels que le GUD ou la Tribu KA devraient être considérés eux aussi comme des « résistants », du seul fait qu’ils continuent dans un tel contexte à se réclamer des mots d’ordre de ces mouvements ?
     



  • JC. Moreau JC. Moreau 25 octobre 2009 09:43

    @ Wesson,

    Ne vous en déplaise, je maintiens ma critique de cette idée selon laquelle l’esprit de la résistance serait « ontologiquement » de gauche, et non organiquement, puisque vous soutenez vous même qu’être communiste en 39-40, c’était de facto être résistant : c’est donc bien que vous attribuez le statut de résistant en fonction d’un état et non à la réalisation d’actes. Bref, votre discours consiste bien à faire de la résistance une propriété du communisme.

    Or, il y a votre lecture spectatrice de l’histoire, et ce qu’en disent ses acteurs pour ce qui est de l’« organiquement ». Par exemple, Auguste Lecoeur, alors secrétaire fédéral PCF du Pas de Calais :

    "Rien n’était plus naturel pour un militant communiste comme moi que de défendre la politique de l’Union Soviétique. Voilà un aspect psychologique de ce comportement qui demande à être expliqué... Mon attachement au Parti résultait avant tout de mon enthousiasme pour la Révolution Russe et de ma confiance dans l’Union Soviétique et le Parti bolchevik... Aussi aberrant que cela puisse paraître, sur un stade, j’était rempli d’aise qu’un Soviétique l’emportât sur un Américain, un Anglais ou même un Français. En 1939, pour un communiste, les choses étaient toutes simples. Les pays capitalistes avaient voulu entraîner l’URSS dans un guet-apens, et l’URSS, à temps, avait retourné contre eux leurs propres armes. Si l’intérêt supérieur de l’Union Soviétique exigeait qu’elle traite avec l’Allemagne fasciste, en quoi cela pouvait-il me gêner ?...« 
    Source : »La Direction du PCF dans la Clandestinité (1941-44)« , Emmanuel de Chambost,aux éditions l’Harmattan.

    Ensuite, effectivement, il n’y avait pas dans mon article que très peu d’éléments sur l’implication massive des partis de droite dans le régime de Vichy. Pour une raison simple, mon sujet n’était pas la collaboration de façon générale mais la critique de la récupération politique par le PCF des 27 de Chateaubriant.

    Bref, tout ceci pour vous dire que je souscris tout à fait au propos de Maurice Druon lorsqu’il explique qu’ »Il n’est pas inutile de rappeler, de temps en temps, à de très jeunes gens qui l’ont sans doute oublié ou qui ne l’ont jamais su que s’ils vivent aujourd’hui en République, c’est grâce à des garçons comme Guy Môquet« .

    Mais vous remarquerez que dans le texte que vous avez cité Druon met l’accent sur l’engagement individuel et non sur l’esprit partisan. Ce en quoi je suis parfaitement d’accord, et qui vous pose manifestement problème puisqu’il semble pour vous d’une importance capitale de maintenir l’équation communiste=résistant.

    PS : Vous aurez noté que je prends soin désormais de parler de »mon" article. Aurez vous également remarqué à quel point cela ne change strictement rien à son contenu ?



  • JC. Moreau JC. Moreau 24 octobre 2009 15:54

    @ Wesson,

    Bonjour M. Moreau, et merci de venir faire de la retape pour l’article mentionné, tout en oubliant de précisez que vous en étiez l’auteur, histoire de l’auto-valider.

    La mise en lien vers l’article déjà publié valait signature, me semble-t-il...

    Tout votre propos tourne autour d’une idée, Guy Môquet n’était pas un résistant car il n’a pas fait d’acte de résistance.

    Le problème provient de votre définition de « la résistance ».
    « La résistance », ce n’est pas que le dynamitage de train ou le coup de force armé. La résistance, c’est également la dénonciation des mensonges d’un régime, et le rétablissement de la vérité.
    Faut-il rappeler que Guy Môquet fut arrêté pour une distribution de tract pro-communiste, ce qui constitue indiscutablement un fait de résistance. Et bien que son meurtre n’ai pas de rapport avec ce fait, il n’en reste pas moins qu’il croupissait en prison pour cette distribution de tract, donc cet acte de résistance.

    Effectivement, nous n’avons pas la même définition de « la résistance  », mais notre désaccord ne se situe cependant pas exactement sur le terrain que vous supposez, et du reste mon propos ne tourne pas autour de la seule idée que Guy Moquet n’aurait pas été un « vrai » résistant.

    Pour ma part, je conçois fort bien que les actes de résistance soient allés de la distribution de tracts à l’action armée en passant par la mission de renseignement.

    Néanmoins, pour employer l’une de vos expressions, on peut à mon sens difficilement qualifier d’acte de résistance (au sens historique du terme, et non selon la terminologie politique employée par vous) le fait de faire de la « retape » pour les mots d’ordre d’un PCF qui, de 1939 à 1940, se montrait très accommodant avec l’occupant pendant que d’autres s’étaient déjà clairement engagés dans la résistance intérieure à la fois contre l’occupant et contre le régime de Vichy.
    Bref, d’un point de vue objectif et si l’on évite l’anachronisme, la distribution de tracts du PCF en 1939-1940 ne constitue pas un « fait de résistance », a fortiori lorsque l’on considère le contenu des articles de l’Humanité de cette époque et la teneur des tracts eux mêmes, qui répétaient à l’envi les même slogans qu’avant guerre contre l’impérialisme et la bourgeoisie.

    Ceci étant, cela n’enlève rien à la dignité personnelle et au courage de Guy Moquet et de ses camarades au moment d’affronter leurs bourreaux, mais me semble mettre en évidence la récupération politique dont les « 27 de Chateaubriant » ont été l’objet, de la part du PCF comme de la part de l’UMP aujourd’hui.

    Après, à chacun de décider si le plus important est de rendre hommage aux 27 de Chateaubriant, ( en prenant en compte le caractère exceptionnel de leur attitude au regard de la réalité historique qui était la leur ), ou de tirer parti de leur sacrifice sur le plan politique, (en attribuant le mérite de leur comportement à leur adhésion au PCF, ou en taisant le fait que ce sont les autorités françaises qui les ont envoyé à la mort, comme le fait aujourd’hui l’UMP).

    Votre article cité était particulièrement cynique. En plus de vos doutes, vous vous êtes abstenu de considérer que le fait de se faire assassiner à 17 ans l’a assurément empêché de mener des actions de résistances plus « valides » à votre sens.

    Je vous invite à relire le passage ci-après, qui me semblait pourtant assez clair : « Faut-il croire, avec Berlière et Liaigre, qu’il n’a «  pas eu le temps d’être un résistant du fait des mots d’ordre de l’époque  » [2] ?. Si l’on considère ce qu’étaient précisément les mots d’ordre du Parti communiste au cours des années 1939-1940, l’hypothèse avancée par les deux auteurs semble pour le moins créditée de solides justifications. »

    Bref, un argumentaire particulièrement répugnant dont il n’y a franchement pas de quoi à être fier !Pas étonnant de le voir applaudi par la piétaille extrémiste de droite qui s’évertue ici à réécrire l’histoire en niant le rôle positif de la gauche en général et du communisme en particulier dans la seconde guerre mondiale.

    Pour ma part, je ne nie en aucune façon l’engagement de la gauche dans la résistance et moins encore celle des communistes. En revanche, je conteste l’idée selon laquelle la Résistance serait « ontologiquement » de gauche, idée qui ne résiste pas à l’examen de l’histoire, et à celle « du communisme en particulier ».

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