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C'est Nabum

C’est Nabum

Bonimenteur de Loire.
" Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto"
Je suis Ligérien , je considère que rien de ce qui concerne la Loire ne m'est étranger .

Tableau de bord

  • Premier article le 06/02/2012
  • Modérateur depuis le 13/02/2012
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Derniers commentaires



  • C'est Nabum C’est Nabum 16 juin 14:11

    @Séraphin Lampion

    La corne eut-été préférable



  • C'est Nabum C’est Nabum 16 juin 12:11

    @lisca

    Merci beaucoup



  • C'est Nabum C’est Nabum 16 juin 12:11

    @juluch

    Dans le cagibi.

    De mes peurs enfantines …


    Un commentaire vient de faire ressurgir de mon passé un mot et bien des peurs enfantines. Il y était étrangement enfoui ; un souvenir certainement repoussé aux confins d’un inconscient qui a sans doute bien d’autres zones d’ombre. Mon ami de Médiapart ne pouvait savoir, en évoquant le cagibi,quels fantômes et quelles les angoisses il allait faire sortir de cet obscur placard ….


    C’est parce que le verbe devenu obsolète de se rabibocher lui avait rappelé ce mot ancien, qu’il voulait m’en faire offrande. Le beau cadeau que voilà qui me conduisit aux portes de ma petite enfance, dans ce cagibi borgne qui se glissait sous l’escalier du grenier à cuir. Deux lieux tout aussi inquiétants l’un que l’autre, deux espaces le plus souvent inaccessibles à l’enfant que j’étais alors.


    Le cagibi donnait sur la vieille cuisine, celle qui disparut quand mes parents entreprirent de rénover notre immense maison de ville, ancienne porte Berry de la cité médiévale. On y accédait par une porte tronquée en forme de trapèze. Elle épousait les contours des marches qui donnaient vers cette autre caverne d’Ali-baba qui me faisait si peur.


    Dans ce cagibi, il y avait, pendu contre le mur, le redoutable martinet dont je reçus à l’époque quelques coups. Nous étions en un temps où le châtiment corporel était de mise, à la maison comme à l’école. Nous ne dérogions pas à la norme, d’autant que mes parents vendaient des martinets et que ce commerce n’était pas exceptionnel dans ces années d’avant 68. Je n’avais pas la possibilité d’arracher les maudites lanières en cuir ; je savais que dans la boutique, il y avait largement de quoi remplacer l’objet de torture.


    Le cagibi était aussi, l’ai-je rêvé, un lieu de macération quand j’avais dépassé les bornes. Quelques minutes d’enfermement dans cette taverne inquiétante me remettaient les idées en place plus sûrement que les zébrures du martinet sur les cuisses. Je tremblais à l’idée d’avoir à subir cette sentence. Je ne sais si mes séjours furent aussi nombreux que je l’imagine et plus personne ne peut désormais répondre à cette interrogation.


    Curieusement, c’est dans ce cagibi que je cherchais à découvrir le mystère de Noël et de ce personnage énigmatique qui livrait les cadeaux au petit matin du 25 décembre. Car c’était seulement le jour de la nativité qu’arrivaient les rares paquets qui trônaient au pied du sapin. Pourquoi cherchais-je alors la trace du bonhomme à la pelisse en ce lieu ? J’avoue n’en rien savoir encore aujourd’hui. La présence du martinet peut-être et le désir de conjurer la crainte du Père Fouettard.


    À ce propos, je n’ai jamais pu admettre que l’impatience de tous, petits et grands, nous ait contraints à avancer l’heure des cadeaux à la fin du réveillon et en certaine maison, avant celui-ci. J’ai toujours pensé qu’une grande part de la magie de Noël résidait dans cette nuit d’attente et d’espoir qui s’est dissoute devant les impératifs de l’urgence des personnes extérieures à la maisonnée.


    L’autre endroit encore plus terrifiant était cet escalier dont la porte donnait directement sur le boulevard, à l’extérieur. C’est par lui qu’on accédait à tous ces trésors oubliés qui avaient été remisés dans les deux greniers du bout de la bâtisse. Mon père avait été bourrelier. L’arrivée du tracteur et des engins agricoles avait laissé au rebut des colliers de chevaux, des attelages, des licols et autres vieilleries qui gisaient en un incroyable capharnaüm.


    J’en avais une peur bleue. Ces deux greniers étaient si mal éclairés que je redoutais d’y faire une intrusion. C’était le cimetière d’un passé révolu, le lieu d’entassement de ce que les clients d’alors n’avaient plus voulu. Je me souviens du moment où, après la mort de mon père, nous avions voulu vider ce qui serait aujourd’hui un trésor. La poussière, les odeurs de cuir qui ne m’ont jamais abandonné et tout ce stock incroyable que nous avions jeté à la décharge municipale.


    Je me souviens encore de toutes ces voitures qui suivirent notre camion ; les gens savaient que nous abandonnions des merveilles et ils se servirent largement . Pourtant, nul n’aurait songé à nous aider et à faire son choix avant que nous ne jetions tous ces glorieux vestiges d’un temps révolu. Sans doute la crainte de se voir réclamer quelque argent explique ce curieux manège qui longtemps me laissa un goût amer !


    Voilà, une fois encore, j’ai ouvert la gibecière de ma mémoire. Je suis retourné sur les traces de mon enfance. Un mot a suffi, un mot enfoui profondément et que je n’utilise plus depuis si longtemps. Merci à ce lecteur de m’avoir glissé à l’oreille le cagibi de mon passé. Je ne sais si ce billet exorcisera mes peurs ou me rendra meilleur ; la tâche est trop importante pour la croire possible  !


    Obscurément mien.




  • C'est Nabum C’est Nabum 15 juin 22:41

    @Séraphin Lampion

    Merci



  • C'est Nabum C’est Nabum 15 juin 16:05

    @Aita Pea Pea

    Aucune chance

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