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Bovinus Bovinus 20 décembre 2011 02:13

Permettez-moi de parodier un moment votre style :

« Y’en a marre des imbéciles qui répètent comme des automates ce que leur soufflent obligeamment les puissances oligarchiques corrompues qui nous dirigent ! ».

Vous voyez ? Ça ne nous avance guère. Personnellement, je n’éprouve aucune affection ou sympathie particulière vis-à-vis de M. Poutine. Comme tout homme d’État, il n’est pas parfait et reste certainement critiquable. En revanche, il est une chose que je trouve très regrettable, c’est la désinformation dont nous faisons constamment et systématiquement l’objet. C’est un problème qui nous concerne en France, chez nous, en tant que Français. Au-delà de ce qui peut se passer en Russie ou des approximations de la politique poutinienne, ce dont je parle là nous concerne tous, directement, chaque jour.

Que vous, en tant qu’individu, vous pensiez que Vladimir Vladimirovitch est une réincarnation d’Adolf Hitler ou de Néron, grand bien vous fasse, c’est votre affaire et votre droit le plus sacré. Mais à partir du moment où vous vous contentez d’arguments d’autorité et d’affirmations péremptoires pour étayer votre position, souffrez et comprenez qu’on ne partage pas votre opinion. Les indicateurs socio-économiques bruts quant à l’évolution de la situation en Russie depuis l’arrivée de Poutine au pouvoir vous contredisent. Donnez-vous au moins la peine de démontrer qu’ils sont faux ou bien, occultent tout ou partie de la réalité.

Ce que je vous reproche, outre le fait d’alimenter la russophobie ambiante (ben ouais, faut quand même savoir que la Russie est le plus grand adversaire géopolitique de l’Occident), c’est surtout de participer à la désinformation où nous sommes maintenus. Ceci peut avoir des conséquences graves, comme par exemple, l’apathie dont le pays entier a été saisi pendant que notre armée bombardait quotidiennement des civils Libyens qui ne nous avaient rien fait de mal, soi-disant pour « protéger » ces mêmes civils. Ou encore, notre passivité quant à la participation de nos soldats à l’occupation de l’Afghanistan. Combien de morts, déjà ? Plus de 70, il me semble. Combien de morts Afghans ? Ça, personne ne sait... Notre indignation est décidément très sélective, vous ne trouvez pas ?

La politique étrangère est une chose sérieuse, et devrait être étroitement surveillée par tous les citoyens ayant à cœur l’avenir de leur pays. Si on ne manifeste pas massivement notre opposition, nous nous faisons solidaires de massacres, d’invasions, d’ingérences de toute sorte qui sont tout sauf « humanitaires » et « démocratiques ». Et un beau jour, ça peut nous retomber sur le coin du groin. Personnellement, je n’ai pas envie de me prendre un missile chinois sur la tronche, largué par un Sukhoï en mission « humanitaire » pour une sombre affaire de « répression » en Syrie ou en raison de ce que l’Iran a décidé de se doter d’un programme nucléaire civil. Ce qui se passe en Syrie, en Iran, en Russie ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée est avant tout le problème des types qui y vivent. Et en cela, quand bien même M. Poutine serait réellement Belzébuth en personne, il n’empêche qu’il aurait tout de même raison.

C’est pourquoi je vous mets au défi de nous expliquer comment protège-t-on des civils en les bombardant. Et, tant qu’à faire, je vous mets au défi de nous démontrer que Poutine est un dictateur fasciste. Quand bien même vous y arriveriez, il vous faudra ensuite nous démontrer en quoi cela nous regarde-t-il, en tant que Français. Cela dit, afin de respecter l’actualité et le rédacteur du présent article, un bon début serait déjà de nous démontrer (avec de vrais arguments, pas des « on dit » ou des « j’ai entendu dire ») la réalité de ces fraudes électorales massives que vous semblez cautionner.

Faute de quoi, ayez l’obligeance de nous épargner vos salades. La NED, le Département d’État, notre propre gouvernement ainsi que nos media nous gavent déjà bien assez comme cela.




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