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En réponse à :


jean-pierre castel 19 novembre 2012 17:41

En fait on est assez proche mais je maintiens que le monothéisme n’est pas le principal coupable dans cette histoire, mais bien cette tendance à vouloir une vérité unique et définitive.
Le dogme de la vérité unique et la condamnation de toute autre comme fausse bien la caractéristique majeure du monothéisme, celle qui la distingue du polythéisme, et que résume le dieu jaloux et la condamnation des idoles.

La Kabbale est plus souple, mais elle n’apparaît qu’au Moyen Age, bien après l’apparition du christianisme et de l’islam.

Il n’y a pas eu de rupture ni de combat entre le monde grec des dieux et celui des philosophes, mais une continuité, alors qu’ily a eu discontinuité, rupture, comabt lors de la christianisation du monde romain.

Tolérance romaine, de façade ?
La tolérance n’est jamais absolue, mais les peuples polythéistes ne connaissaient pas la motivation de violence résultant de la prétention à détenir une vérité unique et de l’ordre de brûler les idoles. Les polythéistes reconnaissaient en principe à tous les peuples, y compris les vaincus, le droit de pratiquer leurs cultes traditionnels, garants de leur identité propre. Les Romains s’étaient ainsi montrés tolérants à l’égard du judaïsme qu’ils considéraient comme « licite » (le judaïsme n’était pas prosélyte, et les Juifs et les Romains avaient su trouver un compromis sur la question du culte à l’Empereur) .

Mais une croyance pouvait inquiéter les autorités et conduire à des mesures de répression à partir du moment où elle créait un foyer de trouble, de dissidence, par exemple si elle faisait l’objet d’un enseignement public .

Les Romains ont ainsi persécuté les chrétiens, en particulier sous Néron, Dèce, Dioclétien. Leur motivation n’était toutefois pas la conversion des Chrétiens à une « foi » romaine, qui n’existait d’ailleurs pas en tant que telle , mais une réaction identitaire du corps social face à un mouvement perçu comme sectaire, voire comme une source de traîtrise dans un contexte de grande fragilité de l’Empire . Le motif de ces persécutions n’était pas les croyances religieuses des Chrétiens, mais leur comportement considéré comme asocial, incivique, hors-la-loi, l’amixia : les Chrétiens refusaient de se mêler à la vie publique, méprisaient les mœurs romaines comme les jeux, se signaient pour conjurer les dieux lors des rituels officiels, rejetaient les devoirs civiques comme l’adoration de l’empereur, le service militaire, ils faisaient du prosélytisme  interdit à partir de 41, troublaient l’ordre public par leurs luttes intestines .

Comme le dit Olivier Roy, op. cit. : « une religion ne saurait opposer ses propres principes à ce qui fonde une communauté politique », ou Robert Joly : « si le christianisme seul fut persécuté, c’est que seul il posa à la société païenne une question de vie ou de mort. »

Le monde romain connut une évolution politique vers le centralisme et donc l’intolérance à partir du IIIème siècle, mais trouva la solution à ce besoin dans le christianisme.




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