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velosolex velosolex 15 décembre 2011 01:07

DDACOUDRE merci pour vote réponse

L’économie a ceci de bien, qui en fait une philosophie plutôt qu’une science exacte, c’est qu’aucune vérité ne peut en être sortie. Juste des approximations saisonnières, comme des voiles de navire que nous tournons selon les vents, les îles aperçues au loin, à moins que ce soit des mirages.
Pour continuer dans la métaphore maritime, je préfère les capitaines qui restent humbles, et naviguent en souplesse, sans se prendre pour les maîtres du monde. Il faut savoir tirer des bords plutôt que foncer dans la vague, et se jouer des alizés.

Ce n’est pas cette conception qui domine maintenant.

 Les supertankers qui sillonnent les mers ont les même certitudes que les capitaines d’industrie.

 

Seul l’économie de marché peut et doit réguler nos vies. On le voit bien au lent dévoiement, ou faut-il parler du renoncement, de nos élites politiques, où les références au marché, (qu’il faut rassurer sans cesse, à qui il faut donner des signes), ressemblent à des incantations religieuses adressées à je ne sais quel dieu antique.

D’ailleurs, on vous le dit, pas plus qu’Allah ou Yahvé, le marché n’a de visage. « C’est vous, c’est moi », nous dit-on, astuce de langage pour vous faire croire que c’est notre création collective, et que nous n’y pouvons rien

Aux sceptiques ou aux résistants, on promet les mêmes horreurs de déluge et de cataclysme que naguère aux païens, à ceux qui ne voulaient pas écouter les augures et les prêtres.

 

Ils caricaturent la pensée d’Adam Smith, qui voyait dans la main visible du marché bien moins que ce qu’on y a mis, et faisait tout autant référence justement aux données imprévisibles, aux aléas de la météo, qu’au processus naturel selon que chacun recherchait son intérêt personnel.

Bien sûr les échanges ont toujours existé, sauf que ce n’était pas la mondialisation. La preuve par l’absurde c’est que tous les continents n’étaient pas encore découverts….Je vous l’accorde, les haches gauloises étaient appréciées en Europe, les romains exportaient leur vin. Néanmoins, c’était des échanges limités, et positifs, car générant l’ouverture vers l’autre, et l’apprentissage de nouvelles techniques, s’inscrivant dans des temps longs d’assimilation.

Jusqu’au siècle dernier, la plupart des gens vivaient quasiment en autarcie dans leur village. Je ne dis pas qu’il faut regretter cet état de choses, mais avouons que la modernité et son marché se sont imposés aux forceps, en se moquant totalement des conséquences, avec cette croyance imbécile que la terre serait toujours assez grande.

La nation de progrès est tout autant relative que celles inhérentes à l’économie…..Comme vous le dites « la particularité de notre époque et la rapidité des technologies dans les échanges, nous ne manquons ni de travail, ni de main d’œuvre, ni de technologie. » C’est un fait que l’on ne peut se permettre de se passer d’ingénieurs atomistes, ne serait-ce que pour veiller sur les centrales, ces derniers cubes que nous avons mis tout en haut de la pile, en priant qu’il en supportera demain un autre…..Tous les gamins ont joué à ce jeu et savent comment il finit…..

Ah, c’est sûr, la désirabilité est immense, et s’accroîtra encore demain, dans cette surenchère de désires névrotiques qui ne seront jamais comblés.

4 Milliards il y a trente ans, 7 aujourd’hui….Il ne s’agit pas d’être pessimiste, mais simplement de ne plus se voiler la face. Tous ces phantasme de fin du monde pour 2012 sont sans doute bien naïfs, mais leur répétition au niveau mondial, puisqu’on peut parler là aussi de mondialisation des valeurs, des affects, et des appréhensions, révèlent bien quelque chose d’un malaise diffus.

Nous ne pouvons plus nous permettre le luxe de faire venir nos chaussettes du bout du monde, qu’une boite de haricots en conserve face plus de kilomètres que la plupart des hommes, pour le simple bénéfice de quelques uns, de ce marché se foutant totalement de la vie, des espèces, du sacré.

Il est temps que les politiques digne de ce nom remplacent les économistes au pouvoir, relais des fonds de pension bourreaux de l’avenir de la planète, et de celui de nos enfants.

des types qui ont sur le nez une paire de jumelles, pour voir un peu plus loin que le bout de leur nez, ou du marché, c’est pareil au même.

Alors, à partir de principes simples de protection, et d’intérêt général, les choses se rééquilibreront d’elles mêmes.

Mais ne nous leurrons pas, on a plus le temps de remettre à demain. Il aurait déjà fallu commencer hier !


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