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Ariane Walter Ariane Walter 26 décembre 2011 11:26

Je me suis fait « la biennale d’art contemporain de Lyon » qui a pour titre « une terrible nouvelle beauté est née. »

Premier lieu, une usine désaffectée, on est accueilli par une odeur de poulailler. C’est un poulailler , en effet, avec des poules à qui l’artistU a collé des plumes de couleur. une trentaine de poule.
Alors on me dit que ce n’est pas une nouveauté et qu’il y a souvent des animaux dans ces installations. Dois-je en être consolée ?
le reste des oeuvres me fait découvrir le point commun d’un certain art contemporain : le branquignole. Les cadres ne sont pas droits, les clous sont mal plantés, les peintures débordent, il faut que ce soit, rfoissé, de guingois, en un mot : mal réalisé. je me demande si je n’ai pas une grande carrière qui m’attend car quand je bricole je laisse toujours tout inachevé et de traviole.En fait, je fais sans le savoir de l’art contemporain.
Au Musée d’Art contemporain de Lyon, un étage est couvert de plâtres, de bois, de murs explosés, un chaos d’objets bizarres qui veulent sans doute dire que notre monde est un chaos...
Un truc chic : imaginez un mur en placo : on a découpé de grands cercles dedans et ces cercles sont posés par terre devant le mur. (Est-ce pour dire que la vie est tjrs inachevée ?)
Il y a aussi, dans une autre usine, un homme à poil, le malheureux, attaché à des cordes qu’il tire dans un mouvement inutile et régulier...Ca caille. Les scolaires regardent son kiki en douce. Il est payé combien pour faire ça ? Mais là aussi la nudité et les installations , c’est courant...

Il y a aussi les fameuses vidéos dont la règle est d’être insipide, incompréhensibles et mal filmées. Ou ridicules. Ainsi, « une artiste a peint son corps en rose et est allée jouer de la guitare au pied du mur des lamentations.... »une voix souligne son courage. Elle aurait pu se faire arrêter. je note surtout que l’endroit est totalement désert et qu’absolument personne ne l’a vue. Ni police, ni témoins ! Chapeau pour l’audace. Le tout filmé par quelqu’un qui venait d’avoir sa première caméra monoprix.

Et puis, des oeuvres énormes, immenses et très belles : du moins une, car ça doit coûter un max. Une immense bibliothèque de la Pologne oubliant les cimes nazis. Avec à l’intérieur de cette bibliothèque que l’on découvre de haut, des milliers de vieux bouquins dont certains sont brûlés, plus une myriade d’objets, on dirait un décor dans un grand film américain.
D’autres œuvres me plaisent : de superbes dessins au crayon, très classiques ,en fait. C’est bien dessiné, le cadre est doit,comment se fait-il qu’ils aient été sélectionnés ????

je pense que la première erreur est d’appeler ces expos « art contemporain ».
Car le mor « art » renvoie trop à une certaine forme d’expession qui entend surtout une réalisation unique et exceptionnelle.
Appelons cela : « surprises contemporaines » Batifolage d’aujourd’hui « Pensées secrètes abandonnées sur le sol de nos cours ». je peux leur trouver des titres s’ils veulent. mais qu’ils laissent le mot « art » de côté.

par ailleurs, ce qui est possible en peinture et en sculpture, serait-il possible pour l’opéra ou la cuisine par ex ? Supporterait-on, pendant une heure, un orchestre qui jouerait faux avec une cantatrice à poil qui se branlerait avec saxo ? Supporterait-on dans son assiette du caca de poule et de la bouillie de poubelle, car l’alimentation moderne n’est pas saine ???

On devine que traumatisés par l’histoire des impressionnistes refusés par les salons parce qu’ils n’étaient pas compris, nos docteurs de la culture acceptent l’incompréhensible en disant « que c’est une terrible beauté nouvelle ».

Que nenni.
ce sont des gags, ce qui me gêne, proposés sur un mode très sérieux. il faudrait appeler ça des « lol » expositions !

Il y a certes de belles oeuvres contemporaines. Il faudra demander à sandrine Lagorce de nous en parler.

En ce qui me concerne je n’ai fait que traîner ma jambe de soupirs en soupirs.

Un détail amusant, quittant le musée je tombe sur une table laissée dans un coin . un apéritif a eu lieu, c’est le désordre total . Rien n’a été touché. Et mon œil un instant l’enregistre comme une nouvelle installation de ce musée !

En fait c’est aussi un moyen cool, pour la nomenclature culturelle, d’acheter à prix d’or les oeuvres d’amis qui étant tout aussi loufoques que d’autres pourront parfaitement être décorées de ce nom « d’art contemporain », l’adjectif contemporain , à la suite de cet emploi, devenant plus glacé, plus froid, plus vide qu’un trou noir de notre galaxie.

L’importance des noms dirait Confucius.


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