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En réponse à :


eric 7 janvier 2012 08:42

Enfin la « Gauche » existe ! Quel formidable consensus ! Voir tous les commentaires précédents....

Et on comprend bien pourquoi en tout état de cause, il est nécessaire pour elle que Sarkozy soit un « sale mec... »
Mais cela ne suffira sans doute pas pour les élections et surement pas pour la France....

La « Gauche » est sociologiquement et politiquement minoritaire :

Sondage après sondage, les partis « pas a gauche » regroupent de l’ordre de 60% et plus des intentions de vote au premier tout de façon régulière
http://www.sondages-en-france.fr/sondages/Elections/Pr%C3%A9sidentielles%202012

Compte tenu de l’absence durable d’alternance, d’une crise sans précédent récent ( qui incite au changement par nature) et d’un président a la personnalité controversée même dans une partie de son propre camp, on peut dire qu’un tel étiage est sans équivalent. Il faut remonter a De Gaulle pour retrouver une telle débâcle politique collective, un tel rejet massif de toutes les gauches. Mais la réalité d’aujourd’hui est plus grave encore, car de Gaulle était au minimum moins conteste comme personne ( même si les gauches ont pu le traiter de fasciste comme n’importe quel autre leader de droite).

Pire encore, elle est minoritaire chez les plus défavorisés. Certes on s’y gargarise en prétendant qu’il y a encore des ouvriers qui votent a gauche. Mais, comme on ne distinguent pas les ouvriers de la fonction publique, qui sont évidemment des fonctionnaires avant d’être des ouvriers, la réalité est que le divorce avec ce qu’elle appelle « le peuple » est également sans précédent. D’ailleurs, elle les sait et l’admet sans état d’âme. Les ballons d’essai de Terra nova, montre qu’elle est toute prête a renoncer au « peuple » au bénéfices de catégories de clients, d’ayant droit, qu’elle est prête a subventionner en échange de leur vote en des politiques du genre du pain et des jeux.

Mais ce n’est pas tout. En pratique, elle n’existe pas politiquement.
http://simplyleft.wordpress.com/2012-comparez-les-programmes/
Les déchirures idéologiques et programmatiques entre sensibilités sont sans doute plus grave qu’entre par exemple le le FN et le Modem....c’est dire !

Poursuivons sur le divorce croissant entre gauche et population. On sait qu’en 2002 par exemple, 72% des profs ont vote a gauche, et c’est dans les mêmes eaux pour les autres bénéficiaires de la défense publique. Mais même la cela baisse...
En revanche, les partis de gauche restent des partis de classe. L’essentiel de leurs militants et élus sont des bénéficiaires de la dépense publique. En 2007, il y avait UN membre du comité directeur du PS qui avait vraiment fait carrière dans le prive et il s’appelait Besson...

Mais la aussi les division l’emportent entre PS, énarques, directeurs de DRAC, Prof des lycées de centre ville a l’abri des pauvres, gauche « arrivée » façon génération Mitterrand, propriétaire de son logement, moyenne d’age 55 60 ans, qui a une vague intuition que 1, elle ne peut pas espérer beaucoup plus, 2 les caisses sont vides, 3 elle est dors et déjà a l’abri de statuts protecteurs, et gauche plus jeune, intermittents du spectacle, instit ruraux, supplétifs associatifs qui voudraient bien répéter l’opération « Rastignac » de la génération Mitterrand, mais qui ne comprend que trop bien que celle ci est prête a la sacrifier sur l’autel de la rigueur budgétaire pour sauver ses propres avantages...le dialogue devient de plus en plus viril. Et cela se comprend, ce sont les mêmes budgets en baisse qu’il faut se partager.
A la RATP, on est passe en 50 ans de mémoire de trois syndicats a 23, parce que tous le monde veut des décharges syndicales, etc... et évidemment, ils sont tous plus a gauche les uns que les autres....On imagine l’efficacité pour la défense des ’travailleurs« et pour l’obtention de compromis des lors que la moindre concession est immédiatement qualifiée de sociale traitrise par tous les autres....

Et c’est sans doute la le pire pour elle. Ses intérêts de classe sont communs. Ouvrir a nouveau les vannes des financements publics. Mais les intérêts égoïstes de ses composantes sont tels, qu’elle ne parvient pas a les concilier pour au moins prendre le pouvoir.
C’est ce qui s’est passe en 2002. En 2007, même Arlette a senti le vent du boulet. Quand ils ont compris que Sarko allait vraiment essayer de baisser le nombre de fonctionnaires, l’intransigeance historique de LO s’est subitement et presque magiquement assouplie, alors que Ségolène n’était pas vraiment plus proche de leurs thèses avec son physique de classe comme cela n’est pas permis...

Aujourd’hui, on a quatre gauches et elles sont principalement immobilières :

Dans un pays ou 60% des gens sont propriétaires (accroissement sans précédent dans notre histoire), ou les pauvres le sont restes et ou les riches l’étaient déjà, la principale révolution sociale des trente dernières années est immobilière, et de gauche..... Car ces nouveaux accédant, c’est nécessairement la classe moyenne et bien sur, en particulier celle qui a la sécurité de l’emploi et donc facilite a emprunter.
Pour rester sur Paris :
la gauche nouvel obs pour laquelle les principales injustices sociales sont la montée des prix de l’immobilier dans le quartier Latin et la politique d’immigration de Sarko qui rend plus difficile d’avoir des femmes de ménages pas chères. Voir les dossiers immobiliers du titre.
La gauche libe : qui se plaint du prix des lofts dans les quartier périphériques dont elle chasse les couches populaires en faisant semblant d’être ravie d’habiter la alors qu’elle aussi rêve du quartier Latin.
La gauche des communes périphériques, qui cherche a mettre en place des politique de préemption pour permettre a ses militants d’acheter en dessous du prix du marches ( volem viure al Clichy !).
La gauche pure et dure, intransigeante sur les principes, qui se loge en appartement ville de Paris façon Jospin ( mais qui a quand même une résidence secondaire a Re), en HLM et ou logement de fonction façon Chevenement ( mais qui paye quand même l’ISF sur ses autres biens immobiliers)

Et toutes de se regarder les unes les autres en chien de faïence avec suspicion...

Et si il y en a une qui sort une idée valable, les autres les tirent a vue, mais en général, elles se préoccupent surtout de s’afficher »plus a gauche« et donc restent dans des surenchères parfaitement irréalistes.

D’où une double stratégie,
 Faire monter le FN, puisque le peuple de toute façon ne vote plus a gauche, pour qu’au moins, peut être, un candidat de gauche arrive premier au premier tour. Vous avez remarque qu’avec Marine, le FN n’a jamais eu autant accès au médias mais en fonction de l’évolution de Sarko dans les sondages.... ?
Sarko sale type et président des riches dans l’espoir de gagner par défaut au second tour.

Il est donc nécessaire que Sarko soit un »sale type« parce que cela constitue le seul facteur d’unité a gauche. Le seul élément »programmatique« commun en externe ( en interne c’est faire payer les riches et donner plus de moyen aux services publiques, mais cela marche moins bien avec les autres contribuables...)

Il n’est pas sur que cela soit suffisant. En période de crise, l’argumentaire du genre »vous savez, il vaudrait mieux que se soit moi le président parce que l’autre il est méchant, cela fait un peu pèse léger, pisse menu et gagne petit...

Il est vraisemblable que ce n’est pas souhaitable. Une fois éventuellement sortis de la crise, nous pourrons peut être nous préoccuper a nouveau des stratégies immobilières comparée de la gauche arrivée et de la gauche arriviste, mais pour le moment, il y a d’autres priorités.


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