• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


easy easy 4 février 2012 23:36

J’ai fait partie des rares personnes en rien concernées par la schizophrénie à aller vers des personnes affectées par cette maladie (il y a mille versions ou allures de la schizophrénie).
Je les côtoyais donc dans un cadre strictement amical, ce qui ne manquait pas de les étonner. Moi-même m’interrogeant sur mon étrange curiosité.

Hors crises, c’était toujours très agréable. Lors des crises, complètement impromptues, c’est désemparant. Ils passent dans un autre monde et plus aucune communication n’est possible. Ce qui m’amenait à découvrir l’étendue de mon impuissance ou inutilité. Donc aussi de ma vanité, de mon orgueil.

Si l’on accepte de ressentir cette impuissance totale par moments, si l’on consent à faire le deuil de son interventionnisme ou charisme, leur fréquentation est très enrichissante et offre la chance de pouvoir reconsidérer tous nos préjugés, même sur une rampe d’escalier, sur la couleur d’un siège, sur le goût d’une crêpe.
Revisiter un musée, relire un livre, en n’étant entouré que de schizophrènes est une expérience incomparable que je recommande à tous.

Quand on passe la porte de ce domaine, il faut laisser toutes ses illusions et projets au vestiaire pour s’offrir au seul hic et nunc.
On ne peut même pas se dire qu’on va improviser car on ne peut que subir les effets de leurs spirales, qu’elles soient arc-en-ciel ou noires. On se sent dévoré tout cru, de la cave au grenier. On n’est bon qu’à se faire bouffer le coeur.

Se protéger ? Se blinder ? Avec eux ?
Autant fréquenter d’autres personnes alors.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès