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Jean-Philippe 24 février 2012 14:59

Bonjour Monsieur Arberet.

Je comprends votre étonnement et le partage, mais à ce stade, il me parait plus judicieux de s’arrêter à ce questionnement plutôt que de vouloir, hâtivement à mon sens, en tirer des conclusions.
Il est en effet judicieux de tirer des conclusions de faits que l’on connait avec précision, mais ce n’est manifestement pas le cas dans cette affaire.
Un premier point mérite d’être débattu. Le viol est constitué par l’acte sexuel obtenu par la contrainte physique ou psychologique. Or, le juge semble admettre le consentement de la fillette.
Si c’est réellement le cas, il n’y a pas contrainte, sauf à prouver une violence psychologique, et il est parfaitement impropre de parler de viol. Pourtant, on retiendra souvent la notion de viol en matière pénale, par pirouette juridique, en estimant que le consentement d’une enfant de cet âge ne peut être éclairé, et qu’en conséquence, nous sommes en situation d’abus de faiblesse. Cela reste néanmoins à vérifier, et seule l’étude du cas particulier peut nous renseigner sur ce point. Les usages et conventions sont pertinents dans le cas général, mais ce n’est jamais un cas général qui est jugé, toujours un cas particulier. Et parfois, les cas particuliers sont fort éloignés du cas général ... C’est alors au juge qu’il appartient de l’apprécier, et non aux journalistes ou à leurs lecteurs.
Dans la pratique j’ai vécu une anecdote qui en dit long sur ce que peut être l’écart du cas particulier au cas général. Il y a près de trente ans de cela, j’ai encadré en tant que moniteur une activité sportive auprès d’enfants de 7 à 16 ans. J’ai très vite remarqué que je faisais l’objet d’un test de ses charmes par une de mes stagiaires, qui entreprenait entre autre, alors qu’en minijupe, de croiser les jambes en me regardant droit dans les yeux lorsque je la regardais. Il ne s’agissait ici nullement du regard fuyant de la pré-adolescente qui vérifie régulièrement que son charme fait effet et qui va jusqu’à dénuder accidentellement quelque partie d’elle même pour y parvenir, non, j’étais alors « victime » d’une tentative de séduction en bonne et due forme, par un soin vestimentaire et des attitudes appropriées plutôt normalement associées à la femme mature qu’à la fillette. J’avais 18 ans, mais déjà une vie affective et sexuelle satisfaisante et plus généralement une vie équilibrée, et ne risquais donc pas d’être troublé par un tel numéro, qui m’a beaucoup amusé, car je ne pouvais ignorer que son auteur, que seule sa petite taille trahissait, avait sept ans. Je n’ai pas caché mon amusement, et le surnom de miniminette que j’attribuais prestement à mon phénomène fut bientôt retenu par l’ensemble du groupe, au sein duquel sa maturité lui permettait d’évoluer avec aisance.
A la fin du stage, celle-ci prétendit participer à la soirée d’adieu que les moniteurs avaient coutume d’organiser avec les grands ados ayant suivis le stage, et je me suis vu solliciter sa mère afin de sortir sa fille de ... 7 ans. Celle-ci n’en fut ni surprise ni inquiète, et m’accorda sa permission à la seule condition de la ramener « pas trop tard ». De toute évidence, elle estimait sa fille en capacité à évaluer ses interlocuteurs et ce que j’ai observé allait dans ce sens.
Dans cette anecdote, il n’existait évidemment aucune finalité sexuelle, il s’est agi d’un test de féminité au sens large, et j’ai vraisemblablement été choisi comme cobaye en raison même de ma stabilité qui évitait toute complication. Mais sachant de quoi peut être capable une enfant de sept ans, j’imagine aisément de quoi peut être capable une fille de onze ans.
Même si de tels écarts sont naturellement très rares. Je n’ai rien revu depuis qui ressemble de près ou de loin à ce que j’ai vu alors.
Dans le cas qui vous préoccupe, il me semble que de nombreux éléments manquent pour se prononcer à bon escient. La fille était-elle pubère ? Car la puberté induit des modifications physiques et hormonale susceptibles d’influer sur les comportements. La maturité juridique est tardive, la maturité biologique parfois précoce. Avait-elle déjà eu des relations sexuelles ?
Quel « pedigree » pour les garçons ? Bref, que s’est-t-il vraiment passé à l’initiative de qui ?
Même si ce n’est pas fréquent, j’affirme que certaines filles de onze ans peuvent se révéler plus matures que certains garçons de 21 ans.
Alors avant d’estimer qu’elle aura à se reconstruire, vous devriez vérifier qu’elle a été détruite.
Car si elle était vraiment consentante, si ce n’est demandeuse, car en quête de sensations, le traumatisme qu’il en a résulté pour elle ne doit pas être dramatique.
Or, de ce que vous dites, les faits ont été filmés, et le juge semble donc avoir bénéficié sur ce cas de plus d’éléments qu’il n’en bénéficie habituellement pour former sa décision.
Je crois normal de s’inquiéter au plus haut point à la connaissance du fait que des garçons adultes ont eu des relations sexuelles avec une fille de onze ans. Mais je crois dangereux de tirer des conclusions de ces seuls éléments.
Les faits sont parfois surprenants.
Une telle décision laxiste peut autant résulter d’une grande influence d’un père d’un ou des garçons que de faits plus surprenants que répréhensibles. Seule la connaissance précise du cas pourrait nous indiquer si les faits énoncés relatent un drame ou ... une inconvenance.
Dans le doute, il conviendrait de ne pas conclure.


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