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Tristan Valmour 15 juin 2012 12:07

Salut

J’avais déjà parlé des smart drugs en commentaire il y a quelques années. Les Japonais ont été les premiers à employer massivement les nootropes, avant qu’ils ne soient interdits par le gouvernement en raison des effets secondaires.

Ce qu’il faut savoir, outre les effets secondaires parfaitement documentés, surtout en ce qui concerne la Ritalin, c’est qu’ils n’offrent qu’un boost limité dans le temps, et superficiel.

Aux Etats-Unis, une grande partie des examens est formée de QCM, et on écrit assez peu, en général de courts paragraphes. Il y existe également des tests calqués sur la psychométrie (les tests de QI).

En fait, il faut comprendre qu’aux US, on répond à des quizz (je grossis et simplifie un peu, mais c’est ainsi). Les smart drugs permettent donc de booster la mémoire et de mieux trouver la bonne réponse aux QCM. Le cerveau parcourt les différentes réponses proposées par le QCM, et va chercher des identités sémantiques et conceptuelles avec les données dont il dispose.

Mais les réseaux neuraux qui matérialisent la connaissance individuelle s’effacent lorsque les neurones ne s’allument plus ; les cellules nerveuses ne communiquent quasiment plus entre elles. Donc la connaissance s’efface aussi vite qu’elle s’est formée. Changer durablement un cerveau prend du temps. On ne devient pas une bibliothèque en un jour.

Etudier uniquement pour passer un examen, c’est stupide. On n’accède pas à la connaissance de cette manière, mais seulement aux critères pour réussir l’examen. Il suffit de poser quelques questions qui sortent des sentiers battus, mais qui pourtant n’exigent de l’étudiant que ce qu’il est sensé connaître, pour s’apercevoir qu’il ne connaît rien. La connaissance est le fruit d’une expérience personnelle, d’une interaction entre des millions de données, et les réseaux neuraux ont besoin de beaucoup de temps pour se réorganiser.

Pour terminer, les smart drugs ne permettront pas d’améliorer sensiblement la performance des étudiants français (à l’exception des candidats au PCM1) à l’inverse de leurs camarades américains, parce que la nature des épreuves est différente. 

Tout ce qui est acquis par des smart drugs, ou plus tard, par l’implant de puces électroniques – pourquoi pas ? – ne sera que de l’information étrangère à l’étudiant, pas une connaissance qu’il s’est construit patiemment. Cela les rendra plus bêtes et plus malléables parce qu’ils n’auront aucun recul, ne porteront aucune critique sur ce qu’ils ont appris. Or, le savoir ne se construit qu’en détruisant un savoir plus ancien.

Et attention à l’explosion de l’hippocampe haha


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