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jack mandon jack mandon 20 juin 2012 17:29

Bonjour soimême,

Nous avons étudié, chez des patients congénitalement insensibles à la douleur (ICD), les régions cérébrales mises en jeu lors d’une tâche consistant à imaginer la douleur d’autrui [1].

En moyenne, les patients ICD présentaient des réponses significativement inférieures au niveau des aires visuelles occipito-temporales. Compte tenu du fait que le degré d’activation de ces régions augmente avec la valence émotionnelle d’un stimulus visuel, cette activation réduite suggère que la vue de a douleur d’autrui a moins d’impact affectif immédiat chez les patients ICD.

L’analyse des corrélations entre les réponses cérébrales à la vue de la douleur d’autrui et les capacités d’empathie de l’observateur révélait des différences très significatives entre les deux groupes : chez les patients, le degré d’activation du cortex préfrontal ventromédian - une région cérébrale connue entre autres pour son rôle essentiel dans les processus d’inférence de l’état émotionnel d’autrui et dans les émotions sociales telles que la compassion - était étroitement corrélé au score d’empathie. En revanche, aucune corrélation n’était observée dans le groupe témoin dans les mêmes conditions.

L’ensemble de ces résultats suggèrent que les patients ICD, qui sont privés des mécanismes de résonance automatique faisant appel aux expériences douloureuses antérieures personnelles, recourent, lorsqu’ils doivent imaginer la douleur d’autrui, à des processus plus complexes d’inférence émotionnelle associés à la mise en jeu du cortex préfrontal ventromédian et dont le recrutement est - à l’inverse de ce que l’on observe chez les sujets sains - étroitement dépendant de leurs capacités d’empathie.

Ce rôle primordial de l’empathie comme moteur des processus d’inférence émotionnelle pourrait être étendu à l’ensemble des interactions sociales dans lesquelles nous cherchons à comprendre et à partager avec autrui des affects liés à une expérience que nous n’avons nous-même jamais vécue [2].

[1] Danziger N, Faillenot I, Peyron R. Can we share a pain we never felt ? Neuron 2009 ; 61 : 203.
[2] Danziger N. Vivre sans la douleur ? Odile Jacob, Paris, 2010.


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