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Philippe Vassé Philippe Vassé 22 juillet 2012 09:13

Cher Léo le sage,

J’ai lu votre dernier post avec intérêt, mais sans en percevoir le sens et l’utilité

Il semble que, dans votre forme de pensée, le problème soit d’avoir raison ou tort, tout en acceptant les faits donnés par l’article en vue d’exposer un avis sur des comparatifs historiques passés qui, dans le futur, n’auront aucun intérêt pour personne.

On voit que vous avez des lectures « franco-françaises » sur la Chine et l’Asie en général, mais que, parfois, un déni des réalités strictement existantes se fait jour, comme de qualifier à ce jour Taïwan de province (de quel Etat ?) ou de pouvoir estimer, de France, que les gens vivant en Asie et sinophones sont plus « ignorants’ que des individualités résidant en France, avec des bribes d’informations qui ne constituent pas, par nature, une réalité vivante, colorée, avec ses contradictions et ses processus de fond.

Il est manifeste que, malgré votre souhait exprimé de prétendre vouloir appréhender des réalités fort complexes de la Chine, de l’Afrique et de l’Asie, vous avez quelques difficultés à séparer les intérêts du pouvoir politique chinois et ceux du peuple chinois, donc les intérêts propres de la caste gouvernementale de ceux, bien différents, de la société dans son ensemble avec se contradictions de plus en plus violentes.

Pour appréhender au moins des réalités lointaines, il est souhaitable de se munir d’outils clairs et précis de compréhension et de communication, cela évite de chuter dans des confusions dommageables. Cela est surtout essentiel quand on est éloigné géographiquement, culturellement et intellectuellement des réalités que l’on souhaite étudier et comprendre.

Il est ainsi regrettable qu’en France, mais c’est un défaut collectif européen, on ignore volontairement :
la montée des grèves et mouvements de protestation sociale tant dans les villes que dans les campagnes,
la résistance populaire à la corruption généralisée des pouvoirs à tous les niveaux (la plaie fondamentale de la société chinoise qui conditionne la solution ou non de tous les autres problèmes),
le ralentissement de la croissance de l’économie et ses effets sociaux déstabilisateurs, les délocalisations vers le Vietnam, l’Inde ou la Corée du Sud,
ainsi que les mille autres difficultés de cet énorme pays.

Ainsi, évoquer la Chine en 2012 sans essayer au moins d’apprécier les conséquences en profondeur de ce qu’on a appelé »l’affaire Bo Xi Laï« et ses ravages dans l’appareil d’Etat et du parti unique ou sans avoir en tête la carte des mouvements sociaux gigantesques qui secouent le régime dans ses fondations, revient à se priver des outils indispensables à une connaissance, même sommaire, de la Chine actuelle, de ses problèmes, de ses acquis, de ses évolutions.

C’est bien la raison d’être de cet article que d’essayer de brosser un tableau d’un aspect de la politique du gouvernement chinois actuel, celui des relations sino-africaines que d’aucuns appellent déjà » la Chinafrique".

Tout cela pour conclure sur une réalité simple : les idées avancées par les uns ou les autres ne donnent ni raison, ni tort à quiconque, ce sont les faits réels, historiques qui peuvent seuls démontrer si une opinion était ou non fondée.

Les convictions personnelles, sur le passé ou le présent, sur les colonialismes des uns ou des autres, sont du domaine des opinions, ce qui importe en journalisme d’information est de tenter au mieux des possibilités et des compétences de dégager des tendances pour dessiner et comprendre l’avenir en évolution, et donc pouvoir agir, si cela est possible et/ou nécessaire, dans et sur les réalités vues et comprises.

Bien cordialement,


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