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Danièle Dugelay Danièle Dugelay 23 mars 2013 04:32

Pour confondre Hollande et Mélenchon, il faut soit n’avoir aucune culture politique, soit être aveugle, soit n’avoir jamais rien lu émanant de Mélenchon, du Parti de Gauche ou du Front de Gauche. Une affirmation non argumentée et surtout une assimilation impossible à argumenter, qu’est-ce que cela vaut ?

Pour répondre à l’auteur, je vais faire part de mon expérience d’ex-militante du PS. Je suis entrée au PS en 1973 en Essonne. Ce département était considéré comme particulièrement à gauche. En réunion de section, nous refaisions le monde. Des camarades du département venaient informer (ou former, mais pas déformer..) les nouveaux militants. Cette formation était basée sur l’analyse marxiste : lutte des classes, valeur ajoutée, valeur-capital contre valeur travail etc...). Les documents nationaux reposaient aussi sur ces principes. Pendant ce temps, en 1973, Pompidou et Giscard faisait adopter par la droite la loi Rotchild qui interdisait à l’Etat de continuer à emprunter à la Banque de France sans intérêts pour l’obliger à se tourner vers les banques privées qui empochaient ainsi une rente importante grâce aux intérêts imposés : c’était l’origine, au plan national, de cette fameuse dette qui demeure un vrai boulet pour les Etats de l’UE et plombe notre économie. En 1981, c’était enfin la fin de 25 ans de pouvoir de droite. Cependant, dès sa création et surtout lors des Assises du Socialisme en 1974, le Parti Socialiste a vu arriver de nouveaux adhérents dont de nombreux chrétiens dits « de gauche » partisans de l’application de la doctrine sociale de l’Eglise, donc totalement opposée au « marxiste non léniniste » et « à la lutte des classes. Cette »invasion« s’est poursuivie, enrichie par d’autres arrivants, ceux-là purement libéraux, surtout à partir de mai 1981 car il s’agissait là de carriéristes qui se rapprochaient du pouvoir ou d’habitués de l’entrisme pour jouer le rôle du vers dans le fruit. De nouveaux »courants" sont nés et les discussions de congrès étaient de plus en plus âpres. La population voyait d’un mauvais oeil cette démarche démocratique du vote de motions émanant de courants différents et cela poussait à l’élaboration d’une synthèse mi-chèvre mi-chou, dénuée de tout vrai volontarisme politique. J’ai vécu cela comme un vol pour assassiner la véritable idéologie socialiste : pour moi, des intrus étaient entrés irrégulièrement dans la vieille maison du PS, puis avaient au cours des années volé la boutique, le fonds de commerce, la clientèle fidélisée et le tiroir-caisse. Je pense que Mitterrand a dû faire face à une opposition libérale extérieure qui lui imposait ses règles (le mur de l’argent), étrangère aussi, mais aussi de la part de certains de ses camarades chrétiens ou libéraux qui avaient réussi à s’imposer dans la direction du parti. Nous devions renoncer à Marx. J’ai tenté avec beaucoup d’autres de résister, mais l’accord du PS pour Maastricht a dépassé l’acceptable et j’ai quitté le PS en 1993, après 20 ans de fidélité militante. Un divorce, une douleur.


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