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nanoubix nanoubix 15 octobre 2013 23:04

L’ordre socio-politique patriarcal = la société dans laquelle on vit depuis des lustres, dominée par le genre masculin et les valeurs masculines. Je ne vais quand même pas vous faire un dessin ? 


Le patriarcat est une organisation sociale et politique où les hommes détiennent le pouvoir. Ce qui ne veut pas dire que, dans une société patriarcale, tous les hommes détiennent le pouvoir (je vous vois venir), mais que les personnes qui détiennent le pouvoir (les PDGs, politiciens, juges, cadres supérieurs etc) sont quasiment tous des hommes. Et ce depuis des millénaires et à peu près partout dans le monde. Vous n’allez pas nier cette réalité tout de même ? Parmi les myriades de réf. sur le sujet, je vous en donne une par un homme, La Domination Masculine de Pierre Bourdieu, qui, en passant et avec tout le respect que je lui dois, a complètement oblitéré tous les travaux féministes antérieurs sur le sujet.


Et que s’il y a évolution dans le bon sens (merci suffragettes, féministes de tout genre et Gauche actuelle), il y a encore du pain sur la planche avant d’atteindre une parité sociale et politique homme-femme et autre catégories sexuelles - comme vous le dites si bien, des catégories historiquement construites qui ramènent avec elles tout un tas de préjugés sexistes et homophobes. Pour référencer encore Mr Foucault, le pouvoir opère d’une façon pernicieuse et agit au niveau du désir pour s’infiltrer partout dans notre société, et c’est ainsi que nos bonnes vieilles valeurs historiquement construites masculines et féminines refont surface sous formes on ne peut plus grotesques et inégales dans les rapports sociaux. Par exemple, dans l’art : 95% des nus dans les musées sont des femmes peintes et relookées par des hommes (bonjour l’éducation de nos enfants), dans la pub, où la femme, stupide mais aguicheuse et sexy selon les standards du jour, fait vendre n’importe quel produit à la con, dans l’espace privé vs publique, au niveau du corps (cf. la recrudescence des opérations de chirurgie esthétique pour se gonfler les seins et le pénis), dans le porno (où la violence contre les femmes est érotisée jusqu’à en devenir pratique courante et même recherchée dans les relations sexuelles)… et j’en passe de situations REELLES qui démontrent bien les jeux de pouvoir sous-jacents de la société, invisibles à ceux qui ne vont pas chercher plus loin que leur bout du nez, mais tellement opprimants et destructeurs. 


Les concepts de sexualité et de genre sont, et bien oui, par définition, des concepts, c’est-à-dire des formes symboliques qui aident à conceptualiser, à penser, à comprendre la réalité qui nous entoure (c’est de la philo de terminale de base) et qui ONT FAIT progresser, j’ose le croire, l’humanité de quelques pas…


Butler n’est pas la première à parler de genre, mais elle en fait un narratif convainquant et nécessaire pour redresser les déséquilibres basés sur les catégories binaires masculin - féminin, ce que ne fait pas Ivan Illich. 





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