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En réponse à :


médy... médy... 14 septembre 2013 19:28

Merci de ta réponse développée, ce que j’en tire c’est que nous sommes globalement d’accord.. Mais toutefois, ce n’est pas parce que nous, c’est à dire une infime minorité, savons reconnaître en ce système un « Cronos », un « Moloch », que le « système ne marche pas » !

Je pense que de tout temps, des humains qui ont vécu d’une façon propice à cela ont ouvert leur yeux sur les mécanismes de contrôle social de toute sorte.. sans doute bien avant celui ou ceux que l’on nomme Jésus. On peut imaginer cela dans l’une des « sociétés sacrificielles » les plus terribles, celle des Aztèques... Peut-être même que certains dirigeants utilisaient sciemment ces mécanismes, ou bien les utilisent à présent. Comment Girard, juste à partir de l’étude interprétative de textes, pourrait en effet savoir cela ?

L’essentiel, c’est que la majorité ne soit pas consciente et se vautre dans le sang des sacrifiés. Ce qui est le cas aujourd’hui ! Même Girard a été floué et ne voit pas que la pierre de faîte soutient toujours aussi bien l’édifice. Ce qu’on pourrait expliquer par sa trajectoire de vie, que je ne connait malheureusement pas très bien. Pour résumer, je dirais que certains concepts et interprétations de Girard sont très pertinents (crise mimétique, violence fondatrice, sacrifice du bouc émissaire qui décharge la tension collective) mais il peut également induire en erreur quand il parle de la société contemporaine. Il ne voit pas que le Sacré y mystifie toujours les foules violentes, il ne constate pas que nous retombons toujours dans un nouvel âge sombre après quelques vagues lueur d’espoir.. Le XXème siècle est à cet égard à l’apogée de la violence et il voit naître les méthodes scientifiques de contrôle de l’esprit humain, qu’il soit individuel ou collectif. Certains anthropogues comme Colette Pétonnet exposent quand à eux un état des lieux plus réaliste que ne le fait René Girard pour la période contemporaine.

De même que les romanciers tenaient compte de la rivalité mimétique mieux que les psychologues, j’ai déja aperçu de bonnes analyses sur le thème de la violence et du mécanisme victimaire dans des films contemporains. Je pense d’abord à Kubrick puis Haneke et d’autres grands du cinéma.. mais l’exemple le plus direct selon moi se trouve dans un film serbe, justement appelé « Srpski Film » (un film serbe). Il y a une scène de dialogue à la 53ème minute entre le protagoniste et son « mentor » manipulateur, lequel est une sorte de prêtre sacrificiel moderne, tampon coincé entre le haut et le bas de la structure, comprenant les vérités qui sous-tendent l’ensemble mais finissant par subir lui-même la violence débridée. Le dialogue a lieu juste avant la scène centrale du film, qui est elle aussi très intéressante à discuter...

http://www.youtube.com/watch?v=D0VB0_QtaU4&bpctr=1379174572

Les réactions et la censure qui a suivi ce film montrent qu’il est difficile d’exposer la réelle violence du système même (et surtout) au moyen de dépictions figurées et fictionnelles.


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