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MUSAVULI MUSAVULI 23 novembre 2013 14:39

Cathy,

Les viols dans l’Est du Congo n’ont rien à voir avec les coutumes locales. Les Congolais n’ont jamais eu la réputation d’être des violeurs. Comme l’a si bien reconnu la journaliste belge Colette Braeckman dans son livre, les Congolais adorent la femme. Si vous suivez la musique congolaise, vous serez frappée par une chose : la femme est adulée, adorée, presque divinisée. Non, au Congo, la femme est un être sacré et dans tout le pays, on l’appelle « maman ».

Les viols dans l’Est du Congo s’inscrivent dans une stratégie délibérée, celle de la destruction d’une nation en la frappant sur ce qu’elle a de plus sacré : la « maman ». L’objectif est de détruire les repères de la société pour la soumettre. Et pourquoi tient-on à soumettre les Congolais ? C’est là qu’interviennent les multinationales. Elles ne veulent pas se procurer les minerais du Congo en négociant avec un gouvernement légitime et une administration responsable. Elles ne veulent pas faire face aux manifestations des habitants qui ne seraient pas contents pour x ou y raison. Elles veulent un vide politique. Une population en fuite, un Etat inexistant. Elles traitent avec des seigneurs de guerre qui ne rendent compte à personne, ne construisent ni route, ni école. Dans un tel environnement, les minerais du Congo reviennent moins chers pour que, en Europe, vous puissiez acheter un téléphone portables et des gadgets électroniques à chacun des enfants de votre famille. Parce que la matière première servant à la fabrication de ces appareils (coltan, or, niobium, cassitérite,...) les multinationales se la procurent dans un pays dont la population a été préalablement détruite en tant que société structurée. Les survivants n’ont d’autre choix que de se soumettre à l’arbitraire des seigneurs de guerre qui contrôlent les gisements de la région et font des affaires avec les multinationales.

Ce n’est donc pas une affaire de coutumes locales, mais bien une stratégie associant les multinationales et les « bandits » de tous bords transformés en partenaires dans le cadre de ce que Naomi Klein appelle « le capitalisme du désastre ».

Excusez-moi d’avoir été un peu long. 


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