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En réponse à :


Bubble Bubble 6 décembre 2013 10:48

Bonsoir, désolé de la réponse tardive.

D’accord globalement avec tout votre message cette-fois-ci.

Quelques remarques cependant :
-Les OGM continuent à se développer de façon intense dans le monde, mais très peu en Europe, depuis 30 ans d’existence des OGM et sachant que la durée juridique du principe de précaution est normalement de 2 ans ! Donc quelque part la méfiance vis à vis des institutions européennes, et en particulier de la recherche publique qui permet une certaine indépendance des spécialistes me parait un peu mal placée (sur ce dossier au moins). La convention mondiale sur les biotech repose sur le protocole Cartagena, mais il date et ne contient que des généralités...

-A titre personnel, je pense que les certificats d’obtention végétale (qui permette notamment d’assurer une dépendance de l’agriculteur vis à vis du semencier) sont une aberration de la propriété intellectuelle, mais je ne pense pas que ce soit à une communauté scientifique de modifier le droit international.

-La limite de toute recherche scientifique, c’est le besoin de financement. En recherche publique, la confiance de l’opinion publique et des institutions sont importantes, un thème qui n’est pas à la mode ne reçoit pas de sous. (aujourd’hui, l’agro-écologie piétine un peu faute de fonds par exemple) Et l’étude de Séralini, qui pourtant n’avait pas assez de rats, a couté selon ses estimations 1,6 million d’euros. Ceci devrait expliquer non seulement le faible nombre d’études disponibles, mais aussi pourquoi on fait sur du 3 mois si on sait que la majorité des effets biologiques seront visibles sur cette durée d’étude.

-A propos de l’anecdote du saumon américain, dont je parlais dans l’article de Ronny, il est clair que c’est le risque de propagation non contrôlée qui est le plus dangereux sur le dossier des OGM. D’une part, parce qu’on n’est pas certain de l’innocuité de la technologie comme vous dites, mais c’est le cas de toute technologie, on est aussi cobayes sur la technologie internet ou sur les instruments tactiles, dont les effets psychologiques occasionneront peut être plus de dégâts que ne le feront les OGM sur le plan de la santé seulement (et seront tout aussi peu mesurables).
D’autre part, surtout, à cause du fait que les OGM sont des clones génétiques et que au sens de la théorie de l’évolution, il faut de la compétition ET de la diversité pour que les espèces évoluent. Une espèce sauvage sans diversité génétique meurt à la moindre perturbation.
De fait, le thème de la coexistence que je mentionnais dans mon dernier message comprend notamment une filière de modélisation de ce qu’on appelle les « flux de gènes », c’est à dire la diffusion du matériel génétique par reproduction. Dans le cadre du maïs par exemple, le pollen est très fragile, n’est diffusé que grâce au vent et n’est fécond que quelques heures, et il a été mesuré que presque toute la pollinisation se faisait sur 100 mètres autour de l’épi émetteur. Sachant qu’on peut décaler les périodes de floraison des cultures en retardant le semis, il est possible de cultiver du maïs OGM pas très loin de maïs conventionnel sans contamination. En France par exemple où il n’y a pas de maïs sauvage, le risque environnemental est de surcroit nul. Ceci associé au fait que le maïs Mon810 permet de réduire les épandages de pesticides plutôt que de les augmenter (comme le NK603 de l’étude, qui donne une résistance à l’herbicide) explique que ce maïs OGM soit le seul autorisé en culture en France.
Pour le bouleau OGM, il faut compter des fécondations à plusieurs dizaines de kilomètres de l’arbre, ce qui ne permet pas de contrôler la contamination ; la stratégie dont nous parlait un professeur de l’université de l’Oregon consiste à développer des arbres OGM qui ne produisent pas de pollen (mais dépendance aux semences), ou à développer un résistance au froid pour pouvoir isoler les plantations d’OGM de plusieurs centaines de kilomètres.
Pour le saumon OGM, les dégâts des saumons qui s’échappent des aquacultures et remontent les rivières canadiennes sont certainement lourds pour la diversité de la population sauvage. On a aussi le cas du soja et du coton OGM en Amérique du Sud dont les dégâts environnementaux et sur les cultures conventionnelles sont visibles.

-Si vous allez relire le paragraphe de conclusion de l’article de Ronny, je pense que vous serez d’accord avec lui au final.

@sirocco : C’est pour éviter de rentrer dans le débat de l’indépendance de l’EFSA que j’ai donné les résultats diffusés par l’ANSES et provenant de spécialistes indépendants, et pas ceux de l’EFSA.


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