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Bernard Dugué Bernard Dugué 31 octobre 2006 14:28

Je viens de retrouver la préface, la voici telle qu’elle a été écrite il y a 7 ans

Il y a plus de trois siècles, Galilée fondait les principes de la physique mathématique, tandis que Descartes établissait les règles permettant de résoudre un problème par une méthode analytique consistant à le scinder en parties, de telle manière que l’esprit puisse se faire une idée claire de la question et puisse la résoudre autant que faire se peut, en procédant de manière déductive. Quant à Newton, il formula les principes de la méthode inductive qui permet de mathématiser les règles ordonnant le monde naturel. L’Occident a su utiliser les raisons de l’Esprit, révéler la rationalité de la Nature, et ainsi développer la technique moderne. Scientifiques et philosophes ont ainsi cheminé au cours des siècles. Quant aux questions sur Dieu, elles ont été placées sur la sphère du doute par les uns, et sur la sphère du dogme par les autres. Pour comprendre la Nature, pour agir sur elle, l’arraisonner par la technique, puis construire les êtres techniques, il a fallu adopter un principe causal, et se faire une idée de la Nature comme étant une matière que l’on peut mettre à disposition de l’individu, prolongé par le dispositif technique. Les opérations ont si bien réussi que peu à peu, l’homme s’est forgé une idée matérialiste de la Nature, et a fini par faire coïncider la Nature manipulée par la science avec la Nature réelle. La matière, telle qu’elle se présente dans la Nature et dans les réalisations humaines, est si riche en contenu formel qu’elle a fini par devenir le Principe de toutes choses, la Materia prima d’où tout procède, pour peu qu’on opère comme il faut, qu’on l’analyse avec des outils techniques arraisonnant les substances naturelles, tandis que la substance neuronale humaine peut également être formée, avec les techniques éducatives. Hegel avait en son temps énoncé la ruse de la Raison qui ordonne l’Histoire. Maintenant, nous pouvons énoncer la ruse de la Forme qui ordonne les activités scientifique et humaine, prises sous le spectre d’une frénésie opérationnelle. Tout concourt à ce que le matérialisme triomphe à l’orée du 21ème siècle, et pourtant, si on examine les dessous de cette affaire, alors tout semble remis en cause car la science occidentale converge vers sa fin. Ainsi, il se pourrait bien que tout bascule car d’une part, nous pouvons dénoncer les limites de l’explication matérialiste, tandis que d’autre part nous pouvons penser, avec la mécanique quantique notamment, le positionnement d’une Nouvelle Science qui doit naître dans le courant du prochain siècle. Cette science produira une métaphysique de la Nature, et ne se fera pas contre la philosophie mais en correspondance analogique et réflexive avec la saisie de l’Esprit humain, car il y aura aussi une métaphysique de l’Esprit. Cette étude porte bien son nom, car Le kantique des quantique symbolise la nouvelle alliance entre science et philosophie, tout en éclairant la conception de la Nature qui se fait jour. Une idée-force sous-tend cette étude, c’est l’idée du dédoublement de la Nature, avec une Nature exprimée et une Nature-en-soi. Cette dernière peut être pensée en détournant la critique kantienne, ce qui permet de saisir des a priori, et de construire un champ transcendantal régnant derrière les formes exprimées (et analysées) de la Nature, tandis qu’un examen du formalisme quantique nous permet de justifier cette construction, en faisant apparaître la présence d’un champ méta-formel transfini, pourvu d’une structure dialectique, à l’issue de l’étude conduite dans les chapitres 7 à 10. Entre temps, le chapitre 6 nous a permis de saisir les limites du paradigme de l’auto-organisation, tout en posant la question des fondements, et en discutant de problèmes idéologiques et herméneutiques. Le chapitre 5 fait le point sur les théories de l’évolution et le chapitre 4 nous conduit à poser diverses questions concernant les conceptions du vivant héritées de la biologie moléculaire. Enfin, les chapitres 2 et 3 proposent une remontée dans le temps permettant de situer la place du matérialisme et des conceptions philosophiques apparentées car, comme le montre le chapitre 1, le matérialisme n’est qu’une des quatre possibilités de développement de la métaphysique. Par ailleurs, certains matérialismes sont construits comme des doctrines offensives visant à liquider les spiritualismes et autres théismes. Mais si donc le matérialisme est faux, alors il faudra bien repenser le dédoublement corps/esprit, ainsi que le Transcendant. C’est de ce point que nous sommes partis, tandis que le dernier paragraphe du chapitre 10 permet de fournir quelques conclusions montrant alors le chemin parcouru au cours de cette étude. Il devient alors clair que si une Nature-en-soi est distincte par principe de la Nature exprimée, alors, une nouvelle science devra voir le jour, et décrire l’étrange monde-en-soi, monde du Procès interne à la Nature (en correspondance avec le monde de l’inconscient). Cette science sera une métaphysique de la Nature, et devra être construite spéculativement. Elle différera fondamentalement de la science du monde exprimé car les lois et règles du réel exprimé, explicitées par la science moderne, n’ont plus cours dans le monde intérieur du Procès ou bien alors sont insuffisantes pour l’expliquer.

Le kantique des quantiques n’est pas conçu comme un ouvrage de philosophie conventionnel, il ne suit pas l’ordre des raisons, mais adopte les principes de l’écriture labyrinthique par laquelle un certain nombre de problèmes sont mis en perspectives, et exposés, telles des toiles disposées dans les différentes salles du labyrinthe. Dans chaque salle, un miroir diffuse une lumière qui permet d’éclairer les perspectives. Ces miroirs sont réglés telles des monades réfléchies dans la Monade universelle, si bien que les différentes problématiques sont différenciées tout en étant réunies par des liens invisibles. Pour suivre cette étude, le lecteur devra garder à l’esprit l’Idée-force du dédoublement de la Nature, que l’on met en évidence à partir de la science contemporaine, tandis que le matérialisme est dénoncé comme une conception moniste qui refuse de voir ce dédoublement, afin de tout penser dans l’ordre de la causalité. Selon quelques anciens, les atomes de Démocrite, le cyclamen de Lucrèce, causent les formes de la nature. Puis au 20ème siècle, les opérateurs “temps microscopique” décrivent les fluctuations qui s’auto-organisent selon les lois de l’équilibre exerçant le tri parmi les évolutions possibles. Entre temps, les différents matérialismes ont été formulés depuis l’Âge classique, tandis que dans les sciences du vivant, règnent les formes moléculaires. Et pourtant, ce schéma n’a fonctionné que pendant quelques siècles de la Modernité car il s’avère inexact, et c’est ce que cette étude s’efforce de montrer, en exposant puis imposant cette idée du dédoublement révélant une Nature-en-soi qui se fait jour, suite à ce travail de recherche. Il faut préciser ce dernier point afin que le lecteur ne soit pas désorienté. Je ne présente pas les grandes lignes d’un travail de recherche qui aurait été publié par des revues spécialisées et discuté en d’autres pages et d’autres lieux. Contrairement aux règles d’usage, les thèses nouvelles, ici formulées, sont directement le résultat d’une recherche qui est alors soumis au lecteur, que celui-ci soit scientifique dans un laboratoire, philosophe à l’Université... ou bien polisseur de lunettes.


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