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Pyrrhos 23 avril 2014 16:58

C’est un constat que, pour ma part, j’ai fait souvent sur ce site, fort peu de gens ici sont de bonne foi. Agoravox grouille littéralement de militants des ultras, de gens, qui, au XXème siècle, ont fait de leur mieux pour justifier, en toute circonstance, les agissements de l’URSS. Aujourd’hui, ces gens se manifestent de plus en plus parce qu’ils entrevoient l’occasion d’une belle revanche.

C’est dire que l’opinion que défendent ces gens-là est faite et qu’elle ne date pas d’hier. Rien ne leur fera changer d’avis, parce qu’à force d’applaudir aux exactions soviétiques contre le droit, ils se sont endurcis au point de devenir de vrais monstres qui ont fait du criminel dicton qui veut que « la fin justifie les moyens » la très frêle planche de salut de leur conscience.

Leur justification — car tout le monde a besoin d’une justification pour dormir la nuit – tient en une alternative digne des plus brillantes subtilités de l’esprit totalitaire, toujours absolutiste dans ses conclusions : « c’est soit l’impérialisme russe, soit l’impérialisme américain ».
Et eux de broder avec de jolis syntagmes que l’on découvre sous leur plume et que l’on retrouve quelques jours plus tard dans la bouche d’un Lavrov, par exemple celui de « monde multipolaire » souhaité par Poutine. En l’occurrence il s’agit d’une farce puisque ce que souhaite effectivement le Kremlin — autrement dit ce pourquoi ces gens-là œuvrent dans la « blogosphère » et le « cloud » — c’est un monde violemment « unipolaire » où les intérêts du Kremlin se substitueraient au droit international et à la liberté des peuples. Or, la résultante de cette "poussée vers l’ouest et le sud" de Poutine — bien dans la lignée des axes d’expansion souhaités par les tzars d’abord, puis par les dictateurs soviétiques — sera un monde bipolarisé où l’idéologie prendra le pas sur les intérêts élémentaires de chacun. Autrement dit, ce sera le grand retour de la Guerre froide. 

Pas de « multipolarité » donc, mais une banale bipolarité...

Un autre exemple de ces coïncidences de vues (constatées après coup) entre les haut gradés de la diplomatie russe et les petits admirateurs du Kremlin qui se manifestent sur les forums, c’est la fameuse « jurisprudence Kosovo », selon laquelle l’érection d’une province en pays indépendant serait possible en toute circonstance. Dans ce cas, pourquoi la Tchétchénie n’aurait-elle pas le droit de faire sécession de la Fédération de Russie ? D’autre part, les exactions commises à l’encontre des Kosovars — et donc la nécessité pour eux de se constituer un Etat — ne font pas l’objet de doute, ont duré plusieurs années et sont très documentées, alors que les persécutions à l’égard des populations russophones, fantasmées par Poutine sont au contraire des plus douteuses. Mais, là encore, il s’agit d’un sophisme grossier qui traduit bien plutôt la mauvaise foi de ceux qui le produisent qu’il ne leur offre un argument valable.

Ainsi, l’idéologie est déjà au cœur des questions auxquelles les européens — tous les européens, ceux d’Ukraine et de Russie aussi — doivent faire face. Comme toujours, dans les aires totalitaires, les symptômes de la radicalisation du pouvoir sont à chercher dans la langue. A la manière de cette « Lingua Tertii Imperii », le language des officiels russes et de leurs partisans à l’Est comme à l’Ouest se charge de termes violemment connotés comme « fachiste » ou « islamiste ». A les croire, tout mouvement d’opposition au Kremlin et à ses agents est subsumable par l’un, au moins, de ces deux prédicats – voire les deux ! Les moyens mis en œuvre sont toujours ceux d’une guerre de l’image et de la propagande où la désinformation et l’amalgame règnent en maîtres.
Ainsi, le mythe de la révolution fachiste à Kiev est né lorsque les médias ont diffusé des photographies des contestataires ou, parmi la foule, apparaissaient des individus brandissant des symboles nazi. De là un raccourci de pensée et une généralisation dont les idéologues du Kremlin sont coutumier. Ainsi, à les croire, tout individu qui se dresserait contre la mainmise russe sur son pays serait en réalité affilié à des groupuscules d’extrême droite.
Ce que de pareilles thèses signifient, ce qu’elles veulent vraiment dire, c’est qu’un tel individu n’aurait pas, en fait, le droit de s’exprimer et devrait être abattu à vue, sans sommation — voire torturé. Ce qui distingue alors les officiels russes et leurs partisans, de leurs opposants en Ukraine (ou ailleurs), c’est ce refus de communiquer et de faire valoir des arguments. De fait, l’invasion de l’Ukraine a-t-elle l’objet d’une consultation préalable ? Y a-t-il eu un acte légal international pour la justifier ? Enfin, les persécutions de populations russophones ont-elles été vérifiées ? Trois fois non. Mais tout cela, on le sait bien...
Ce fait se constate sur les forums eux-mêmes où pourtant la communication est le maître mot, car c’est un fait que toute thèse formulée par l’un ou l’autre de ces idéologues se fonde sur le facteur (contestation = néo-nazisme/islamisme) comme sur un axiome qui devrait servir de base à tout dialogue. Refuser systématiquement ce postulat apparaît comme la meilleure stratégie pour les combattre.

Il s’avère alors que les gens qui produisent ce genre de contre-vérité ont tous les caractères d’agents d’influence oeuvrant, de l’intérieur, en faveur d’une puissance étrangère dont on peut imaginer aisément qu’elle les soutient. Sans tomber dans la paranoïa, il est tout de même frappant que les mêmes arguments, formulés dans les mêmes termes (l’expression « monde multipolaire », la "jurisprudence Kosovo, etc...), fassent leur apparition à quelques jours de distance sur Agoravox, puis dans la bouche d’officiels russes. Sauf à croire que M. Lavrov soit un lecteur assidu d’Agoravox, il faut penser qu’il existe un réseau de connivences par laquelle l’information — plutôt la désinformation — transite depuis la tête jusqu’aux rémifications les plus fines. Que les gens qui, sur Agoravox par exemple, relaient ces thèses le fassent en toute bonne foi, c’est ce que, pour ma part, je ne peux croire. Chacun sait qu’il n’y a plus d’utopiste dans l’ultra gauche depuis bien longtemps...

Encore une fois, que l’on me prouve le contraire, mais ce que je constate (maladroitement et avec l’oeil d’un dilettante), c’est que, sur Agoravox (entre autres), une stratégie cohérente a été mise en place par des gens malintentionnés, qui consiste en la centralisation de l’entreprise de désinformation en vue de la distribution du message idéologique.


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