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reinette (---.---.3.188) 20 novembre 2006 15:10

Fin août 2003, le directeur de FLODOR, Vimo Madéri, déménageait en douce le matériel de son usine de Péronne, en Picardie. Surpris en flagrant délit par ses ouvriers, le fabricant italien de chips devenait aussitôt un symbole de l’indélicatesse patronale. Médias et élus en tête, un torrent d’indignation se répandait sur la région et le pays. FLODOR n’est pourtant qu’un cas parmi d’autres, l’ ENIEME AVATAR D’UNE PRATIQUE BIEN RODEE DE CASSE INDUSTRIELLE. Qui, elle, ne choque personne.

YOPLAIT, CURVER, LEE COOPER ont fait ça très gentiment : Douceur, vaseline, diplomatie.

Prenez les statistiques de l’INSEE, regardez les plus grandes industries de la Somme au 31/12/1996. Admirez un peu le chemin parcouru, en silence, sans tracas, rien qu’en 6 ou 7 ans :

MAGNETTI-MARELLI : 900 emplois à l’époque, démantelé il y a deux ans : « outillage envoyé vers l’Espagne, l’Italie, la Pologne. Ensuite, on n’arrivait plus à suivre » WHIRLPOOL : 850 postes en 1996, 300 supprimés depuis. CARBONE LORRAINE : 1 200 salariés dans les années 80 à moins de 450 aujourd’hui. Sans jamais faire les gros titres »

HONEYWELL, l’ex-leader de l’électronique ? Dégagé ! Et SAINT-GOBAIN, dans l’Oise ? Un carnage ! Et VALEO, à Sissonne (Aisne), Dreux, La Bastide ? Tout le monde descend, direction la Tchéquie et la Pologne !

Personne ne parle de lyncher ces pédégés-là. Parce qu’ils communiquent bien : concurrence, réduction des coûts, économie mondialisée, choix stratégiques, désolé-mais-fatalité - tout se passe cordialement, entre gens « civilisés ».

COMILOG à Boulogne (351 emplois), METALEUROP à Noyelles-Godault (830), la FRANÇAISE DE MECANIQUE à Douvrin (705), SOLLAC-DUNKERQUE (430), SOLLAC-ARRAS (422), UGINE, près de Béthune (1400 salariés).

Juste une mécanique implacable et simple, que dévoile par exemple le groupe FAURECIA (fabricant de sièges pour voitures) dans un courrier à ses sous-traitants (05/03/02) :

- « Le sourcing dans des pays à faible coût de main d’œuvre doit nous aider à atteindre un objectif de baisse [des prix] de 30 %. [...] Il nous serait dès à présent utile de connaître votre situation à ce sujet en répondant à ces quelques questions : 1) Avez-vous déjà engagé une telle démarche ? (partenariat avec des sociétés situées dans des pays à faible coût de main d’œuvre) 2) Au cas où ce type de recherche ne serait pas entamée : quelles sont vos intentions à ce sujet ? » Trois mois plus tard, le même revient à la charge : « Nous vous avons récemment interrogé sur vos projets de délocalisation dans des pays à faible coût MO [main d’œuvre]. Cette nouvelle situation exige de votre part un engagement vers des pays à faibles coûts. [...] Ces éléments économiques nous sont désormais indispensables pour justifier auprès de notre client la sélection des fournisseurs, et ce critère sera systématiquement pris en considération pour l’attribution des marchés... » (01/08/02). En clair, RENAULT, PEUGEOT et consorts nous l’ordonnent, et nous vous l’imposons : délocalisez !


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